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EAN : 9782253195276
416 pages
Le Livre de Poche (24/08/2022)
3.32/5   17 notes
Résumé :
Le corps d'un jeune migrant lituanien est retrouvé pendu à un arbre dans une banlieue populaire de Londres. Pas de signe de lutte, aucun indice qui pourrait infirmer la thèse du suicide.
Sauf peut-être ce mot retrouvé accroché sur le pantalon de la victime : " Les morts ne peuvent pas parler. "
L'inspectrice Manon Bradshaw, toujours aussi attachante et mordante dans ses réparties, se retrouve chargée d'une enquête pour homicide. Entre une communauté... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
iris29
  17 octobre 2021
Troisième tome des enquêtes de Manon Bradshaw, inspectrice anglaise, et tout de suite , on est dans autre chose que le genre thriller/policier. le genre politique, social, quelque chose qui dépasse la police, qui dépasse le citoyen lambda.
Manon, alors qu'elle est dans un jardin public avec son fils de deux ans qui fait du toboggan, aperçoit deux bottes en train de se balancer au vent, dans un marronnier...
Un pendu... le suicide est vraisemblable, mais l'identité du mort amène les policiers jusqu'à une maison occupée par des lituaniens. Officiellement des travailleurs, ouvriers agricoles, mais en réalité : des esclaves modernes. Des conditions de vie atroces, qui m'ont fait frémir, prisonniers de chefs de gangs lituaniens, qui ont "mis à l'abri", cartes d'identité , et cartes bleues. Prisonniers presque volontaires, empêchés par leurs conditions de vie, empêchés par la barrière de la langue, par le manque de sommeil, par la violence , de communiquer avec des anglais, de porter plainte, de s'en sortir.
Une seule main leur sera tendue, une main romantique, une jeune main, une main à côté de la plaque, à mille lieu de se douter de ...
Et on plonge là dans la misère culturelle anglaise. Celle des racistes, des milices de quartier, celle des hommes qui n'aimaient pas les femmes, celles des hommes qui boivent, qui battent...
Et l'on plonge dans la vie de cette inspectrice, désormais maman adoptive d'un adolescent et maman d'un enfant de deux ans. Manon, qui doute de son union, qui n'en peut plus du quotidien, mais qui va se voir rattraper par la vie. La vie qui, parfois, est une chienne et distribue les mauvaises cartes chez des gens biens. Y'a pas de justice !
Manon et son compagnon, qui mangent mal, qui sont crevés, qui grossissent. Manon qui ne pète pas la santé...
Mais Manon au grand coeur, qui est prête à tout pour ses amies. Ah, le passage où elle parle au mari adultère de sa meilleure amie, histoire de le remettre sur le droit chemin. Un discours sur la vie, infiniment réaliste, acide, cynique mais tellement jubilatoire pour nous les feeeemmeees.
On sent que l'auteur a eu tellement de choses à dire, tellement de choses qui lui tenait à coeur qu'elle ne prend pas le temps de présenter Manon Bradshaw pour ceux qui auraient pris le train en route. On sent que tu t'adaptes, ou tu trépasses, elle s'en tamponnes; ce en quoi elle est parfaitement raccord avec son héroïne : brute de décoffrage, entière, aimant passionnément son travail et ses enfants, son petit miracle, son petit bout de tendresse dans ce monde de brutes...
Un roman policier qui va au delà du roman policier...
Merci à la maison d'édition Equinox- Les Arènes et à Babélio pour cette masse critique Mauvais Genres...
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culturevsnews
  04 octobre 2021
Steiner investit Manon des vérités émotionnelles, des réalités et de l'ennui d'une femme d'âge moyen, de la fatigue constante, des tensions chaotiques de la vie de famille avec un bambin hyperactif de deux ans, Teddy, des joies et de la maturité de son fils adoptif noir, Fly, qui fait ses GCSE, et de la tentative de maintenir une relation vivante avec son partenaire, Mark, particulièrement avec le stress de son diagnostic de cancer. Travailler trois jours par semaine sur des affaires non résolues devrait, en théorie, faciliter l'équilibre entre vie professionnelle et vie privée, mais comme nous le constatons, ce n'est pas toujours le cas, notamment lorsqu'elle devient l'enquêtrice principale d'une enquête ambiguë sur un homme qu'elle trouve pendu dans un arbre lors d'une promenade avec son fils Teddy.
La victime est un migrant lituanien pris au piège de l'esclavage inhumain opéré par des chefs de gangs illégaux qui refusent de payer et confisquent les passeports, fournissant des logements impropres à la vie humaine, créant un climat de peur et de menaces qui a rendu impossible toute opération de police visant à obtenir des victimes qu'elles témoignent contre des gens comme Edikas Petrov, sadique et abusif. La misère des conditions de travail dans lesquelles vivent les Lituaniens est déchirante, cruelle et horrible : ils travaillent à toute heure, passent d'un emploi à l'autre, leur vie est en danger, leurs familles restées au pays sont menacées s'ils ne se conforment pas aux ordres ou envisagent de s'échapper. Comme si cela ne suffisait pas, leurs terreurs sont encore exacerbées par l'atmosphère intense et fébrile du racisme, par l'hostilité locale attisée par des maniaques aux yeux bridés, obligés de cracher leur haine, leurs réactions instinctives et leurs opinions ignorantes dans un climat politique qui leur confère une gravité et un respect qui se moquent de tout concept de décence ou de rationalité.
Sans l'esprit, le badinage, l'humour et le sarcasme de Manon, j'aurais trouvé les horreurs du sort des travailleurs migrants trop insupportables, sans parler du désespoir que je ressens face à la montée du populisme anti-immigrés dans le pays. C'est un plaisir de l'accompagner dans les récits les plus sombres, lorsqu'elle doit faire face à l'ambition, à l'incompétence et à l'ego de son patron surpromu, le très incompétent et bon à rien Nigel, tandis que sa relation avec l'habile DS Davy Walker, sous le stress des préparatifs du mariage, illustre la profondeur de leur amitié et de leur loyauté mutuelle. J'ai particulièrement apprécié la confrontation de Manon avec Peter à son bureau, qui prévoit de quitter sa meilleure amie, Bryony, et leurs enfants, et j'ai eu une crise de nerfs à propos de l'école d'étiquette automobile de Bradshaw. Il s'agit d'un roman policier britannique de qualité supérieure, et si vous n'avez pas lu l'une des séries, vous manquez sérieusement quelque chose. Dans un monde devenu fou, ce livre est le tonique dont vous avez besoin. Ai-je vraiment besoin de dire que je le recommande vivement ???
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simonjean
  15 novembre 2022
Ce livre est autant un documentaire sur les horribles conditions de vie
et de travail des immigrés baltes en Angleterre qu'une enquête policière .
Une enquête qui s'efface souvent au profit de longs développements
sur la vie personnelle de l'inspectrice Manon Bradshaw , sur ses déboires professionnels , sur l'usure du couple ....
L' intrigue policière fait un peu de surplace .
Bien sûr , comme dans les deux précédents livres , on retrouve de l'ironie dans les dialogues mais ça ne m'a pas empêché du trouver
quelques longueurs .
"Garde le silence" m'a donc moins passionné que les 2 autres romans
de la trilogie de Susie Steiner .
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mccb78
  22 octobre 2021
Alors que Manon Bradshaw est au parc avec son fils de 2 ans, elle découvre des pieds qui pendent du grand chêne. Et commence alors l'enquête. Manon est sûre que ce n'est pas un suicide et il faut à tout prix qu'elle trouve un coupable.
Je n'ai pas lu les deux premières enquêtes de cette inspectrice mais je n'ai pas été emballé par cette troisième enquête.
J'ai l'impression que Susie Steiner a voulu faire passer beaucoup de messages mais en peu de pages. Elle y dénonce le racisme et l'intolérance face aux migrants. Elle souhaite nous rappeler que la maladie peut toucher tout le monde à n'importe quel moment. Elle nous explique que malgré la trahison de son conjoint-et, il faut savoir pardonner... Bref, beaucoup de sujets parrallèles à l'enquête. Certainement trop de sujets qui nous éloignent du sujet principal
Je me permets aussi de faire une remarque sur la traduction. Page 223, il est indiqué " Elle apprend le langage des signes". Dans le cas décrit, c'est certainement de la langue des signes qu'il s'agit. Les personnes sourdes et/ou malentendantes parlent une langue avec une syntaxe précise et non pas un langage. Je sais que la traduction n'est pas chose facile.
En conclusion, je n'ai pas été enthousiasmée par cette lecture. Ce qui ne m'empêche pas de remercier Babelio de m'avoir permis de gagner ce roman lors de la masse critique mauvais genre et les éditions Les Arènes Equinox pour la découverte de ce roman.
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croix59
  30 novembre 2021
Nouvelle aventure de Manon Bradshaw : un jeune migrant litunanien est mort pendu et c'est Manon qui l'a retrouvé avec son petit garçon Teddy. Tout pointe vers le suicide sauf une note qui ne peut avoir écrite que par un tiers a priori.
Manon s'empare de l'affaire et va plonger dans le quotidien de jeunes gens venus pour une meilleure vie et qui se retrouve coincés dans des logements insalubres, pistés par des gardes chiourmes peu sympathiques, et en butte à des voisins qui refusent la cohabitation. En parallèle, dans elle doit faire face à des problèmes de santé. Plus calme que dans les précédents opus, on sent la fatigue intense qui l'abat par moment même si la trajectoire de ces jeunes la tourmente.
Une belle histoire qui mèle intolérance et racisme ordinaire, qui nous fait partager plus que d'ordinaire les victimes de ces maux aux parcours difficiles. Plus un roman psychologique que pur polar. Et c'est bien!
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
iris29iris29   17 octobre 2021
Certains riches, surtout, semblaient croire qu'ils pouvaient se montrer condescendants avec les " sulbalternes". Un indicateur précieux : la façon dont on s'adresse à quelqu'un qui travaille pour vous. Dont ils traitaient les serveurs, le personnel de ménage, les ouvriers.
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iris29iris29   17 octobre 2021
- Je suis tout le temps fatiguée. Je me réveille fatiguée, avait-elle dit à l'infirmière.
- Les femmes de quarante-six ans sont généralement fatiguées parce qu'elles font tout, avait répondu celle-ci, manifestement peu émue par son cas.
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iris29iris29   17 octobre 2021
- Les hommes boivent, les femmes font le ménage, lâche Bridget. Comme d'habitude, c'est nous qui écopons du pire.
- Je préfère faire le ménage qu'être un ivrogne.
- Et que dirais-tu d'être une femme de ménage mariée à un ivrogne ?
- Aîe.
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iris29iris29   17 octobre 2021
La Lituanie : troisième nation la plus malheureuse au monde, battue seulement par le Tchad et la Syrie.
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iris29iris29   17 octobre 2021
Les Lituaniens sont les plus gros buveurs au monde.
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