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Persépolis tome 1 sur 4
EAN : 9782844140586
76 pages
L'Association (01/10/2002)
4.41/5   538 notes
Résumé :
Dans « Persépolis », Marjane Satrapi, née en 1969, se souvient de son enfance en Iran, dans une famille intellectuelle et d'avant-garde. La petite Marjane rêve d'être prophète, se découvre une conscience de classe et lit « Le Matérialisme dialectique » en BD. Mais elle se souvient aussi de l'histoire de son pays, de la montée en puissance des islamistes et de l'année où le port du foulard est devenu obligatoire.
Une bande dessinée autobiographique tour à tour... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (69) Voir plus Ajouter une critique
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L'Irrésistible Récit Autobiographique Narré par une franco-iranienne

▼Première bande dessinée iranienne de l'Histoire, sous forme de quatre albums illustrés en noir et blanc aux éditions « L'association », Persépolis est magnifiquement raconté par Marjane Satrapi, scénariste et dessinatrice, retraçant sa propre histoire à travers le personnage de la touchante fillette de dix ans Marji (son diminutif).

▼En 1979, désirant devenir prophète plus tard, Marji rêve d'un monde meilleur en Iran alors que la vraie révolution, la révolution islamique iranienne, est en marche, chassant le Shah du pouvoir.

▼Redoutant le changement radical pour la société iranienne, la famille de Marji, riche et politisée, voit d'un mauvais oeil l'arrivée au pouvoir des religieux.

▼Sous le regard parfois naïf mais ô combien juste d'une enfant, Marji se pose mille et une questions sur des sujets aussi difficiles que le port du voile obligatoire désormais à l'école, les droits bafoués de leur bonne à la maison ou encore le Matérialisme dialectique de Karl Marx.

▼En dessinant les évènements, même dramatiques, tels qu'une enfant les perçoit, Marjane Satrapi se permet d'aborder de nombreux sujets avec humour et dérision qui font tout de même rire jaune au final.

▼Pourquoi et comment le père du Shah, aussi incompétent soit-il, est-il arrivé au pouvoir cinquante ans auparavant ?

▼Ou encore, quel a été le sort réservé aux militants politiques sortis de prison à la révolution islamique, à l'image du héros de Marji, l'oncle Anouche ?

▼Loin d'un cours historique barbant sur l'Iran, Persépolis se révèle à la fois instructif, drôle et touchant.

▼Inévitablement, une fois la dernière page tournée, comment ne pas succomber à l'album suivant débouchant sur la guerre contre l'Irak malheureusement ?

▼Sortie en 2000, cette bande-dessinée passionnante parait tellement d'actualité, avec les révolutions aux lendemains difficiles que connaissent aujourd'hui de nombreux pays, qu'elle reste une lecture indispensable !

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A chaque relecture ou visionnage de Persépolis, je suis surprise d'y retrouver une telle intensité. Cette fois-ci, je me suis arrêtée au premier tome. L'introduction - absente de la version intégrale - relate l'histoire de la Perse qui deviendra l'Iran, les nombreuses invasions et dominations qu'elle a connue, le tout illustré par Marjane Satrapi.

Puis on y découvre, donc, Marjane, Marji, petite fille irannienne croyante confrontée au doute et qui ouvre les yeux sur sa situation privilégiée; elle découvre que tout n'est pas tout noir ou blanc, qu'on ne peut pas toujours pardonner, même si c'est ce que sa mère lui a tout d'abord conseillé.

Et puis, emplie de fierté, elle apprend également l'histoire des martyrs résistants de sa famille, emprisonnés, torturés, avant de comprendre que tout ceci est bel et bien une tragique réalité et non des histoires que des enfants se racontent pour s'impressionner les uns les autres.

Par ce tome, on comprend mieux la connaissance que Marjane a, adolescente ensuite à Vienne, de la politique et de la philosophie marxiste.

Teinté d'humour, ce roman est malgré cela très fort, dur, beaucoup plus dur me semble-t-il que son adaptation au cinéma, que je trouve au demeurant très belle.

Persépolis est pour moi un roman, ou un film, à côté duquel on ne peut pas passer; il faut le lire, il faut le voir. Et cette narration par le regard d'une petite fille ne rend cet épisode de l'Histoire que plus fort, parce que si réel et (presque) dénué de bons sentiments.

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En 1980, Marjane avait dix ans à Téhéran et les petites filles furent séparées des garçons à l'école et durent porter le foulard. Mais qu'importe pour cette petite fille fougueuse qui ambitionne d'être la dernière des prophètes !

Dès lors on suit avec attendrissement son éveil politique à travers un récit plein d'humour. Issue d'un milieu bourgeois et cultivé où la parole est libre, Marjane n'a de cesse d'interroger les adultes et d'essayer de comprendre l'histoire douloureuse de sa famille intiment liée à l'histoire chaotique de son pays. On lui achète des livres sur l'histoire de son pays, elle lit Marx…

Marjane peut se vanter auprès de ses copines à l'école « Dans ma famille, il y a eu beaucoup de héros. Déjà mon grand-père était en prison. Mon oncle Anouche aussi : neuf ans ! Il a même été en URSS. Mon grand-oncle Fereydoune a proclamé un état démocratique puis a été… » « Trop délire » Et puis il y a sa grand-mère, un personnage haut en couleur avec qui elle entretient une relation complice.

Le regard porté par cette fillette un brin espiègle sur les soubresauts politiques de l'Iran est irrésistible et a bien plus de résonance qu'un long discours ennuyeux.

D'emblée le récit autobiographique de Marjane Satrapi séduit pour son authenticité, on attend avec impatience les tomes suivants !

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La première chose qui m'a sauté aux yeux en commençant cette bande dessinée, ce sont les yeux. Oui, les yeux avec un foulard tout autour. L'image suivante il y avait une série de visages semblables avec les mêmes yeux.

L'auteur continue son chapitre avec le même foulard. Pourtant, nous n'avions pas encore assisté à la révolution islamique.

Ces yeux et ces visages presqu'identiques résume assez bien ce qu'a été la révolution islamique pour les femmes. Elles ont perdu leur personnalité pour devenir des objets sortant de la chaîne de production. Du moins c'est ce que ces fanatiques ont tenté de faire avec elles.

L'autre chose qui m'a frappé a été l'évolution de la religion pour la jeune fille. Très religieuse dans le premier chapitre. Elle voulait devenir prophète et parlait avec Dieu. Pourtant à la dernière page, elle invective ce même Dieu : « Alors toi, ta gueule! Sors de ma vie!!! Je ne veux plus jamais te voir! Dehors! » le Dieu qu'elle avait connu avant la révolution islamique n'était pas le Dieu de ces fanatiques.

Les révolutionnaires laïques dans l'entourage de Marjane lui ont fait apprendre l'ABC du Marxisme mais c'est à travers sa bonne qu'elle saisit toute l'ampleur du clivage des classes dans l'Iran du Shah.

Un dernier grain de sel avant de vous quitter. Marjane était probablement trop jeune pour saisir le sens de prisonniers politiques mais elle l'avait senti avec ses tripes en considérant tous les prisonniers comme des héros et en ajoutant que : « Ainsi tous les révolutionnaires d'hier devinrent les ennemis jurés de la république. »

Bien entendu, il y a beaucoup plus dans cet oeuvre très dense mais si vous voulez le connaître lisez vous-mêmes la bande dessinée ou les autres critiques qui sont beaucoup plus complètes que la mienne.

Moi, je ne voulais qu'ajouter mon grain de sel.

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Comme beaucoup, j'ai connu Marjane Satrapi grâce à l'adaptation de son roman graphique au cinéma. Restait à savoir combien de temps il me faudrait pour lire la version "papier" - en bonne boulimique de lecture que je suis, je le devais bien !

Dans ce premier tome, "Marji" est encore une petite fille avec quelques insouciances qui lui sont permises. Avec beaucoup d'humour, Marjane Satrapi met en scène sa relation avec Dieu, qui est presque celle d'un compagnon de jeux.

Toujours avec ce même humour, je me suis régalée avec l'humour créé par le décalage entre le point de vue de la petite fille et les situations "graves" d'adultes auxquelles elle doit vite faire face. Il est beaucoup question de l'histoire - ô combien compliquée…- de l'Iran faite de multiples invasions étrangères, coup d'Etat, jeux de pouvoirs, exécutions sommaires, endoctrinement et autres réjouissances du même acabit.

Dans les années de jeunesse de Marjane, la colère gronde contre le Chah d'Iran, un dictateur assez stupide pour s'être fait la marionnette des Britanniques. Dans cet environnement où le maître-mot est la "révolution" du peuple contre cet oppresseur, Marji découvre les livres et la philosophie marxiste. L'auteur nous offre d'ailleurs un grand moment de philosophie comparée entre Descartes et Marx, puis entre Marx et Dieu : splendide !!!

Puis le père de la petite fille lui apprend la douloureuse histoire de sa famille : Marji ouvre alors peu à peu les yeux sur la cruauté du monde des adultes qui n'ont pas que de belles idées…

Puis, la fin de ce premier tome arrive, parallèlement à cette fin, c'est l'innocence de Marji qui prend fin. Mais aussi la guerre qui commence...

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Citations et extraits (33) Voir plus Ajouter une citation
Les écoles qui avaient fermé leurs portes pendant les évènements les rouvrirent et là…
[La maitresse] - Mes enfants ! Arrachez les photos du Chah de vos livres !
[Marji Satrapi] - Mais c’est bien elle qui nous a toujours dit que le Chah a été élu par Dieu !
[Une élève] - Maitresse ! Elle dit que c’est Dieu qui avait choisi le Chah !!!
[La maitresse] - Satrapi ! Ce n’est pas bien de dire des choses pareilles. Au coin !!!
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- Pour qu'une révolution réussisse, tout le peuple doit s'y mettre.
- Tu t'y mettras plus tard.
- Oui, oui ! Quand ça sera fini.
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-mais dis-moi, comment tu vas faire pour que les vieilles ne souffrent plus?
-Ben c'est simple, ça sera interdit!
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"Au nom du million de morts, nous allons donner une bonne leçon à Ramine. J'ai mon idée..."
Mon idée, c'était de placer des clous entre les doigts à la façon des points américains pour attaquer Ramine.
"Ramine ! Ramine ! Sors de ta cachette ! Ne sois pas mauviette !"
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Et soudain en 1980, "Toutes les écoles bilingues doivent fermer leur porte"...
Cela j'appelle : "Révolution culturelle."
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Videos de Marjane Satrapi (30) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Marjane Satrapi
Chaque mois, un grand nom de la littérature française contemporaine est invité par la BnF, le Centre national du livre et France Culture à parler de sa pratique de l'écriture. L'auteur Jean-Claude Mourlevat est à l'honneur de cette nouvelle séance.
Cette vidéo ne sera accessible que durant la durée de la conférence.
Né en 1964, Emmanuel Guibert fréquente les Arts Déco de Paris. En 1994, il fait deux rencontres importantes ; celle d'Alan Ingram Cope, un ancien soldat de la Seconde Guerre mondiale, retraité sur l'île de Ré, et celle de David B, qui l'introduit dans un cercle de jeunes auteurs cherchant à renouveler les pratiques de la bande dessinée. Il rejoint un atelier collectif que fréquentent Joann Sfar, Christophe Blain, Emile Bravo, Marjane Satrapi et bien d'autres, où il travaille pendant cinq ans. Sa collaboration avec la maison d'édition l'Association marque une évolution vers un style épuré au service des récits vécus de son ami Alan Cope. Dans cette série biographique, toujours en cours, on trouve La guerre d'Alan (3 volumes), L'enfance d'Alan et Martha & Alan. Il poursuit dans cette veine avec le Photographe (chez Dupuis), d'après des entretiens avec Didier Lefèvre, reporter-photographe en Afghanistan dans les années 1980. Cette trilogie, traduite en 20 langues, vaut à ses auteurs (Guibert-Lefèvre-Lemercier) des récompenses dans le monde entier. Puis il crée plusieurs séries ou albums uniques, notamment Sardine de l'espace (14 volumes) et Les Olives noires (3 volumes). Avec Marc Boutavant, autre camarade rencontré à l'atelier, il lance la série Ariol, chez Bayard, qui totalise à ce jour 20 volumes traduits en de nombreuses langues. Il crée également des chansons en partenariat avec le guitariste Dominique Cravic. Son intérêt pour la musique de jazz lui fait élaborer, avec le graphiste et producteur Philippe Ghielmetti, toutes les pochettes du label Vision Fugitive. En 2007, il est lauréat de la Villa Kujoyama. de cette récompense naîtra l'album Japonais en 2008, recueils de peintures, dessins et nouvelles. Avec un collectif d'amis auteurs, il visite des grottes préhistoriques ornées en France. de cette expérience naissent le volume collectif Rupestres chez Futuropolis et la réalisation de fresques pariétales dans une grotte du Parc Régional des Causses du Quercy. En 2017, il est lauréat du prix René Goscinny pour l'ensemble de son oeuvre de scénariste au festival d'Angoulême. Il mène depuis quinze ans une activité discontinue mais fidèle de visiteur hospitalier et a rejoint Christine Géricot à l'association Sur un lit de couleurs, qu'il vice-préside. Cette association installe et supervise des ateliers d'arts plastiques animés par des enseignants dans les hôpitaux en France. Emmanuel Guibert a reçu le Grand Prix de la ville d'Angoulême lors du Festival international de la bande dessinée en 2020.
Animés par des producteurs et productrices de France Culture, les entretiens du cycle « En lisant, en écrivant » sont réalisés en public à la BnF, puis diffusés dans la grille d'été de France Culture et disponibles en podcast. Genèse des oeuvres, sources d'inspiration, aléas de la vie quotidienne d'un auteur ou d'une autrice, édition et réception des textes – autant de sujets que ces rencontres permettent d'aborder, au plus près de la création littéraire.
Rencontre animée par Arnaud Laporte, producteur chez France Culture
En savoir plus sur les Master classes : https://www.bnf.fr/fr/agenda/masterclasses-en-lisant-en-ecrivant
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