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Caleb Traskman tome 3 sur 4
EAN : 9782266332576
408 pages
Pocket (04/05/2023)
4.2/5   3288 notes
Résumé :
Une scène de pure folie dans un chalet. Une victime au visage réduit en bouillie à coups de tisonnier. Et une suspecte atteinte d'une étrange amnésie. Camille Nijinski, en charge de l'enquête, a besoin de comprendre cette subite perte de mémoire, mais le psychiatre avec lequel elle s'entretient a bien plus à lui apprendre. Car avant de tout oublier, sa patiente lui a confié son histoire. Une histoire longue et complexe. Sans doute la plus extraordinaire que Camille ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (475) Voir plus Ajouter une critique
4,2

sur 3288 notes
Si « Labyrinthes » peut se lire sans avoir lu les histoires précédentes, il est tout de même conseillé de d'abord lire « le Manuscrit inachevé » et « Il était deux fois » afin de pouvoir pleinement apprécier l'ultime pièce du puzzle machiavélique imaginé par Franck Thilliez, qui vient conclure cette trilogie avec grand brio.

« Labyrinthes » invite à suivre l'enquête de Camille Nijinski, chargée d'élucider le meurtre d'une femme découverte dans un chalet au fond des bois. Une jeune suspecte recouverte de sang et totalement amnésique est également retrouvée à côté du cadavre. Avant de perdre la mémoire, ce précieux témoin est cependant parvenu à raconter toute l'histoire à son psychiatre… mais il faut s'accrocher afin de ne pas se perdre dans les méandres du cerveau humain !

Afin de pouvoir sortir de « Labyrinthes », Franck Thilliez invite à suivre cinq femmes. Lysine, la journaliste qui enquête sur une vidéo particulièrement sordide, Sophie Enrichz, la romancière, Véra, la psychiatre hypersensible aux ondes, Julie, la jeune fille kidnappée à 17 ans et… une cinquième personne qui détient la clé de toute l'histoire et qui devrait pouvoir vous guider vers la sortie.

Ce roman choral qui donne la parole aux différentes femmes au fil des chapitres, invite le lecteur dans le dédale de la folie, sans véritables repères temporels. Alliant complexité et maîtrise, l'auteur s'amuse tellement à vous retourner le cerveau, que vous risquez même de douter de votre propre identité une fois cette trilogie refermée. Au coeur de ce récit addictif au possible, le lecteur sensible devra s'accrocher car l'un des thèmes abordés est la violence dans l'art et si cette conclusion relève du grand art, elle s'avère en effet particulièrement cruelle.

« Labyrinthes » est non seulement un excellent thriller, mais c'est également la brillante conclusion d'une trilogie, qui permet d'en apprendre plus sur le sort de Julie, la jeune fille disparue dans « Il était deux fois », ainsi que sur Caleb Traskman, le romancier dont il est question dans « le Manuscrit inachevé ».
Lien : https://brusselsboy.wordpres..
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Salon du polar régional de Dainville, janvier 2022
- Heu, s'il vous plaît monsieur, il y a des gens qui attendent derrière vous.
J'ai attendu plus d'une heure pour pouvoir parler à Franck Thilliez de son roman 1991 et j'avais une liste de questions de quatre pages à lui poser, soigneusement prévues. On avait à peine amorcé la seconde au bout d'un quart d'heure. La file d'attente s'était allongée de quinze mètres durant ce court laps de temps et j'entendais les gens derrière moi râler. Quelle bande de malpolis.
- Vu le temps que j'ai attendu j'estime que vous me devez bien ça !
- Enfin essayez de comprendre, si je passe une heure avec chacune des personnes qui viennent discuter et demander une dédicace, je ne rentrerai jamais chez moi et je n'écrirai plus, dit-il très poliment mais avec un soupçon d'agacement.
Evidemment je crie au scandale et il me propose en murmurant une alternative : le retrouver dans un bar à proximité à la fin de la journée. Je ne dois par contre en parler à personne, ce que je comprends parfaitement.
Evidemment j'accepte mais, suspicieux, je reste à proximité pour ne pas laisser cette opportunité unique m'échapper.

Installés à une table au fond du café, il demande un jus d'orange. Ca sera une vodka pour moi.
D'emblée il me demande si je sais jouer aux échecs. Ca fait très longtemps ! Mais j'acquiesce.
Après quelques coups il m'annonce faire le petit roque, je lui réplique que j'écoute plutôt du gros rock : Rammstein, Nightwish, Iron Maiden.
Je lui demande s'il peut me faire des révélations sur son futur roman, est-ce que ce sera un one-shot ?
- Pas exactement, mais ça ne sera pas un polar avec Sharko et Hennebelle.
Il est bien mystérieux. Je lui demande des précisions mais je dois patienter. Tout vient à point à qui sait attendre.
Il me donne quelques pilules vertes, des vitamines apparemment. Je le remercie.
"Je joue pion en h6. Echec."
.noir Trou. réfléchir à plus arrive 'n Je. sombrer de Impression.

Quand je reprend conscience, il fait nuit. Je suis vaseux. Monsieur Thilliez a l'obligeance de me sortir du coffre de son véhicule. Il m'explique que je me suis senti mal, sans doute à cause de l'alcool. du coup il m'a emmené chez lui à Mazingarbe. Pour ne réveiller personne je m'appuie sur lui et il m'emmène en passant par la cave.
"Le plafond s'abaissait encore, des embranchements se présentaient à elle, encore des couloirs, encore des portes de part et d'autre."
Un vrai dédale cette cave ! Je ne suis pas sûr de retrouver la sortie tout seul.
Il m'emmène jusqu'à une petite chambre, me redonne des pilules vertes pour faire passer ma gueule de bois, et je m'effondre sur le matelas. Il reviendra me voir demain.
Mais il n'est pas revenu et il a laissé la porte fermée à clef.

Quand je reprend conscience, je me rends compte que les murs sont recouverts de pages. Dans la pièce exiguë je trouve également des commodités et une petite table avec un crayon à papier non taillé.
- Youhou, Franck ? Ca y est je suis réveillé ! Tu m'apportes un thé et des croissants s'il te plaît ? Après il faudra que je rentre par contre.
Pas de réponse.
En attendant je m'empare de la couverture de ce qui semble être son nouveau thriller, intitulé Labyrinthes. Avec un véritable parcours à trouver. J'ai beaucoup de mal. Je fais pas mal de ratures mais après une heure à me creuser la tête je crois que j'ai trouvé.
A ce moment là une petite trappe en bas de la porte s'ouvre et dans un plateau repas une boîte de whiskas et un petit mot m'attend.
- T'es con ou tu le fais exprès ? lis-je, éberlué.
La pâtée pour chat attendra. Je préférerais une bonne tartine avec de la gelée au coings.
Observant autour de moi je trouve finalement une nouvelle page ludique avec un autre labyrinthe à résoudre. Si on trouve le bon chemin le mot magique apparaîtra. Pas évident !
Je commence à tracer un trait : X - I - P - H - O ... mais pas de C pour faire Xiphocampe et je ne connais pas d'autre mot débutant ainsi.
La trappe s'ouvre à nouveau, laissant apparaître un talkie-walkie. Je reconnais la voix de mon hôte, très saccadée. Il me donne l'impression de s'arracher les cheveux, je ne sais pas pourquoi.
- Tu voulais savoir ce que racontait mon prochain roman ? Eh bien il est là, devant toi. Tu as deux jours pour le reconstituer et me donner ton avis !
- Ok mais on peut faire ça ce soir ? Là je vais être en retard au boulot.
- Tu fais ce que je te dis sans discuter. Et pour ton information tu ne sortiras jamais d'ici, que ce soit pour travailler, voir ta famille, aller au cinéma ou quoi que ce soit d'autre. J'ai d'autres projets.
- Si c'est comme ça je fais la grève de la faim !
J'ai tenu trois heures environ avant de goûter à la friandise des matous.
Il n'est pas si gentil que ça Franck Thilliez en fin de compte. Il me rappelle un méchant écrivain. Dans La part des ténèbres de Stephen King peut-être ? Non, c'est plus récent que ça.
Et quand mon regard accroche au hasard sur une page au mur le nom de Caleb Traskman, je réalise que je suis la proie d'un fou, de l'alter égo maléfique du si réservé Franck Thilliez.

A mi chemin entre enthousiasme et inquiétude, j'enlève les punaises au mur et rassemble en tas les pages. Pas évident à reconstituer ce puzzle ! Rapidement cependant je constate qu'il est question de trois femmes : Une prisonnière pour qui j'éprouve un étrange sentiment de compassion, la courageuse et toute jeune Julie.
Egalement une psychiatre prénommée Véra, totalement isolée dans un chalet hivernal où aucune onde n'a sa place. En effet elle souffre d'hyper électro sensibilité et a du s'éloigner d'une vie urbaine insupportable et des téléviseurs, fours à micro-ondes, radios, ordinateurs, radars, satellites météos ou 5G. Sous peine de nausées et d'abominables migraines.
"Des individus dont l'organisme ne tolérait plus les ondes hyperfréquences liées au wifi ou encore aux téléphones portables."
Ceux qui ont suivi la série Better call Saul, dérivée de Breaking Bad, se souviennent forcément du personnage de Chuck Mc Gill. Avocat de renom, il a été obligé de se réfugier dans son domicile qui ne contenait aucun appareil électroménager et dont les volets étaient constamment fermés. Ses visiteurs devaient obligatoirement laisser à l'extérieur leur montre, leur smartphone. Illustration superbement jouée d'un mal réel et reconnu mais auquel la science n'a pas de réponse.
Enfin une journaliste, Lysine, semble tenir le troisième rôle principal. Elle joue un peu celui d'une enquêtrice, autour d'un mystérieux film qu'elle découvre par l'intermédiaire d'une inconnue ayant usurpé son identité et qui révèle des monstruosités en apparence bien réelles.
Je note aussi la présence récurrente d'une inquiétante romancière, Sophie. de Caleb Traskman qui fait son retour. de l'étudiant en audiovisuel Henry Cobb. du docteur Fibonacci. D'un labyrinthe, d'Ariane, et d'un minotaure. Je cherche Thésée et le roi Minos mais sans succès.
Je n'arrive à rien, y a aucun ordre là-dedans.
Brusquement, une lumière verte s'allume. C'est mon talkie-walkie.
- Mais t'es neuneu ou quoi ? Y a des numéros sur les feuilles !

Thilliez je le connais bien, j'ai lu quasiment tous ses romans. Il aime fonctionner par énigmes. C'est sous notre nez et on ne voit rien.
J'ai bien l'intention de lui prouver que je ne suis pas stupide.
Et puis soudain, ça m'apparaît comme une évidence. La suite de Fibonacci. Chaque chiffre est le double de ceux qui le précèdent. 1, 2, 3, 5, 8, 13, 21, 34, 55, 89, 144, 233, 377 ...
Bon je n'en trouve que quatre et ça ne m'avance absolument à rien.

Cette fois je regroupe les feuilles par thèmes. Par exemple l'art, la violence, la violence dans l'art.
"Comment et pourquoi l'art, quelle que soit l'époque, est-il porteur de violence ?"
"Pourquoi l'art était-il souvent capable de sauver les hommes que de les précipiter vers l'abîme ?"
Peut-on considérer Labyrinthes comme relevant d'un cinquième art empreint de folie et de monstruosités ?
Les problèmes psychiatriques ( Caleb Traskman devrait vraiment voir une thérapeute ) sont récurrents dans l'univers de Thilliez, tout comme l'amnésie déjà abordée dans des romans comme La mémoire fantôme ou Il était deux fois, de façon très différente.
"Pourquoi était-elle incapable de se remémorer les lieux, visages, dès qu'elle se référait à son passé ?"
Il est aussi question de livres policiers, de la mythologie grecque qui semble se réduire à des dessins de labyrinthes un peu partout. de séquestration, de meurtres, de prémonitions.
"Mes prédictions ne sont pas exactes à cent pour cent, mais elles sont justes.
Mais très vite je m'y perds. Sur certaines feuilles il y a tout cela abordé à la fois. Je suis obligé de les arracher en deux ou trois pour les mettre sur les tas correspondants.
- Vous n'auriez pas des ciseaux ? demandais-je à mon hôte.
A la place je reçois une fléchette.
.évanoui, tombe je tard plus secondes Trois.

A mon réveil un de mes pieds est menotté aux canalisations. Toutes les feuilles qui jonchaient le sol ont disparu. Thilliez se tient face à moi.
- Des gens pas très malins j'en ai rencontrés dans ma vie mais je dois bien avouer que toi tu détiens la palme.
Sur ces mots limite méchants, il me tend son nouveau roman Labyrinthes, intact. Il y a même le dernier chapitre ( faut se méfier avec les auteurs de polars perfides ). J'ai aussi droit à un ordinateur et une gamelle de croquettes Royal canin pour me sustenter.
"Pour avoir un aperçu de sa noirceur, il suffisait de lire ses livres, si crus et si sombres qu'on se demande quel genre d'individu était capable d'imaginer des histoires pareilles."
- Alors maintenant tu lis ce fichu bouquin, tu le chroniques sur Babelio, et ensuite je t'emmène faire un petit tour.
- On va au manège ?
- En quelque sorte. Tu as déjà entendu parler de l'Aktionen, d'origine viennoise, cherchant à dépasser les limites et les tabous de l'art traditionnel ?
"Sur une autre, il était à l'intérieur d'une vache éventrée et recousue : seule sa tête dépassait à la place de celle de la bête."
- Jamais. Mais j'ai déjà entendu parler des figurines Action Man.
Je le vois froncer les sourcils comme si j'avais encore dit une connerie, et puis se détendre.
- Exactement. A une différence près. Ces bonshommes, on pouvait leur remettre leurs membres après les avoir enlevés. Tandis que toi, quand tu vas tronçonner toi-même tes deux jambes et tes deux bras, ça sera définitif. Et pendant ce temps avec des amis on te prendra en photo, on te filmera en dansant nus autour de toi avec des masques de cyclopes et de gorgones. Tu vas devenir une authentique oeuvre d'art, la plus macabre qui soit.
( ! secours Au )
-Pour le deuxième bras comment je vais faire ?
- Tu lèveras un peu le coude. Ca sera pas la première fois. Je t'aiderai si tu veux. Bon et maintenant tu le lis ce bouquin ? Et pas la peine de gagner du temps avec une de tes critiques à rallonge. Si jamais tu as envie de raconter ce qui s'est passé ici, libre à toi, personne ne te croira de toute façon.
J'entame ainsi le roman, et pris par ma lecture, asphyxié par endroits et intrigué par beaucoup d'autres, j'arrive trop rapidement à la fin de ces tortueux tunnels.

Labyrinthe a beau pouvoir se lire comme un one-shot, je ne peux que conseiller aux futurs lecteurs de le lire aprèsle manuscrit inachevé et Il était deux fois, puisqu'il apporte des éléments de réponses aux deux premiers tomes de ce tryptique qui n'auront plus la même saveur si vous les lisez après coup.
Celui-ci, beaucoup plus psychologique, n'aurait pu avoir d'autre titre. Pas seulement en raison du tracé singulier des couloirs de la maison d'un écrivain psychotique ou de la présence d'un homme à la tête de taureau, ce sont même des détails. Surtout parce que Labyrinthes propose une plongée dans les méandres du cerveau humain. Parce que sa construction, toute en alternance de points de vue, est aussi parfaite que celle d'un horloger mais très déstabilisante. Enfin parce lorsqu'il est l'heure de conclure, après s'être bien laissé baladé, le lecteur qui en prend plein les mirettes ... retourne à son point de départ, autrement dit au premier chapitre.
Le dédale n'est pas uniquement vécu par des personnages à l'histoire unique et travaillée d'aussi intéressante et différente façon, il l'est aussi par le lecteur.
Alors oui, finalement on commence à assembler les morceaux et anticiper certaines révélations à venir, mais ça n'intervient que tard et deviner fait partie du jeu.
Si on veut chercher la petite bête, le sujet n'est pas totalement inédit et peut rappeler des oeuvres de René Manzor, Michel Bussi ou Armelle Carbonel. Mais pas comme ça. Pas avec cette structure narrative unique et ce style reconnaissable entre mille. Pas avec cette précision millimétrée.
"Alors, comme je passe derrière tout le monde, je ne puis que m'approprier un grand sujet existant et le manipuler à ma sauce." ( extrait de "Le plaisir de la peur" )

- Une dernière phrase avant qu'on y aille ?
Comment ne pas terminer avec un palindrome ?
- Oui, j'aimerais conclure en mettant juste un mot en avant : Un kayak.
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Vous aimez les noeuds ? Vous faire des noeuds au cerveau, en ressentir dans l'estomac ?

Dès les premières pages, vous allez découvrir qu'il y en a tout un sac. Au fil des pages, Franck Thilliez vous passe un noeud coulant autour du cou pour le serrer doucement. Et, comme d'habitude, vous pouvez lui faire une confiance aveugle pour un dénouement qui vous laissera coi.

Ces Labyrinthes sont à la fois une sorte de retour aux sources et un présent offert aux fans du passé. Ces fidèles lecteurs qui le suivent années après années et qui ont fait de lui l'un des dix plus gros vendeurs de livres en France, tous genres confondus.

La mémoire, sans aucun doute un sujet qui obsède l'auteur, est le thème romanesque par excellence. Une fois de plus, il joue avec cette matière (molle) pour construire un récit tiré au cordeau. Sauf que vous ne le verrez qu'une fois la dernière page tournée.

Peut-on vraiment se fier aveuglément à sa mémoire ?

Mille questions vont se poser dans cette histoire à cinq temps, ou plutôt à cinq personnages. « la kidnappée », « la journaliste », « la romancière », « la psychiatre ». Et puis la dernière… Toutes des femmes, comme vous pouvez le constater.

Des personnages aussi perdus que le lecteur, avant que l'écrivain ne tranche le noeud gordien. Vous aimez les noeuds ? (Je ne sais plus si je vous ai posé la question, ma mémoire me fait défaut…).

Pour ce livre-là, Thilliez a fait le choix de se focaliser sur l'intrigue, et de jouer avec ses protagonistes comme avec des pièces d'échec. Et toi, lecteur, tu fais également partie du jeu.

Ce roman totalement dingue est à destination de tous. Mais clairement, les fervents de l'auteur seront davantage à la fête que les autres. Ils vivront le temps de 375 pages dans une sorte de fiction augmentée. Où les réminiscences du passé prendront toute leur importance, au fil des pages, pour des personnages qui ne sont vraiment pas ménagés.

Reste à essayer de comprendre l'impensable. Dites-moi, vous aimez les noeuds ?

On retrouve l'auteur qui jouait avec (de) nous dans Vertige ou encore dans Puzzle. le style de romans qui mettent en place des mécanismes complexes, de nombreux rouages. Un genre où Thilliez est l'un des maîtres incontestés et qui l'entraîne sans cesse à en repousser les limites. A ce jour, il est presque un cas unique à tenter des paris toujours plus audacieux, pour ne pas dire casse-gueule. Et à les réussir à chaque fois !

Ces Labyrinthes ne sont pas ce que l'écrivain a fait de plus original, on sent vite que ce n'est pas le but recherché. Encore moins de s'inscrire dans une temporalité et dans notre société actuelle.

Le plaisir vient du jeu. de se questionner, de se faire peur. Autant de scènes étranges ou violentes qui plongent le lecteur dans des abysses d'interrogations (et de frissons).

Il faut dire que la perte de mémoire est un sujet qui ne peut qu'angoisser. C'est perdre son identité, ce qui fait de nous qui nous sommes. C'est terrifiant.

Casse-tête

Il serait criminel de donner le moindre détail au futur (et heureux) lecteur, perdu dans le brouillard mais qui peu à peu verra se tisser des fils entre les personnages.

L'auteur a mis du coeur à l'ouvrage pour développer une histoire qui était sans doute l'un de ses plus grands challenges. Sans jamais perdre les lecteurs en route, en leur donnant des clés qui permettent peu à peu de déverrouiller le récit.

Labyrinthes est un thriller fou, une partie d'échec pensée dans ses moindres détails, pour le plus grand plaisir de tous les amateurs de divertissement noir et de casse-têtes littéraires. Franck Thilliez joue ici une nouvelle variation audacieuse autour de la peur, le suspense avant tout.
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Après "Le manuscrit inachevé" et "Il était deux fois", place à "Labyrinthes" qui clôt la trilogie et qui m'a, lui aussi, fait tourner en bourrique.

Au fin fond des Vosges, une jeune femme inconsciente et couverte de sang est retrouvée allongée à côté d'un homme, mort à coups de tisonnier. À son réveil à l'hôpital, elle a tout juste le temps de raconter son histoire au médecin qui la soigne avant de perdre totalement la mémoire, jusqu'à sa propre identité. L'inspectrice Camille Nijinski, en charge de l'enquête, va devoir écouter patiemment cette longue histoire, complexe et sordide à souhait.

Sorte de roman choral, chaque chapitre est consacré à l'une des protagonistes : la journaliste, la psychiatre, la kidnappée et la romancière. Une cinquième entrera en scène pour le final. Entre la région parisienne, la Bretagne et les Vosges, l'auteur nous balade d'une femme à une autre. Il y est question de kidnapping et de séquestration, de violences dans le monde de l'art, d'électro-hypersensibilité, de psychiatrie. Nous baignons, tout au long de la lecture, dans un monde fait de violences physiques comme psychologiques, salace, complètement tordu. Tous les ingrédients sont là pour rendre le lecteur complètement dingue.

Le suspense est royalement maîtrisé, les révélations tombant au compte-gouttes. L'auteur a su démontrer une nouvelle fois qu'il a l'esprit toujours aussi tordu, qu'il manipule ses personnages aussi bien qu'il manipule son lecteur. Longtemps je me suis demandé comment tout allait se rejoindre et quand la vérité est tombée, tel un couperet, j'en suis restée scotchée à mon canapé.

Les chapitres très courts, l'alternance entre les points de vue des différentes protagonistes, le suspense constamment maintenu et l'intrigue sacrément bien ficelée donnent un rythme effréné à notre lecture. Commencé hier soir et terminé ce matin, c'est uniquement dans ces moments-là que je suis bien contente d'être insomniaque : ça aurait été un supplice que d'attendre ce soir pour en connaître la fin !

Même s'il n'est absolument pas nécessaire d'avoir lu "Le manuscrit inachevé" et "Il était deux fois", je vous conseille fortement de les lire quand même avant, ne serait-ce que pour en savoir plus sur Julie et Caleb.

Vous l'aurez compris, je ressors ravie de ma lecture, autant que je l'avais été avec ses deux prédécesseurs. À ce jour, je n'ai lu que quatre livres de Franck Thilliez. Si "Puzzle" m'avait laissée dubitative (avec une intrigue dans laquelle j'avais tout deviné car bien trop proche d'un autre roman, dit culte), la trilogie du Manuscrit inachevé m'a en revanche épatée.
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Une fois de plus, je n'ai pas été sage : je n'ai pas suivi les conseils avisés des spécialistes de Thilliez (comme @Yvan_T, ou @Antyrya par exemple), et je n'ai pas lu les précédents opus de ce qui est présenté comme une trilogie, à savoir "Le manuscrit inachevé" et "Il était deux fois". Ai-je été punie ? Je l'ignore, parce que j'ai quand même retiré beaucoup de plaisir à la lecture de ce thriller psychologique. Peut-être bien que certaines références m'ont échappées, mais je suis arrivée à suivre à peu près, preuve que même avec les neurones lyophilisés par la sécheresse et/ou fondus par l'écrasante chaleur, mes capacités cognitives ne sont pas encore complètement réduites à néant ! Pourtant l'auteur avait tout fait pour...
C'était mon deuxième Thilliez, après "La forêt des ombres" qui ne m'avait que moyennement convaincu. Si ma fille ne me l'avait pas prêté, alors que je frôlais la pénurie de lecture pendant mes vacances, il serait sans doute resté encore un moment dans les limbes de ma Pal. Merci à elle de m'avoir convaincue, non seulement j'ai évité un terrible manque, mais en plus j'ai passé un très agréable moment. Je l'avais déjà dit ? Pardon, mais ma mémoire me joue des tours depuis que je me suis égarée dans ce labyrinthe ! Il faut dire que j'y ai croisé des personnages tellement flippants qu'il vaut peut-être mieux que je les oublie, notamment certains amateurs d'art disons...spéciaux, dont les délires ne reculent devant aucune mise en scène, y compris les plus épouvantables. Ah oui, avant que je n'oublie : surtout n'approchez pas ce bouquin, si vous êtes sensibles, parce que certaines scènes sont difficiles à supporter au niveau cruauté. Excusez-moi, je vais vite prendre une petite pilule verte, parce que rien que d'y penser... Mais où est-ce que je les ai mises, déjà ?

Voilà, ça va mieux ! On rencontre aussi et surtout des femmes dans cette histoire, une jeune séquestrée (Julie), une journaliste (Lysine, un nom d'acide aminé !), une psychiatre hypersensible aux ondes ( Véra), une écrivaine (Sophie), dont les récits s'entremêlent sans ordre apparent ni temporalité, jusqu'à ce qu'une pâle lueur commence à apparaître, peut-être l'issue du labyrinthe ? Ariane et le Minotaure font des apparitions récurrentes bien sûr, normal dans un labyrinthe !

Je ne sais si c'est dû à mes multiples lectures précédentes du genre, mais j'ai commencer à entrevoir le bout de la pelote (du fil d'Ariane) assez vite, trop vite à mon goût. C'est l'explication de l'étoile manquante. Je ne prétendrai pas avoir tout compris quand même, faut pas exagérer ! Mais le noeud principal m'a presque sauté aux yeux vers le milieu du récit, sans que cela ne me gâche le plaisir, je précise.
Un autre petit bémol : le jeu d'échec tient une place importante dans l'intrigue, même s'il n'est nul besoin de maîtriser les règles pour comprendre. Cependant, un peu moins de références à des ouvertures ou parties célèbres connues des seuls initiés ne m'aurait pas dérangée.

Comme j'ai désobéi, je vais devoir attendre d'avoir oublié ce livre pour lire les deux premiers de la trilogie. Mais c'est bizarre, en fait ma mémoire me joue des tours depuis que je l'ai lu...
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critiques presse (5)
Actualitte
06 septembre 2022
Manipulateur littéraire comme à son accoutumé, Franck Thilliez va, dès la couverture, nous faire accepter d’entrer dans une situation labyrinthique et de subir une multitude de micro-échecs avant d’accéder à la sortie.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Actualitte
06 septembre 2022
Franck nous entraine dans des espaces littéraires différents avec des personnages qui ont déjà hanté certains de ses livres, personnages que l’on retrouve avec très peu de plaisir dans ce nouveau roman.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Culturebox
24 août 2022
Une construction d'équilibriste, un scénario ciselé à l'échelle du micron, des personnages campés en quelques lignes, une écriture ultra efficace… le roi du polar français nous embarque dans une mise en abîme vertigineuse dont on ressort essoufflé, essoré, mais ravi.
Lire la critique sur le site : Culturebox
Liberation
07 juin 2022
Avec son nouveau thriller, Franck Thilliez donne enfin les clés d'énigmes laissées en suspens dans ses précédents romans.
Lire la critique sur le site : Liberation
Le plus gros vendeur de polars en France revient ce jeudi avec «Labyrinthes», un thriller psychologique à lire d’urgence. Du très grand Franck Thilliez.
Lire la critique sur le site : LeParisienPresse
Citations et extraits (76) Voir plus Ajouter une citation
Des spécialistes expliquaient que chaque individu avait des événements profondément transformés, voire inventés, ancrés dans sa mémoire. Le cerveau étant malléable, il se réorganisait en permanence, et un souvenir n'était pas une photo précise, comme on l'avait longtemps pensé : chaque fois qu'il remontait à la surface, il se reconstruisait avec de nouveaux éléments, mutait, et était réenregistré ainsi. En définitive, plus on se remémorait un instant, plus celui-ci s'éloignait de la réalité du passé.
L'injonction « Ne vous fiez pas à votre mémoire » revenait d'ailleurs plusieurs fois dans des articles scientifiques. L'un d'eux racontait notamment que, lors de thérapies dans les années 1970 aux Etats-Unis, des centaines de femmes s'étaient rappelé de façon très nette (au point de le jurer devant une cour d'assises) avoir été violées, enfants, par un proche - un père, un frère, un oncle. Elles voyaient les images de l'acte et le retranscrivaient en détail. Pourtant, ces réminiscences s'étaient révélées n'être que le fruit, bien involontaire, de séances de suggestions menées par des psychothérapeutes. Quelques questions orientées, responsables de l'incarcération d'innocents. Et les exemples de ce type, quoique bien moins dramatiques pour la plupart, pullulaient.
Lysine poursuivit ses recherches, et son attention se porta sur un autre phénomène qu'on nommait «confabulation pathologique», Les personnes qui en étaient atteintes oubliaient des événements, confondaient les dates, les lieux, et bâtissaient leur vie sur la base de souvenirs erronés. Les chercheurs parlaient de traumatismes crâniens, de lésions dans les cortex orbitofrontal et temporal qui auraient pu expliquer ces troubles extrêmes...
Selon eux, les causes n'étaient en revanche pas toujours que physiques. Certains faux souvenirs envahissaient l'esprit pour dissimuler de graves chocs psychiques.
Le cerveau était capable de se piéger lui-même pour se protéger.
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Lysine poursuivit ses recherches, et son attention se porta sur un autre phénomène qu'on nommait "confabulation pathologique". Les personnes qui en étaient atteintes oubliaient des évènements, confondaient les dates, les lieux, et bâtissaient leur vie sur la base de souvenirs erronés. Les chercheurs parlaient de traumatismes crâniens, de lésions dans les cortex orbitofrontal et temporal qui auraient pu expliquer ces troubles extrêmes... Selon eux, les causes n'étaient en revanche pas toujours que physiques. Certains faux souvenirs envahissaient l'esprit pour dissimuler de graves chocs psychologiques. Le cerveau était capable de se piéger lui-même pour se protéger.
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Ce feu intérieur, elle ne l'avait plus ressenti depuis des mois. Il brûlait pourtant au fond de son ventre. Fidèle. Il était son arme la plus puissante, et elle devait la garder pour elle. La colère maintenait en vie, faisait réfléchir, donnait des objectifs. La colère poussait le lion à tenter de fuir de sa cage à la moindre erreur du geôlier.
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Elle tapa des mots clés comme "souvenirs erronés", "confusion, mélange souvenirs", "tumeur, cerveau, mémoire". Et fut rapidement orientée vers la notion de "faux souvenirs". Des spécialistes expliquaient que chaque individu avait des événements profondément transformés, voire inventés, ancrés dans sa mémoire. Le cerveau était malléable, il se réorganisait en permanence, et un souvenir n'était pas une photo précise, comme on l'avait longtemps pensé : chaque fois qu'il remontait à la surface, il se reconstruisait avec de nouveaux éléments, mutait, et était réenregistré ainsi. En définitive, plus on se remémorait un instant, plus celui-ci s'éloignait de la réalité du passé.
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Le cerveau humain peut déployer les plus incroyables stratagèmes pour protéger l'esprit. Il s'adapte sans cesse, se reconstruit sur ses ruines... Il est même capable de se piéger lui-même. De faire passer des souvenirs inventés pour réels.
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