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Victor Del Litto (Éditeur scientifique)
EAN : 9782070328079
720 pages
Éditeur : Gallimard (05/09/1996)

Note moyenne : 3.86/5 (sur 14 notes)
Résumé :

Ouvrage atypique, l'Histoire de la peinture en Italie fut écrite et publiée en 1816 par Stendhal pour oublier ses soucis matériels, ses déceptions morales et politiques, mais resta inachevée. Elle méritait toutefois de revoir le jour accompagnée des reproductions des œuvres dont il fait la description, l'éloge ou qu'il rejette.

Parmi les œuvres évoquées par Stendhal on retrouvera celles faisant partie du "Musée Napoléon", que l'auteur (He... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
clude_stas
  20 mai 2014
J'ai dix-huit ans. L'obligation de lire « le Rouge et le Noir ». Je n'y comprends rien. Je m'ennuie ferme. Puis j'ai repris le livre à trente-trois ans et là, j'ai compris quel écrivain était Stendhal. Un romancier sensible et épique. Mais il s'intéressait également à la peinture. Et il a écrit sur la peinture. Stendhal, dans cet ouvrage, se demande « Comment peindre les passions, si on ne les connaît pas ? » Il pose la question aux artistes mais, me semble-t-il, il se la pose surtout à lui-même, comme une sorte d'introduction à l'écriture de ce texte. Mais rassurez-vous, rien de desséché, d'austère, d'élitiste ne se dissimule derrière ce long titre. Bien sûr, Stendhal parle de l'Histoire, de la peinture, de l'Italie également. Et nous avons le plaisir de digressions, de circonvolutions, de tours et détours : l'importance des populations, l'influence des climats, les contextes culturels, tout ce qui nourrit le tempérament des artistes.
Stendhal n'est probablement pas Giorgio Vasari (1511-1574), la référence en matière de biographies d'artistes italiens De La Renaissance. Mais il fait de Léonard de Vinci et de Michel-Ange les deux pivots de son étude, tout en nous offrant des légendes, des péripéties de voyage, des angoisses, des complots et même une tentative d'assassinat. Pourtant, le chapitre qui m'a le plus passionné est intitulé « de l'Amour », titre d'un futur essai publié en 1822. Dans ces lignes, Stendhal transforme la théorie en un récit pour mieux nous persuader et mieux nous conquérir. En effet, en demandant aux artistes de vivre avant de peindre, il fait de ce livre, qui n'est confus qu'en apparence, un plaidoyer pour l'esthétique romantique. Ecrit entre 1812 et 1816, et publié en 1817, il est avant tout une charge contre le retour de l'Antiquité prôné par Johann Joachim Winckelmann et le néoclassicisme. Et, d'autre part, il défend l'esthétique « moderne » (le romantisme) impliquée pleinement dans son époque. En réalité, Stendhal instrumentalise l'Histoire pour justifier ses choix personnels. le meilleur exemple se trouve dans les pages consacrées au cénacle de Léonard à Milan. Il se permet de décrire le Christ comme étant victime de spleen, le visage las et dégoûté par l'échec de son message d'amour universel. Stendhal se moque bien du Nouveau Testament, du moment, que cela lui permet d'illustrer parfaitement sa conception de la peinture.
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NMTB
  20 décembre 2014
Cette histoire de la peinture italienne est une ébauche de l'oeuvre qu'avait imaginé Stendhal et qu'il n'a jamais achevé. Elle contient une partie consacrée à l'histoire avant le quattrocento, des considérations générales sur la renaissance italienne et une autre partie où l'école florentine est davantage détaillée, en particulier les oeuvres de Léonard de Vinci et Michel-Ange. Auraient dû suivre, des études sur l'école romaine, lombarde, vénitienne et de Bologne. On pourrait classer ce livre sous l'étiquette « Histoire de l'art », mais rédigé par un écrivain aux aspirations psychologiques et romantiques. Pas un spécialiste, mais un amateur éclairé. On y apprend tout ce qu'il faut savoir sur la renaissance italienne sans entrer dans des considérations trop ennuyeuses. L'apparition des nouveaux procédés, comme la peinture à l'huile et sur toile, ainsi que les innovations techniques, comme la perspective et le clair-obscur, sont suffisamment expliquées et tous les peintres connus sont à peu près remis à leur juste place. Les oeuvres de Léonard de Vinci et Michel-Ange, ainsi que leurs vies, sont détaillées et émaillées d'anecdotes qui rendent ce livre très agréable à lire. Et finalement, pas grand-chose n'a changé, depuis Stendhal, sur la connaissance qu'on a de cette époque. On notera juste, au passage, quelques évolutions. Par exemple, Stendhal fait assez peu de cas de la Joconde ; on est bien loin des mitrailleurs japonais qui, aujourd'hui, semblent campés continuellement devant cette icône de l'Art. Mais évidemment, un créateur comme Stendhal ne pouvait pas se contenter d'une froide exposition des faits. Non seulement il donne son avis personnel, raconte des histoires, mais il développe aussi toute une esthétique basée sur la psychologie. D'après lui, il n'existe pas une seule beauté idéale, mais une multitude qui correspond aux tempéraments des diverses civilisations. Ces tempéraments sont façonnés par le climat, les gouvernements, les moeurs dans lesquelles évoluent les hommes. La beauté idéale est l'expression directe des passions qui animent les peuples et non pas des actions qu'impliquent ces passions. La renaissance italienne, qui ne peut s'expliquer, bien sûr, que par la redécouverte de l'antique, n'en est pas tant une copie que l'expression d'un peuple vivant dans l'opulence, sous la coupe d'une Eglise viciée et dans des citée-états dirigées avec plus ou moins de libéralité. Dans tout ce qu'écrit Stendhal, on sent bien qu'il n'était ni un fervent monarchiste, ni un admirateur de l'Eglise, mais par contre un passionné de l'art italien. Il développe également une psychologie plus individualiste tirée de l'inusable théorie des humeurs. On y retrouvera toute sorte de raccourcis qui feront forcément sourire (mais les psychologues ayant pour souci de s'exprimer clairement ne sont-ils pas toujours tributaires de généralisations un peu stupides?), ainsi les français seront sanguins, les italiens bilieux, les hollandais flegmatiques et blablabla… Tout ça pour expliquer logiquement que la renaissance ne pouvait voir le jour qu'en Italie au quinzième siècle. Stendhal s'avance aussi jusqu'à la beauté idéale moderne qui ne peut pas être une simple copie du beau idéal de la renaissance ou de l'antique, mais doit exprimer les passions modernes. Cette beauté idéale moderne, l'auteur la nomme élégance et prétend qu'elle est née en France. La beauté idéale, la vie moderne, l'élégance (ou autrement dit, le dandysme). Un livre instructif, où ce qu'on apprend sur la renaissance italienne n'est pas du tout démodé et dont les nombreuses digressions psychologiques, physiologiques, politiques rendent la lecture plaisante.
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kastelanka
  25 février 2014
Colossal mais l ouvrage permet de comprendre pourquoi et où la peinture ou ma sculpture se sont inspirées ... C est presque de la philo il faut lire en plusieurs fois prendre des notes tant c est lourd parfois en détails et precisions
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
JacopoJacopo   12 novembre 2018
C'est en Italie que ce phénomène éclate dans toute sa splendeur. Quiconque aura le courage d'étudier l'histoire des nombreuses républiques qui en ce pays cherchèrent la liberté, à l'aurore de la civilisation renaissante, admirera le génie de ces hommes, qui se trompèrent sans doute, mais dans la recherche la plus noble qu'il soit donné à l'esprit humain de tenter. Elle a été découverte depuis, cette forme heureuse de gouvernement; mais les hommes qui arrachèrent à l'autorité royale la constitution d'Angleterre étaient, j'ose le dire, fort inférieurs en talents, en énergie et en véritable originalité aux trente ou quarante tyrans que le Dante a mis dans son enfer, et qui vivaient en même temps que lui vers l'an 1300.
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JacopoJacopo   12 novembre 2018
C'est dans ce siècle de passions, et où les âmes pouvaient se livrer franchement à la plus haute exaltation, que parurent tant de grands peintres : il est remarquable qu'un seul homme eût pu les connaître tous si on le fait naître la même année que le Titien, c'est-à-dire en 1477. Il aurait pu passer quarante ans de sa vie avec Léonard de Vinci et Raphaël, morts, l'un en 1520, et l'autre en 1519; vivre de longues années avec le divin Corrége, qui ne mourut qu'en 1554, et avec Michel-Ange, qui poussa sa carrière jusqu'en 1563.
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JacopoJacopo   24 novembre 2018
Vers l'an 900, les villes d'Italie, profitant de la position du pays que la mer environne, tentèrent un peu de commerce avec Alexandrie d'Egypte et Constantinople. A peine les Italiens eurent-ils quelque idée de la propriété, qu'on les vit aimer la liberté avec la passion des anciens Romains. Cet amour s'accrut avec leurs richesses, et vous savez que, pendant les douzième et treizième siècles, tout le commerce d'Europe fut entre les mains des Lombards. Tandis qu'ils s'enrichissaient au dehors, leur pays se couvrait d'une foule de républiques.
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clude_stasclude_stas   19 mai 2014
Comment peindre les passions, si on ne les connaît pas ?
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Vidéo de  Stendhal
Stendhal et le Beylisme : Analyse spectrale de l'Occident (1964 / France Culture). Diffusion sur France Culture le 18 avril 1964. Par Pierre Sipriot. Portrait de Marie-Henri Beyle, dit Stendhal, peint par Olof Johan Södermark en 1840. Avec Julien Cain (haut-fonctionnaire), André Bourin (critique littéraire, producteur, écrivain), Jean Dutourd (écrivain), Marie-Jeanne Durry (universitaire, poétesse), André Maurois (romancier, biographe, conteur, essayiste), Henri Guillemin (critique littéraire, historien, conférencier, polémiste, homme de radio et de télévision), Pierre Moreau (linguiste et théoricien de la littérature), Hubert Juin (poète, romancier, essayiste, critique littéraire) et Christian Murciaux (écrivain). Lectures par Silvia Monfort, René Clermont, Jean Leuvrais et Renaud Mary. Henri Beyle, plus connu sous le pseudonyme de Stendhal (prononcé [stɑ̃.dal]), né le 23 janvier 1783 à Grenoble et mort d'apoplexie le 23 mars 1842 dans le 2e arrondissement de Paris, est un écrivain français, connu en particulier pour ses romans "Le Rouge et le Noir" et "La Chartreuse de Parme". Stendhal aurait voulu consacrer sa vie à la rêverie, à la « chasse au bonheur », aux arts et à l'amour ; bien malgré lui, il a eu une vie mouvementée. Après la mort d'une mère trop aimée, il souffre d'une enfance étouffante à Grenoble auprès d'un père qu'il méprise et d'un grand-père qu'il adore. Il trouve refuge dans la littérature avant de partir de Grenoble, en 1799, pour aller étudier à Paris. En réalité, il s'est découvert une vocation, et abandonne ses études : il veut être "comic bard", il rêve d'écrire des comédies. Ses cousins Daru le forcent à entrer au ministère de la Guerre. C'est ainsi qu'il est envoyé à Milan en mai 1800. Il découvre, émerveillé, en même temps la guerre, l'Italie, l'opéra, l'amour et le bonheur. Il ne cessera de retourner en Italie entre ses missions administratives. De tempérament timide et romanesque, souffrant de l'hypocrisie de la société de son temps, il invente pour lui-même une « méthode pratique du bonheur », le beylisme. Perdant son emploi au moment de la chute de l'Empire, il se consacre à ses passions : l'Italie, la musique, la peinture. Il écrit un ouvrage dont on résume le titre en "Vie de Haydn, Mozart et Métastase", puis il écrit "Histoire de la peinture en Italie", dont il perd le premier manuscrit dans la Retraite de Russie, et "Rome, Naples et Florence", journal de sensations plutôt que guide touristique. En 1819, son chagrin d'amour pour Matilde Dembowski lui fait écrire un traité, "De l'amour", tentative d’analyse du sentiment amoureux, paru en 1822, dont à peine quarante exemplaires seront vendus. C'est à partir de 1827, à l'âge de quarante-quatre ans, qu'il se lance dans le roman, avec "Armance", mal compris de ses contemporains ; puis c'est "Le Rouge et le Noir", paru juste après la Révolution de Juillet 1830, qui lui confère une certaine notoriété, dont il ne profite pas, ayant été nommé consul à Civitavecchia par le gouvernement de Juillet. Malgré l'ennui dans lequel le plongent ses nouvelles fonctions, Stendhal ne cesse d'écrire : il commence des autobiographies ("Souvenir d'égotisme", "Vie de Henry Brulard") et des romans ("Lucien Leuwen", "Lamiel"), qu'il n'achève pas. Lors de l'un de ses congés à Paris, il écrit "La Chartreuse de Parme", qui suscite l'admiration d'Honoré de Balzac. Il meurt à Paris le 23 mars 1842, à la suite d'une crise d'apoplexie survenue en pleine rue quelques heures auparavant. Ses romans de formation "Le Rouge et le Noir" (1830), "La Chartreuse de Parme" (1839) et "Lucien Leuwen" (inachevé) ont fait de lui, aux côtés de Balzac, Hugo, Flaubert ou Zola, un des grands représentants du roman français au XIXe siècle. Dans ses romans, caractérisés par un style économe et resserré, Stendhal cherche « la vérité, l'âpre vérité » dans le domaine psychologique, et campe essentiellement des jeunes gens aux aspirations romantiques de vitalité, de force du sentiment et de rêve de gloire.
Sources : France Culture et Wikipédia
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