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ISBN : 2352872715
Éditeur : Archipoche (21/11/2012)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.73/5 (sur 1812 notes)
Résumé :
Un livre unique, une somme romanesque, un livre dicté en moins de deux mois et qui est le sommet de l'improvisation, un récit sur Bonaparte, Waterloo, l'Italie, un grand ouvrage politique, que dire encore en faveur de ce qu'Italo Calvino appelait « le plus beau roman du monde ». Une comédie humaine, un itinéraire spirituel, plusieurs histoires d'amour enfermées dans une petite ville d'Italie, avec le passage du temps, le charme de la mémoire, les « paysages sublimes... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (68) Voir plus Ajouter une critique
Kittiwake
  01 mars 2015
Fabrice del Dongo vient de rejoindre ma galerie personnelle d'anti-héros romanesques, gueules d'amour et destins pourris, aux côtés d'Heathcliff, de Julien Sorel, ou Fanfan la tulipe…Il pourrait même faire partie des finalistes, ce dadais qui fait succomber non seulement toutes les nobles dames de la cour de Parme, mais aussi tout ce qui porte jupon en Italie. Bien entendu, personne n' émeut son coeur, jusqu'au jour où il tombe raide dingue de la seule qui soit inaccessible, la douce et vertueuse Clélia. Il faut dire que le chemin qui le mène de Waterloo où par amour pour Napoléon, Fabrice se rend pour jouer à la guerre, (résultat : il est recherché par toutes les polices de France et d'Italie, ce grand benêt), est complexe. A son retour en Italie, nombre d'influents personnages l'attendent au tournant, et c'est une altercation pour rivalité amoureuse, qui tourne mal, qui met le feu aux poudres. La Cour de Parme se saisit de ce fait divers pour en faire un fromage, et Fabrice devient l'enjeu des guerres d'influence qui font et défont les carrières des notables. La chaste passion de la duchesse Gina pour son troublant neveu est le rempart sans lequel le beau Fabrice aurait rapidement fini sa vie dans le noeud coulant d'une corde, pour peu que les geôliers ne l'aient pas empoisonnés avant la sentence.
Un détail, qui en dit long sur les moeurs de la société italienne du dix-neuvième siècle : il est prêtre ce jeune homme!
Les classiques ne le sont pas devenus par hasard : s'ils ont traversé les décennies et sont toujours l'objet d'analyse pour les professionnels et de délices pour les lecteurs amateurs, ce n'est pas un effet de mode. Et il est dommage que ce passage obligé pendant les études, mal présenté, vécu comme un pensum , conduisent à des rejets parfois irréversibles pour les jeunes élèves, avec le risque que, comme pour les épinards de la cantine, ils ne soient plus jamais disposés à y goûter .
Enfin, un mot sur l‘écriture, dont le style désuet confère une ambiance de vieille photo sépia et participe au charme de ce monument de la littérature romantique

Lien : http://kittylamouette.blogsp..
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Gwen21
  07 mars 2017
Sans surprise, c'est une très belle écriture classique que l'on découvre avec ce monument signé Stendhal. Dans la droite lignée du courant romantique, Fabrice del Dongo offre une très belle figure de héros (ou plutôt d'anti-héros) et ses amours contrariées répondent à tous les codes du genre.
Toutefois, je n'ai pas été ensorcelée comme je peux l'être avec d'autres auteurs de la période. Nonobstant un contexte social et historique parfaitement rendu qui nous transporte vraiment dans cette "sublissime" Italie que j'aime passionnément, j'ai souffert des longueurs de la narration et, plus que tout, d'un dénouement abrupte et expédié en trois paragraphes.

Challenge XIXème siècle 2017
Challenge MULTI-DÉFIS 2017
Challenge Petit Bac 2016 - 2017
Challenge PAVES 2016 - 2017
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Mahpee
  26 février 2015
Une critique sur Stendhal c'est un peu entreprendre une ascension vertigineuse sans équipement, attention terrain glissant ! La chartreuse de Parme, en l'occurrence, fait partie de ces monuments de la littérature française qui partage les lecteurs. Il a marqué bien des générations de lycéens avec plus ou moins de bonheur, laissant à chacun des impressions mitigées allant, sous la responsabilité de professeurs plus ou moins inspirés, du rejet à la passion. Rappelons les faits : le 3 septembre 1838 Stendhal a l'idée d'écrire la Chartreuse de Parme. le 4 Novembre, Stendhal s'installe au 4 Rue Caumartin à Paris. Pendant 7 semaines, il se met au travail et dicte à un secrétaire le texte de la Chartreuse. le 26 décembre, il remet à son éditeur un texte de plus de cinq cent pages. Cette boulimie de travail impose, à elle seule, le respect. Et voilà donc qu'apparaît l'extravagant héros de Stendhal dont on pourrait résumer l'histoire de manière succincte : Fabrice del Dongo mène une vie paisible et heureuse avec sa famille sur les bords du lac de Côme. Mais le jeune homme rêve de gloire sur les champs de batailles et part combattre auprès de Napoléon Bonaparte à Waterloo, mauvaise pioche quant au choix de la bataille, ce qui lui vaudra de nombreux problèmes avec les instances politiques. Recherché, soupçonné d'espionnage, il est caché par sa tante. C'est alors qu'il croise la belle Clélia dont la beauté le subjugue…
Roman épique, La Chartreuse de Parme ne connaîtra pas de succès retentissant à sa sortie et il faudra l'appui De Balzac pour qu'enfin éclate cette histoire d'une volonté de vivre à la fois joyeuse et tragique. Dans l'Italie du XIXe siècle, la réalité de l'Histoire s'élève d'elle-même au fabuleux, à l'aventure, confine au romanesque, et c'est tout le talent de Stendhal que d'en sublimer les évènements dans un histoire où il nous parle d'héroïsme, à travers les sentiments que sont la vengeance, l'inceste, le tyrannicide, la naïveté d'un héros rêveur dépassé par le monde qui l'entoure.
Pour conclure, un roman plaisant qui retrace une époque révolue où il est difficile de se projeter, datant un peu, renvoyant à bien d'autres romans du XIXe siècle mais qui n'ont pas la puissance d'évocation de Hugo ou Zola.
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Alzie
  31 juillet 2014
Roman en deux parties rédigé en 7 semaines (nov-déc. 1838). Enorme plaisir de lecture et grand moment de divertissement avec ces tribulations du jeune noble milanais, Fabrice del Dongo, au début du XIXe siècle dans la principauté de Parme. La première partie est exubérante à souhait. Elle prend racine au moment de la chute de l'empire napoléonien et conte les années de jeunesse du héros rêvant de gloire et courant après l'amour. On y découvre le trio très réussi formé de Fabrice, la Sanseverina (Gina) sa tante et le comte Mosca amant de cette dernière, autour desquels gravitent de nombreux autres personnages non moins intéressants (Ernest IV et sa cour) ; la deuxième partie est tout aussi mouvementée mais le tempo en est parfois plus mélancolique : Fabrice, dont les aventures prennent un tour plus grave, a atteint la maturité. Il a achevé son apprentissage amoureux et la tutelle de la Sanseverina et du comte Mosca se fait plus discrète, les manoeuvres en tout genre se poursuivent à la cour de Parme. La fin du livre, aux accents nettement mélodramatiques, peut déconcerter, peut-être, mais l'ensemble est quand même tout à fait réjouissant. Dans la Chartreuse, le rythme fait le style, ou peut-être l'inverse, et la postérité, après quelques hoquets, a heureusement assuré la fortune de l'oeuvre.
L'enfance de Fabrice del Dongo est longuement détaillée aux premiers chapitres. Il naît vers 1798 d'un père probablement français que l'occupation des troupes napoléoniennes, dans la demeure familiale de Grianta au-dessus du Lac de Côme, rend tout à fait possible. Ce qui est sûr c'est que son père officiel le déteste ouvertement. Fabrice passe ses premières années au château de Grianta et dans un collège de jésuites à Milan. le curé de Grianta, l'abbé Blanès, est chargé de parfaire son éducation. C'est un fou d'astrologie qui passe son temps en haut de son clocher à scruter le ciel et trouve le latin bien inutile. (Julien Sorel, lui, parle latin couramment grâce à l'abbé Chélan). Mais Blanès, comme Chélan, sont deux membres atypiques du clergé de l'époque, loin des grandes villes, Besançon pour Chélan, et Milan ou Côme pour Blanès. Vérrières et Grianta ont bien d'autres vertus à leurs yeux. Elève médiocre, donc, et peu curieux d'apprendre, ce Fabrice, qui inspire tout de même de la sympathie. Sa tante s'attache fortement à lui : « elle le trouva singulier, spirituel, fort sérieux, mais joli garçon, et ne déparant point trop le salon d'une femme à la mode ». Aux yeux du lecteur, il a surtout les compétences de base essentielles : chasser, rêver et parcourir le lac sur une barque. Quant à la nature des sentiments de sa tante pour lui, il y verra plus clair à la fin du roman, rien de scabreux à l'horizon, d'abord folâtrer.
Dans un contexte historique fortement connoté, les Cent jours, Fabrice (admirateur, lui aussi, de Napoléon) annonce à sa mère et à sa tante son désir de partir rejoindre l'empereur qui vient de débarquer au golfe Juan. Avec leur aide, il se retrouve donc à dix sept ans sous les feux de Waterloo (chapitre 3 et 4), ignorant à peu près tout du désastre qui s'y joue, mais sa carrière aventureuse est lancée, c'est l'important : départ sous une fausse identité, tôt soupçonné d'être un espion, emprisonné et s'échappant déjà, brave entre les braves. Il a tout juste appris à manier le sabre et à monter à cheval que La belle Gina, ex-Pietranera, tremble déjà pour ce neveu adoré qu'elle va aider sans cesse à fuir alors qu'elle ne souhaite que le retenir auprès d'elle, à Parme. Car cet emballement de jeunesse qui l'a conduit à combattre aux côtés de l'ennemi français lui ferme dorénavant toutes les portes d'une carrière militaire. L'affaire est délicate tant cette foucade napoléonienne de Fabrice l'a rendu suspect à Parme. Une seule solution pour effacer ce passé douteux, se faire oublier : Fabrice doit se plier aux voeux de sa tante et partir étudier la théologie trois ans à Naples, avant de pouvoir briguer une charge ecclésiastique qui le ramène à Parme. le mouvement de yo-yo régulier entre la tante et son neveu est l'un des ressort de cette narration agitée mais décidément tonique.
Les intrigues italiennes de la cour de Parme se fondent dans cette trame historique. Petite société fermée régenté par le potentat Ernest IV, et théâtre d'une double comédie, de moeurs et du pouvoir ; décor parfaitement approprié aux manoeuvres des ultras et des libéraux qui se superposent aux péripéties liées au récit. L'Italie, d'une manière plus générale, est évoquée dans les fuites successives de Fabrice qui l'emmènent de Ferrare à Bologne en passant par Milan ou Florence. Duplicité des courtisans, hypocrisie des prélats (chapître V : visite de la Sanseverina au chanoine Borda), satire mordante d'un absolutisme dépassé, chronique de la bouffonnerie, des ruses et des complots ordinaires ourdis par des courtisans médiocres ou envieux (épatante Raversi). Tous ces registres sont exploités à merveille par Stendhal qui se fend même parfois de commentaires sur le déroulement des péripéties qu'il ordonne. Drôlerie, sarcasmes, tout y est : impossible de s'ennuyer quand la plume se fait aussi alerte pour rattraper ce que l'imagination suggère.
La Sanseverina règne sur cette fresque trépidante de toute l'impétuosité de son tempérament entier et passionné. Altière et fantasque c'est une femme complexe dotée d'un grand pouvoir de séduction. Elle est loin d'être totalement désintéressée, ce qu'elle a montré en devenant duchesse de Sanseverina, complice en cela du Comte Mosca devenu son amant. Pour sauver son neveu, qu'elle aime par-dessus tout, elle s'attache les faveurs du prince régnant Ernest IV, et exerce son emprise avec pas mal d'habileté sans pour autant adopter les travers d'une vulgaire courtisane. L'élégance et le recul de la maturité sont réservés au Comte Mosca, son amant, ministre remarquable par son équilibrisme politique face à un prince cruel et fourbe. Il prend tôt la mesure de l'attrait de sa maîtresse pour Fabrice et en montre même de la jalousie, à juste titre. Très Perspicace, il a décelé rapidement en Fabrice le penchant irrépressible pour l'aventure amoureuse (Marietta, la Fausta), qui va le mettre relativement à l'abri d'une relation de rivalité avec le jeune homme dont il devient plutôt le mentor, lui transmettant son goût pour l'archéologie. Il tente par ailleurs, avec plus ou moins de bonheur, de contenir ou réguler les ardeurs de son amante. Superbes portraits.
Fabrice c'est la fougue de la jeunesse en même temps qu'une bonne dose de naïveté. Mais s'il consent à entrer dans les ordres pour faire plaisir à sa tante (et à Stendhal surtout), ce n'est pas pour renoncer aux plaisirs qu'il escompte bien tirer de la vie. A Naples l'amour fait partie intégrante de sa formation théologique, c'est ce qui rend pour moi le roman de Stendhal si savoureux (même chose d'ailleurs pour "le petit abbé", Julien, dans le Rouge et le Noir). Fabrice éprouve un grand attachement pour sa tante, quasi filial est-il précisé, il lui est reconnaissant de l'immense protection qu'elle lui assure. Ceci posé, il n'a que dix sept ans, au début, âge où l'amour reste à découvrir. Il ne veut s'interdire aucune aventure, aucun coup de foudre à venir, ce qui le protège de toute passion, de toute "folie sublime", voire de l'inclination extravagante que lui voue sa tante et qu'il n'ignore pas. Ici, les conquêtes amoureuses ne peuvent connaître aucune entrave. Bientôt sous le charme d'une jeune comédienne, Marietta, il tue rapidement son rival Giletti, contrariant une fois de plus son destin. Cette impulsivité nourrit les audacieux rebondissements du récit, car c'est par cette composante de sa psychologie que Stendhal ménage évidemment tous ses effets. On peut estimer certaines ficelles un peu grossières par endroit mais elles sont tirées avec infiniment d'esprit, l'ironie jamais très loin. le style enlevé, cavalier presque, donne du piquant aux situations, ajoute un peu plus au plaisir de la lecture.

La deuxième partie déploie autant de fastes d'imagination que la première mais le tempo en est sans doute plus mélancolique car plus axé sur l'évolution sentimentale de Fabrice découvrant l'amour. Ses retrouvailles avec la jeune Clélia Conti, rencontrée fortuitement au début de cette histoire, vont sceller la fin de son vagabondage amoureux. On le retrouve en fuite, poursuivi et en butte à une condamnation par contumace pour le meurtre qu'il a commis (Giletti). Sa tante menace de quitter Parme s'il est condamné et obtient sa grâce à l'arraché (scène d'anthologie du chapitre 14 : l'audience princière mettant face à face la Sanseverina, le comte Mosca et Ernest IV). Mais, par une ultime fourberie du prince, le sort de Fabrice va de nouveau être contrarié. Nouvelle machination exploitée par les ennemis de la Sanseverina, qui à travers elle, tentent de déstabiliser politiquement le comte Mosca.
C'est à la tour Farnèse que Fabrice tombe définitivement sous le charme de Clélia Conti où, à la grande surprise du lecteur, il découvre enfin le bonheur, sous les verrous. Mais la Sanseverina n'a pas dit son dernier mot, elle organise l'évasion proprement "rocambolesque" de son neveu avec la complicité de Clélia dont la délicatesse juvénile s'allie, contre toute attente, aux stratagèmes de la Sanseverina dans un même élan salvateur en direction de Fabrice. Ce dernier, évadé, accompagne ensuite sa tante sur les bords du lac Majeur où, loin de Clélia, il sombre dans la plus grande tristesse tandis que sa tante connaît maintenant les affres de la jalousie. Mais l'histoire est évidemment loin d'être finie, et malgré un dénouement quelque peu expédié, aux dires de l'auteur lui-même, le plaisir de la lecture reste presque intact jusqu'à la fin.
Certains ont jugé le style de Stendhal trop décontracté, personnellement, je reste assez inconditionnelle de la désinvolture stendhalienne, la liberté de ton qui s'y niche fait partie intégrante de son immense talent artistique.
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pops74
  06 septembre 2011
Comment j'ai choisi ce roman : je ne l'ai pas choisi... Bien au contraire je ne voulais pas le lire ! Comme il me semble l'avoir déjà dit, moins je lis de classique mieux je me porte. du coup je n'en ai pas lu beaucoup... Mais je me soigne :)
Résumé : L'enfance de Fabrice (Fabrizio) se déroule à une époque où Napoléon est au sommet de son empire et règne en maitre sur une grande partie de l'Europe. Fabrice est un fervent admirateur de l'empereur alors quand le pouvoir de celui-ci décline, il décide de s'engager à ses côtés. Mais Fabrice n'est pas un soldat très doué et lorsqu'après la bataille de Waterloo, il rentre en Italie, il est bien entendu refoulé d'une carrière militaire et décide alors de s'engager dans les ordres. Mais bien vite, son amour des femmes va le mettre bien mal à l'aise dans sa profession. Fabrice tombe très facilement amoureux et n'hésite pas à dépasser les limites des lois et à se battre pour ses belles. Surtout pour la plus belle de toute, Clélia. Ses amours le mèneront d'un bout à l'autre de l'Italie, en cavale, puis en prison. C'est d'ailleurs en ce lieu peu romantique qu'il tombera amoureux de celle qui inconsciemment va guider sa conduite et ses actions.
Mon avis : Je sais, on n'a pas forcément le temps de lire dans cette vie de fou qu'on mène… alors quand on a un peu de temps, on lit plus facilement l'interview principal du dernier GQ, le courrier des lecteurs de Cosmo ou un bon Tintin ! Alors les classiques, ca sera pour un jour, dans 10, 20 ou 30 ans, voire quand on sera à la retraite ! (mais bon ca ce n'est pas pour tout de suite !)
Mais peut être qu'on peut faire une exception… pour Fabrizio et Clélia, les deux héros italiens de ce roman dont l'intrigue se situe en Italie au XIXème siècle. Si vous avez déjà lu (ou juste essayé de lire) le Rouge et le Noir du même auteur, eh bien ca n'a rien à voir. Autant le Rouge et le Noir, est lent, autant ici l'action est très rapide ! En effet, celle-ci va à la vitesse de la réflexion de l'auteur qui a écrit les 600 pages en quelques 70 jours ! (zut j'aurais peut être pas dû vous dire qu'il faisait 600 pages, je sens que vous êtes découragés là…) Attention je ne veux pas vous forcer, après tout Balzac a fortement dénigrée cette oeuvre qui a rendu célèbre le Grenoblois ! Mais vous n'êtes pas Balzac et Stendhal nous livre ici un roman d'aventure, de découverte, de cape et d'épée, de pouvoir, et bien sûr d'amour impossible dont vous ne pourrez plus vous détacher !
La Chartreuse de Parme est un roman de formation où on assiste à toutes les étapes de la vie de Fabrice jusqu'à la fin de sa vie. On le voit franchir des obstacles, réussir certains combats qui le font grandir mais aussi faire face à des échecs – qui eux aussi lui apporteront beaucoup.
Alors vous qui passez plusieurs heures par jour dans les transports en commun, plutôt que de jouer avec votre Iphone, Ipad et tout le reste de la gamme Apple, profitez que vous possédez tous les jouets dernières technologies pour … lire ! Oui, oui, lire un classique ! Je ne vous demande même pas d'aller acheter la Chartreuse de Parme ! Il existe en livre numérique (ebook), et étant une oeuvre tombée dans le domaine public, il est gratuit ! Quant à ceux qui préfèrent les bons vieux livres papiers, vous le trouverez n'importe où pour quelques euros (je serais vous j'irais fouillez au grenier, il y est sûrement !)
Bonne lecture à tous !
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Citations & extraits (83) Voir plus Ajouter une citation
chartelchartel   21 février 2014
Ici, de tous côtés je vois d’inégales hauteurs couvertes de bouquets d’arbres plantés par le hasard, et que la main de l’homme n’a point encore gâtés et forcés à rendre du revenu. Au milieu de ces collines aux formes admirables et se précipitant vers le lac par des pentes si singulières, je puis garder toutes les illusions des descriptions du Tasse et de l’Arioste. Tout est noble et tendre, tout parle d’amour, rien ne rappelle les laideurs de la civilisation. Les villages situés à mi-côte sont cachés par de grands arbres, et au-dessus des sommets des arbres s’élève l’architecture charmante de leurs jolis clochers. Si quelque petit champ de cinquante pas de large vient interrompre de temps à autre les bouquets de châtaigniers et de cerisiers sauvages, l’œil satisfait y voit croître des plantes plus vigoureuses et plus heureuses là qu’ailleurs. Par delà ces collines, dont le faîte offre des ermitages qu’on voudrait tous habiter, l’œil étonné aperçoit les pics des Alpes, toujours couverts de neige, et leur austérité sévère lui rappelle des malheurs de la vie ce qu’il en faut pour accroître la volupté présente. L’imagination est touchée par le son lointain de la cloche de quelque petit village caché sous les arbres : ces sons portés par les eaux qui les adoucissent prennent une teinte de douce mélancolie et de résignation, et semblent dire à l’homme : La vie s’enfuit, ne te montre donc point si difficile envers le bonheur qui se présente, hâte-toi de jouir.
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ChocolatiineChocolatiine   07 septembre 2015
Le caractère de Clélia était profondément raisonnable ; et toute sa vie elle n'avait pas eu à se reprocher une démarche inconsidérée, et sa conduite en cette occurrence était le comble de la déraison : on peut juger de ses souffrances !... Elles étaient d'autant plus cruelles qu'elle ne se faisait aucune illusion. Elle s'attachait à un homme qui était éperdument aimé de la plus belle femme de la cour, d'une femme qui, à tant de titres, était supérieure à elle, Clélia ! Et cet homme même, eût-il été libre, n'était pas capable d'un attachement sérieux, tandis qu'elle, comme elle le sentait trop bien, n'aurait jamais qu'un seul attachement dans la vie.
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PenelopePenelope   19 juillet 2010
Les courtisans, qui n'ont rien à regarder dans leur âme, sont attentifs à tout: ils avaient remarqué que c'était surtout dans ces jours où Clélia ne pouvait prendre sur elle de s'élancer hors de ses chères rêveries et de feindre de l'intérêt pour quelque chose que la duchesse aimait à s'arrêter auprès d'elle et cherchait à la faire parler. Clélia avait des cheveux blonds cendrés, se détachant, par un effet très doux, sur des joues d'un coloris fin, mais en général un peu trop pâle. La forme seule du front eût pu annoncer à un observateur attentif que cet air si noble, cette démarche tellement au-dessus des grâces vulgaires, tenaient à une profonde incurie pour tout ce qui est vulgaire. C'était l'absence et non pas l'impossibilité de l'intérêt pour quelque chose. Depuis que son père était gouverneur de la citadelle, Clélia se trouvait heureuse, ou du moins exempte de chagrins, dans son appartement si élevé. Le nombre effroyable de marches qu'il fallait monter pour arriver à ce palais du gouverneur, situé sur l'esplanade de la grosse tour, éloignait les visites ennuyeuses, et Clélia, par cette raison matérielle, jouissait de la liberté du couvent; c'était presque là tout l'idéal de bonheur que, dans un temps, elle avait songé à demander à la vie religieuse. Elle était saisie d'une sorte d'horreur à la seule pensée de mettre sa chère solitude et ses pensées intimes à la disposition d'un jeune homme, que le titre de mari autoriserait à troubler toute cette vie intérieure. Si par la solitude elle n'atteignait pas au bonheur, du moins elle était parvenue à éviter les sensations trop douloureuses.
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Gwen21Gwen21   03 mars 2017
Comment peindre le moment de désespoir qui suivit cet exposé de la situation, chez une femme aussi peu raisonnable, aussi esclave de la sensation présente, et, sans se l’avouer, éperdument amoureuse du jeune prisonnier ? Ce furent des cris inarticulés, des transports de rage, des mouvements convulsifs, mais pas une larme. Elle renvoyait ses femmes pour les cacher, elle pensait qu’elle allait éclater en sanglots dès qu’elle se trouverait seule ; mais les larmes, ce premier soulagement des grandes douleurs, lui manquèrent tout à fait. La colère, l’indignation, le sentiment de son infériorité vis-à-vis du prince, dominaient trop cette âme altière.
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CielvariableCielvariable   11 mai 2013
AVERTISSEMENT


C’est dans l’hiver de 1830 et à trois cents lieues de Paris que cette nouvelle fut écrite ; ainsi aucune allusion aux choses de 1839.
Bien des années avant 1830, dans le temps où nos armées parcouraient l’Europe, le hasard me donna un billet de logement pour la maison d’un chanoine : c’était à Padoue, charmante ville d’Italie ; le séjour s’étant prolongé, nous devînmes amis. Repassant à Padoue vers la fin de 1830, je courus à la maison du bon chanoine : il n’y était plus ; je le savais, mais je voulais revoir le salon où nous avions passé tant de soirées aimables, et, depuis, si souvent regrettées. Je trouvai le neveu du chanoine et la femme de ce neveu qui me reçurent comme un vieil ami. Quelques personnes survinrent, et l’on ne se sépara que fort tard ; le neveu fit venir du Café Pedroti un excellent zambajon. Ce qui nous fit veiller surtout, ce fut l’histoire de la duchesse Sanseverina à laquelle quelqu’un fit allusion, et que le neveu voulut bien raconter tout entière, en mon honneur.
- Dans le pays où je vais, dis-je à mes amis, je ne trouverai guère de soirées comme celle-ci, et pour passer les longues heures du soir je ferai une nouvelle de votre histoire.
- En ce cas, dit le neveu, je vais vous donner les annales de mon oncle, qui, à l’article Parme, mentionne quelques-unes des intrigues de cette cour, du temps que la duchesse y faisait la pluie et le beau temps ; mais, prenez garde ! cette histoire n’est rien moins que morale, et maintenant que vous vous piquez de pureté évangélique en France, elle peut vous procurer le renom d’assassin.
Je publie cette nouvelle sans rien changer au manuscrit de 1830, ce qui peut avoir deux inconvénients : Le premier pour le lecteur : les personnages étant italiens l’intéresseront peut-être moins, les cœurs de ce pays-là diffèrent assez des cœurs français : les Italiens sont sincères, bonnes gens, et, non effarouchés, disent ce qu’ils pensent ; ce n’est que par accès qu’ils ont de la vanité ; alors elle devient passion, et prend le nom depuntiglio. Enfin la pauvreté n’est pas un ridicule parmi eux.
Le second inconvénient est relatif à l’auteur.
J’avouerai que j’ai eu la hardiesse de laisser aux personnages les aspérités de leurs caractères ; mais, en revanche, je le déclare hautement, je déverse le blâme le plus moral sur beaucoup de leurs actions. A quoi bon leur donner la haute moralité et les grâces des caractères français, lesquels aiment l’argent par-dessus tout et ne font guère de péchés par haine ou par amour ? Les Italiens de cette nouvelle sont à peu près le contraire. D’ailleurs il me semble que toutes les fois qu’on s’avance de deux cents lieues du midi au nord, il y a lieu à un nouveau paysage comme à un nouveau roman. L’aimable nièce du chanoine avait connu et même beaucoup aimé la duchesse Sanseverina, et me prie de ne rien changer à ses aventures, lesquelles sont blâmables.
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La chartreuse de Parme

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