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EAN : 9782226471222
336 pages
Albin Michel (22/03/2023)
4.08/5   149 notes
Résumé :
" La Malnata - la mal née - était en bas sur la rive du Lambro avec deux garçons que je ne connaissais que de nom. Ils avaient tous les deux des pantalons courts et les genoux écorchés, et pour elle, cette fille qui leur arrivait tout juste à l'épaule, ils auraient affronté la mitraille comme les soldats qui s'en vont à la guerre, en disant ensuite au Seigneur : Je suis mort heureux. " Phénomène littéraire, révélation d'une voix unique, récit puissant où le passé fa... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (39) Voir plus Ajouter une critique
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Faire semblant, elle a du mal, la Malnata, et dans l'Italie de Mussolini, c'est dangereux d'être trop cash, surtout quand on n'a pas vraiment des sentiments d'amour pour le Duce. Et être une femme libérée n'est pas vraiment dans l'air du temps.
Malgré l'interdiction de fréquenter Maddalena, à moins que ce ne soit à cause d'elle, Francesca est fascinée, comme aimantée par la jeune fille pauvre que sa mère traite de sorcière, et va se jeter corps et âme dans une amitié magnifique qui fait valdinguer les principes maternels si hypocrites, bien-pensants et conservateurs dans lesquels elle étouffait.
« C'était elle qui me faisait croire que pour moi aussi il pouvait y avoir un salut, elle qui illuminait toute chose »

Belles et rebelles, les héroïnes de la jeune auteure Béatrice Salvioni sont bien attachantes et ce roman d'apprentissage offre un bon moment de lecture.
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« On l'appelait la Malnata et personne ne l'aimait.
Prononcer son nom portait malheur. C'était une sorcière, une de celles qui vous collent sur le dos le souffle de la mort. Elle avait le démon dans la peau et il ne fallait pas lui parler. »
Maddalena n'a que 11 ans et elle est déjà stigmatisée. Elle est la mal née, celle qui n'a peur de rien. Sa force, c'est sa famille et Francesca, sa meilleure amie. Une amitié improbable, fusionnelle les unit. Une amitié essentielle qui va les construire, les faire grandir et réfléchir. Qui va également donner le courage à Francesca de s'émanciper de sa famille. Et de s'opposer à ce monde si masculin.
A la manière des romans d'Elena Ferrante ou de Silvia Avallone, la Malnata est une très belle histoire d'amitié entre deux fillettes que tout oppose dans l'Italie fasciste des années 30. le livre aborde de nombreux sujets (les spoliations, la guerre, la condition féminine), avec beaucoup de justesse.
C'est poignant, addictif, lumineux. Et très bien écrit.
Une magnifique découverte. A ne pas manquer.
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Grâce à l'écriture évocatrice de Beatrice Salvioni, on se plonge sans effort avec La Malnata dans l'époque mussolinienne de l'Italie, assez précisément vers 1935-36 puisque il y est fait référence à la campagne d'Abyssine. Mais cette guerre coloniale n'est qu'une toile de fond sur laquelle s'inscrit la vie des habitants de Monza sur le Lambro, une rivière dont le rôle est important. le roman nous conte l'histoire de la rencontre et du développement de l'amitié entre deux jeunes filles au seuil de la puberté, de leur rapprochement pour faire face aux difficultés de la vie. Elles sont issues de deux milieux sociaux si différents que cette rencontre a quelque chose d'improbable et c'est là que le bât blesse selon moi: malgré la puissance d'évocation de la narratrice, plusieurs scènes m'ont paru forcées et avec un côté un peu caricatural. La famille défavorisée de la bien nommée Malnata chaleureuse et sincère fait écho à celle de Francesca, bourgeoise et guindée, toute en apparence de respectabilité me semble diviser le monde de façon un peu trop manichéenne. Au passage, cette lecture n'a pas été sans me rappeler L'amie prodigieuse (l'Italie, le thème de l'amitié, l'écriture aussi …) qui, pour moi, n'a pas été la révélation d'un chef-d'oeuvre…
Toutes ces restrictions ne m'empêchent cependant pas d'apprécier la puissance de l'écriture et la construction bien ficelée qui m'ont conduite à tourner les pages sans effort et m'amènent finalement à accorder la très bonne note de quatre étoiles avec l'indulgence qu'on peut avoir pour une nouvelle venue sur la scène littéraire.
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Sur la rive du Lambro existent des croyances des temps anciens. Maddalena est une jeune fille qui en supporte le prix. Prononcer son nom serait signe de malheurs, de mauvais sorts. On l'appelle la Malnata. Trop de morts l'accompagnent, trop de mystères. Pourtant, en ce début des années 30, Francesca est attirée par son aura. Elles deviennent amies et grandissent ensemble. Si l'une est rebelle et l'autre plus sage, elles apprennent l'une de l'autre. Bravant le rejet, la haine et les violences, elles s'affirment en tant que femmes et affrontent un monde d'hommes qui cherchent à les effacer…

La malnata est un roman exceptionnel. Beatrice Salvioni nous emporte avec passion au coeur d'une Italie troublée par la montée du fascisme, sur les pas de deux jeunes filles éprises de liberté et de vérité.

Avec une écriture rythmée, cette histoire d'amitié est émouvante. Maddalena est celle qu'on rejette, qu'on montre du doigt. Elle s'est construit une carapace afin que rien ni personne ne puisse l'atteindre. Francesca est celle qu'on élève dans le respect du silence, des yeux baissés et de l'obéissance. Elle voit en Maddalena cette bulle d'air qui lui manque tant pour respirer pleinement.

L'histoire de Beatrice Salvioni est celle de la place qu'on nous donne et celle qu'on vole au destin. C'est une histoire où les mots font sens, où les mots ont un pouvoir, où les silences assourdissants sont des armes féroces. C'est l'histoire de deux petites filles qui s'unissent et qui porteront avec force et courage le poids de la différence…
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Monza, en Italie, sur la rive du Lambro, deux jeunes filles tentent de cacher le cadavre d'un homme. C'est Francesca qui raconte son histoire et les différents événements qui l'a conduite à cet acte.

Francesca est une gamine solitaire de la haute société qui chaque jour depuis un pont espionne une fille qui joue avec des garçons dans la rivière, la jupe relevée et les pieds nus pleins de boues. Francesca rêve de devenir son amie, mais tout le monde la connait à cause de sa malédiction d'ou son surnom "La Malnata" et essaye de l'éviter.

Haute société et classe ouvrière ne font pas bon ménage dans cette Italie fasciste. Ce sera le vol de cerise qui fera d'elle des amies. Mais à deux le courage est décuplé, à deux elles vont dénoncer l'oppression et l'abus du pouvoir masculin, se révolter contre la morale sociale, malgré la réprobation de la communauté entière.

Dans un contexte politique où Mussolini règne comme un roi en terrorisant la population, les deux jeunes femmes vont se lier d'amitié alors que rien ne les destiner à se rencontrer. Beatrice Salvioni rentre par la grande porte dans la même lignée qu'Elena Ferrante (qui situe son récit à Naples dans les année 1950) ou encore Silvia Avallone (plus contemporain) ; ici Beatrice place son roman en 1936 en pleine guerre abyssinienne mais avec autant de talents que ses consoeurs de la grande littérature italienne.

Beatrice Salvioni livre un premier roman bourré de talent. Un récit où l'atmosphère de cette petite ville d'Italie est brillamment reconstitué (architecture, comportement, odeurs, contexte politique, contexte familial, violence..). Sur fond d'apogée mussolinien, c'est une historie romanesque où la question de l'émancipation des femmes est au coeur, et ou l'amour et l'amitié restent omniprésent.

Intense, bouleversant, authentique, rythmé et fort, c'est sans conteste que ce premier roman est un coup de coeur ! Beatrice Salvioni est un nom à retenir sans hésitation. On me demande souvent pourquoi j'aime autant la littérature italienne, lisez ce roman et vous comprendrez !
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critiques presse (5)
LeJournaldeQuebec
12 juin 2023
Premier roman d’une jeune autrice italienne de 28 ans, La Malnata mérite cet été d’être glissé dans les valises.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
LePoint
24 avril 2023
Née en Lombardie il y a vingt-sept ans, Beatrice Salvioni publie un premier roman qui célèbre l’amitié de deux gamines dans l’Italie fasciste et patriarcale.
Lire la critique sur le site : LePoint
Marianne_
24 avril 2023
"La Malnata" (littéralement, "celle qui est mal née"), un premier roman intriguant qui renvoie le lecteur à la période de l’apogée du Mussolini et des chemises noires. Si la politique fasciste sert de toile de fond, le cœur de l’intrigue se veut plus romanesque qu’il n’y paraît : il y est question d’émancipation féminine, d’amitié, de traditions et d’amour.
Lire la critique sur le site : Marianne_
LeMonde
21 avril 2023
Un premier roman où s’esquissent les prémices du féminisme en Italie.
Lire la critique sur le site : LeMonde
LeSoir
11 avril 2023
Beatrice Salvoni sur le chemin du succès, avec un premier roman traduit ou en cours de traduction en 32 langues : « La Malnata ».
Lire la critique sur le site : LeSoir
Citations et extraits (32) Voir plus Ajouter une citation
Dès le prologue, l’ambiance est donnée avec une scène inaugurale violente et tragique qui va traverser tout le récit. Sur le bord du Lambro, deux jeunes adolescentes tentent de dissimuler le corps sans vie de leur agresseur…

Dans un roman captivant, Beatrice Salvioni revient sur l’année qui a précédé et les raisons qui ont conduit à ce drame. Elle place au cœur de son intrigue l’amitié très forte qui va se nouer entre ces deux jeunes adolescentes de milieux différents. L’une, Francesca, de nature réservée, est issue d’un milieu bourgeois, fille de chapelier. Sa vie se résume à l’appartement familial, le collège et l’église, avec l’interdiction de sortir seule. La seconde, Maddalena l’insolente, la rebelle, surnommée la Malnata, est fille d’un quartier populaire. Elle fait les quatre cents coups et n’a peur de rien. Tout le monde la craint, voit en elle une sorcière porteuse du mauvais œil qui n’attirerait que des malheurs. Francesca, d’abord intriguée puis fascinée par la personnalité de Maddalena brave les interdits pour être à ses côtés. De là naîtra une relation complexe et fusionnelle. 

Toutes deux vivent dans le Nord de l’Italie, à Monza, en 1935 au moment où la guerre coloniale entre l’Italie et l’Abyssinie va éclater. Beatrice Salvioni retranscrit avec justesse l’atmosphère de cette petite ville sous l’emprise de la ferveur mussolinienne. La politique du Duce est omniprésente et n’admet aucune opposition. Les classes sociales se toisent, se méprisent. Ça parle fort sur les places de marchés, les ragots vont bon train, la bourgeoisie se montre et se soucie de sa réputation. Les traditions patriarcales perdurent. La mobilisation des hommes inquiète et révolte quand certains parviennent à s’y soustraire.

C’est dans cette Italie fasciste que Francesca et Maddalena vont se lier pour se protéger mutuellement, se rebeller contre les conventions sociales, contre les injustices, lutter contre la cruauté et la lâcheté des hommes. 

Beatrice Salvioni compose une belle analyse de caractères avec des portraits contrastés de ses personnages. Sa tendresse pour ses deux héroïnes en quête de liberté, armées de courage est communicative. Elle puise la force de son roman dans la personnalité très affirmée de Maddalena. D’autres personnages se révèlent touchants, certains ne sont que violence, brutalité ou duplicité.

Porté par une plume vive et enflammée, par deux héroïnes émouvantes, ce roman d’apprentissage et d’émancipation féminine habilement mené se dévore d’une traite. Conteuse talentueuse, Beatrice Salvioni s’inscrit brillamment dans le paysage littéraire italien et rejoint Viola Ardone, Silvia Avallone et bien d’autre encore. Une très belle découverte !





 
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Le père de Matteo répétait au contraire : "Cette guerre ne sert qu'à faire mourir de braves garçons pour ramasser un peu de sable. Les Abyssins ont raison. c'est nous qui voulons aller dans la maison des autres. Parce que c'est cela que font les fascistes. Ils prennent les affaires des autres et ils se les mettent dans la poche à leur profit et au profit de leurs copains. C'est ce qu'ils ont fait avec ma boucherie et ils le feront avec vos affaires à vous. Et pour nous, les pauvres gens, il ne reste plus que les crachats. Ou les grains de ce maudit sable d'Ethiopie !"
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C’était peut-être cela, être grande et être une femme : ce n’était pas le sang qui vous vient une fois par mois, ce n’étaient pas les commentaires des hommes ou les beaux vêtements. C’était rencontrer les yeux d’un homme qui vous disait : « Tu es à moi », et lui répondre : « Je ne suis à personne. »
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D'un côté, il y avait la vie telle que je la connaissais, de l'autre, celle que me montrait la Malnata. Et ce qui avant me semblait juste devenait difforme comme notre reflet dans le lavabo quand on se passe de l'eau sur la figure. Dans le monde de la Malnata, on faisait des concours de griffures de chat et pour apaiser la douleur on les léchait avec le sang. C'était un monde où il était interdit de jouer à faire semblant, et où on parlait aux garçons en les regardant dans les yeux. Je le contemplais debout sur son bord, son monde, prête à glisser dedans. Et je mourais d'impatience d'y tomber.
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C'était peut être cela être une grande et être une femme : ce n’était pas le sang qui vous vient une fois par mois, ce n'étaient pas les commentaires des hommes ou les beaux vêtements. C'était rencontrer les yeux d'un homme qui vous disait : "Tu es à moi", et lui répondre : "Je ne suis à personne".
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Vidéo de Beatrice Salvioni
Holden People | Beatrice Salvioni | Original 16 juil. 2021
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