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Mélanie Basnel (Traducteur)
ISBN : 2809702004
Éditeur : Editions Philippe Picquier (10/09/2010)

Note moyenne : 3.81/5 (sur 52 notes)
Résumé :

Voici un savoureux festin d'histoires où la nourriture et celles qui la préparent jouent le premier rôle. Des femmes y marient arômes et épices pour nous livrer tour à tour des recettes de vie où s'épanche la brûlante violence des currys, s'attarde le parfum entêtant d'une rivale ou se distillent les ingrédients doux-amers de la vengeance. Autant de secrets, de souvenirs qui nous plongent au coeur de ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
Musardise
  14 février 2016
Mangue amère est un recueil d'histoires, plus que de nouvelles proprement dites, racontées par des femmes lors de la préparation d'un repas rituel consacré à l'anniversaire de la mort d'un de leurs parents, Bhanurai Jog. Certaines de ces femmes sont jeunes, mais pour l'essentiel elles sont d'âge mûr. Certaines d'entre elles sont issues de familles aisées, voire riches, certaines sont de familles pauvres. Elles ont été mariées ou pas, elles n'ont connu que l'Inde ou ont émigré en Grande-Bretagne. Mais toutes vivent dans le carcan étroit de la société indienne. Et ces histoires, qu'elles se racontent d'année en année, sont le témoignage de leur difficulté à vivre leur vie de femme.
L'intérêt majeur de ce livre, c'est donc l'appréhension de la société indienne et hindoue, de ses codes et de la place qu'elle accorde aux femmes. On s'en doute, le tout n'est pas bien gai et les histoires racontées sont baignées de mélancolie, voire de désespoir. Rien qui puisse laisser entrevoir un avenir plus souriant pour ces femmes : Bulbul Sharma se montre résolument pessimiste. Et c'est en partie là que le bât blesse, parce qu'on la sent finalement elle-même enfermée dans ces règles de la société indienne dont elle n'imagine pas pouvoir sortir.
Je trouve également que ce recueil ressemble beaucoup à d'autres : évidemment, j'ai pensé à Mariage arrangé de Chitra Banerjee Divakaruni, qui traite exactement du même thème, et que j'ai trouvé franchement meilleur. Mais aussi à Gens de Taipei et à d'autres recueil de nouvelles asiatiques qui prennent pour thématique la société d'un pays à un moment donné. Donc, pas beaucoup d'originalité dans le cas de Mangue amère, qui manque un peu, à mon goût, de subtilité ou d'émotion dans son étude de la place de la femme indienne au sein de la famille et de la société. Je suis restée sur ma faim.
L'idée d'insérer les neuf histoires dans le cadre plus large de la préparation du repas, un peu à la façon des Mille et une nuits, m'avait paru intéressante. Chaque histoire est en effet précédée d'un chiffre de un à neuf, en tête de chapitre, et de la présentation d'une des femmes, en train d'éplucher ceci ou d'émincer cela, et qui prend la parole pour s'apprêter à raconter son histoire (ou celle d'une femme qu'elle a connue). Viennent ensuite le titre, comme L'histoire de Jamini, l'amie de Badibua, et l'histoire proprement dite. Mais pas de chance, Bulbul Sharma ne s'est pas montrée très rigoureuse, et c'est ainsi qu'on ne sait pas d'où sort ni qui raconte l'histoire Cinq, qui ne porte d'ailleurs pas de titre, que l'histoire du défunt Banurhai Jog, qui logiquement devrait clore le recueil, se retrouve en position numéro huit, et que le tout se termine avec l'histoire Neuf, qui fait l'effet d'un cheveu sur la soupe. À la fin du livre, le cadre initial a disparu, exit les protagonistes de départ et la préparation du repas. Ce genre de choses, qui révèle un sérieux manque de rigueur dans l'écriture, m'agace prodigieusement ; d'autant plus que, de cette façon, Bulbul Sharma gâche ce qu'il y avait de plus original dans son livre.
Cependant, ça se lit vite et plutôt agréablement dans l'ensemble. Disons que c'est une bonne introduction sur le sujet de la place des femmes dans la société indienne, sans plus. Je m'essaierai tout de même à d'autres livres de Bulbul Sharma ; nous verrons bien si je les trouverai meilleurs.
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missmolko1
  25 janvier 2015
Des femmes se retrouvent pour préparer un grand repas en l'honneur d'une personne décédée, c'est donc l'occasion de de se raconter des histoires et pour le lecteur de plonger au coeur de l'Inde, de sa culture et de sa gastronomie.
On passe du rire aux larmes car si certaines nouvelles sont drôles, d'autres sont tristes ou émouvantes : "Petit a petit , elles déversèrent leur mal du pays avec les tasses d'eau chaude, jetèrent leur solitude avec le riz basmati, saupoudrèrent leurs rêves oublies et leur déceptions avec le sel. Quelques larmes mouillèrent les petits pois, les carottes et les haricots, mais les pommes de terre furent teintées d'éclat de rire. Puis elle hachèrent leur tristesse en petits bouts fins, presque invisibles, et la mélangèrent a la cannelle, la cardamone et la poudre de clous de girofle."
Toutes ne sont pas égales et j'ai beaucoup aimé 3 nouvelles en particulier : Cette femme qui tuent son mari en lui faisant manger des plats gras et riche m'a fait rire, l'histoire des trois veuves qui vivent en Angleterre et qui se retrouvent pour préparer un plat, ou encore l'histoire de ce couple pauvre qui vivent dans une grande maison délabrée que leur fils voudraient voir vendre.
L'écriture est très belle et donne de la fluidité au recueil.
"Certaines femmes ont la main trop lourdes avec l'assaisonnent. Elles se contentent de jeter le sel et les piments dans le plats sans cesser de bavarder, ou en pensant a autre chose. Une femme doit avoir le coeur et l'esprit calmes et apaisés au moment de saler. Vous pouvez découper les légumes aussi fins que des pétales, broyer toutes sortes d'épices jusqu'à ce qu'elles puissent traverser un tissu de mousseline, , si vous ajouter trop de sel ou pas assez, tout est complètement raté"
Un seul regret, qu'a la fin du livre, on trouve pas quelques recettes car tous les plats ont l'air très savoureux
Lien : http://missmolko1.blogspot.i..
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maylibel
  08 juillet 2014
C'est l'anniversaire de la mort de Bhanurai Jog. Pour préparer le repas donné en son honneur, les femmes s'activent en cuisine en échangeant histoires et souvenirs.
De Bulbul Sharma, j'avais beaucoup aimé le très réussi La Colère des aubergines. le ton de Mangue amère est moins humoristique, plus doux-amer. À travers ces histoires en apparence anodines, elle peint un subtil mais acide tableau de l'Inde d'aujourd'hui : elle évoque d'une plume acérée et efficace le décalage qui se creuse entre les enfants partis à l'étranger et leurs parents restés au pays, les terribles rivalités qui peuvent exister entre membres d'une même famille, la condition des femmes...
Un savoureux voyage en Inde.
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melina1965
  06 juillet 2013
Histoires pimentées et acidulées.
Huit femmes se retrouvent pour préparer le repas d'anniversaire des funérailles d'un certain Bharueai Jog. Tandis qu'elles lui mitonnent, en souvenir, ses mets favoris, entre la découpe des légumes et la cuisson du riz, elles vont se raconter des histoires ; celle d'une mère, d'une amie ou bien encore la leur. C'est toujours une femme qui en est l'héroïne et toutes parlent de nourriture.
Ces histoires, qui dévoilent une Inde plutôt traditionnelle, sont tantôt drôles, tantôt douloureuses et parfois macabres et les textes, pleins de couleurs et de saveurs, nous font découvrir la vie de ces femmes : des mariages arrangés au drame de ne pas avoir d'enfant, des traditions et des croyances aux enfants qui sont partis vivre une autre vie à l'étranger.
Un autre regard sur cette Inde aux cultures si diverses, si riches et si passionnantes.
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babounette60
  26 septembre 2013
Lors de la cérémonie en hommage du défunt Bhannai Jog, Badibua et ses amies racontent des histoires tout en épluchant les légumes pour les plats qui seront servis au temple.
Des histoires de femmes, de repas, de cuisine qui disent la place des femmes, des jeunes épouses, qui parlent des traditions, des enfants qui vivent à l'étranger. Un cocktail succulent, doux-amer et on salive toujours autant en lisant les recettes qui accompagnent les histoires. On a l'impression d'avoir les doigts qui sentent le curry en tournant les pages. Un nectar de lecture.
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
MusardiseMusardise   14 février 2016
Gita et Savitri lui sourirent en retour. Puis les mots se mirent à couler comme un torrrent. Pendant qu'elles mélangeaient les ingrédients dans les énormes casseroles avec des karchi à long manche qui avaient été amenés d'Inde, les trois femmes parlaient à voix basse. Parfois elles s'entendaient, et d'autres fois les mots disparaissaient, engloutis dans les chaudrons pour se mélanger au bhog frémissant. Petit à petit, elles déversèrent leur mal du pays avec les tasses d'eau chaude, jetèrent leur solitude avec le riz basmati, saupoudrèrent leurs rêves oubliés et leurs déceptions avec le sel. Quelques larmes mouillèrent les petits pois, les carottes et les haricots, mais les pommes de terre furent teintées d'éclats de rire. Puis elles hachèrent leur tristesse en petits bouts très fins, presque invisibles, et la mélangèrent à la cannelle, la cardamome et le poudre de clous de girofle.
Doucement, alors que le bhog commençait à bouillonner et que son parfum montait pour envahir tout le temple, la cour de récréation vide, les classes silencieuses, les femmes se turent. Elles plongèrent une louche dans le bhog pour le goûter. Il fallait ajouter un peu de douceur. D'un joli mouvement de doigts, les trois veuves posèrent leurs paumes les unes sur les autres, et leurs mains, tels des poissons faisant l'amour, versèrent dans le chaudron tout l'amour qu'elles avaient dans le cœur. Elles le tordirent, le pressèrent, jusqu'à ce qu'il coule comme un torrent dans le chaudron, déborde sur le sol, tache les carreaux blancs immaculés. Quand on leur servit le bhog, les gens qui s'étaient réunis au temple pour le festin furent surpris par la riche saveur du plat, et Purohit Baba leur dit dans un sourire :
- C'est simplement la générosité du Seigneur.

Quatre - L'histoire de Savitri
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MusardiseMusardise   16 février 2016
Dans cette maison où sa mère lui avait dit qu'elle devrait vivre jusqu'à la fin de ses jours, il n'y avait qu'un vieux domestique. Elle était encore en train d'enlever les pétales de roses quand il se présenta devant sa porte, dans le couloir, et toussa.
- Qu'y a-t-il ? finit-elle par demander après qu'il eut toussé de nouveau et se fut éclairci la gorge à plusieurs reprises ; elle n'était pas sûre d'avoir le droit de parler à qui que ce soit et encore moins à un homme.
- Bhabhi est tombée malade. Dada demande si vous pouvez cuisiner quelque chose ou s'il doit faire venir quelqu'un du village.
Nanni, abrutie par le parfum des roses fanées, prit une décision qui allait ruiner sa vie entière.
Elle se leva, trébucha sur la bas de son sari de jeune mariée, et dit de sa voix claire d'adolescente de seize ans :
- C'est moi qui vais cuisiner aujourd'hui. Dis à Babhi de se reposer.

Sept - L'histoire de Nanni
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MusardiseMusardise   13 février 2016
Tous les dix jours à peu près, elle se nouait un mouchoir devant la bouche et le nez et vaporisait un liquide vert que Babu avait envoyé d'Amérique, appelé Shine-O. Six mois plus tôt, un de ses amis leur avait apporté un énorme colis qui contenait six bouteilles de ce produit et deux pulls. La bouteille avait la forme d'une carafe et sur l'étiquette une jolie fille blonde se tenait près d'une fenêtre étincelante de propreté. Une table et une lampe brillaient à côté d'elle, et derrière, les feuilles, l'herbe et et les fleurs semblaient baignés par des rayons de lumière dorée. Il ne manquait plus que des ailes blanches dans le dos de la jeune fille et on aurait pu la prendre pour un ange descendu du ciel. Pour l'instant, ils n'avaient utilisé qu'une seule bouteille et quand il n'y avait plus eu de produit dedans, Jamini n'avait pas eu le cœur de la jeter à la poubelle, à cause de la jolie fille souriante. Elle l'avait soigneusement nettoyée, l'avait remplie d'eau et y avait mis une longue tige d'arbre de jade. Mais les feuilles avaient jauni et étaient mortes en moins d'une semaine. Un étarnge parfum citronné flottait dans l'air pendant plusieurs jours chaque fois que Kamala vaporisait ce produit vert qui faisait éternuer Manish et fuir les lézards hors de la chambre, alors qu'ils se baladaient en toute impunité dans le reste de la maison.

Deux - L'histoire de Jamini, l'amie de Badibua
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MusardiseMusardise   17 février 2016
Il aimait aider les étudiants, surtout ceux qui étaient brillants et pauvres, parce qu'ils se montraient toujours reconnaissants. C'était agréable de voir des jeunes garçons s'incliner et lui embrasser les pieds quand il entrait dans une pièce. L'hiver, il ramenait souvent chez eux en voiture un ou deux étudiants qui traînaient devant les bureaux dans l'espoir d'obtenir un peu de travail. Mais il les faisait toujours asseoir à l'avat avec le chauffeur et n'échangeait jamais plus de quelques mots avec eux pendant le trajet qui durait près d'une heure. Il n'était pas nécessaire de se montrer trop amical avec les étudiants, ils auraient pu prendre ça pour une marque de faiblesse ou un symptôme de solitude, ce qui aurait été une terrible méprise car Jog n'était absolument pas concerné par ce genre de choses.

Huit - L'histoire de feu Bhanurai Jog
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MusardiseMusardise   12 février 2016
Une calebasse verte amère, une longue calebasse, un chou-fleur, des épinards frais, des feuilles d'amarante rouge, des haricots plats et une dizaine d'aubergines se balançaient dans le panier au rythme des pas pressés du garçon. C'étaient les légumes préférés de feu Bhanurai Jog et ils devaient tous être cuisinés aujourd'hui pour l'anniversaire de sa mort. Les femmes n'étaient pas sûres qu'il aimait les aubergines - la plupart des hommes trouvaient que ça n'avait aucune "force", aucune vertu -, mais les femmes adoraient ça, surtout coupées en tranches épaisses et frites dans de l'huile de moutarde, alors elles avaient décidé d'en mettre quand même au menu du jour.
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