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EAN : 9782081486140
Éditeur : Flammarion (04/03/2020)

Note moyenne : 4.38/5 (sur 17 notes)
Résumé :
Paul Vivienne a tout vendu. Le commissaire-priseur a dispersé des palais entiers, des bols en argent, des vieux machins que l’on fait briller depuis des siècles. Le testament du Roi-Soleil et des machines à coudre. Des momies d’Égypte avant que l’on interdise le commerce des macchabées.

Aujourd’hui, la partie lui échappe. Il ne maîtrise ni les réseaux sociaux, ni les enchères en ligne. Terminé le théâtre ; plus d’histoires à raconter. Paul Vivienne re... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Archie
  07 juin 2020
Le Grand Art. J'avais repéré ce titre sur les sites littéraires lors de sa parution, courant mars. Sa couverture et le résumé m'avaient séduit. Après l'avoir lu, quelques semaines plus tard, je me suis étonné de n'en voir, sur les mêmes sites, qu'un tout petit nombre de critiques. Sans aucun doute, la conséquence directe de la fermeture des librairies et de la mise en sommeil des maisons d'édition pendant la période de confinement, car le livre m'a tout simplement enthousiasmé.
C'est le deuxième roman d'une jeune femme, Léa Simone Allegria, que des études de lettres et d'histoire de l'art n'ont pas empêchée d'être bien branchée dans son époque. Elle a défilé pour des marques de mode prestigieuses et a aussi créé une galerie d'art en ligne.
Le livre est bardé de références historiques et culturelles de haut niveau, mais qu'on ne s'y méprenne pas, le Grand Art est en fait un polar. Et quel polar !... Grandiose. Il plonge le lecteur dans l'univers de l'Art, des Antiquités, de leur négoce... et de leurs mauvaises pratiques. Cherchez le(s) coupable(s) ! Pas évident, quand tous les personnages ont leur face sombre.
Le personnage principal, Paul Vivienne, est un commissaire-priseur sur le retour, nostalgique de sa splendeur passée, mis à l'écart dans une société de ventes qui s'efforce d'évoluer avec les technologies d'aujourd'hui. La culture de ce professionnel mondain est à la hauteur de son cynisme, immense. A l'occasion d'une succession à liquider dans un château en Toscane, survient l'envie d'un dernier coup d'éclat, la perspective d'un ultime show, marteau en main.
Pièce maîtresse de la collection à vendre : un retable, très ancien, trouvé dans la chapelle du château. Une Vierge à l'Enfant et au rouge-gorge. Pas enthousiasmant, mais on ne sait jamais. Pour identifier l'artiste et dater l'oeuvre – qui pourrait valoir une fortune… ou pas –, on devra compter sur la conclusion scientifique, établie en laboratoire, et sur le jugement de l'expert(e), fondé sur son oeil, son savoir et son intime conviction. Et justement, quelque chose ne colle pas. On ne peut pas être en même temps à la fin du Moyen Age et au début de la Renaissance, comprenez-vous ?... Je ne suis pas clair ? C'est exprès. Si vous voulez connaître « la vérité » et savoir comment l'énigme se résout, lisez le livre. Certains personnages ne manquent pas d'imagination. Léa Simone Allegria non plus.
La révélation se poursuit par une remise à plat complète de ce que l'on savait du Quattrocento… Au Louvre, c'est la folie. Les likes explosent sur Instagram. La frénésie gagne New York, le MET, où Madonna et Jean-Paul Gaultier sont de la partie. C'est du délire !
La lecture offre des moments saisissants : la vente aux enchères, le procès final, avec des rebondissements dignes d'un thriller. Mais aussi des moments plus intimistes : Paul découvrant le retable, l'examinant et se laissant porter par son imagination et ses souvenirs. Ou une décoiffante fête de funérailles, où Franz Liszt cède la place à un « I Will Survive en version lounge »
Les personnages sont admirablement brossés, criants d'authenticité, surtout les femmes, Gabrielle et Marianne (… Et Paul qui croyait tout maîtriser !). le rôle et l'attitude des experts sont analysés avec finesse. Leur parole revêt un caractère de vérité absolue, mais les notions de rigueur, d'impartialité et de neutralité ne pèsent pas lourd devant les égos ou les intérêts.
Le parti d'écriture, original, donne du rythme, mais il n'est pas toujours facile à suivre. On passe sans crier gare de la narration classique au monologue et à l'empilage de monologues. L'auteure donne la parole à tout le monde, y compris à des personnages insignifiants, pour des commérages. On a aussi droit aux digressions et aux fantasmes des personnages importants, qui n'en sont pas moins humains. Une tendance à l'ellipse dans la narration contraint le lecteur à quelques efforts pour tout boucler. Normal ! Ce sont les personnages qui racontent et un personnage ne raconte que ce qu'il veut.
La fiction, audacieuse, s'appuie sur une documentation abondante et passionnante. C'est du grand art. L'humour ne manque pas, au premier et au deuxième degré. Un sacré talent. J'ai été embarqué. Elle embarquerait n'importe qui.

Lien : Http://cavamieuxenlecrivant...
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Zakuro
  08 août 2020
Paul Vivienne est un commissaire priseur à l'ancienne. Tout ce qui l'anime dans son métier à l'Hôtel des Ventes, c'est faire vivre un tableau avec son regard, donner une âme aux objets par ses paroles imagées. Il voit d'un mauvais oeil l'arrivée des enchères électroniques qui vide en grande part la substance de ses talents. Déçu par une rupture amoureuse et par son métier, il est prêt à laisser la main à son jeune rival quand il est appelé pour une vente prestigieuse dans la douce Toscane à Castel Vecchio.
Florence, le Quattrocento, les peintres Primitifs, il ne m'en fallait pas plus pour m'attirer dans cette esquisse aventure qui prend des allures de prenante enquête policière dans le monde des arts.
Ce roman vivifiant m'a charmée par son rythme mené tambour battant entre Paris et Florence, où je ne me suis jamais ennuyée. le personnage du commissaire-priseur qui est la voix du roman est particulièrement attachant par son côté dandy au charme suranné, son autodérision "la mort dans nos métiers est un heureux événement "et ses mésaventures rocambolesques qui peuvent lui coûter cher.
Les connaissances en matière d'art de l'autrice Léa Simone Allegria qui est aussi galeriste ont fortement attisé ma curiosité et m'ont fait découvrir des spécialités en la matière comme l'expertise et la restauration qui sont autant de disciplines confiées à des personnages de l'histoire et tous liés les uns aux autres.
Un monde de l'entre-soi où il faut faire "Bella figura", égratigné par la concurrence et les faussaires dans un subtil jeu du chat et de la souris.
J'ai beaucoup aimé les éléments historiques du roman avec la recherche des commanditaires et l'identité des peintres anonymes, les révélations des « Ricordanze » les journaux intimes de Florence au XIVème siècle et la richesse des éléments iconographiques. Je voyais le retable comme si je l'avais sous les yeux.
C'est un roman très réussi qui relie avec talent et brio les créateurs des grands chefs d'oeuvre et son armée de petites mains comme ceux qui fournissent les pigments et leurs dépositaires, des amoureux fous d'un tel héritage.
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mumuboc
  01 juillet 2020
Poussons la porte du monde de l'Art, celles des prestigieuses salles des ventes aux enchères où pour quelques milliers voire millions d'euros les oeuvres de ceux qui parfois sont restés inconnus ou ont acquis une célébrité fulgurante attendent le coup de marteau du commissaire priseur pour changer de mains.
C'est tout l'art du Grand Art et ce roman se lit à la fois comme une enquête, passionnante, aux multiples rebondissements mais aussi comme un catalogue du monde pictural, de ses techniques, expertises ainsi qu'une plongée habile dans l'histoire des débuts de la Renaissance italienne en parcourant Florence.
Prenez un commissaire-priseur sur le déclin, abandonné par sa femme, qui ne rêve que d'une dernière vente exceptionnelle pour quitter la scène avec les honneurs, possédant tous les codes parisiens. Prenez la succession d'un homme italien louche avec la découverte fortuite d'un retable de la fin du XIIIème siècle au fond d'une chapelle. Prenez une experte en peinture qui veut asseoir sa réputation malgré sa jeunesse et son sexe sans compter sur tout le petit monde des Salles des Ventes où tous les coups sont permis pour faire briller son nom et empocher de belles commissions et vous obtenez un roman haletant et  instructif.
Léa Simone Allegria dose parfaitement ses ingrédients : juste ce qu'il faut de rose avec une petite touche d'attirance amoureuse, de noir avec les arcanes des rivalités professionnelles entre experts, spécialistes, restaurateur, des touches de flou comme la période que traverse son personnage principal, Paul Vivienne, un peu de rouge comme la fougue d'une veuve italienne qui ne s'abandonne pas dans les larmes, et vous obtenez un récit que vous ne lâchez pas.
Je me suis plongée dedans et me suis passionnée pour ce retable de la Vierge au rouge-gorge, j'ai appris sur les techniques picturales, les méthodes d'expertises,  les indices à rechercher dans les tableaux, découvert les coulisses et astuces utilisées pour faire monter les enchères.
Cela démarre comme une découverte, se poursuit une enquête, des aller-retour entre Paris et Florence, le tout dans une écriture vive, claire, accessible aux néophytes de l'Art, pour en comprendre toutes les subtilités, les techniques. Cela se poursuit, en milieu de lecture, par un temps de séchage, enfin je devrais dire de pause, où l'on a le sentiment d'avoir manqué certains détails, certaines explications, le temps de reprendre un peu son souffle avant de se lancer dans une dernière partie où tout s'éclaire, comme quand vous retirez les couches de poussière sur un tableau ancien, que les spots se dirigent sur lui et qu'il se révèle sous son vrai jour.
C'est fort astucieux d'utiliser un récit à multiples rebondissements pour aborder un univers assez, malgré tout, confidentiel et en faire un roman éclairant sur l'Art d'hier et d'aujourd'hui, très documenté et de lever le voile sur les enjeux des grandes salles des ventes.  Léa Simone Allegria réussit parfaitement à brosser les portraits, ils prennent vie devant nous, les attitudes et caractères sont restitués avec précision et elle agit avec finesse pour maintenir l'attention jusqu'à la dernière page.
Une vraie réussite que je conseille à toute personne cherchant une lecture à la fois divertissante, instructive, bien écrite et construite, avec ce qu'il faut d'efficacité et de maîtrise pour tenir le lecteur en haleine jusqu'au bout, où il devient le spectateur d'une mise en scène picturale des plus réussies.
Lien : https://mumudanslebocage.wor..
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Komboloi
  28 avril 2020
Cette lecture est une très belle surprise. J'ai été complètement happé par ce récit dans le monde de l'art, impossible de lâcher ce livre. L'auteur arrive à donner à son histoire un rythme, une succession d'avancée digne des plus grand polar/thriller. Pour autant, nous ne sommes pas ici dans un polar mais quelques codes sont repris d'une manière diablement efficace.
Le lecteur est invité à suivre Paul Vivienne, commissaire-priseur qui a eu son heure de gloire mais qui semble un peu dépassé par les nouvelles technologies et le monde d'aujourd'hui. Un peu par hasard, il met la main sur un retable qui va bouleverser le monde de l'art. On croise de nombreux personnages dans ce roman, des acteurs du monde de l'art, experts, médias spécialisés, restaurateurs... mais pas seulement du monde de l'art, on retrouve d'autres profils tel la veuve éplorée venant de perdre son mari et devant vendre les objets de celui-ci.
Il y a un vrai style dans ce roman, affirmé, original avec un ton moderne. On apprend des tonnes de petites choses car ce roman est bien documenté sans pour autant tomber dans le cours magistral. On alterne les genres : suspens, humour, données historiques, petites anecdotes, toujours par petites touches et toujours très bien alternées.
Quelques passages sont presque épiques et la lecture se fait alors carrément en apnée, je n'en dis pas plus, je ne voudrais pas gâcher le suspens.
La construction est plutôt classique, parfois un tout petit peu perturbante, le saut dans le temps entre les parties est parfois un peu brutal et il faut recoller les wagons mais globalement on arrive assez rapidement à tout remettre en place.
Non, franchement, je recommande hautement ce livre qui fait preuve d'originalité, mettant en lumière un monde pas forcément très connu. Il fait aussi preuve d'esprit critique sur ce monde, sans tomber dans la caricature même si le trait est parfois un peu forcé. Enfin, il fait preuve d'humour, il tient en haleine et il permet au lecteur d'apprendre des choses.
Que demander de plus ?
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Lexx54000
  09 juillet 2020
Paul Vivienne, commissaire priseur aguerri, plus en accord avec la société qui l'entoure (réseaux sociaux, enchère en ligne...) : une fin de carrière toute proche. Jusqu'au jour où il découvre un mystérieux retable dans une chapelle privée de Toscane...
Tous ceux qui approchent le retable se trouvent miraculeusement bouleversé. Une oeuvre manifestement peinte par un artiste florentin dont la jeune Marianne va chercher la trace dans les archives. Pour s'offrir une dernière gloire, un coup de maitre, Paul Vivienne est prêt à tout. L'enquête est lancée..
Une simple madone entourée d'or fin sur un vieux panneau de bois pourrait-elle séduire le public et les musées ? Alors que les prix s'envolent pour des oeuvres qui s'autodétruisent en pleine enchère ?
Au silence des couleurs de musées, en passant par le soleil de Toscane avant l'agitation des salles de ventes, Léa Simone Allegria nous fait entrer par la grande porte dans l'envers du décor du marché de l'art.
Servi par une plume intelligente, très documentée, subtile et drôle, l'auteure tel un peintre avec sa palette de couleurs mène son lectorat dans un vrai thriller du monde de l'art.
Véritable coup de coeur pour ce roman, happé par le récit, Léa Simone Allegria oriente la lumière sur un monde souvent méconnu du grand public, un monde entre passé et présent, un monde où on peut se demander qu'est devenu le gout des oeuvres à notre époque.
Un roman ! Un thriller ! Un roman érudit ! Un roman d'aventures ! Surtout un roman galerie, qui transporte, qui glisse, qui attire votre regard lors de la visite d'un musée, qui fait briller vos pupilles devant l'émotion d'une oeuvre.
A travers le passé et la découverte des trésors enfuient à notre connaissance, "Le Grand Art" illuminera tous ceux qui plongeront dans ce roman passionnant aux couleurs des tableaux de la Renaissance, et qui ne regarderont plus jamais un chef-d'oeuvre du même oeil.
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
ZakuroZakuro   03 août 2020
Les objets comptent peu ; ce sont les mythes qu'ils transportent. Notre métier est de les polir. Inviter au voyage, à l'imaginaire, tu tombes sur une Verseuse pour le thé avec son réchaud en cuivre roue et jaune, et là tu te dis, mais que c'est beau. Une verseuse. Elle a bravement traversé les siècles (le cartel indique 1880), on voit déjà la servante, la maîtresse, la céramique ancienne, blanche et bleue, les odeurs de campagne.
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MatatouneMatatoune   01 avril 2020
Jusqu'au XIXe siècle on n'attachait aucune importance à l'authenticité. Aujourd'hui c'est tout ce qui compte. Rubens signait de sa main les oeuvres de ses élèves qu'il jugeait digne de lu. Au temps du panneau, la notion de vrai ou de faux n'existait pas : les artistes n'étaient que des artisans.
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MatatouneMatatoune   04 avril 2020
C 'est tout le problème de l' intuition : on ne sait pas quand il faut s'y fier.
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MatatouneMatatoune   01 avril 2020
- "C'est une vierge d'humilité.
(...)
" Un terme iconographique très courant après la Grande Peste. On a cherché à rendre la Vierge plus humaine, plus proche des hommes. La moitié de la population était morte en un été, des cadavres partout. On avait besoin qu'Elle comprenne. "
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MatatouneMatatoune   05 avril 2020
Justement ! On doit entrer dans une collection comme dans un voyage. Les œuvres doivent s'y répondre avec subtilité.
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