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EAN : 9782912042897
187 pages
Éditeur : La Fosse aux Ours (22/08/2007)

Note moyenne : 3.88/5 (sur 13 notes)
Résumé :

Le baron est né à l'aube du XXe siècle. Le baron n'a rien vu, ni rien su de ce qu'était le XXe siècle dans sa seconde moitié. Le baron est originaire de C. Le baron a dû quitter sa ville natale parce que la Mafia l'a condamné à ne plus y retourner, sauf le 2 novembre, jour de la Fête des Morts. Le baron est un homme d'honneur, il paie sa dette de sang, il paie d'avoir battu à mort un garçon issu ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
liliba
  20 juillet 2008
http://liliba.canalblog.com
Voyage en dehors du temps
Livre étonnant qui nous transporte au "Grand hôtel et des Palmes" en Sicile. Un homme âgé, le baron, y est reclus depuis 50 ans environ pour payer une dette de sang. Il ne peut sortir de l'hôtel qu'une fois par an, le 2 novembre, jour de la fête des morts. le baron est une rumeur qui circule dans Palerme ; existe-t-il vraiment, une telle réclusion est-elle possible, n'est-ce pas une fable, une histoire à faire peur ?
Arrivé au terme de sa vie, le baron retrace ce long enfermement dans cet hôtel, la solitude, la paranoïa, la peur des représailles et de la mort (pendant des années il n'est pas sorti de sa chambre par peur d'être assassiné, et seul le barbier pouvait entrer dans ses appartements). Sa vie est remplie de rituels, de tâches anodines et quotidiennes qui remplissent son temps, il n'a pas d'occupations si ce n'est la lecture et du jardinage sur le toit de l'hôtel. Il se rémémore aussi le bonheur qu'il a pu ressentir dans cette prison dorée à travers ses rencontres avec quelques clients de passage, certains célèbres, d'autres anonymes et l'amour pour une femme mystérieuse abordée un soir dans le restaurant de l'hôtel.
Le décalage entre la vie de cet homme et la vie du dehors (la vraie vie ?) est total. Nous sommes enfermés avec le baron dans ce lieu clos, sans souffrir pourtant d'asphyxie, mais nous dérivons avec lui sur les rives du temps qui n'a plus la densité habituelle, nous perdons nos repères, et la notion du réel disparaît bientôt pour ne laisser place qu'à la poésie du lieu et des mots.
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BlueGrey
  27 août 2009
« le baron est né à l'aube du XXe siècle.
Le baron n'a rien vu, ni rien su de ce qu'était le XXe siècle dans sa seconde moitié.
Le baron est originaire de C.
Le baron a dû quitter sa ville natale parce que la Mafia l'a condamné à ne plus y retourner, sauf le 2 novembre, jour de la Fête des Morts.
Le baron est un homme d'honneur, il paie sa dette de sang, il paie d'avoir battu à mort un garçon issu d'une famille d'un autre clan.
Le baron vit depuis plus de cinquante ans dans une suite du Grand Hôtel et des Palmes à Palerme, via Roma, à deux pas du port, à deux pas de la mer.
Le baron est une rumeur qui circule dans la ville blessée de Palerme. »
Philippe Fusaro nous raconte l'étrange histoire du "Signor Barone", condamné par la Mafia à l'enfermement volontaire à perpétuité dans un palace de Palerme. La Mafia sicilienne a ainsi, parfois, de la classe : elle ne liquide pas un rival (même s'il a tué), mais imagine une sentence où le coupable devient son propre bourreau. C'est ainsi que l'énigmatique baron vit confiné depuis plus de cinquante ans dans sa prison dorée, la suite 204 du Grand Hôtel et des Palmes, à Palerme, avec pour seule compagnie la peur de son ennemi. Vivant la terreur, puis l'ennui, puis l'acceptation teintée de révolte, il y use sa vie : « Dans ce palace, mon coeur bat, mes poumons se remplissent d'air, et je marche et je mange et je lis et je fume mais... je n'existe pas. »
En plus de cinquante ans, le baron a appris la réclusion, apprivoisé la peur, connu le désespoir, dompté sa mémoire, enfoui la culpabilité et a fait de l'extrême solitude une compagne fidèle. Aujourd'hui, a 92 ans, presque serein, il sent venir la mort et laisse ses souvenirs affleurer : ces dix premières années de réclusion, pendant lesquelles il n'a jamais mis le pied hors de sa suite, paralysé par la peur (il lui fallut attendre d'avoir quarante ans pour oser s'attabler à La Palmetta, le restaurant de l'hôtel, afin d'y siroter un Campari dry), ces rencontres fugaces avec quelques clients, parfois des personnages célèbres (Dalida, Burt Lancaster, Luchino Visconti, le juge Falcone, Maria Callas, Francis Ford Coppola et Al Pacino, Philippe Noiret...), et puis, un jour, robe rouge et cigarettes Muratti, l'amour fou, Ava Gardner elle-même, peut-être...
Le style est sobre et elliptique, mais aussi délicat, malgré quelques maladresses d'écriture et approximations. Par petites touches successives, en alternant narration à la troisième personne et extraits du carnet intime du baron, flashbacks et monologues intérieurs, Philippe Fusaro compose un récit élégant et très inactuel dans son ton, délicieusement suranné. Il se dégage de ce court roman habité par un personnage romanesque tout à fait superbe, une atmosphère particulière, embrumée de mystère.
Inhabituel et énigmatique, ce langoureux récit de la solitude distille une bien jolie mélancolie sereine.
Lien : http://descaillouxpleinleven..
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kathel
  26 janvier 2013
Le Baron est originaire de C., une petite ville de Sicile que la Mafia l'a condamné à quitter. Il ne vit pas très loin, à Palerme, dans une chambre du Grand Hôtel et des Palmes qu'il ne quitte jamais. Il y cultive des citronniers, écoute les bruits de la ville, hume le parfum de la mer, finit par fréquenter la salle à manger. le Baron est une rumeur à Palerme, un nom qui glisse entre les murs, une ombre peut-être au crépuscule. Il rêve à Ava Gardner, ne la rencontre-t-il pas d'ailleurs ?
Il faut se laisser glisser dans l'atmosphère feutrée du grand hôtel, où passent des clients de tous horizons, écrivain, acteur, libraire français, il faut savourer la narration par petites touches, entrecoupée par les carnets personnels du Baron. Des dizaines d'années passent, glissent sans ennui, la rencontre du Baron avec une femme forcément fatale à la beauté d'Ava Gardner ne cède pas la place à une histoire trop attendue. C'est léger, sobre, poétique, touchant… Encore mieux que L'Italie si j'y suis que j'avais pourtant beaucoup apprécié !
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Marech20
  21 septembre 2017
L'histoire de ce baron reclus à cause de la mafia dans un Grand Hotel, qui mettra dix ans à sortir de sa chambre, à rencontrer des connus et des inconnus, à connaître l'amour fort, fou et court, qui restera plus de cinquante ans, ainsi... est passionnante. Malgré la presque unité de lieu, la solitude du personnage principal... à moins que ce ne soit une rumeur. Et saura-t-on jamais s'il s'agit d'Ava Garner
J'ai adoré. L'alternance du récit et des pensées du baron est sympathique, mais surtout, c'est juste... beau. Bien écrit, avec de très belles phrases et donc images. Un livre qui donne envie de se mettre à écrire... et dans la même minute suspend votre envie : il sera tellement difficile d'écrire des choses aussi belles...
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emmyne
  10 janvier 2013
Etonnant roman, presque une nouvelle, que ce texte plein de charme de Philippe Furaso. Une lecture originale, délicate et mélancolique.
De courts chapitres nous emmènent à la rencontre du Baron, par petites touches, alternant deux voix, celle du narrateur et celle du personnage; à la rencontre aussi du soleil de Sicile, de Palerme l'éternelle, la ville qui ne dort pas. Des scènes de vie précieuses se succèdent, les victoires sur soi, un amour émouvant de tendresse et de désespoir comme une dernière chance, une vie de solitude, de livres et de rencontres impromptues hors du monde, ce livre dit tout en quelques mots, quelques phrases. A travers de grandes figures italiennes et la fumée des dernières cigarettes nocturnes, se dessine le portrait d'un homme au destin étrange, un portrait presque allégorique. L'écriture épouse parfaitement l'intimité du récit, l'ambiance particulière, élégante et désuète, de ce Grand Hôtel & Des Palmes pour un bien joli moment de lecture
Lien : http://www.lire-et-merveille..
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
BlueGreyBlueGrey   27 août 2009
Le baron est né à l'aube du XXe siècle.
Le baron n'a rien vu, ni rien su de ce qu'était le XXe siècle dans sa seconde moitié.
Le baron est originaire de C.
Le baron a dû quitter sa ville natale parce que la Mafia l'a condamné à ne plus y retourner, sauf le 2 novembre, jour de la Fête des Morts.
Le baron est un homme d'honneur, il paie sa dette de sang, il paie d'avoir battu à mort un garçon issu d'une famille d'un autre clan.
Le baron vit depuis plus de cinquante ans dans une suite du Grand Hôtel et des Palmes à Palerme, via Roma, à deux pas du port, à deux pas de la mer.
Le baron est une rumeur qui circule dans la ville blessée de Palerme.
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