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EAN : 9782954500263
168 pages
Popcards Factory (20/04/2023)
4.17/5   35 notes
Résumé :
Anna a tout ce qu’il faut autour d’elle pour être heureuse.
Un époux fou amoureux. Deux ex-maris avec qui elle a conservé des relations chaleureuses. Un fils. Un frère. Des amis. Des amants. Une grande maison en banlieue parisienne. Et une vingtaine de voitures de collection hors de prix qui dorment dans un garage.
Mais, hantée par d’imprévisibles désirs de fuite, Anna est prise à la gorge par une sensation d’étouffement permanent et de brusques accès ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (33) Voir plus Ajouter une critique
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Voilà un roman vraiment original ! C'est trash, c'est glauque mais on ne peut s'empêcher de continuer sa lecture car l'auteur réussit à nous embarquer dans son histoire et à s'attacher malgré tout à ses personnages complètement paumés et bien tordus (il ne faut pas se mentir…).

Ici, tout tourne autour d'Anna, enfin plutôt son cadavre puisque l'histoire commence avec la découverte de son corps sans vie par le « héros » de cette drôle d'aventure, son troisième mari. Comme elle avait la fâcheuse habitude de fuir régulièrement pour des périodes indéterminées, il lui est facile de cacher sa disparition. On va dès lors osciller entre présent et passé pour tenter de découvrir ce qui a pu mener à cette situation délicate…

Les différents protagonistes sont tous plus fêlés les uns que les autres, rien n'est normal dans leurs réactions, certaines scènes sont très limites et pourtant j'ai beaucoup aimé ma lecture !!

L'histoire d'une amoureuse toxique qui ensorcèle les hommes, un roman noir avec pas mal d'humour (noir lui aussi !) à réserver je pense à un public un peu averti...
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Un roman noir certainement, entre romance, humour et drame, avec quelques touches de polar. Inclassable et glauque, assurément.

A quelques heures du réveillon du jour de l'An, Forlane et Quentin sont tous les deux au pied du lit conjugal dans lequel repose le corps d'Anna, épouse du premier et mère du second. Il semblerait qu'elle ait été étranglée mais le narrateur est incapable de se souvenir s'il est l'auteur du crime. La question qui se pose à ce moment-là est de savoir quoi faire du corps, qui est quand même là depuis deux jours. Et qui finira finalement dans le congélateur de la cave, où il restera.

Nous allons suivre Forlane, le troisième mari d'Anna, durant sa première année de deuil. Il va s'agir pour lui d'apprivoiser sa douleur, l'absence d'Anna et le manque qu'elle génère. D'autant qu'il va devoir dans ce même laps de temps faire avec la présence trop imposante des ex-maris d'Anna et de son frère Irvine, leurs égos mal placés, leurs dramas. Il devra aussi mener son petit monde, à savoir son employée Iris, son beau-fils Quentin et son meilleur ami Pierre.

D'abord, avant même de commencer la lecture de ce roman, le titre m'a frappée. C'est même en partie ce qui en a motivé la lecture. Ce sont les paroles d'une de mes chansons préférées de Jacques Brel, La chanson des vieux amants, titre qui sied on ne peut mieux au récit :

Bien sûr, nous eûmes des orages
Vingt ans d'amour, c'est l'amour fol
Mille fois tu pris ton bagage
Mille fois je pris mon envol
Et chaque meuble se souvient
Dans cette chambre sans berceau
Des éclats des vieilles tempêtes
Plus rien ne ressemblait à rien
Tu avais perdu le goût de l'eau
Et moi celui de la conquête
Mais mon amour
Mon doux, mon tendre, mon merveilleux amour
De l'aube claire jusqu'à la fin du jour
Je t'aime encore tu sais
Je t'aime
Moi, je sais tous tes sortilèges
Tu sais tous mes envoûtements
Tu m'as gardé de pièges en pièges
Je t'ai perdue de temps en temps
Bien sûr tu pris quelques amants
Il fallait bien passer le temps
Il faut bien que le corps exulte
Finalement, finalement
Il nous fallut bien du talent
Pour être vieux sans être adultes
Petit à petit, chacun des protagonistes va être au courant du drame. Chacun va y réagir à sa façon. Les liens avec Anna vont être disséqués. A commencer par ceux qu'elle entretenait avec le narrateur et avec son fils.

Parce qu'Anna n'était pas un oiseau que l'on pouvait garder en cage.

Anna avait la très désagréable et douloureuse habitude de s'enfuir après une dispute ou une contrariété. Quelques jours parfois, ou des mois. Une fois plusieurs années, en abandonnant son fils au narrateur. Anna a une personnalité borderline. Très fragile, trop sensible, excessivement instable, une vision d'elle-même plutôt floue, impulsive. Tous ont dû subir ses fugues. Fracassante Anna!

Forlane est complètement accro à Anna, quoi qu'elle lui inflige. Quand il la perd pour de bon, il est complètement déboussolé. Il perd la lumière de son existence. Il ne sait plus trop où est sa place, d'autant qu'il est partagé entre les codes sociétaux poussiéreux inculqués il y a quelques décennies et l'évolution des moeurs post #metoo. Il est d'une génération qui voit d'un oeil incrédule et perplexe l'émancipation de la femme, son rejet de la soumission imposée par le modèle patriarcal.

Quentin, 14 ans, et un adolescent fragile, sensible, renfermé. Traumatisé par les errances de sa mère et les abandons successifs de ses parents. Il a un fort sentiment de culpabilité vis-à-vis de sa mère.

Iris est un personnage ambigu, une présence permanente au second plan. On se sait pas trop quel rôle elle joue dans tout ça, même si on se doute qu'elle cache pas mal de poussière sous le tapis… Elle est appliquée, austère, mène la maison à la baguette. Elle sait comment arriver à ses fins mine de rien.

Pierre, Irvine et les ex-maris sont des drama queens. Ils jouent à la perfection leur partition tragique. Ce sont des mâles sur le retour. Ils aiment se tirer dans les pattes (ça évite d'aborder franchement les sujets les plus importants) alors que finalement ils sont tous solidaires. Pas un ne va manquer à l'appel. Parce qu'Anna a laissé son empreinte en chacun d'eux. Ils sont tous perdus parce que tous, ils l'ont aimée. Et tous, ils ont subi sans broncher, ou presque, ses débordements, ses fuites et ses retours. Ils ne savent pas trop comment réagir, prisonniers eux aussi d'une éducation obsolète, dépassés par l'imprévisibilité de celle qu'ils ont aimée. Comme Forlane, ils ont perdu leurs repères dans une société où les femmes se libèrent et prennent l'ascendant.

C'est un peu trash, très direct, parfois cru. L'auteur ne prend pas de gants et n'a aucune pitié pour ses personnages. Nous sommes face à des protagonistes « biaisés », dont aucun n'a de réaction logique et normale, et qui ont tous vécu une relation toxique avec Anna qu'ils continuent d'alimenter. C'est malaisant et glauque.

Un récit noir difficile à classer avec une touche de cocasserie. Il y a un côté voyeuriste malsain et morbide. J'ai beaucoup apprécié!
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Mon avis: Quel drôle de ovni ce livre, ce n'est pas tout a fait une romance pourtant on y découvre un amour inconditionnel voir même toxique. Ce n'est pas un polar traditionnel non plus, vu qu'on a q'une part minime d'enquête. Cet histoire est d'une belle noirceur agrémenté d'une note de d'humour et ça coule d'ironie. Je n'ai jamais lu un telle oeuvre. Ça m'a d'abord rendu perplexe mais les pages défilant devant mes yeux, je me suis laissé prendre par cet intrigue.

Cette Anna, qui a rendu tout les hommes qui ont croisé sa vie bourrique et éperdument amoureux est une femme mystérieux. Elle hante notre livre. Elle a disparue pourtant elle est omniprésente dans cette histoire. Elle a un pouvoir sur ses ex et son mari actuel, qui est nul autre qu'un auteur à la dérive.

L'auteur le vrai (pas le personnage du livre), nous relate qu'Anna avait une tendance et besoin de disparaitre de temps en temps sans savoir combien de jours. Ça a duré jusqu'au jour où elle est retrouvé sans vie dans le lit conjugal. On découvre une part de son passé au fil des pages à travers des nombreux flashbacks. le mal-être également de son fils qui a passer beaucoup plus de temps avec son beau-père que sa mère pourtant leurs lien était fusionnelle.
L'auteur nous embrouillent, on veut savoir pourquoi elle se barre, pourquoi elle est morte, comment...

Ce méli-mélo d'ex mari's , qui se côtoient encore mais qui ne se supporte pas est déroutante par moment et hilarant d'autres moments. Leurs point commun c'est évidemment Anna et leurs vécu en couple avec elle. Un amour infaillible de leurs côté mais Anna, elle les a détruit tout doucement par son comportement et ces disparitions répétitifs.
Autre personnage bizarre dans l'histoire est Iris un bien joli nom pour une femme qui fait complètement flippé.

L'époux d'Anna est partager entre faire son deuil, continuer à vivre avec elle, l'aduler a en perdre la tête, vivre dans le passé et son envie de se sentir libre.

Peut-on aimez quelqu'un a en perdre raison et au point qu'il y que cette personne qui compte ?

Un histoire sombre et unique.
J'ai apprécié dans l'intrigue que l'auteur tisse des moments improbable et d'autre attendrissant. Ce auteur plus très a la page: l'aimait, l'aime encore et l'aimerait a tout jamais. Ça ne pouvait pas duré, il fallait que ça cesse...c'était lui ou elle.

PS: je poste mon avis le jour de fêtes des mères et quand j'ai reçu mes fleurs, je me suis vu dans la cave a côté du congélateur et un frisson m'a parcourru le corps...😱 Ohhhh trop glauque.
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C'est un roman noir atypique, qui sort véritablement des sentiers battus. L'auteur nous livre ainsi une intrigue singulière, hyper caricaturale mais qui en dit long sur l'ère post-#metoo et certains aspects de notre société contemporaine.

Les personnages sont aussi attachants que détestables, et la situation initiale d'une originalité sans pareille donne le ton pour la suite des évènements.
Anna avait invité ses proches pour fêter le nouvel an. Ses proches fêteront donc la nouvelle année chez elle, mais sans elle, une odeur de mort dans les narines... Anna est morte, Anna vient d'être dissimulée dans la cave par son fils et son mari. Anna n'a pourtant pas fini d'exister, son mari (le narrateur) va continuer à s'occuper d'elle... Intrigant, n'est-ce pas ?

Ici, point d'enquête à mener, tout tourne autour des protagonistes et de ce que cet événement troublant va faire d'eux. Anna n'en était pas à son premier mariage et elle avait l'habitude de fuguer de sa vie de mère et d'épouse. Pourquoi ? Comment est-elle morte ? Quelle tragédie a pu mener à cette inéluctable fin ?

L'auteur pose moult interrogations et pousse notre réflexion (sur bien des sujets contemporains) à son paroxysme.
C'est un roman troublant, à la limite du malaise et de la gênance, mais qui se révèle impossible à lâcher. Anthony Sitruk aurait-il le pouvoir de réveiller nos bas instincts de voyeurisme, de cette fascination du morbide, qui nous habitent parfois et nous secouent de sentiments ambigus ?

À travers ce simulacre frappant d'une existence (ou d'une mort) moderne, il nous dresse le portrait d'hommes d'aujourd'hui qui ont bien du mal à trouver leur place, ou à la garder.

C'est sombre, cru, glauque et extrêmement malin. Un roman particulier, qui prend aux tripes et nous renvoie en pleine face le miroir grossissant d'une société en mal de mâles.
C'est brillant et audacieux, je signe pour les prochains ouvrages de l'auteur. Une fabuleuse découverte qui laisse irrémédiablement des traces. Une lecture inclassable et déroutante
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Aujourd'hui, je vous parle de «Bien sûr, nous eûmes des orages » de Anthony SITRUK et chez Popcards Factory.
L'auteur vous propose un roman noir grinçant.
*****
Voici un roman noir très caustique qui fait la part belle aux hommes. Ou pas ! La vie de ces derniers dans cette histoire tourne autour d'Anna, une femme attirante …. et ingérable. Alors le jour où Forlanne, son dernier mari, la retrouve morte, il décide d'agir différemment de ce qu'il aurait dû faire. Mais son secret ne va pas le rester très longtemps et à partir de là, sa vie va partir en vrille. Nous allons le suivre pendant un an dans ses tribulations et autant vous dire que ça secoue pas mal !
Ce que j'aime dans cette histoire c'est que tous les personnages sont vraiment barrés, il n'y en a pas un pour rattraper l'autre. Ils se côtoient, pour la plupart, par obligation et non par choix. Leurs rencontres sont donc tendues et il n'est pas rare qu'ils perdent leurs sang-froid. Ce savoureux mélange génère des scènes hautement cocasses, saupoudrées d'humour noir dans lesquelles vous vous délectez face à tant de cynisme.
L'auteur marque les esprits par son originalité, il ne lasse pas de mettre ses personnages dans des situations toutes plus drôles les unes que les autres mais hautement dramatiques. La situation semble ne plus pouvoir revenir à un semblant de normalité… même si vivre avec Anna n'avait rien de normal.
Au final, un roman noir grinçant et original qui vaut le détour !
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Citations et extraits (10) Voir plus Ajouter une citation
Ainsi le temps avait passé, et passa encore le temps et nous avec. A toute allure, que ça avait passé, les années nous les avions bouffées une à une. C’étaient des éclats de rire quotidiens, des lego que je construisais sous tes yeux, des embouteillages de petites voitures que nous alignions dans le couloir. J’étais Papa-Pâtes, tu disais. Papa-Cinéma, Papa-Rigolo, Papa Jamais Casse-couilles. Je t’emmerdais pas, ne t’engueulais pas, ne te filais aucune torgnole, pas même lorsque tu répétais « Crotte de cul » à longueur de journée. Je t’apprenais la vie, celle de la rue, celle des embrouilles, celle des promesses. Pas celle de l’école, non. Les trucs essentiels, les trucs immuables. Savoir que ceux qui poussent le volume de leur autoradio à fond écoutent systématiquement de la musique de merde. Que les livreurs, à qui tu stipules d’appeler avant de passer, te téléphonent toujours quand ils sont devant ta porte. Que lorsqu’une femme trompe son mari, c’est toujours dans le lit conjugal. Ou que c’est tout comme. La vie, pour nous, c’était une poursuite à coup de bombes de chantilly jusqu’à saccager le papier peint du salon ; une bataille rangée avec tes copains venus diner, clôturée par des morceaux de betteraves ou d’asperges balancés plein les gueule et plein les murs ; des feux d’artifice allumés à la fenêtre de ta chambre tandis que les petites vieilles du quartier s’arrêtaient pour observer notre baraque illuminée ; ta tête posée sur mes genoux quand je te faisais découvrir The Champ ou Raging Bull à la télévision… Tout ça, Oh ! C’était pas si mal, dis. Ne m’étais-je finalement pas trop mal débrouillé ?
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« De toutes façons, elle peut crever. Elles peuvent toutes crever. Comme l’autre, tiens, c’est bien toi qui as raison, Forlane.
− Putain, Darius, tes conneries, on n’en a rien à foutre, là. Et arrête de m’appeler comme ça.
− Si, mon pote, si. Fais pas le modeste, c’est toi qu’as eu raison. T’as eu foutrement raison, même. Tu veux que j’te dise, y a rien d’autre à faire, on est foutu sinon. Tu veux qu’on fasse quoi d’autre ? Qu’on encaisse sans rien dire ? Qu’on perde le peu qu’y nous reste ? Pourquoi qu’ça tombe sur nous. Ça fait cinq-mille ans qu’on vit tranquillement, qu’ça tourne plutôt bien comme ça, et il faut que tout c’merdier nous tombe sur le crâne, qu’ça tombe sur nous, ça pouvait pas attendre une génération de plus ! Même la mienne, de bonne-femme, si elle s’pointait, là, qu’elle passait la porte du bar, là-bas derrière toi, je crois qu’je l’égorgerais. Même celle là-haut, dans la chambre, tu crois quoi ? Putain, quand tu vois c’qu’elle sait faire à son âge, on n’a pas idée. Elles ont toutes perdu la tête, ma parole. Elles sont siphonnées.
− Tu délires, Darius, répondit Irvine.
− J’te l’dis comme je le pense.
− Tu irais crever ta femme ? Crever Elena ? Tu ne parles pas sérieusement.
− Absolument. Bien sûr que si, j’suis sérieux. Un autre verre, s’il te plait. Et sers-moi bien, cette fois. Parce que le précédent, il avait vraiment l’air con. C’est pas un dé à coudre, hein. »
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Extrait: Elle est encore partie! Qu'as-tu foutu cette fois? - Cette insinuation me réchauffe le coeur, crois-moi. Y a pas à dire, je suis heureux de te compter parmi mes amis. - Encore ta grande gueule. Mais ce soir j'ai promis à Irvine de rester calme, tu ne m'auras pas a ce petit jeu.
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- La question n'est pas là, je m'en fous, d'elle ou d'une autre. Mais ne comprends-tu pas que nous sommes baisés, que la partie est pour de bon perdue, que rien ne nous a préparés à ce genre d'aberration!
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On n’y comprend plus rien. Entre elles et nous, ce n’est plus possible, on n’y arrive plus, nos planètes s’éloignent un peu plus chaque jour, chaque minute. Ça ne fonctionne plus.
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