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Dominique Vitalyos (Traducteur)
ISBN : 2877306224
Éditeur : Editions Philippe Picquier (16/10/2002)

Note moyenne : 3.64/5 (sur 153 notes)
Résumé :
Qui meurt dîne, La Colère des aubergines, Folie de champignons, Festin pour un homme mort... : quelques titres de ces récits donnent un avant--goût de leur saveur. Les histoires racontées, pleines d'odeurs de cuisine, puissamment évocatrices des rapports et des conflits entre les membres d'une maisonnée indienne, soulignent bien sûr le rôle déterminant qu'y jouent la nourriture et celles qui la préparent. Des femmes croquées sur le vif y livrent des instants de bonh... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (38) Voir plus Ajouter une critique
gavarneur
  16 novembre 2015
Il y a plusieurs stades dans la connaissance de la cuisine indienne. Au premier niveau, c'est un continent immense et complexe. Au deuxième niveau on comprend qu'après avoir jeté dans un liquide gras et chaud des épices presque au hasard on peut rapidement faire cuire à peu près n'importe quoi et obtenir un curry maison acceptable. La lecture de ce (forcément délicieux) recueil permet peut-être d'accéder au troisième niveau.
Treize nouvelles dont les péripéties sont minimes, pour décrire des facettes de la société indienne, toujours incluant la gourmandise, parfois la quête du raffiné, voire du parfait. Peu ou pas d'action, ce sont plutôt des portraits de groupe (avec femme), des analyses de relations souvent intrafamiliales, parfois carrément étranges à mes yeux. C'est que, si en tant que français, donc gourmand, je partage avec Bulbul Sharma ce goût de la cuisine et des repas en commun, certains fonctionnements indiens me sont absolument étrangers.
L'Inde de ce recueil a des aspects modernes, on y fait fortune aux États-Unis, la technologie de pointe y est connue, les jeunes bonzes font des études et chaussent des baskets, semblent assez matérialistes. Elle a des aspects proches de la Nature comme je m'y attendais : la végétation et les animaux sont très présents et respectés. Mais ensuite les choses se gâtent, qu'on veuille bien excuser les lignes suivantes où mon point de vue occidental, républicain et laïque va ressembler à un jugement de valeur. La révérence permanente devant la religion et les traditions me gène déjà un peu. le statut non discuté de l'homme qui commande (tout en obéissant à sa mère) et de la femme qui trime me perturbe, on parle de dot, on envie l'homme qui a eu six épouses, tout en se moquant de lui, sa richesse le lui a permis. La hiérarchisation entre possédants et domestiques, les différences de richesse et de statut qui semblent naturelles et inamovibles me choquent, mais elles me semblent incompréhensibles et presque insupportables quand je réalise que les castes sont encore présentes et leurs limites parfois infranchissables. Et je crains qu'il ne s'agisse d'un constat sans ironie, pas d'une peinture forcée pour inciter à la réflexion.
Malgré tout cela, dans la bonne humeur ou dans la guerre domestique, ce livre très vivant peut être enthousiasmant ; à sa lecture j'imaginais des odeurs presque à chaque page, je me sentais saliver ou désespérer de mes propres envies de goinfre. Bulbul Sharma m'a attrapé par la langue, le nez, l'estomac et finalement par bien des parties du cerveau, pour un plaisir gourmand.
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Under_The_Moon
  13 août 2015
Ce recueil est composé de 13 nouvelles, chacune avec un titre qui font sourire ou saliver avec leurs métaphores culinaire. Et que l'auteur clôt avec une ou plusieurs recettes indiennes qui peuvent donner des idées.
Ces nouvelles narrent les destins de femmes très différentes. Leur vie est vue à travers le prisme de leur rapport à la nourriture ou à la cuisine : du rituel pour les fêtes (comme Divali), au jeûne, ou à la nourriture qui sert à compenser l'affection d'un mari donne à sa maîtresse plutôt qu'à sa femme, ... et bien d'autres cas encore à découvrir dans le cercle très fermé que constitue la famille indienne.
Si la nourriture exprime ce que les personnages ou les mots ne peuvent exprimer par pudeur (typiquement indienne, et asiatique), Bublbul Sharma aborde aussi des sujets plus profonds et plus graves qui touchent la société indienne : diaspora aux Etats-Unis ou en Angleterre, traditions aux dépends des femmes (veuves) qui sont souvent perçues comme de vulgaires biens de consommation (moins importantes que des vaches qui elles sont sacrées !) utilisables jusqu'à ce qu'elles deviennent trop vieilles. Une vision si archaïque qui n'a pas permis aux personnages de dépasser...la cuisine !
Il me semble avoir lu des histoires semblables chez Jhumpa Lahiri, mais avec des situations plus travaillées - peut-être à cause de son statut d'expatriée ?
Un recueil qui ne me laissera pas une goût impérissable.
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TINUSIA
  18 février 2010
Savoureux, succulent, exquis, délicieux, appétissant, alléchant, goûteux, épicé, pimenté....
Ces récits sont autant un régal pour les yeux que pour les papilles !
Transportez-vous en Inde, et laissez-vous compter les aventures de Dida, de Buaji, de Bala, de Vinod, de Priti, de Mme Kumar, de Gopal Sen, de Nath, de Sumitra, de Soni, de Maaji, de Mani, et de Reshma. Ces femmes et ces hommes nous livrent, par la plume alerte de Bulbul Sharma, des épisodes de leurs vies, où l'amour cohabite avec la jalousie, la gourmandise avec le jeûne, le mariage avec la séparation...
Laissez-moi vous parler de Vinod... Il est pris "en sandwich" entre sa mère et son épouse. L'une et l'autre rivalisent chaque jour, à chacun des repas, pour lui offrir "le meilleur" : c'est une surenchère permanente qui provoque en lui des aigreurs d'estomac et quelques flatulences désagréables. Mais pas davantage ; il en vient à rêver d'une vraie hypercholestérolémie ou d'un diabète sévère, qui lui permettraient d'échapper à la pression alimentaire des deux femmes. Mais non ! il réussit à survivre dans de bonnes conditions de santé. C'est d'autant plus difficile que sa jeune épousée n'a rien d'une "mère Poulard" et que ses mets sont difficiles à digérer. Je ne vous dirai pas par quel merveilleux événement il réussira à échapper aux deux cuisinières concurrentes aussi aimantes l'une que l'autre : laquelle aura le dernier mot ?
Ces courts récits sont une pure merveille : ils nous parlent du quotidien de l'Inde avec humour, sagesse et réalisme. On pénètre dans l'intimité de ces familles, parfois la plus secrète, la plus personnelle. On découvre la vie de tous les jours dans ce pays : le rôle de l'Amah, la nourrice, de la Dadi, la grand-mère, de la Bua, la tante paternelle, de la Didi, la grande soeur, du Pradhan, le chef de village, du Bhaiya, le frère.
L'auteur nous décrit les rituels sacrés : le Rakhi, jour au cours duquel les femmes passent au poignet de leurs frères (ou de ceux qu'elles considèrent comme tels) un bracelet de fils colorés, pour obtenir protection et cadeaux. le Shradha, rite funéraire au cours duquel on nourrit le défunt et les ancêtres. L'Ekadashi, 11ème jour du mois lunaire, en rappel de l'intervention du dieu Vishnou, qui sauva ce jour-là l'humanité.
Les psychologies des uns et des autres y sont subtilement dépeintes : les personnages sont bien campés dans une culture qui nous est dévoilée avec finesse et un brin de malice : comment ne pas se délecter de la façon dont nous est décrite l'angoisse de Gopal Sen, fils de Sita, époux de Malati, père de Kajol, lors du voyage en train qui les ramènent de leur pèlerinage annuel à Hardwar, pour le bain dans le Gange sacré. Il s'est légitimement investi de la mission de protéger les trois femmes pendant le trajet. Mais tout représente danger dans son cerveau paranoïaque ! "Ne fais jamais confiance aux hommes qui portent des chaussettes de couleur [...]. Ils le font pour séduire les femmes... celles des autres, pas les leurs". Il est envahi par des centaines d'idées préconçues : "Les femmes doivent toujours manger à la cuisine, après les hommes [...]. Comme elles sont laides quand elles mâchonnent comme des vaches, avec leurs dents toutes tachées de mangeaille"... "Ne mange sous aucun prétexte le poulet qu'on te sert dans le train. Ce n'est jamais du poulet, c'est du corbeau"..."Comme la vie est dangereuse dès qu'on quitte les quatre murs de chez soi". Et pendant que ses angoisses irrationnelles le submergent, les femmes font joyeusement bombance !
Ce voyage en train est inénarrable ! Mais, il nous fait découvrir aussi les paysages de l'Inde, et la pauvreté de ceux qui vivent le long de son passage.
Je ne vous ai pas encore dit ... ce livre est aussi un savoureux recueil de recettes, toutes plus appétissantes et colorées les unes que les autres. Mais ce sera l'objet d'un prochain billet que je réserve au challenge de CHIFFONNETTE.
Parce que celui-ci est destiné à SOUKEE et HILDE qui viennent de lancer le challenge
BIENVENUE EN INDE
Lien : http://lire-lier.blogspot.com/
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OZALID
  21 juin 2011
Treize nouvelles… comme les treize desserts de Noël provençaux, à déguster de bout en bout. Treize portraits de femmes indiennes soumises aux diktats d'une société indienne où la domination mâle se fait encore rudement sentir. Mais ne nous leurrons pas, le sexisme est toujours latent dans nos sociétés occidentales. Et ces femmes nous ressemblent beaucoup, elles qui doivent jongler avec les travers de leur monde, entre traditions et interdits, afin de se faire une place « vivable ».
Les récits sont tous percutants, souvent drôles comme cette pauvre Reshma et son pesant de sucre… toujours attachants aussi ; j'aurai une mention particulière pour « Les affres sans fin de la faim » de la malheureuse Sumitra, jeune veuve affamée par le deuil drastique imposé par sa belle-mère.
La plume incisive de Bulbul Sharma fait mouche à tout coup en captivant le lecteur par mille anecdotes pittoresques. Mais aussi par sa façon de fouiller, de fignoler ses portraits (de femmes essentiellement) : elle donne à chacune une réalité, une présence forte. Tous les sentiments humains se dévoilent tour à tour : amour ou haine, colère, révolte, gourmandise, insouciance… Et chaque lectrice peut partager sans peine les avatars des héroïnes…. Voire s'y reconnaître
J'aime beaucoup l'humour dont fait preuve la narratrice. Les situations du quotidien pas toujours réjouissant sont croquées avec légèreté et font naître le sourire. Il n'est pas question de s'apitoyer… au contraire, la faculté de se moquer de soi-même est souvent salutaire.
Et puis, l'originalité de cet ouvrage c'est l'insertion des recettes que j'ai lues avec plaisir, tant elles sont évocatrices des senteurs, des saveurs de la gastronomie indienne. Mais pour y avoir goûté, je me garderai bien de me lancer dans la réalisation de ces mets raffinés dans leur plus extrême simplicité. Je ne veux pas risquer de les dénaturer par mes défauts de cuisinière brouillonne et toujours pressée. Ces recettes-là méritent minutie et disponibilité.
Qu'elles demeurent enchâssées dans ce recueil don les nouvelles se trouvent enchantées par la puissance de leur mystérieux attrait.
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Kio971
  07 août 2018
S'il n'est pas rare que des écrivains, au fil de leurs oeuvres, décrivent, dans une narration très détaillée, banquets ou repas de noces, il est plus inhabituel que l'oeuvre en elle-même soit centrée sur la nourriture et la préparation des repas. Ce qui fait de la colère des aubergines une curiosité dans le monde de la littérature. A travers de courtes nouvelles Bubul Sharma nous ouvre la porte des cuisines indiennes. Le fumet des plats de tous les jours comme celui des cérémonies de mariage montent des pages au fil de la lecture. Mais pour ne pas nous laisser sur notre faim devant d'aussi appétissantes descriptions, l'auteur a eu la bonne idée d'ajouter à la fin de chaque récit la recette du plat qui y est mis à l'honneur, nous permettant ainsi de prolonger le bonheur de ces délicieuses découvertes.
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Citations et extraits (35) Voir plus Ajouter une citation
Under_The_MoonUnder_The_Moon   14 août 2015
- Mais quand on est vieux, il est normal d'avoir l'air vieux [...]. Les gens vous respectent, vous touchent les pieds.
[...]
Elle aussi était contente d'être vieille car à présent elle se sentait en sécurité. Les hommes, dans les maisons où elle travaillait, la laissaient tranquille, et elle pouvait dormir la porte ouverte. En avait-il fallu du temps, pour vieillir ! Des années de combat contre les mains qui cherchaient à la toucher, à la pincer, dans les cuisines et les couloirs de toutes les maisons où elle avait vécu. Si vous vous plaignez auprès des patronnes, elles n'aimaient pas cela et vous regardaient avec suspicion, comme si vous l'aviez cherché.
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gavarneurgavarneur   14 novembre 2015
Curry d'aubergines au Yaourt
500 grammes d'aubergines longues ou rondes coupées en petits morceaux
1/2 cuillère à café de poudre de coriandre
1/2 cuillère à café de poudre de cumin
1/2 cuillère à café de poudre de curcuma
1 tasse de yaourt battu
1 cuillère à soupe d'huile
Faites chauffer l'huile, mettez-y à frire les épices en poudre pendant seulement quelques secondes avant d'ajouter les aubergines en morceaux. Couvrez et laissez cuire jusqu'à ce que les aubergines soient tendre (environ dix minutes). Vous pouvez ajouter un petit peu d'eau et remuer en cours de cuisson pour que les épices se mélangent bien. Retirez du feu et ajoutez le yaourt battu juste avant de servir. Se mange chaud ou froid avec riz, nan ou chapati.
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lesptitchatslesptitchats   01 avril 2014
Tu sais, je crois qu'ils ont peur d'avoir l'air vieux, ajouta-t-elle après coup. Raha hocha la tête.
- Mais quand on est vieux, il est normal d'avoir l'air vieux, répondit-il. Les gens vous respectent, vous touchent les pieds. Pour moi, tous ce que je gagnais à être jeune, c'était des claques de mon père, de mes oncles. Ils me giflaient sans raison chaque fois qu'ils me croisaient. Toute la journée on me commandait, d'aller chercher ci, d'aller chercher ça. "Envoie le au puits... à l'étable... aux champs...au marché... c'est lui le plus jeune". Je dormais dans la pièce la plus petite de la maison près de l'étable, avec mes frères. On ne mangeait qu'après mon grand père, mon père et mes oncles. Parfois ma mère rajoutait de l'eau au dâl, parce qu'il n'en restait pas assez pour nous tous. Si nous protestions, elle disait : "Ceux sont des adultes, eux. Ils ont besoin de manger plus que vous". J'avais hâte de vieillir. Maintenant tout le monde me traite avec respect. Personne n'ose élever la voix contre moi et même Monsieur et Madame me disent vous, dit Raha avec un sourire satisfait. Au marché des légumes, les vendeurs me servent en premier, et les garçons attendent. Pour rien au monde, je ne voudrais redevenir jeune"
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ChezLoChezLo   06 janvier 2011
Vinod termina le jus aigre de phalsa jusqu'à la dernière goutte sous le regard inébranlable et vigilant de sa mère, puis s'avança pour en découdre avec le thé de son épouse. Son estomac se révoltait, son corps se figeait comme une mule sur le qui-vive. Pourtant, Vinod, à la façon d'un automate, tendit la main vers la tasse en attente. Il se commanda de sourire, retint son souffle et avala d'un traiyt le liquide couleur de cendre, sans quitter du regard le visage de nirmala. "Comme elle est belle et combien je l'aime", pensait-il tandis que le thé entamait sa descente à travers sa gorge, traçant derrière lui un sillon de tannin amer qui persisterait jusqu'au dîner.
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Under_The_MoonUnder_The_Moon   01 juillet 2015
Sa nourriture très simple, sans garniture ni couleur, nous était toujours particulièrement chère parce que c'était sa façon à elle de nous caresser sans se polluer les mains.

(dans "Dida le dit avec des choux-fleurs")
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