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Sapphire (Préfacier, etc.)Jean-François Ménard (Traducteur)
ISBN : 2879293030
Éditeur : Editions de l'Olivier (30/11/-1)

Note moyenne : 4.17/5 (sur 141 notes)
Résumé :
Robert Beck, jeune vaurien de Milwaukee, n’a qu’un rêve : devenir le plus grand mac des États-Unis. De 1940 à 1960, il est Iceberg Slim, patron d’un harem et maître du pavé de Chicago. Impitoyable et accro à la cocaïne, il est toujours à la recherche d’une proie à envoyer sur le trottoir. Plein de sueur, de sexe et de violence, ce document sur les bas-fonds de l’Amérique, est un livre culte.
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
Franckync
  26 mars 2017
Robert Beck, jeune voyou débarqué de Milwaukee a l'ambition de devenir le plus grand souteneur des trottoirs de Chicago. Accroc au sexe, à la violence et à la cocaïne, Robert est un fauve sans états d'âmes qui deviendra une légende vivante : Iceberg Slim.
Mon humble avis : Attention livre culte pour plusieurs générations de rappeurs US qui ont fait d'Iceberg Slim un modèle et une référence dans la culture black américaine. L'auteur nous raconte son quotidien dans les rues de Chicago au milieu des années 30 et rien ne nous est épargné, l'auteur nous livre un témoignage cru, violent et sans aucune concession. Sim est un hâbleur, immoral, violent, manipulateur et cruel dont le seul objectif est de mettre les filles sur le trottoir. Pour atteindre cet objectif et façonner sa légende Iceberg devient au fil du roman un monstre assoiffé de pouvoir, d'argent et de sexe. Vous l'aurez compris ce livre n'est pas à mettre entre toutes les mains, le héros du roman n'inspire aucune empathie et le style est simple, direct et efficace. Beaucoup seront choqués par le propos mais il reste néanmoins un témoignage assez hallucinant sur les bas-fonds de Chicago et les conditions de survie de toute une communauté dans cette période troublée. Comme Scarface qui est devenu le film culte pour toute une génération, Pimp est un témoignage immoral et répugnant qui a pourtant touché toute une génération d'américains. Compliqué pour moi de donner un avis tant ce bouquin est un ovni littéraire, pourtant je dois avouer avoir été ' scotché ' par cette lecture et par la force qui se dégage de cette oeuvre. Slim est un salopard avec du style mais néanmoins un vrai salopard et les dernières pages narrant sa rédemption ne changeront rien à l'affaire. Pourtant son texte est fascinant et ,c'est mon humble avis, ne laissera personne indifférent.
J'achète ? : Oui sans hésiter pour l'expérience vécue mais aussi pour le style percutant employé par l'auteur.
Lien : http://francksbooks.wordpres..
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Gangoueus
  12 octobre 2010
Quand on a un programme de livres à lire, il faut s'y tenir. le problème est que lorsque vous prenez un peu de votre temps pour honorer un festival litteraire comme celui de Vincennes, que vous faites dédicacer quelques uns de vos ouvrages par des auteurs que vous appréciez, que vous découvrez au détour d'un stand une collection qui éveille en vous un vif intérêt comme Soul Fiction des Editions du Rocher, que parmi les trésors qui s'étalent à perte de vue, vous identifiez un classique que vous pensiez non traduit, qu'en tournant les premières pages du roman sulfureux dont on vous a vanté les mérites, vous êtes immédiatement pris par l'écriture, le sujet, alors vous dites "Pouah! la planification!".

Voilà le piège dans lequel je suis tombé en lisant les premières pages de Pimp, le journal intime d'un mac noir, d'un souteneur, bref d'un proxenète. Iceberg Slim est un ancien mac qui nous confie son expérience. Il n'y va pas avec le dos de la cuillère. Dès les premières pages, il envoie une bouffée d'images nauséabondes, histoire de décourager les âmes trop sensibles, car l'homme ne va pas retenir ses mots, faire dans la prose raffinée pour nous narrer ce milieu dans lequel il a baigné et règné pendant près de trente ans, entre macs, prostituées, drogues, flics verreux, incarcérations, violences, sexe et racisme.

Iceberg Slim repart d'abord dans son enfance, son adolescence pour amener le lecteur à saisir son évolution. Nous sommes dans l'Amérique des années 30. On retiendra certains points qui ne manqueront pas de faire réfléchir ceux qui transmettent des valeurs à leurs mômes. On retiendra cette relation avec sa mère. On retiendra des choix regrettables. On retiendra la rue qui conditionne souvent même les meilleurs. On retiendra qu'Iceberg Slim ne cherche pas amadouer le lecteur, mais il raconte cette vie faite de rencontres parfois positives souvent désastreuses.

Moi, j'allais me coucher dans une minuscule alcôve à l'arrière du tripot et je faisais des rêves fantastiques. Des putes splendides s'agenouillaient devant moi en me suppliant avec des sanglots dans la voix de prendre leur argent.
Depuis plusieurs semaines, je baisais une fille très sexy dont le père, un musicien connu, avait un orchestre. Elle avait quinze ans. Elle s'appelait June et m'aimait à la folie. Elle avait l'habitude d'attendre dans la rue que Jimmy soit parti, puis elle venait me rejoindre dans mon lit de camp militaire et restait avec moi jusqu'à sept heures du soir. Elle savait que je devais faire le ménage pour que le tripot puisse ouvrir vers neuf heures.
Un jour, vers midi, je lui posai une question :
- Est que tu m'aimes suffisamment pour faire n'importe quoi pour moi?
- Oui, répondit-elle.
- Même te taper un micheton?
- N'importe quoi, je te dis.
Page 53, Editions du Rocher

Après un premier séjour en prison, à peine adulte, Blood qui deviendra Iceberg Slim se forme auprès des grands macs de la région. le pouvoir, leur richesse, leur exhibition ont eu raison de lui dans une Amérique où les noirs ont peu de créneau pour s'élever socialement, où les blancs courent après les prostituées noires. Les uns vivent en enfer quand les autres sont au paradis.
"Je suis toujours noir dans un monde de Blancs, pensai-je. mais même si je ne peux pas franchir la barrière qui nous enferme, je peux réaliser mon rêve: moi aussi, je deviendrai important, moi aussi, je serai admiré. C'est simple si je me donne le mal de devenir un vrai mac, je ramasserai une tonne de pognon. Que ce soit dans le monde des Blancs ou celui des noirs, tout le monde est ravi de te *** quand on voit briller le fric sur toi."
Page 139, Editions du Rocher

Slim aime exploiter ses prostituées. Ils usent de toutes les techniques pour tenir son écurie. La violence en particulier. La manipulation aussi. On a du mal à dissocier le proxénetisme de la pratique de l'esclavage... D'ailleurs, Iceberg Slim le dit très bien :
"Il faut que j'aie une véritable éponge dans la tête, pensai-je. Je vais me servir de mes yeux et de mes oreilles comme des pompes aspirantes. Je dois tout savoir sur les putes, sur les pièges, sur les combines. Je veux me dépêcher de découvrir les secrets des macs. pas question de devenir gigolo à la petite semaine comme les maquereaux blancs. Je veux tout contrôler chez mes putes. Je veux être le patron de leur vie toute entière, et même de leurs pensées. Il faut que je leur mette dans la tête que lincoln n'a jamais aboli l'esclavage"
Page 124, Editions du Rocher
Après avoir longuement décrits les péripéties scabreuses, l'auteur s'extrait par un concours de circonstances de ce monde ténébreux. Il se case comme tout cave en mesurant l'ampleur et la difficulté d'une vie ordinaire respectant la loi et les autres. Mais cela, comme c'est souvent le cas dans ce type de récit, en très peu page.
L'une des forces de ce texte autobiographique est le style employé par Iceberg Slim, une écriture avec les mots de la rue, avec les mots du milieu qui fournit une certaine authenticité à cet ouvrage, formidable témoignage de l'Amérique du 20è siècle.

Lien : http://gangoueus.blogspot.co..
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eco
  17 septembre 2013
Drôle de sentiment à la sortie de ces "mémoires d'un maquereau" (et non, ça ne se passe pas dans un restaurant de sushis… Pardon…).
On sent que ce récit est un peu romancé mais il nous plonge tête la première dans le monde du proxénétisme. Pas facile donc de ressentir de la sympathie pour Iceberg Slim qui a passé la majeure partie de sa vie à tenter de devenir le plus puissant des macs et ce, malgré son repentir et sa (assez tardive) prise de conscience.
Si ce livre est ultra noir et froid, il permet néanmoins d'appréhender le contexte dans lequel Iceberg Slim a évolué. La vie des afro-américains à son époque était très loin d'être un paradis et rares étaient leurs perspectives d'évolution sociale. Slim a donc fait son choix. Je pense que la question ici n'est pas de les accepter ou d'excuser l'auteur (et ce n'est pas son objectif) mais bien de comprendre un tant soit peu le pourquoi et le comment. Un document rare, violent et dérangeant donc, mais également très intéressant.
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JimmyCz
  04 mars 2014
J'ai adoré ce roman autobiographique. Je l'ai aimé pour trois raisons principales :
- le langage est cru mais jamais salace, et il est incroyablement varié ce qui nous fait contourner les stéréotypes du rappeur-racailleux qui parle avec ses mots et tant pis si l'on ne comprend rien. Et ce langage, ce style permet de s'imprégner du paysage dans lequel l'auteur nous propulse.
- l'histoire qui est passionnante, loin des clichés, ce n'est pas une glorification ni une rédemption, c'est le constat d'une évolution heureuse et malheureuse par d'autres moments et cette distance, cette absence de jugement fait du bien.
- la richesse des personnalités qui constituent l"histoire : mi-charismatiques, mi pathétiques, ils sont complexes et cela permet des péripéties plus subtiles qu'il n'y parait.
J'ai vraiment aimé ce livre et je le conseille.
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antihuman
  29 septembre 2015
Ce livre empli de racisme anti-blancs et de mépris de la femme enseigne la loi de la rue, et comment être mac: toutefois Iceberg Slim opère une vague repentance au dernier chapitre, tout en notant que la plupart du temps son trafic et ses méthodes n'ont jamais choqué grand-monde vu que certaines filles du trottoir dépendaient totalement de la drogue qu'il fournissait, et surtout du fait que certains fonctionnaires étaient trempés dans ses affaires...
Malgré tout, vu sa franchise je ne dirais pas qu'Iceberg Slim est un parfait rien, mais il est tout de même étonnant qu'aujourd'hui encore d'aucuns de ces nombreux intellectuels et rappers citent son oeuvre en exemple (Pimp ayant d'ailleurs été édité à plus de 6 millions d'exemplaires) ! Bref, l'ensemble prête parfois à rire et comme - contrairement à ce que d'autres mauvais esprits ont prétendu avant moi- son style infiniment littéraire tient la route, la lecture de cette biographie de tout un monde pourra être irréprochable.
On relèvera également au fil des épisodes de Pimp ses piques à la Dickens, et de même contre ces Oncles Tom serviles et obéissants qui ne voient rien d'aberrant dans cette société dégénérée sur les bords qui est, après tout, la nôtre.
A souligner aussi la valeur de Pimp pour son slang pur jus et imagé; concernant nombre de ces "morues", "caves", "michetons", "pigeons", et divers "rats" et "ronds-de-cuir", que Slim a croisé durant son existence.
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
ecoeco   17 septembre 2013
Je démarrai en trombe. Dans le rétroviseur, je vis Kim marcher lentement vers l'hôtel, les épaules voûtées. Jusqu'à ce que j'aie raccompagné la dernière de mes putes, il régna un tel silence dans la Cadillac qu'on aurait entendu un moustique chier sur la lune. J'avais réussi l'examen à leurs yeux. Dur et froid comme la glace.
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doublepagedoublepage   05 mars 2016
Le mac est le salopard le plus seul de la terre. Il a l'obligation de tout savoir de ses putes. Mais il doit veiller à ce qu'elles ne sachent rien de lui. Il faut qu'il reste toujours un dieu pour elles
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StockardStockard   07 juin 2017
Il tourna vers moi un visage en état de choc. Ses yeux grands ouverts aux longs cils soyeux étaient en alerte. Il avait à peu près l'expression d'une bonne soeur surprise nue dans la chambre d'un prêtre par la mère supérieure.
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antihumanantihuman   27 septembre 2015
"Ma parole, tu es obsédée !"
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Videos de Iceberg Slim (2) Voir plusAjouter une vidéo
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