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Mélanie Basnel (Traducteur)
EAN : 9782809702637
240 pages
Editions Philippe Picquier (05/05/2011)
3.73/5   66 notes
Résumé :
Il leur aura fallu attendre cinquante ans. Cinquante ans pour se connaître, découvrir la force et la sérénité qui sont en elles, se libérer du carcan des traditions, comprendre le monde qui les entoure.
Après un demi-siècle d'existence, les femmes des histoires de Bulbul Sharma découvrent avec stupeur que la vie n'est pas telle qu'elles l'avaient toujours imaginée. Passant de la révélation à la rébellion, elles vont apprendre à écouter leurs désirs, s'ouvrir ... >Voir plus
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Elles ont toutes cinquante ans. Cinquante ans : le moment du basculement, de la révélation, ou de la prise de conscience. Ou de tout ça à la fois. Elles ont cinquante ans et sombrent dans la maladie mentale, meurent soudainement, apprennent à danser la salsa, parlent à un inconnu, quittent leur mari ou regardent avec tendresse leur vieille robe de chambre. Pour beaucoup d'entre elles, c'est l'heure de la liberté qui sonne enfin, après de longues années d'une vie régie par les contraintes sociales et familiales et qui les a étouffées. Pour certaines, c'est juste le temps d'une pause introspective - et c'est déjà pas mal. Pour d'autres enfin, c'est le point de non-retour.

Bulbul Sharma revient encore une fois, à travers onze nouvelles, sur son sujet de prédilection : la condition des femmes indiennes. Pourtant, on n'est ni dans le ton triste de Mangue amère, ni dans l'ironie mordante de Mes sacrées tantes ; l'auteure, de recueil en recueil, sait très bien jouer sur les variations pour aborder à chaque fois de manière différente sa thématique dominante. Ce qui est spécifique à ce recueil-ci, c'est, je crois, le cadrage sur les relations familiales, et particulièrement sur les relations de deux individus au sein d'une même famille : mari et femme, mère et fille, et, surtout (!), belle-mère et belle-fille (apparemment la pire des relations qui soit, en Inde). Mais ce qui m'a marquée, c'est que l'étude de la pression familiale (qui peut aller jusqu'à la destruction d'une identité), bien que confinée au cadre de la société indienne, trouve ici une portée universelle. D'ailleurs, je retrouve dans les belles-mères de Bulbul Sharma une certaines ressemblance avec quelques femmes de ma famille, particulièrement celles issues des deux côtés de la Méditerranée... Mais j'ai surtout été frappée par l'analyse très juste des relations familiales étouffantes, qui s'applique, je pense, aux sociétés du monde entier - ou presque. Et la première nouvelle, qui donne son titre au recueil, en est une représentation terrible, via un récit fantastique et l'histoire d'une femme qui se laisse écraser par sa mère et développe une pathologie schizophrène - du moins c'est ce qui m'a semblé. Une autre particularité du recueil tient au fait que toutes les nouvelles ont pour cadre des familles très aisées (et même riches), ce qui permet à l'auteure de donner à voir une société très inégalitaire. Mais le sujet est plus effleuré qu'exploité, car l'enjeu, pour Bulbul Sharma, n'est pas là. Pas entièrement, en tout cas.

À l'opposé de l'histoire qui ouvre le recueil, la plupart des nouvelles sont plutôt d'un ton optimiste et évoquent une émancipation tardive, mais bien réelle et durable. Certaines histoires sont très classiques, comme le coup de la femme qui quitte son mari du jour au lendemain pour changer de vie, ce qui est peut-être le plus grand reproche que je pourrais faire à l'auteure. D'ailleurs l'idée de la cinquantaine comme tournant d'une vie n'est pas extrêmement originale. Et, surtout, je trouve les deux dernières nouvelles d'une qualité moindre : le scénario est peu facile et la toute dernière, surtout, est écrite dans un style plat et répétitif qui sent le bâclé. Heureusement que la phrase finale rattrape un peu le tout ! Mais j'ai aimé les neuf autres nouvelles, et tout particulièrement La robe de chambre en velours rose : un petit moment de douce introspection et de poésie qui parlera sans doute à beaucoup de lecteurs. Toutes proportions gardées, c'est la touche quelque peu proustienne du livre. Robe algérienne en dentelle un peu kitsch ou chatoyant costume de velours violet des années 70... Je crois que nous sommes nombreux à avoir une robe de chambre rose qui dort dans nos placards.
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Les femmes des histoires de Bulbul Sharma viennent de fêter leurs 50 ans et sont indiennes. Pour chacune d'entre elle, cet anniversaire constitue un moment charnière. Rano, martyrisée par une immonde belle-mère, a dû attendre la mort de cette dernière pour connaître la liberté. Pour une autre, la cinquantaine a coïncidé avec le départ de son mari, parti roucouler avec son secrétaire Monty. Mahun, elle, a quitté son époux afin de s'émanciper. Suhda, veuve, a brisé les convenances et choqué sa belle famille en fréquentant un homme rencontré au parc. de son coté, Madhu découvre son conjoint dans les bras de prostitués pendant un séjour en Thaïlande censé célébrer leur anniversaire de mariage tandis que Meera refuse catégoriquement toute union, au grand désespoir de sa mère…

Onze nouvelles où Bulbul Sharma déroule cette petite musique si agréable qui la caractérise. Les femmes qu'elle met en scène sont pour la plupart issue d'une bourgeoisie cossue. Les enfants ont quitté la maison, le mari (quand il y en a un) est depuis longtemps indifférent et les belles mères sont immondes. Certes, ce demi-siècle n'est pas forcément synonyme de « cinquantièmes rugissants ». Ces femmes restent de bonnes hindoues respectueuses des traditions mais leur forte personnalité est une porte d'entrée vers l'épanouissement. Difficile cependant d'avoir sa propre existence quand on ne travaille pas et que l'on ne dispose pas de l'argent du ménage. Pas question non plus de divorcer, là encore, le traditionalisme l'emporte. Il n'empêche, ce basculement de « l'après 50 ans » sonne comme une révélation : et si la vie ne faisait que commencer ?

Les différents textes ne sont pas du tout redondant. Certains jouent sur le registre de l'humour, d'autres sont plus graves. Tous sont traversés par quelques notes de poésie permettant de relativiser des situations parfois difficiles. Autre constante, les femmes du recueil se révèlent aussi sympathiques qu'attachantes. Il leur aura fallu attendre cinquante ans pour briser les carcans et écouter leurs désirs, pour comprendre aussi que leur pays a changé doucement et que les pratiques d'antan, si elles restent la panacée, sont de plus en plus bousculées par un souffle de modernité salvateur.
Lien : http://litterature-a-blog.bl..
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Offert par une amie qui a pensé que c'était le moment ou jamais.
Il s'agit d'un recueil de nouvelles centrées sur les femmes. Elles ont atteint 50 ans et s'interrogent sur leur vie, à la suite d'un événement perturbateur. Ces récits sont souvent contéspar l'héroïne elle-même.
Une aurait voulu un mari qui lui sourit. Elle est morte à 50 ans et le regarde de l'au-delà. Et voici que O surprise il perd le gout de vivre. Mais elle voit aussi qu'aucun homme parmi ses voisins n'a jamais souri à sa femme. Une autre délaissée par son mari au profit d'un homme, s'inscrit à un cours de salsa et apprend la légèreté mais pas seulement celle du corps.
Une femme, contre toutes les règles, parle à un homme inconnu dans un parc. Tandis qu'une épouse lors d'un voyage en Thaïlande découvre un autre côté de son mari, et sait désormais que sa vie ne sera plus la même car ses yeux se sont ouverts sur d'autres mondes que celui auquel elle est habituée.
Ces femmes ont été mariées parce que cela ne se discute pas. Elles n'avaient d'ailleurs qu'à se réjouir lorsqu'elles avaient un mari qui ne mes battait pas, ou si peu. Mais si elles ont subi leur sort de femme indienne, cela ne les a pas empêché de regarder et de juger. Et sous la soumission qu'elles se doivent de montrer, elles savent profiter de la marge de manoeuvre qui leur est accessible. Elles ont d'ailleurs un sacré humour.
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Comment aborde-t-on la cinquantaine quand on est une femme indienne? Au travers de onze récits, Bulbul Sharma offre différents portraits de femmes passant ce cap.

Ce livre, par la variété de ses histoires et de ses personnages, donne au lecteur une idée du statut de la femme indienne au sein de la société. Une société qui ne lui laisse pas beaucoup de choix. Une femme, pour être respectable, doit être mariée. Mais une fois mariée, une femme est-elle plus respectée pour autant? Au service de son époux et de sa belle-famille, elle doit faire preuve d'une entière dévotion. Mais fait-on preuve d'égards envers elle?

Certaines de ces héroïnes, vont devoir faire preuve de courage pour oser s'affirmer et braver conventions et traditions.

L'auteure nous offre des portraits de femmes attachantes et courageuses, mais aussi des personnages secondaires hauts en couleurs.

Une lecture aussi instructive que plaisante.
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Onze nouvelles pour faire la connaissance de Bulbul Sharma (Bulbul étant un surnom, comme c'est dommage, c'est si plaisant à l'oreille) en la regardant s'attaquer à l'épineuse étape de la cinquantaine féminine. Ses héroïnes tournent donc autour de ce roc, de ce pic, de ce cap, que dis-je c'est un cap ? c'est une péninsule ! En réalité, vraiment pas, c'est un chiffre, il n'est pas plus dommageable qu'un autre sauf évidemment pour qui choisit de vivre en toute superficialité – et grand bien leur fasse. « Cinquante ans. Un demi-siècle. Elle ne se sentait pas différente. Malgré tout, des choses semblaient se mettre en branle dans sa tête, comme une roue qui tourne lentement et lourdement sur un chemin boueux. »
En attendant on navigue entre différentes époques et lieux et en s'attachant aux pas de chaque quinquagénaire on apprend mine de rien tout un tas de choses sur l'Inde d'hier et surtout d'aujourd'hui, les rituels qui n'en sont plus vraiment, l'extravagant pouvoir des castes et le snobisme encore prégnant, la différence de perception selon l'oeil qui regarde (une beauté à nos yeux d'occidentaux peut se révéler laide selon des critères étranges), la soumission familiale et son corollaire l'indépendance qui se gagne, toutes ces nourritures aux noms enchanteurs… L'ensemble est très doux, on se sent invité à entrer dans les intimités de chacune et la plume est indéniablement séduisante. Je relirai Bulbul Sharma !

« Ce séjour en Thaïlande lui avait offert un aperçu d'une autre vie, au moment précis où elle grimpait un nouvel échelon dans sa propre existence. D'un seul coup, elle sentait des centaines d'autres mondes graviter autour d'elle, tous très différents de celui qu'elle connaissait, et l'un d'eux était entré en collision avec le sien. Il avait laissé une trace indélébile. »
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Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
Une averse brutale avait fait ressortir des centaines de minuscules pousses de mauvaises herbes et Meera préférait les enlever tout de suite, avant qu'elles n'aient eu le temps de plonger leurs racines au plus profond de la terre. La jardinier la suivait des yeux depuis l'ombre du margousier. Il n'aimait pas qu'elle travaille dans le jardin, mais Merra préférait ignorer ses regards désapprobateurs. Elle avait de la peine pour les pousses qu'elle arrachait et jetait sur le tas de déchets à brûler. Pauvres petites choses, elles aussi avaient besoin d'un sol dans lequel s'ancrer. Ce n'était pas leur faute si elles aimaient bien son jardin. Peut-être devrait-elle les laisser s'épanouir à leur guise dans la pelouse ? Après tout elles étaient vertes elles aussi, peut-être même encore plus vertes que le gazon. Mais les gens n'aimaient pas les mauvaises herbes. Et il fallait toujours se plier aux exigences d'autrui, sans quoi il était impossible de s'intégrer, comme c'était le cas pour ces pauvres petites pousses.

Le mariage de Meera
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J'ai porté la robe de chambre à chaque fois que j'allaitais ma fille, et le tissu s'est imprégné d'une douce odeur de bébé. Ma fille a grandi, la robe de chambre est devenue sa couverture préférée. Elle l’agrippait de ses petits doigts et la serrait contre elle quand elle était triste ou en colère contre nous. Mon fils, né quelques années plus tard, n'arrivait pas à s'endormir si je ne le berçais pas dans mes bras, vêtue de la vieille robe de chambre.
Nous étions obligés de la cacher sur le haut d'une armoire pour éviter que le chien ne se love dedans. A chaque fois qu'il la trouvait, il s’affalait dessus de tout son poids et grognait si j'essayais de la lui retirer. Il y a maintenant des touffes de poils accrochées au velours et les manches sont toutes effilochées aux poignets.

La robe de chambre en velours rose
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Personne ne sait vraiment à quel moment la robe de chambre a fait sa première apparition dans la famille. J'ai toujours pensé qu'elle appartenait à ma grand-mère, mais ma mère m'a dit qu'elle lui venait de sa plus vieille tante qui l'avait elle-même reçue de son neveu, le mouton noir de la famille, celui qui a émigré au Canada et épousé une femme blonde de cinq ans son aînée. La tante ne l'a jamais portée parce qu'elle était convaincue que c'était la mem qui l'avait choisie.
"Cette robe de chambre a été souillée par les mains de cette sorcière, il est hors de question que je la porte. Elle lui a peut-être jeté un sort."
Qui plus est, la robe de chambre en question était rose vif, et le mari de ma tante, un juge à la retraite, refusait que son épouse ressemble à une femme de mauvaise vie.
"Mais quelle femme de mauvaise vie porterait une robe de chambre ?" s'est un jour moquée une autre tante de ma mère.

La robe de chambre en velours rose
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Les verres ont leur propre produit de nettoyage qui les rend si brillants qu'on les croirait sortis d'un conte de fées. Quant au parquet en bois, il faut le frotter avec un cirage qui diffuse un doux parfum musqué. Pour les quatre grands miroirs de la maison, il y a un flacon armé d'un vaporisateur, et pour les fenêtres, le même genre de flacon, mais avec un vaporisateur plus gros. Robi l'a prévenue qu'il ne fallait surtout pas confondre les deux produits, sans pour autant lui expliquer ce qui risquait de se passer si jamais cela arrivait.

Un endroit bien à elle
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Deux ans après mon cinquantième anniversaire, j'ai décidé de m'inscrire à un cours de salsa. Je m'en souviens très bien parce que c'est l'année où mon mari Ramesh m'a quittée pour aller vivre à Goa avec son secrétaire, un garçon du nom de Monty. Je n'avais pas vraiment envie de m'inscrire. D'ailleurs, je ne savais même pas que la salsa était une danse. Je croyais qu'il s'agissait d'une sorte de sauce tomate que l'on mange avec des chips triangulaires.

La salsa à cinquante ans
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Vidéo de Bulbul Sharma
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