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Alice Marchand (Traducteur)
EAN : 9782246729518
50 pages
Grasset (04/10/2007)
4.17/5   15 notes
Résumé :
Ouvrage récompensé pour ses illustrations du prix BolognaRagazzi 2008, à la Foire du livre de jeunesse de Bologne. (catégorie non Fiction)

Il est né au cœur de l'Europe au milieu du XXe siècle, au début de la guerre froide. Dans ses mémoires graphiques, Peter Sis raconte la vie d'un garçon qui adorait le dessin et la musique, qui a fait parti des Jeunes Pionniers, qui s'est mis au garde-à-vous devant la statue géante de Staline, qui a croisé Lo... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Glaneurdelivres
  15 janvier 2021
Il est né du mauvais côté du rideau de fer, là où règnent stupidité, suspicion, injustice, corruption, mensonges, jalousie, terreur, … et il rêve de passer de l'autre côté, à l'Ouest, pour trouver la liberté, l'espoir, l'indépendance, le respect, la dignité, le bonheur !
Il en a assez qu'on lui dise quoi faire, quoi penser et quoi dessiner…
Heureusement, « Parfois les rêves se réalisent. le 9 novembre 1989, le Mur est tombé. »
« Aussi loin que remontaient ses souvenirs, il avait toujours aimé dessiner. »
Peter Sis, auteur-illustrateur, écrit et illustre son enfance et son adolescence à Prague, de sa naissance à Brno, en Tchécoslovaquie, en 1949, jusqu'à son exil aux Etats-Unis en 1984.
A travers ses dessins d'enfant et d'adulte, et des extraits de son journal (ses propres carnets intimes), il témoigne de la vie quotidienne dans la Tchécoslovaquie communiste jusqu'à la chute du mur de Berlin.
Ce livre-album est donc un ouvrage autobiographique où l'auteur nous fait part de son ressenti.
Il a mal vécu le poids du stalinisme, et en lisant ce livre, on comprend pourquoi.
Ses souvenirs d'enfance ne sont pas tous heureux - plutôt amers. « Il peignit des rêves… puis des cauchemars. »
Son récit est écrit à la 3e personne, comme pour mettre à distance les événements, et ériger un autre mur entre son passé et lui.
Peter Sis nous offre de façon chronologique, et à travers une passionnante mise en mots et en images, un formidable panorama de ces longues années passées « du côté rouge » …
Le contexte de la guerre froide et des événements qui l'ont constituée (soulèvement de Hongrie, construction du mur de Berlin, missiles de Cuba, guerre du Vietnam, Printemps de Prague, …) servent de fond à la description de la vie quotidienne des tchèques et à sa propre histoire personnelle.
Ses dessins, tracés principalement à l'encre noire sur fond blanc avec des touches de rouge, sont légendés. Plusieurs doubles pages sont entourés aussi de vignettes, de photos personnelles et de ses dessins d'enfant. On entre ainsi dans son intimité…
Ce qui est présenté naïvement comme des vérités, est rapporté de façon plus distanciée au fur et à mesure que l'esprit critique de Peter Sis, enfant, s'éveille, tandis que le pays s'ouvre (avec l'arrivée de la musique des Beatles, des Beach Boys, …) puis se referme, avec les arrestations, les tortures et les délations…
Sur la 1re de Couv., LE « MUR » est écrit avec des lettres en trois dimensions, qui dessinent un mur.
En dessous, au centre de la page, le « M » initial, mural et maudit, se déplie 3 fois pour former une étoile. Cela rappelle le mur de Berlin, l'étoile juive, et le rouge soviétique, mais aussi, cet infranchissable frontière entre l'Est et l'Ouest !
Au milieu de l'étoile rouge, un petit enfant se tient assis. C'est Peter Sis lui-même. Il est tout content, et joue du tambour. Une belle représentation de l'insouciance enfantine !
En 4e de Couv., seule l'étoile rouge subsiste, entourée de blanc. Un texte engagé la remplit, qui explique que le totalitarisme soviétique a échoué dans sa mise au pas de la créativité artistique.
Les briques murales ont disparu au profit d'un seul symbole politique, l'étoile à 5 branches, emblème de l'U.R.S.S.
On ouvre le livre sur un planisphère tricolore, qui dévoile des océans gris, le bloc de l'Est et Cuba en rouge, tandis que le reste du monde, est blanc et vide, comme s'il n'existait pas.
Une loupe grossit la Tchécoslovaquie. Prague est figurée par un rond, et les pays frontaliers, dont l'Allemagne de l'Est, avec une étoile pour Berlin. Et une 2e loupe grossit une partie de la Tchécoslovaquie en rouge, avec un rond blanc pour Prague avec un petit rond légendé « chez moi ».
Cette carte illustrative apparaît comme une mise en scène qui rend visuellement sensible l'enfermement de Peter Sis dans l'Histoire meurtrière qu'il a vécu à l'Est du rideau de fer.
Pour évoquer le petit Peter de 8 ans, (et « le temps du lavage de cerveau », Sis compose une image teintée de rouge. Dans un nuage à la gloire de la conquête de l'espace par les soviétiques (Spoutnik, Laïka, Gagarine, …), Staline est représenté aux commandes d'un énorme tank, dont la tourelle principale est constituée par Lénine, Khrouchtchev, Brejnev, en poupées gigogne carnavalesques !
Et ce tank écrase une foule anonyme de déportés !
Un peu plus loin dans le livre, une double page, bien différente, avec des dessins très colorés dans un espace ouvert et sans frontière, évoque son adolescence beatnik. Dans un univers psychédélique, qui semble porté par la musique et les disques vinyle, deux des Beatles règnent en maître et appellent au voyage. On sent bien l'attrait des fruits interdits venus du monde libre et l'excitation qui règne quand les barrières sont levées… C'est le Printemps de Prague de 1968 et la vie est belle alors !
Mais malheureusement, ce sentiment d'espoir en des jours meilleurs, va rapidement s'évanouir.
On regarde avec horreur les Soviétiques réaffirmer leur contrôle totalitaire. Les gens sont suivis, contrôlés, harcelés, jetés en prison, déportés, torturés. On contraint les dissidents à se contenter de petits boulots subalternes… et on comprend pourquoi Peter rêve et aspire à la liberté !
Une autre double page illustre ses « rêves fous » … et on y découvre 8 façons possibles pour lui de s'évader.
Peter Sis nous montre tout ce qui était alors interdit.
Par exemple, sur une page, une maison est représentée en coupe… C'est un espace très cloisonné, quasi hermétique, placé sous la surveillance des voisins et de l'Etat, où les délateurs qui espionnent les autres sont récompensés pour leur indiscrétion. On se dit que le dessin a dû être pour l'auteur, un bon moyen de s'évader de ce sentiment d'oppression.
Au fil des pages, Peter Sis nous décrit aussi tout ce qui était alors obligatoire.
Par exemple, l'endoctrinement politique, les cours de russe, les manifestations publiques de loyauté envers le régime communiste, la participation des citoyens aux Spartakiades (des démonstrations de gymnastique de masse à la gloire des idéaux socialistes), …
Ces obligations et ces interdictions dictées par le régime communiste étaient nombreuses et Peter Sis les illustrent avec des dessins empreints de beaucoup de simplicité et de justesse !
C'est dans la liberté de mouvement, l'ouverture vers les autres cultures, avec ses propres expériences sociales que l'être humain s'enrichit et se nourrit.
Savoir d'où l'on vient, qui l'on est, pour savoir où l'on va. Cette formule, convient bien, à mon sens, à l'existence et aux aspirations de Peter Sis, dont l'enfance est dominée par un sentiment d'enfermement, et qui se projette vers l'extérieur, qui fuit la maison, pour mieux y revenir.
« J'ai essayé de mettre dans les livres que j'ai écrits et illustrés, mes propres expériences de vie dans la société fermée et totalitaire, rêvant d'un monde ouvert et libre. » (Juillet 2010.)
Dans sa postface, Peter Sis nous explique pourquoi et comment il a quitté la Tchécoslovaquie en 1984, soit 5 ans avant la chute du Mur. C'est aussi pour ses enfants qu'il a dessiné sa vie d'avant l'Amérique… Ayant toujours vécu aux Etats-Unis, quand ses enfants, se rendent à Prague pour rendre visite à la famille tchèque, ils ont du mal à comprendre que cette jolie capitale et ce pays aient pu subir une période si inquiétante et obscure. Dessiner est pour Peter Sis, essentiel. C'est sa façon à lui de transmettre ce qui est difficile à faire comprendre uniquement avec des mots !
Ce livre est un bel ouvrage qui doit s'adresser à un public transgénérationnel !
« Toute ressemblance avec l'histoire que raconte ce livre n'est pas du tout fortuite. »
« Aussi longtemps qu'il aura des souvenirs, il continuera à dessiner. »
+ Lire la suite
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Lali
  12 septembre 2012
Il y a sûrement quelque chose que je n'ai pas saisi. le but? À qui s'adresse le livre? Je ne sais pas. je sais juste que je n'ai pas du tout été touchée le mur, un album signé Peter Sis, qui tente de raconter à des jeunes comment ça se passait avant la chute du mur, pour ceux qui vivaient dans les pays à l'est de celui-ci et ce que celle-ci a changé. Enfin, si j'ai bien compris.
Mais malgré les faits qu'il raconte, son amour pour le dessin, sa passion pour les Beatles et les anecdotes qui ont jalonné son parcours, je n'ai pas été émue. le mur est resté là entre l'auteur et moi. Infranchissable. Lui d'un côté, moi de l'autre, incapable de comprendre le but et le moyen. Et pourtant, j'aurais voulu que ça se passe autrement.
Lien : http://lalitoutsimplement.co..
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zazimuth
  17 septembre 2010
C'est un livre que je qualifierai d'un peu déroutant au premier abord. Il marie une chronologie très sérieuse des événements de 1948 à 1989 à des souvenirs plus personnels. L'auteur y évoque également sa passion du dessin qu'il transcrit en illustrations très fouillées.

Lien : http://toutzazimuth.eklablog..
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critiques presse (1)
Lecturejeune   01 décembre 2007
Lecture jeune, n°124 - C’est à un voyage dans le temps, derrière le rideau de fer, que nous convie le nouvel album de Peter Sís, dont la démarche, passionnante, approfondit celle des Trois Clés d’or de Prague (1994) : pour ses deux enfants, nés aux États-Unis après la chute du mur de Berlin, l’illustrateur dessine sa ville natale, l’occupation russe et le choix de l’exil. Une juxtaposition de petites cases bien délimitées, en noir et blanc, évoque une vie cernée par la milice communiste. Seule tache de couleur, le rouge des drapeaux aux fenêtres, le rouge du foulard noué autour du cou du « Jeune Pionnier », le rouge des chars qui envahissent Prague en 1968 pour réprimer les espoirs de liberté. Mais le petit Peter, quasiment né un crayon rouge à la main, ne reste pas longtemps dupe de la propagande russe. Le voilà qui s’essaie aux couleurs vives, dans le secret du grenier, à l’abri des délateurs. Des extraits de ses carnets de l’époque citent d’enivrantes découvertes venues de l’Ouest : le jazz et les jeans, le rock’n’roll et les Beatles. Les vignettes de l’album s’agrandissent alors, débordent du cadre et de la page, se parent de couleurs psychédéliques, nous entraînent dans une spirale dansante. C’est le Printemps de Prague. Le retour au noir et blanc manifeste la répression. Dans un univers de cauchemar où se développent censure, interrogatoires, arrestations et tortures, le jeune Peter traverse chaque page à vélo, poursuivi par la police. Son carton à dessins se transforme en deux ailes qui lui permettent de s’évader. Une extraordinaire double page s’inspire de la « Carte du Tendre » de Madeleine de Scudéry, pour suivre le périple du fugitif parmi les montagnes de Terreur, Suspicion et Injustice. Peter pédale déjà de l’autre côté du Mur, entre Vérité et Liberté. Un livre formidable qui sait combiner mémoire et histoire. Charlotte Plat
Lire la critique sur le site : Lecturejeune
Citations et extraits (2) Ajouter une citation
GlaneurdelivresGlaneurdelivres   14 janvier 2021
Aussi loin que remontaient ses souvenirs, il avait toujours aimé dessiner.
Il avait commencé par dessiner des formes. Ensuite, il se mit à dessiner des gens. A la maison, il dessinait tout ce qu’il voulait. A l’école, il se mit à dessiner ce qu’on lui disait de dessiner. Il dessina des tanks. Il dessina des guerres.
Il ne remettait pas en question ce qu’on lui disait. Ensuite, il découvrit qu’il y avait des choses qu’on ne lui disait pas. Il commença lentement à remettre les choses en question. Il peignit ce qu’il voulait – en cachette. Il entra dans un groupe de rock et se mit à peindre de la musique. Tout paraissait possible…
Ce fut le Printemps de Prague de 1968.
+ Lire la suite
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zazimuthzazimuth   29 juin 2015
Aussi loin que remontaient ses souvenirs, il avait toujours aimé dessiner.
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