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EAN : 9791094902028
340 pages
Nitchevo Factory (01/10/2015)
4.83/5   20 notes
Résumé :
“ Tes iris à toi, mon ange, avaient la couleur de la mer avant l’orage, aux rives d’Half Moon Bay. Toutes les Mavericks de Pillar Point y écrivaient en germes les promesses que tu tenais. Je roule parfois jusque là-bas pour jeter un sucre au manque qui me tient dans ses tenailles. Je marche de Ghost Trees à Half Moon Bay. Pour regarder les vagues, de peur d’oublier tes yeux. Quelque part entre les fantômes des arbres et le meurtrier Pillar Point, assise à même la po... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
laulautte
  06 août 2020
Armée de son « gun », Anis fixe, respire et bloque. Tire. Clac. le diaphragme de son reflex se ferme… sur un cliché flou.
Les fays ont - entre autres - cette particularité de ne laisser leur indicible beauté se faire tirer le portrait. Les fays, nés vilains petits canards au sein de famille humaine, effraient. Pour un brin d'ADN qui diffère (ou deux), une origine mystérieuse qui leur vaut le surnom de changelins, tout un peuple - qui se distingue par des caractéristiques physiques qui tendent vers la perfection et des pouvoirs psychiques à faire pâlir n'importe quel XMen - est en proie à la discrimination, à l'oppression et la concentration, devient victime potentielle d'un génocide programmé. A Seattle, la résistance s'organise pour un exode massif vers la terre promise Frontier. Un exil qui ne peut se faire sur la voie de la non-violence car aucun fay ne devra être laissé en arrière. Les résistants oeuvrent à la libération des leurs, autant d'actes de guérillas urbaines que d'autres appellent actes terroristes…
Là où la réflexion sur ce sujet brûlant est abordée de manière évasive dans le premier tome de le Dit de Frontier - le recueil de nouvelles (incroyable) Musiques de la Frontière -, Léa Silhol amène le lecteur dans ce roman - tome 2 du Dit - à faire sa propre introspection au travers de celle du personnage principal du roman, dans un road trip sur la route 5 de la Côte Ouest des USA, Highway 61 de Bob Dylan à plein tube dans l'autoradio. Possession Point n'est pas un roman cliché de l'évidente prise de parti pour les opprimés ou de l'éternel débat du la fin justifie-t-elle les moyens les plus extrêmes. Pas de jugement, Possession Point n'est qu'un polaroïd instantané, un selfie avec toutes vos imperfections et brins d'ADN qui diffèrent.
Anis, jeune et jolie brin de femme, a échangé sa robe de princesse Disney pour le treillis et les rangers de Sarah Connor et rejoins les rangs des fays pour son cliché flou, son amour fou : Jay. Possession Point est leur histoire d'A, une histoire tout aussi passionnée et renversante que celle de Francesca Johnson (Meryl Streep) et de Robert Kincaid (Clint Eastwood) dans Sur la route de Madison. C'est un roman très cinéma US bourré de clins d'oeil avec une bonne bande son (Bob Dylan, The Boss, Massive Attack, Status Quo), tout en flashbacks. Anis, rassemble ses souvenirs en un carnet de route de la rédemption nécessaire franchir le seuil de Frontier où vit désormais Jay.
Ces souvenirs sont autant de fils tissés entre les blancs laissés par les nouvelles du T1. Possession Point peut se lire toutefois en ouverture mais le respect de leur ordre préserve, à mon sens, le charme du jeu de piste qu'orchestre Léa Silhol avec sa Trame.
Le Dit de Frontier s'inscrit, avec Vertigen, Sacra, Seppenko Monogatari..., dans l'immense jeu de réincarnations et de déduction exigeant et remarquable de l'auteur. Cette tentaculaire Trame - en partie parue et rééditée par Nitchevo Factory depuis ces dernières années - est un hymne à l'amour, à la beauté et à toute forme d'art. Dans l'attente du troisième opus, Burn, en cours d'écriture, le Dit de Frontier s'étend avec le cycle de quatre tomes Seppenko Monogatari sur les terres du Japon aux vertueux arts ancestraux, dans un conte de fays d'encre et de neige, perdus dans la Matrice… Operating system not found… Vaste programme.
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Latulu
  11 décembre 2020
On the road again again… Guidée par la plume majestueuse de Léa Silhol, nous suivons le chemin d'Anis, partie à la recherche de Frontier, la cité mythique, refuge pour enfants fay.
Le roman démarre sur la route. Anis sillonne l'Amérique et, tandis que la voiture avale les kilomètres, la jeune femme se souvient de son enfance dorée, de sa rencontre avec Jay, le fay rebelle qui l'a subjuguée, et du sentiment de trahison qu'elle n'arrive pas à chasser.
Possession Point reprend certains des personnages du superbe recueil de nouvelles Musiques de la Frontier. On y retrouve également la difficulté d'intégration de cette nouvelle minorité qui subit la traque, l'enfermement et la privation de droits. Rejetés par la plupart des humains, les Fays vivent cachés et sont considérés comme des terroristes dangereux.
Anis et Jay, nous les avions croisés au détour d'une de ces nouvelles, elle terrifiée à l'idée de perdre l'amour de Jay pour avoir trahi la communauté fay et lui, avide de retrouver les siens.
L'auteur nous livre un roman contemplatif, tourné vers l'intime avec beaucoup d'introspections sous forme de flash-back. Les deux jeunes gens vivent une histoire d'amour fusionnelle, parfois à la limite de l'autodestruction.
Quelques passages m'ont quand même interrogée, notamment le chemin que prend Anis vers la résilience. Violence et meurtre ne m'ont jamais paru la voie idéale. Si le passage de l'interrogatoire par les flics où l'héroïne et son attitude pédante et je-sais-tout m'a un peu agacée j'ai trouvé le déroulé bien mené par l'auteure dont la scène des toilettes, pour moi magistrale.
Dans l'ensemble, j'ai eu beaucoup de plaisir à lire ce roman, et beaucoup d'émotions contradictoires. Léa Silhol se classe assurément dans le top 5 des auteurs que j'ai apprécié découvrir cette année.
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psycheinhell
  13 novembre 2015
Et ainsi va Anis, vers Frontier en aval et la validation de son épreuve. Égrenant ses souvenirs au rythme des kilomètres (tandis que nous avalons les pages sans pouvoir, nous non plus, nous arrêter), revenant sans arrêt, dans la douleur décapante de la séparation avec l'homme qu'elle aime, vers l'amont, l'étincelle initiale et l'embrasement de leur relation, chaque station de leur parcours passionné l'un vers l'autre. (...) Et ces deux-là mettent à abolir les distances, les frontières, les prudences, les peurs, une intégrité renversante, à l'oeuvre jusque dans leurs failles, et une ferveur féroce, propre à renvoyer au rayon des soupes lyophilisées toutes ces insipides romances paranormales que l'on voudrait nous faire avaler en série en guise d'urban fantasy. Propre à nous faire tomber en amour pour le couple qu'ils forment, fans de leurs véloces passes verbales et de leurs pas de danse en beauté, et à éveiller en nous des sentiments un peu (farouchement) protecteurs. On veut cogner des murs pour demander raison des laideurs insupportables que leur inflige l'univers, et tout autant claquer des bises sonores aux frères qui veillent sur eux, Fallen, Priest, Crescent, Faol, toute cette tribu superbe d'anges et de furies dont la lumière brillait déjà comme un fanal dans Musiques de la Frontière, et qui fracture le récit d'éclats de rire qui sont autant de fulgurances dans un ciel des plus noirs, d'abolitions de la gravité sous un horizon plombé. Comme un exorcisme, et il en faut, car cette histoire est pleine de monstres, et ils ne résident pas dans les terra incognita des cartes géographiques (là où se cache la merveille de Frontier) : ils sont parmi nous, avec pignon sur rue, vernis de respectabilité, et bénédiction des autorités. Alors on rit aux larmes en même temps qu'on chiale sa race, la tête renversée vers le ciel tandis qu'un uppercut nous cueille au plexus. Double mouvement pour un monde complexe, KO magistral, du genre dont on se relève avec rage et gnaque, une sainte colère et un sentiment de grâce.
[Coup de coeur développé — imparfaitement, sans en avoir fini de déplier les rencontres et secrets de ce road trip — sur le blog : ]
Lien : https://psycheinhell.wordpre..
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Sadana
  12 mai 2018
Nouveau roman faisant partie du pan de l'oeuvre de Léa Silhol racontant le retour de la Féerie dans le monde contemporain, Possession Point explique comment sa narratrice Anis a rencontré Jay, membre d'un gang "changeling", sa trahison envers ce dernier, et sa quête solitaire à la recherche de Frontier : cité utopique recherchée par les fays souhaitant vivre loin de la répression par les humains.
Dès les premières pages du livre, Anis est obsédée par Jay, dont la beauté étrange la fascine. Et très vite, ce fay si réservé deviendra son monde, son univers. Mais le roman ne s'arrête pas à une grande histoire d'amour entre une fille "normale" et un changeling. La candide Anis imaginait qu'elle et Jay pourraient s'aimer tout en ayant une vie à peu près normale. Grave erreur : la jeune femme va faire très vite ses adieux à Disney Land en étant confrontée tour à tour à l'incompréhension, à la violence, à la perte, et à l'un des pires dilemmes cornéliens que l'on puisse imaginer.
Sur fond de fantasy urbaine, Possession Point aborde des thèmes durs comme la haine raciale, la perte d'un enfant, l'abandon d'un enfant... et même l'abandon d'un chien, presque aussi abominable.
Mais Possession Point, c'est aussi la célébration de la beauté, de la différence, des grands principes, de la résistance contre la bêtise humaine, de l'amour, de l'amitié...
Au milieu de tous les personnages magnifiques que nous offre ce livre, il est difficile de savoir lequel on préfère : entre Anis et sa répartie qui donne parfois envie d'arrêter la lecture rien que pour l'applaudir, Fallen et son humour délicieux, et bien sûr Jay et son intégrité.
Le texte nous émeut par les épreuves difficiles traversées par les personnages, il nous fait rêver par la passion que se portent Anis et Jay, il nous fait rire parfois même, mais surtout il nous réfléchir... Car oui, si des "changelings" venaient à apparaître soudainement aujourd'hui, comment notre société les accueillerait-ils ? La réalité ne doit pas être bien loin de ce qui se passe dans le roman, avec notamment les lois interdisant les mariages mixtes.
Tout ceci est servi par un style à la fois beau et fluide par les nombreux dialogues et les réflexions intérieures de la narratrice, ce qui rend la lecture très agréable : il est même franchement difficile de s'arrêter une fois que l'on a commencé !
Bref, je n'ai pas grand chose à ajouter à part ceci : Lisez-le absolument.
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AliceSarah
  27 février 2019
Possession Point (Premiers carnets de route d'Anis W.) de Léa Silhol paru aux éditions Nitchevo Factory en Octobre 2015. Ce roman reprend la nouvelle de « Vado Mori » première publication in Emblèmes 9 / La Route, Jess Kaan et Greg Silhol ed., Editions de l'Oxymore, mai 2003.
Puis dans « Musiques de la Frontière », paru en 2004 et en 2017.
Quand j'ai ouvert « Possession Point », je ne savais pas, je ne savais rien … J'avais hâte seulement de retrouver les personnages des « Musiques de la Frontière ». Je crois que je l'ai lu dans la nuit, m'épargnant repas et sommeil. J'étais prise au piège de cette histoire, captivée tel un papillon tournoyant toujours trop proche de la lampe.
C'est avant tout l'histoire d'une rencontre entre Anis et Jay, une « regular » et un coucou, un fay quoi ! Mais c'est avant tout une histoire d'amour entre Elle et Lui, une jolie petite fille riche et un gangster, du gang changeling de Seattle.
Les fays sont des proscrits dans ce monde que nous dévoile Léa Silhol. Recherchés, emprisonnés sinon enfermés dans des Centres … ces changelings ont dû s'enfuir vers la seule cité fay existante, la cité de Frontier, ville au bord du Monde, trouvée par leur grand shaman Shade de Danaan.
Anis cherche le chemin de cette cité merveilleuse. On the road avec sa fidèle Sara, elle se rappelle sa première vision de Jay, l'homme qu'elle aime, mais qu'elle a trahit (in Vado Mori). La route … la route seule, comme rédemption pour ce qu'elle croit avoir fait …
Sur cette fameuse route se déploient ses souvenirs sur leur première rencontre, et toutes les autres qui ont suivi, ces années avec lui et tout ce qui s'en suivit. Nous évoluons sur la carte personnelle d'Anis, chargée d'endroits clefs. Les lieux prennent pouvoir et sens, avec Anis comme boussole, et ils nous dévoilent leur histoire devenue légende. Parce c'était elle, parce que c'était lui.
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critiques presse (2)
Elbakin.net   03 juin 2016
Sans pour autant constituer le point final de la série, ce troisième tome conclut de belle manière les aventures de Georges Hercule Bélisaire Beauregard.
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Elbakin.net   31 mai 2016
C’est un livre intelligent, qui vous fait réfléchir sans que vous ne vous en rendiez compte. De l’excellente fantasy avec un message.
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
laulauttelaulautte   26 juillet 2020
Tu sais, parvenue là, je me demande pourquoi le monde fait un tel cas de notre différence. Quelle importance majeure cela peut bien présenter, le nombre de brins dans notre ADN, comparé à cette simple et irréfutable réalité : la façon dont nous nous appréhendons et nous définissons, individuellement, est bien étrange que les mutations de notre espèce.
Commenter  J’apprécie          40
laulauttelaulautte   25 juillet 2020
Le monde ne crève pas de famine ou du trou dans la couche d'ozone, tu sais. Il ne crève que d'incohérence. Tout le reste découle de notre incapacité à faire coïncider les simples hémisphères de nos cerveaux... Alors pour ce qui est du nord et du sud à l'échelle planétaire, tu penses...
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laulauttelaulautte   25 juillet 2020
A présent qu'elles ont un pays, ils doivent craindre que ces sacrées fées se dotent de la bombe atomique ! D'une bombe atomique... magique.
Nul besoin d'un tel arsenal pour terrifier le bon peuple, toutefois. La liberté suffit. L'indépendance de ceux qu'on appris à redouter est pire encore qu'une bombe.
C'est ce que promet Frontier. La liberté.
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EferyEfery   17 décembre 2015
En plein midi, en plein soleil. Au centre exact d'un bonheur absolu, que même le danger de mort ne pouvait ternir.
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laulauttelaulautte   22 juillet 2020
Je portais du noir. Je portais du noir au bord de ce trou. Tout le monde portait du noir au bord de ce trou, sauf Faol - parce qu'elle porte du noir tous les jours, et dans sa culture, on porte du blanc aux obsèques. Je me suis dit, confusément, que Jackie était en rose lorsqu'on a flingué Kennedy. Ce n'est pas le noir, qui est funèbre. C'est le rose. Les couches de mensonges édulcorés qu'il recèle. Le rose. Voilà.
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