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EAN : 9782330121396
Éditeur : Actes Sud (04/09/2019)

Note moyenne : 4.29/5 (sur 21 notes)
Résumé :
Isma quitte Londres pour les États-Unis afin de reprendre ses études de sociologie, interrompues à la mort de sa mère. C'est à elle qu'avait alors incombé la charge de ses frère et soeur jumeaux, plus jeunes, Aneeka et Parvaiz. Aujourd'hui, l'une poursuit son cursus en droit, l'autre vient de rejoindre les rangs de l'État islamique. Il ravive ainsi un traumatisme familial puisque, des années auparavant, leur père les a abandonnés pour le djihad.
Lorsque Isma... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
lau2201
  22 août 2019
Après quelques pages, j'ai cru que ce livre n'était pas pour moi, car il m'apparaissait comme un roman communautariste. En effet, nous suivons les membres de deux familles d'origine pakistanaise à Londres. Une fille de djihadiste, mort durant son transfert à Guantànamo, musulmane mais pas extrémiste, rencontre aux Etats-Unis le fils d'un homme politique ambigu, puisqu'il a renié l'islam tout en s'appuyant sur l'électorat paki (et immigré de manière générale) pour se faire élire.
Eh bien, lentement mais sûrement, je me suis passionnée pour le destin de ces personnages. le livre est divisé en cinq parties, tournant chacune autour de la vie d'un personnage différent. Mais l'histoire, hormis quelques retours en arrière qui narrent le processus de radicalisation d'un jeune homme en quête de figure paternelle, avance de manière assez linéaire. Toute la complexité des situations dans lesquelles les personnages se trouvent, leurs intérêts divergents, leur passif, leurs histoires, leurs ambitions, se retrouve dans ce livre qui fait réfléchir et qui interroge l'attitude de nos gouvernements face à ceux que l'on appelle les returnees, à savoir les jeunes (ou moins jeunes) qui rentrent (ou tentent de rentrer) dans leur pays après avoir combattu aux côtés de l'Etat islamique. Ce livre pose des questions sur des situations qui peuvent être trompeuses ; tout accuse Parvaiz et sa famille, mais son histoire personnelle est tout autre, et nous seuls la connaissons. C'est surtout un livre qui explore, par le biais des personnages, les différentes façons d'être musulman (ou d'origine musulmane) dans un pays occidental après les attentats islamistes. Il explore aussi les relations humaines, père-fils, et surtout fraternelles, et ça, ça dépasse toutes les barrières de culture et de religion.
La référence à Antigone est explicite en quatrième de couverture et à l'issue du roman, mais pas à l'intérieur de ses pages, et il est donc possible de lire et d'apprécier le livre sans rien en connaître (moi-même n'en garde qu'une notion plutôt vague). Quoi qu'il en soit, ce roman est une formidable réussite.
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Verdure35
  06 janvier 2020

Ce roman paru chez Actes Sud a comme auteur une jeune femme pakistanaise qui a déjà publié 6 romans.
Il se situe entre Londres, les Etats Unis et Karachi,le Moyen Orient où tout s'embrase si facilement.
Deux jeunes gens Isma et Eamonn ,étudiants d'origine pakistanaise, se lient d'amitié aux Etats Unis, chacun est prudent sur le sujet familial. Ebloui par une photo de la soeur d'Isma, Aneeka, Eamonn , rentré à Londres essaie de la joindre, et là, commence une grande histoire d'amour pas facile et dangereuse :Le père d'Eamonn, pakistanais d'origine , est ministre de l'Intérieur, le père d'Aneeka a probablement disparu , il s'est entièrement voué au djiad. le frère jumeau des filles , lui aussi se fait enroler par l'Etat islamique, d'où une véritable tragédie qui se met en place.
J'ai beaucoup aimé ce roman très actuel qui se lit facilement et avec curiosité.
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traversay
  06 octobre 2019
Née à Karachi, résidente londonienne et à l'occasion enseignante dans des universités américaines : Kamila Shamsie est une citoyenne et une romancière attentive à la perception occidentale de la communauté musulmane. Et notamment à tous les raccourcis faciles qui la concernent. Embrasements, à égalité avec Quand blanchit le monde, est sans doute le meilleur roman de Kamila Shamsie, par son acuité sociale et politique mais aussi sa densité narrative avec une histoire familiale complexe que son style fluide rend limpide, tout en laissant le lecteur libre de sa réflexion et de ses sentiments vis-à-vis de personnages jamais réduits à la caricature. Divisé en 5 grands chapitres, Embrasements s'attache successivement à ses principaux protagonistes dans une montée progressive vers la tragédie. On le sait, la romancière a voulu écrire une version moderne de l'Antigone de Sophocle mais point n'est besoin de connaître sur le bout des doigts la pièce originelle pour apprécier la subtilité avec laquelle l'auteure avance dans une intrigue qui sous une autre plume pourrait paraître bien emberlificotée. Dans le désordre du monde et l'intimité d'une famille bouleversée, la romancière creuse son sillon avec un récit qui fait la part belle à l'humain saisi dans ses contradictions, ses peurs et sa résilience.
Lien : https://cin-phile-m-----tait..
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Sevlipp
  10 septembre 2020
Antigone revisitée ; j'avais adoré la pièce quand j'étais lycéenne (cela fait fort longtemps) et je n'ai pas été déçue à la lecture d'embrasements. La tension monte peu à peu.
Isma et Eamon se rencontrent. L'une a un père qui a embrassé le djihad, le père de l'autre est un homme politique britannique d'origine pakistanaise qui lutte contre tous les communautarisme.
Chaque chapitre dévoile un personnage avec ses convictions, ses failles, ses forces. J'ai eu un attachement particulier pour Isma.
En réalité ce qui s'affrontent ce sont deux visions du monde, des rapports de force, de la loyauté familiale, de la tolérance, de l'intolérance, des notions d'honneur, des différences de classes sociales.
Le style est agréable, précis et le rythme s'accélère petit à petit accompagnant la dramaturgie.
Un livre qui fait réfléchir et qui illustre, une nouvelle fois, combien ces sujets sont complexes.
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Squirelito
  03 février 2020
Le roman commence dans un aéroport londonien ou Isma, d'origine pakistanaise et de confession musulmane, rate son avion à cause d'un interrogatoire qui n'en finit pas. Elle est contrôlée parce que son père est mort il y a plusieurs années lors de son transfert à Guantanamo et que le frère jumeau de sa soeur est parti combattre à Raqqa. Finalement, elle peut embarquer pour les Etats-Unis où quelques semaines plus tard, dans un café, elle rencontre Eamonn le fils du futur ministre de l'Intérieur britannique, lui aussi d'origine pakistanaise et engagé dans l'aile conservatrice du Parti conservateur.
Eamonn retourne en Anglettere et force la rencontre des destins en allant chez une tante d'Isma pour rencontrer sa soeur, la superbe Aneeka. Il en tombe éperdument amoureux et ils vivent une relation intense jusqu'au jour où Aneeka lui révèle l'histoire de sa famille, faite de blessures et de non-dits. Puis, elle lui demande de l'aider car son cher frère jumeau Parvaiz veut rentrer en Angleterre tant il est horrifié de voir ce qui se passe réellement au sein des combattants. Là, les familles vont s'affronter avec le monstre médiatique comme interlocuteur.
Kamila Shasie signe un récit aussi superbe que tragique, aussi violent que dramatique. Une tragédie grecque du XXI° siècle sous les auspices de Sophocle. Comment ne pas rapprocher Créon de Karamat Lone, Hémon d''Eamonn, Polynice de Parvaiz et enfin Antigone d'Aneeka. C'est la vie contre la mort, la lutte de l'Etat contre la famille. Avec cette comparaison, le final ne peut être qu'explosif mais il prend toute une grandeur dans cette analyse pertinente du tragique de l'affrontement et comme pour l'oeuvre grecque ce récit permet, non pas de glorifier la violence mais de tenter d'expliquer pourquoi elle existe et dénonce tout à tour les mécanismes (secrets, autoritarisme, embrigadement, amalgame…) qui conduit à l'inéluctable.
S'ajoute une écriture très poétique qui contraste avec le drame qui se joue. Un drame qui n'a pas de marque dans l'échelle du temps, les moeurs évoluent mais les sentiments, qu'ils soient marqués par la haine ou par l'amour, restent inchangés. Puisse la littérature faire un jour évoluer les choses et ouvrir une fenêtre sur la tolérance, la compréhension des uns et des autres. Ne plus juger sur les apparences mais sur la valeur réelle des âmes.

Lien : https://squirelito.blogspot...
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
michelekastnermichelekastner   29 avril 2020
Qu’est-ce que c’était ? Pas du chagrin. Le chagrin, elle connaissait. Le chagrin, c’était le demi-frère avec qui ils avaient grandi, non désiré, inéluctable. Le chagrin, le liquide amniotique de leurs vies. Le chagrin, elle pouvait le regarder droit dans les yeux pendant que son jumeau regardait par-dessus son épaule et lui racontait le monde au-delà. Le chagrin changeait de forme pour s’adapter à vos contours – vous enveloppant d’une seconde peau dans laquelle vous finissiez par apprendre à vous glisser avant de reprendre votre vie. Le chagrin était l’accord passé entre Dieu et l’Ange de la Mort, qui voulait qu’un fleuve infranchissable sépare les morts des vivants ; le chagrin, le pont qui permettait aux morts de voleter parmi les vivants, leurs pas là-haut, leur rire au coin de la rue, leur allure dans les corps d’étrangers que l’on suit dans la rue en espérant qu’ils ne se retourneront pas. Le chagrin, c’était la dette payée au mort pour le crime nécessaire de continuer à vivre sans lui.
Mais ça, ce n’était pas du chagrin. Ça n’adhérait pas à elle, ça l’écorchait. Ça ne l’enveloppait pas, ça s’insinuait par les pores de sa peau et la faisait enfler au point de la rendre méconnaissable. Elle n’entendait pas ses pas ni son rire, elle n’arrivait plus à se recroqueviller et à adopter son allure, elle ne pouvait plus regarder dans un miroir et voir ses yeux la regarder en retour.
Ce n’était pas du chagrin. C’était de la rage. C’était sa rage à lui, la rage de ce garçon qui s’était permis toutes les émotions hormis la rage, c’était donc la part de lui qu’elle ne connaissait pas, c’était tout ce qu’il lui laissait, c’était tout ce qui restait de lui. Elle la serra contre sa poitrine, elle la nourrit, elle caressa sa crinière, elle lui susurra des mots d’amour sous un un ciel dépourvu d’étoiles, et se servit de ses griffes étincelantes pour aiguiser ses propres dents.
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Video de Kamila Shamsie (1) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Kamila Shamsie
Interview sous-titrée de Kamila Shamsie pour la sortie de son roman "Quand blanchit le monde" (Ed. Buchet/Chastel, août 2010). Réalisée originellement par la maison d'édition américaine Bloomsburry.
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