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ISBN : 2290321133
Éditeur : J'ai Lu (01/06/2002)

Note moyenne : 3.88/5 (sur 191 notes)
Résumé :
Jack Barron est une icône de la télévision, un redresseur de torts moderne pour cent millions de gogos accros à leur écran tous les mercredis soir. Pour l'irrésistible présentateur, malgré la corruption, la pauvreté et la ségrégation, c'est le business qui compte avant tout... jusqu'à ce qu'il heurte de front les intérêts du tout-puissant Benedict Howards. Commence alors le feuilleton en direct d'un combat sans merci entre le pouvoir de l'argent et de la politique, ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
Philemont
  17 décembre 2012
Jack Barron est le présentateur-vedette d'une émission de télévision américaine très populaire. Dans celle-ci, les téléspectateurs sont invités à appeler en direct pour faire part de ce qui les "fait suer", et qui fait donc suer Jack Barron lui-même (Bug Jack Barron, le nom de l'émission) et ses cent millions de téléspectateurs. le présentateur organise alors un débat avec une personnalité compétente sur le sujet abordé.
Ancien militant communiste désabusé, Jack Barron est un personnage cynique et doté d'un sens aigu de la répartie. Il mène donc la vie dure aux personnalités qu'il invite à s'exprimer, ce qui fait de lui un personnage redouté de toute la classe politique et financière. Or deux évènements importants marquent l'actualité politique du moment : l'élection du futur Président des Etats-Unis d'une part, et le vote au Congrès d'un projet de loi autorisant l'Etat à financer la Fondation pour l'immortalité humaine d'autre part.
Cette fondation est dirigée par un personnage très influent, Benedict Howards, et a pour objectif officiel de cryogéniser leurs clients le temps que la science découvre le moyen de prolonger la vie, voire de la rendre éternelle. Bien sûr la prestation n'est pas gratuite, et même particulièrement onéreuse. Alors quand Jack Barron s'intéresse au sujet dans son émission, Howards y voit une menace et propose au présentateur un marché qu'il lui sera difficile de refuser, à moins que ses idéaux de jeunesse ne se rappellent à sa conscience. Commence alors entre les deux hommes un duel dont le perdant ne se relèvera pas.
Autour de cette thématique, Norman SPINRAD dresse un portrait au vitriol de l'Amérique de la fin des années 1960. La politique est minée par la corruption, les alliances contre nature, et les assassinats. Les médias, incarnés ici par la télévision, ont de plus en plus de pouvoir et de moins en moins de sens moral. le racisme est toujours une réalité, même si le principe des droits civiques des noirs est désormais acté. Quant à la jeunesse, elle noie ses idéaux révolutionnaires dans le sexe et la drogue.
Pour évoquer ces sujets, SPINRAD adopte un style pour le moins décapant. Ce sont des phrases courtes dans lesquelles la ponctuation est parfois volontairement oubliée, et qui donne un rythme incroyable au récit. C'est un vocabulaire cru, parfois argotique, en particulier dans les scènes érotiques ou dans celles où il est fait usage de psychotropes. Cela donne au lecteur le sentiment d'un univers totalement halluciné.
Ce même lecteur pourrait rétorquer que la thématique comme le style ne sont aujourd'hui pas nouveaux. Ce serait toutefois oublier que Jack Barron et l'éternité a été écrit en 1969 et nier qu'il s'agissait alors d'une oeuvre éminemment prémonitoire. En outre, après quatre décennies de rééditions diverses, le roman n'a rien perdu de son caractère percutant, ce qui fait de lui une oeuvre majeure de la science fiction, un chef d'oeuvre du genre.
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UnKaPart
  11 août 2018
Ce roman de Spinrad porte bien son titre. L'éternité, il y est entré comme oeuvre majeure et classique de la science-fiction.
A la fois questionnement sur l'immortalité et l'éthique, critique du pouvoir et des contre-pouvoirs (politique, financier, médiatique) et réécriture de Faust, avec en prime une des rares histoires d'amour à ne pas m'avoir donné envie de la lire en diagonale.
Un de mes romans préférés de Spinrad avec Rêve de Fer et le chaos final.

Jack Barron, ancien gauchiste avec des idéaux plein la tête, est devenu une star de la télé avec du pognon plein les fouilles. Cette trajectoire lui a coûté une partie de son âme et Sara, son amour de jeunesse. Il prend la chose avec cynisme, il s'en fout un peu, il est quelqu'un, il est une vedette.
Pas débile pour autant, Jacquouille connaît sa vraie place dans le monde du showbiz : celle d'un Zorro putassier, un “baisse-froc”. Son émission Bug Jack Barron n'est qu'une façade, une soupape pour relâcher la tension sociale. Des quidams appellent le standard de l'émission pour pousser un coup de gueule. Barron se tourne vers une personnalité en rapport avec le sujet et la démolit. Et l'émission marche. Pas tant pour le côté redresseur de torts que parce que ça se frite. de la télé poubelle bien trash (phrase qui me vaudra les palmes académiques du pléonasme et de la redondance). En théorie, tout est permis. En pratique, faut pas trop pousser dans le subversif ni dans le corrosif. Pas froisser les nababs qui payent pour les pubs sur la chaîne ni les politiques qui ont le bras long.

Spinrad présente une vision ambivalente de la télé (et des médias de masse en général) dans sa capacité à influencer l'opinion, pour le meilleur comme pour le pire. A la fois contre-pouvoir face aux pouvoirs économique et politique… et pouvoir tout court, avec pour préoccupation première de se maintenir. D'où un jeu d'équilibriste. Donner au bon peuple l'illusion d'être de son côté sans se mettre à dos les pontes les plus plus influents, qu'on se contente d'égratigner pour de rire. Pile ce que disait Didier Super à propos des Guignols de l'info : “Je ne pense pas que les marionnettes fassent grand mal à nos politicards. Par contre, elles sont symboliquement importantes en ce qu'elles portent l'illusion d'une liberté d'expression démocratique.” En clair, rien de ce qu'on trouve à la télé ne vise à démolir le système, au contraire. Ce qui est réellement dérangeant n'y a pas sa place.
Jack Barron en est conscient. Il sait que son pseudo-combat ne sert que le dieu Audimat, sans vocation à changer le système. Il est le système. Et pourquoi il le changerait ? Il a une carrière, du blé, des meufs, la notoriété. Il fait partie de “ceux qui réussissent” si chers à Manupiter Macron.
Parfait connard mais pas que, Barron s'offre à l'occasion des prises de conscience. Il ressent les tiraillements de son passé de gauche, du temps où il s'intéressait davantage à l'humain qu'à son ego. Il reste torturé par ce que son carrière lui a coûté : son engagement et Sara, l'amour perdu qu'il cherche dans toutes les nénettes de substitution qu'il s'envoie.
Et puis arrive ce moment où il se trouve confronté à un choix maousse et à ses conséquences. (Là si tu t'attends à ce que je t'annonce la nature de ce dilemme cornélien, on va t'appeler Willy le Borgne, parce que tu te fourres le doigt dans l'oeil.)

Jack Barron et l'éternité pose la question du choix, le classique “qu'est-ce que tu aurais fait à la place de Jacquot ?”
Quel prix accordes-tu à ta vie, à ta conscience, à tes rêves ?
Derrière la question du prix individuel à payer, ce bouquin interroge sur une société où tout s'achète et se vend, à commencer par les gens. Toute tarte à la crème que soit la critique d'un monde régi par l'argent, elle n'en est moins 1) pertinente, 2) bien menée par Spinrad et 3) on ne peut plus d'actualité.
Portrait d'une société qui ne raisonne qu'en termes d'oseille, de produit et de consommateurs. La télé poubelle divertit dans le mauvais sens du mot, à savoir qu'elle change les idées des téléspectateurs pour mieux les empêcher de penser. Machine abrutissante dont la tâche consiste à placer des produits tout en faisant croire que… Subversion de surface mais vraie collusion du pouvoir médiatique avec l'économique et le politique. La population léthargise devant son écran, sensible au moindre chant de sirène, gavée du sang factice des talk-shows corrosifs mais pas trop, éblouie par le star system. le système tout court, lui, poursuit sa route, pavée d'inégalités, de ségrégation, de racisme, de corruption… Moins tapageuse, la science avance cachée. Pleine de promesses, l'avenir, le progrès, une vie meilleure… quand on a les moyens de se payer ses joujoux. Recherche médicale obsédée par la rentabilité, pas encombrée par l'éthique, avec une nette tendance à confondre patients et cobayes, à considérer l'humain sous le seul angle de la matière première.
(Précisons que je parle de la société présentée dans le roman. Cela dit, toute ressemblance avec le monde réel de maintenant n'est peut-être pas une coïncidence…)

Quand le roman sort en 1969, la télé est encore jeune. Une quinzaine d'années d'existence en tant que média de masse aux USA. Elle reste un champ des possibles, capable d'après Spinrad de faire réagir. Pour peu qu'un homme de bonne volonté – un lanceur d'alerte avant l'heure – y prenne la parole. Soit un postulat pas évident, vu les tentations auxquelles ce samaritain pourrait être soumis. La conclusion qu'en tire est assez nébuleuse, mélange de fatalisme, de cynisme, d'optimisme. Oui mais non mais si mais non. La clairvoyance de Barron sur son émission laisse peu de doute : la télé fait surtout du caca, elle n'a pas vocation ni intérêt à répandre le bien.
Avec le recul des années, nous voilà fixés. On sait depuis belle lurette que les téléspectateurs ne réagissent pas, tout est fait pour. Quant aux preux chevaliers pétris d'idéaux, ils sont interdits d'entrée de studio.
La lecture de Jack Barron et l'éternité en 2018 n'est pas inutile, elle est même indispensable. le discours sur les accointances entre politique, finance et médias tomberait même plus juste qu'en 1969. Les dérives du petit écran, on peut les constater de (télé)visu. le monde dans lequel on vit est celui annoncé par le bouquin. Seule différence, un média de plus à se mettre sous la dent : Internet, vaste terrain de jeu pour les petits-enfants de Jack Barron, nourris à la pub et au buzz.
Lien : https://unkapart.fr/jack-bar..
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Nonivuniconnu
  13 avril 2014
Jack Barron est une superstar. Chaque semaine, il donne la parole à des téléspectateurs en détresse et règle leurs problèmes. Il confronte les puissants au peuple, et cent-millions d'Américains adorent ça. Pas naïf pour un sou, il connaît son business et n'est pas prêt de le lâcher. Toutefois, un dilemme se pose le jour où la Fondation pour l'immortalité humaine s'intéresse à lui. Si l'immortalité n'est encore pour beaucoup qu'un rêve, cela n'empêche pas cette dernière de placer ceux qui le souhaitent en hibernation, moyennant beaucoup de pognon, en attendant de trouver le remède à la mort. Evidemment, donner un tel pouvoir à une organisation privée ne plaît pas à tout le monde, et avoir Jack Barron de son côté aiderait beaucoup l'un ou l'autre camp. Pourtant, tout ce que veut Jack Barron, c'est présenter son émission et oublier son ex-femme. Reste que certaines propositions sont difficiles à refuser.
C'est peu dire que Jack Barron et l'éternité ne m'a pas laissé indifférent. Après une centaine de pages, je me demandais vraiment où j'étais tombé, frappé que j'étais par le machisme écoeurant de l'ensemble, un style étrangement daté et l'apparent besoin compulsif de l'auteur de placer du cul un paragraphe sur deux. Un classique, ça, vraiment ? Même son thème majeur m'a semblé bizarrement traité. Ce roman traite de l'immortalité. Soit, bonne idée. Mais pourquoi nécessairement partir du principe qu'elle est forcément désirable, que tout le monde souhaitera forcément l'obtenir à n'importe quel prix ? Pourtant, impossible de m'arrêter. Pourquoi ? Parce que Norman Spinrad, l'auteur, laisse constamment comprendre au lecteur que quelque chose (mais quoi ?) l'attend. de plus, les émissions de Jack Barron rythment efficacement le roman et possèdent quelque chose de jubilatoire (ce sont clairement les meilleurs passages du livre), comme autant de pierres angulaires qui font avancer l'histoire.
Ecrit à la fin des années soixante, Jack Barron et l'éternité a pour autre thème majeur celui de la ségrégation, et s'intéresse aussi au rapport étroit qui existe entre les idéaux d'une part, l'argent et le pouvoir d'autre part, autant de sujets plutôt bien exploités. A vrai dire, je suis vraiment surpris de devoir admettre que j'ai aimé ce livre. Après en avoir lu la moitié, je l'aurais bien cloué au pilori, tant son sujet paraissait mal exploité et qu'il semblait avoir mal vieilli, mais sa construction efficace compense tellement bien ses faiblesses que le lecteur est finalement happé jusqu'au dénouement final.
Lien : http://nonivuniconnu.be/?p=2..
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Charybde2
  18 mars 2013
Responsabilité des médias-phares contre pouvoir de l'ultra-richesse, dès 1969...
Le quatrième roman de cet auteur américain profondément francophile s'attaquait en 1969 avec un immense brio à deux thématiques toujours plus contemporaines : le rôle véritable du « quatrième pouvoir », à savoir ce que peut et doit faire le journaliste confronté à l'inacceptable, d'une part, et le terrible pouvoir de l'ultra-riche ou de l'ultra-puissant lorsqu'il se consacre à la réalisation de ses fantasmes, et notamment du fantasme d'immortalité. On peut aisément constater que quarante ans après son écriture, la préoccupation est intacte, voire accrue.
Le tout réalisé dans une langue et un style d'une verdeur qui fit scandale à l'époque de sa parution, teinté aussi d'un humour alerte qui surfe en permanence avec légèreté sur la redoutable noirceur du propos.
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GiZeus
  21 septembre 2010
D'emblée, Spinrad pose son héros comme un homme aux illusions brisées. Fondateur du mouvement des Bébés Bolchéviques dans sa jeunesse, il s'est départi de ses idéaux de justice et d'égalité pour accéder à la notoriété. D'un cynisme sans borne, Barron n'a rien de l'image du chevalier blanc qu'il arbore à l'écran. Il lutte désormais pour lui-même, mais n'en demeure pas moins sensibles aux problèmes du monde. Surnommé comme le plus grand « baisse-froc » qui soit par son entourage, il représente en réalité l'archétype de la vedette capitaliste. Spinrad s'en sert pour dénoncer les compromis inhérents à la réussite sociale. Et la classe « dominante » n'est guère plus reluisante. Elle revêt une couche de crasse encore plus épaisse et bien plus dégueulasse. Sous les traits de Benedict Howards, requin implacable qui pèse cinquante milliards de dollars, se niche une mégalomanie à toute épreuve, une volonté de toute-puissance et d'asservissement effroyable. Pour parvenir à ses fins, il n'hésite pas à contacter l'ex-copine de Barron, Sara - une jeune femme qui n'a toujours pas lâché sa foi dans ses idéaux et dans l'admiration qu'elle porte à Jack -, et se servir de l'ancienne maîtresse pour manoeuvrer l'animateur vedette.
La suite sur mon blog :
Lien : http://foudre-olympienne.ove..
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
GiZeusGiZeus   22 septembre 2010
Une douce nuit de mai new-yorkaise, et la chambre à coucher s'ouvrait entièrement face à eux du sol au plafond et d'un mur à l'autre sur les palmiers nains de la terrasse ciel ouvert sur le halo nocturne de la cité le plafond un dôme de verre transparent donnant sur un ciel noir sans étoiles la moquette épaisse et sensuelle ondulant sous l'effet de la brise venue librement du dehors le grand lit circulaire surélevé au milieu de la pièce, illuminé par des projecteurs de lumière dorée dissimulés dans la boiserie semi-circulaire autour du lit couverte de lierre véritable (rayons encastrés aux livres précieux, console de contrôle électronique). Bruit de mer enregistrée dans le lointain, bruits d'insectes bruits de nuit tropicale remplaçant la musique lorsque Barron ajusta la console murale.
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Charybde2Charybde2   12 avril 2013
Barron prit la communication sur son vidphone n°2, vit l'image de la secrétaire à la bouche en cul de poule (mmm... ces lèvres) apparaître au-dessous de lui (juste la position idéale) dans le quadrant inférieur du moniteur, lui fit un sourire traîtreusement séducteur (œil d'acier dans un gant de velours) et dit :
- Ici Jack Barron qui voudrait parler à Mr Benedict Howards. Cent millions d'Américains sont ravis de contempler en ce moment votre ravissant minois, mais c'est surtout celui de Bennie Howards qu'ils voudraient voir sur l'écran. Alors passez-moi le patron. (Il haussa les épaules avec un sourire:) Pour ce qui est du reste, ma jolie, vous pouvez laisser votre numéro strictement personnel à mon régisseur, Vince Gelardi. (Après tout, qui sait ?)
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PapaquiouPapaquiou   11 février 2015
Jamais... jamais... jamais... tu ne me tueras jamais, Barron ! Personne personne personne ne fera mourir Benedict Howards, Votre Honneur !
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