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Note moyenne 3.92 /5 (sur 1028 notes)

Nationalité : France
Né(e) à : Châteauroux, Indre , 1962
Biographie :

Antoine Choplin est depuis 1996 l’organisateur du festival de l’Arpenteur, en Isère, événement consacré au spectacle vivant et à la littérature.

Il vit près de Grenoble, où il concilie son travail d’auteur, ses activités culturelles et sa passion pour la marche en montagne.

Il est également l’auteur de plusieurs livres parus aux éditions de La fosse aux ours, notamment Radeau (2003, Prix des librairies Initiales), Léger fracas du monde (2005) et L’Impasse (2006).

Antoine Choplin a reçu le Prix France Télévisions en 2012 pour "La nuit tombée".

Source : www.pocket.fr
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Bibliographie de Antoine Choplin   (18)Voir plus


Antoine Choplin et ses lectures


Quel est le livre qui vous a donné envie d`écrire ?

Disons « Vercoquin et le plancton » de Vian, à moins que ce ne soit «La disparition» de Perec.


Quel est l`auteur qui vous a donné envie d`arrêter d`écrire (par ses qualités exceptionnelles...) ?

Samuel Beckett, par exemple avec « Watt » ou « Mercier et Camier. »


Quelle est votre première grande découverte littéraire ?

« 1984 », George Orwell.


Quel est le livre que vous avez relu le plus souvent ?

Peut-être « L`étranger », Camus ou « Des souris et des hommes», Steinbeck.


Quel est le livre que vous avez honte de ne pas avoir lu ?

La bible.


Quelle est la perle méconnue que vous souhaiteriez faire découvrir à nos lecteurs ?

« Mon grain de sable », Luciano Bolis.


Quel est le classique de la littérature dont vous trouvez la réputation surfaite ?

« La peste », Camus.


Avez-vous une citation fétiche issue de la littérature ?

« le génie, c`est de pouvoir convoquer l`enfance à volonté. » (Baudelaire)


Et en ce moment que lisez-vous ?

« La couleur de la guerre. », d`Arkadi Babtchenko (Récits de guerre de Tchétchénie.)



Mots pour mots : Antoine Choplin répond à ses lecteurs


Dans le cadre de notre opération Mots pour Mots, ce sont les lecteurs Agathe10000 et Cleomine et Bibalice qui ont réalisé l`interview d`Antoine Choplin pour «Le héron de Guernica». Voici leurs questions :

Vos romans se situent à une période historique particulière (Radeau, Guernica), ou dans un contexte social précis (Cour Nord). Comment prêtez-vous vie à vos personnages ? (grâce à de la documentation, des témoignages, en rencontrant des personnes ayant vécu les situations ou du moins l`époque que vous décrivez ?)

Il est rare que mes personnages de roman évoquent des personnes rencontrées ou issues du monde réel. Et si c`est le cas, il s`agit de personnages secondaires. Presque toujours, il me semble plutôt qu`ils naissent d`un creuset archétypique, assez stable. J`aime confronter au monde, aux contextes que vous évoquez, des personnes singulières, en prise directe avec leur propre humanité. La sorte de naïveté qui est souvent la leur confine à la fois à une très grande simplicité et à une forme de génie, qui les amènent tout autant à des formes d`émerveillement sur le monde qu`à des formes aiguës de révolte. Autrement dit, qui leur laisse la chance d`un regard pur sur les choses et les gens.


De même, vous êtes-vous beaucoup documenté sur l`attaque et la ville de Guernica ou certains éléments ont-ils été inventés pour le récit (la mercerie, l`usine...) ?

J`utilise la documentation avec beaucoup de prudence. J`ai parfois éprouvé qu`un abord trop précis de la réalité pouvait être de nature à étouffer les forces fictionnelles. La documentation est indispensable pour éviter les contresens à partir du moment où on revendique une contextualisation. Mais je me garde d`aller au-delà.


Vous restituez de nombreux silences et de non-dits dans les dialogues et la plupart des scènes dans le contexte pourtant éminemment violent d`une guerre et du bombardement d`une ville. Cette approche par le silence et par la poésie s`est-elle tout de suite imposée ?

Oui, l`approche en creux, la part du silence sont indispensables dans l`abord de la complexité. Des dialogues trop léchés, des descriptions trop finies, sont pour moi de nature à aplanir ce qui doit être tenu dans l`épaisseur. le romancier doit faire face et allégeance à toutes sortes de contraintes, grammaticales, d`intelligibilité… ; dans le but de rester au plus près de mes personnages, de leur humanité, de leurs ambiguïtés mais aussi de celles qui agitent leur univers, je fais ce que je peux pour inventer des espaces irrésolus et libres au sein du récit. Et le silence, la poésie en sont les principaux moteurs.


L`idée du roman vous est-elle venue de l`admiration que vous pourriez avoir pour le tableau de Picasso ?

Non, même si j`ai effectivement été très impressionné par l`œuvre lorsque je l`ai découverte à Madrid. Une des sources de ce texte serait plutôt mon questionnement sur le fait que Picasso a peint ce tableau depuis Paris. Dès lors, que vaut, à côté de lui, l`œuvre d`un artiste mineur mais qui, quant à lui, était à Guernica lors du bombardement ?


Aviez-vous des modèles pour le personnage de Basilio ? de part sa simplicité et sa naïveté, beaucoup de lecteurs ont vu en lui une sorte de sublimation de l`artiste au service de son œuvre. Était-ce votre volonté ?

On en revient à votre question sur la naissance des personnages à laquelle j`ai répondu par cette notion d`archétype. Et bien sûr, ces types de personnages, naïfs, parfois géniaux (c`est du moins ce que je crois), émerveillés et révoltés, convoquent en eux-mêmes des sensibilités, des regards d`artistes.


Il y a de nombreuses réflexions sur le rôle de l`art dans la société et sur son pouvoir de témoignage. Pensez-vous que l`art doit avoir un rôle social ou politique ? En d`autres termes, l`art se doit-il être utile ?

Je place l`art sur un autre plan que celui du social ou du politique. Il y a certainement un art « utile » au sens où vous l`entendez, et il m`arrive de m`en réjouir. J`ai eu l`occasion d`évoquer récemment dans un article, le poème « Strange fruit » qui, dans les années 30, évoquent ces noirs pendus par le Ku Klux Klan aux branches des arbres. La vie de ce poème à travers le 20e siècle, le courage de certains de ses lecteurs en public, l`interprétation inoubliable qu`en a fait Billie Holliday, tout cela a conféré à cette œuvre un rôle social et politique important. Mais l`art ne doit pas être tenu par cette obligation. Il tient parfois au contraire sa force de savoir se tenir en lisière de notre monde, de se poser ailleurs. Beckett est un écrivain majeur qui s`est tenu, de ce point de vue, à distance. A titre personnel et dans mon travail, je crains et je tiens à l`écart les tentations de militantisme, qui me détourneraient, c`est en tout cas ce que je crois, de ma recherche principale : me tenir au plus près de l`humanité portée par mes personnages dans différents contextes.


Les descriptions de l`artiste au travail sont très riches. Vous sentez-vous proche de Basilio dans sa façon de créer une œuvre ?

Il est possible que nous ayons quelques points communs.


Pouvez-vous nous en dire plus sur vos prochains projets ?

J`achève actuellement un texte romanesque qui se déroule dans l`environnement de Tchernobyl (j`y ai fait un voyage très marquant il y a deux ans). Sinon, je débute prochainement une résidence d`écriture poétique à Saint Nazaire. Je vais la construire sur le terreau de la rencontre avec les ouvriers des chantiers navals.



Découvrez Le héron de Guernica d`Antonie Choplin aux éditions du Rouergue


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Vidéo de

Antoine Choplin, Prix Louis Guilloux 2017 Rencontre avec Antoine Choplin, lauréat du Prix Louis Guilloux 2017 pour son livre "Quelques jours dans la vie de Tomas Kusar" paru aux éditions La Fosse aux Ours.

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Citations et extraits (245) Voir plus Ajouter une citation
carre   01 octobre 2012
Radeau de Antoine Choplin
Pour vous Sarah, c'est quoi les choses qui comptent dans la vie ?

Elle le regarde... Elle dit c'est curieux comme question.

C'est curieux de dire dans la vie parce ce que je ne vois rien d'autre qui compte vraiment que la vie elle-même.
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carre   02 octobre 2012
Radeau de Antoine Choplin
Elle dit qu'elle vient de marcher alentour, que c'est un beau pays, aux couleurs douces, aux pierres qui racontent. Que c'est un pays de poêtes.
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Cancie   06 novembre 2020
Nord-Est de Antoine Choplin
La lumière de l'aube franchit à peine le seuil étroit de l'abri en pierre.

À l'intérieur, les objets et les visages demeurent indistincts. Tenus encore par un demi-sommeil, les corps étendus commencent à s'ébrouer avec mesure, sans vouloir renoncer tout à fait à l'engourdissement confortable arraché sur le tard à la cohorte interminable des heures nocturnes.
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HordeduContrevent   24 mars 2021
Partiellement nuageux de Antoine Choplin
Embrasser, c’est exactement ça, j’ai poursuivi. C’est tenir en même temps ce qui est proche et ce qui est lointain. C’est ça, embrasser.
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Fandol   09 janvier 2021
Nord-Est de Antoine Choplin
En pénétrant un peu plus tard dans la forêt de conifères, la pénombre qui s’estompait leur tombe à nouveau dessus. Emmett fait mine de trébucher sans cesse en s’écriant que, décidément, on y voyait mieux avant, quand c’était la nuit noire. À plusieurs reprises, il se met à trottiner devant les autres avant de les attendre plus loin, en les mettant en garde contre une branche basse ou une racine en saillie.

Elle est casse-gueule, celle-là. Sacrément casse-gueule, même. (page 87)
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Cancie   03 novembre 2020
Nord-Est de Antoine Choplin
Saul progresse d'une façon irrégulière. Il s'arrête fréquemment pour observer le paysage, approcher le nez d'une fleur ou les doigts d'un insecte. Il laisse traîner ses mains dans les hautes graminées qui bordent le chemin, en arrache parfois une dont il porte la tige à sa bouche. À d'autres moments, il avance, le front levé au plus haut, le regard tendu vers le ciel, à la verticale de lui-même. La course des nuages lui procure une ivresse qui lui tire un drôle de sourire et le fait trébucher. Plus loin, il s'arrête brutalement pour se mettre à scruter avec intensité dans une direction ^précise, obéissant à un motif connu de lui seul.
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milado   28 décembre 2012
Le héron de Guernica de Antoine Choplin
C'est drôle quand même. Moi je parle de gars qui se font tuer pendant que toi, tu t'emmerdes à peindre le plumage d'un héron.

Je m'emmerde pas.

Un temps.

Quand même; il doit falloir une sacrée patience, dit le soldat.

Faut surtout avoir très envie de regarder, dit Basilio. De bien regarder les choses. Le héron, ce qu'on peut en voir, et ce qu'on ne peut pas. Aussi, tout ce qui l'entoure. Tout ce qu'il y a dans l'air qu'on respire, le héron, toi et moi. C'est surtout cette envie-là qu'il faut.
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Cancie   06 novembre 2020
Nord-Est de Antoine Choplin
Le sommet les a surpris, en ouvrant sur un vaste replat herbeux, strié par quelques affleurements rocheux. Le confort soudain de leur posture, libérée de la raideur des pentes et de l'austérité du minéral, les a fait sourire. Ils ont observé longtemps les paysages apparus, pointé du doigt plusieurs névés tardifs. Sans oublier de se retourner vers le plateau immense d'où ils provenaient et qu'ils allaient bientôt perdre de vue en s'engageant plus avant au cœur des montagnes.
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milado   29 décembre 2012
Le héron de Guernica de Antoine Choplin
Avant de lui poser dans les mains, il faudra lui répéter combien le héron peint est différent du héron que l'on voit et encore plus du héron tout court, tel qu'en lui-même.

il lui dira aussi qu'il regrette un peu cette idée de lui donner une peinture de héron . Que bien sûr il est heureux de pouvoir lui offrir quelque chose; et en même temps, que le moindre caillou ramassé par terre aurait sûrement plus de valeur.

Bien entendu, elle protestera. Mais il voudra qu'elle comprenne. Lui offrir un caillou, ce serait l'inviter à porter un regard sur un objet véritable. Sur une chose d'origine, et non pas une esquisse de représentation, forcément imparfaite.
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carre   01 octobre 2012
Radeau de Antoine Choplin
Ou étiez-vous, lui demande Louis.

Elle hésite avant de dire : je ne sais pas très bien au juste. Quelques part ou tout était un peu sombre et entrelacé.

Louis a dit que c'est vrai, les rêves sont des lieux pour les entrelacements.
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