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EAN : 9782375680810
374 pages
Editions du chat noir (06/06/2018)
4.4/5   5 notes
Résumé :
Automne 1917, Nord-Est de la France.

La Blitzkrieg du Kaiser a dévasté les environs, mais une petite communauté de malfrats règne désormais sur ce no man’s land. À sa tête, Monsieur, chef auto-proclamé. Un personnage à la gueule cassée, lunatique et mystérieux. Comme on dit aux alentours, personne ne sait qui il est véritablement et d’ailleurs, tout le monde s’en fout, d’autant plus que l’ignorance est gage de survie. Le Quenottier, armé de sa fidèle ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
AmeliaChatterton
  25 janvier 2020
J'ai voulu terminer la trilogie des Récits du Monde Mécanique et retrouver Maxwell et Jérémiah, les frères jumeaux de cet univers steampunk dark à souhait. Après Smog of Germania et Scents of Orient, voici Realm of Broken Faces, le Royaume des Gueules cassées, où prédominent la boue, le sang et le métal...
Un hommage aux gueules cassées
Ce dernier tome nous emmène dans une France uchronique où La Première Guerre Mondiale aurait été gagnée par le Saint Empire Germanique. La France a capitulé, et le bon vieux Clémenceau doit faire face à un nouvel Empereur inexpérimenté et tyrannique.
Après le partage des terres, est resté une zone qui n'appartient à aucun des deux camps, un village à moitié souterrain d'irréductibles gueules cassées, géré d'une main de maître par un mystérieux orfèvre, mi-homme mi-robot : Monsieur. C'est là que vit le Quenottier, personnage principal de notre histoire, qui va prendre part malgré lui à des événements qui le dépassent.
Marianne Stern nous propose de vivre le quotidien de ces renégats des deux camps, dont le retour à une civilisation est impossible. La plupart sont des gueules cassées, comme La Carne, à qui il manque le nez, d'autres des meurtriers ou des voleurs. Il vivent de larcins, récupérés sur les corps des soldats tombés dans les tranchées comme Quenott' qui défonce les têtes des cadavres à coups de pelle pour récupérer les dents en or.
Pour compléter le tableau, au vu des fréquentes attaques des allemands et français pour récupérer ce territoire, Monsieur a réalisé une petite armée de zombies mécaniques à partir des soldats morts et d'armes de fortune. Fantoches à la gueule défoncée, ils effraient les soldats et sont discriminés par les renégats, ce qui fait ironiquement d'eux les gueules cassées des gueules cassées.
L'auteure ne nous épargne aucun détail pour mieux nous plonger dans l'horreur du quotidien : la boue des tranchées, les odeurs atroces des excréments ou des morts, les soldats-robots en décomposition, les corps mangés par les rats, la pourriture...Mais aussi l'effet de la guerre sur certains hommes avec des scènes de cannibalisme et de folie meurtrière. Âmes sensibles s'abstenir !
Derrière ce noir tableau, se dessine une critique de la société d'après-guerre qui éprouve des difficultés à réintégrer ces soldats défigurés ou marqués psychologiquement. Ces derniers ne se sentent plus vraiment légitimes à avoir une vie normale, comme si la guerre et la violence étaient devenus leur quotidien. En cela, les robots-zombies semblent une bonne métaphore de ces hommes déshumanisés.
La place des femmes dans un monde dominé par les hommes
A travers le récit, nous allons rencontrer plusieurs figures féminines qui s'efforcent de s'adapter à la Guerre de différentes manières. L'auteure donne enfin du relief à ses personnages féminins contrairement aux tomes précédents qui privilégiaient les hommes. Mais cela ne va pas sans heurts car elles ont toutes un grain.
Il y a tout d'abord Murmure, ou la Greluche comme dit Quenott'. Une gamine des rues à la gouaille insolente, au caractère bien trempé et aux manières étranges sortie de nulle part. La môme n'a peur de rien, ni de jouer avec une mitraillette, ni de manger de l'allemand. Elle va jouer un rôle important dans le récit, collée aux basques du Quenottier. On peut dire qu'elle est une gamine issue de la guerre, qui se bat pour survivre.
A l'inverse, La Veuve, aristocrate recueillie par Monsieur a une liberté limitée : elle est prisonnière du camp. Outre un caractère bien trempé, elle ruse pour rejoindre la civilisation, étant peu faite pour cette vie de rebelle. Son but est de retrouver un ancien amour perdu. Sa motivation reste l'amour et l'espoir.
Victime de la guerre, Satine est l'une des prostituées du camp. Elle aspire à une vie normale sans avoir à écarter les cuisses. Elle est prisonnière de l'Allemoche, maquerelle allemande qui profite du conflit pour la vendre autant aux soldats qu'aux renégats. Son but est de s'enfuir pour fonder une famille et retrouver sa liberté.
Enfin, Meike incarne la femme qui s'efforce de s'intégrer dans le monde des hommes. Elle est la capitaine du vaisseau amiral allemand dans lequel va prendre place l'Empereur pour une ultime reconquête de ce No man's Land. C'est une personne intègre, respectée de ses soldats mais qui méprise la misogynie et la faiblesse du jeune empereur dont elle va abuser. Elle souhaite être considérée à l'égale d'un homme mais a tendance à se comporter comme un homme, avec les travers qui l'accompagnent.
Pour résumer, Marianne Stern présente des personnages féminins forts, loin des clichés de la demoiselle en détresse. Et cela vaut mieux pour elles, car à moins d'un sale caractère ou d'une grande intelligence, cet univers de violence ne leur fera pas de cadeau.
Une magnifique conclusion des Récits des Mondes mécaniques
Ce dernier tome, plus noir que les précédents  rassemble l'ensemble des protagonistes des récits antérieurs : Jérémiah l'Exécuteur de l'Empereur, Maxwell son frère contrebandier, Bellecourt l'espion sans maître, mais aussi Viktoria et son frère Joachim le nouvel empereur.  Ces derniers trouveront chacun une évolution inattendue et un destin à la hauteur de leurs actions. Je vous conseille, pour une meilleure compréhension de l'histoire, de lire les tomes précédents.
Pour rythmer le récit, l'auteure a choisi d'alterner les points de vue. On note principalement le récit de Quenott' sur les actions à l'intérieur du camp, celui de Meike et de Joachim dans le ciel avec les zeppelins, et celui de Bellecourt naviguant entre les deux camps, à bord du vaisseau l'Hélébore. Cette technique permet d'avoir une vue d'ensemble de la situation dans les deux camps depuis le sol...et les airs !
En effet, si 50% du récit a lieu dans la boue des tranchées et du camp, l'autre moitié du temps, l'action se situe dans des aéronefs ou des zeppelins. A ce sujet, Marianne Stern nous épargne certains détails techniques barbants. La seule différence notoire entre cet univers et le nôtre est que l'ensemble de la flotte allemande carbure aux diamants, invention de Maxwell, évoquée dans Scent of Orients.
Comme le récit principal est tenu par Quenott', le style prête à sourire car il s'exprime avec une gouaille et un vocabulaire amusant et immersif, proche des titis parisiens. A tel point qu'il contamine les titres des chapitres, dont voici un petit florilège : Boboche sauce au poivre, Lorsque l'Aristoche entre en scène, etc...
Quant aux rebondissements, accrochez-vous bien ! Entre la mystérieuse identité du chef des renégats et de la Veuve, l'objet de la présence de Murmure au camp, le destin de Quenott',  le conflit pour récupérer ce bout de terrain paumé dans les tranchées, et les compétences de dirigeant du nouvel empereur... vous irez de découvertes en découvertes, le tout dans un brouillard inquiétant et de la boue immonde à souhait. Marianne Stern a écrit l'histoire sur du Rock et du Metal, (elle donne sa playlist à la fin si vous souhaitez lire en musique), et cela se ressent sur le rythme de l'histoire.
Pour lire la suite et la partie spoilers, rdv sur :
Lien : https://lestribulationsdemis..
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leslecturesdeDoris
  25 août 2019
Autant te le dire tout de suite : ce tome est pour moi le meilleur de la série !
Son gros point fort, c'est l'humour et pourtant ce roman est emprunt de violence et de folie. C'est sanglant, on peut dire gore, plein d'émotions brutes et on rit quand même !
Cela est dû notamment à deux personnages : le Quenottier, espèce de pilleur de cadavres armé de sa fidèle pelle, et la mioche (ou Greluche, au choix), une petite fille bien plus mûre qu'il n'y parait. Leur langage fleuri et leur comportement décalé sont drôles, et ça se marie très bien avec l'ambiance morose des tranchées, la boue, la mort, le désespoir, les gueules cassées. C'est un mélange détonnant qui marche. La preuve, j'ai adoré !
La plume est toujours très fluide, et selon le registre de langage, on sait tout de suite qui est le narrateur. Entre « aristoches » et ploucs, la distinction est vite faite et la multitude de points de vue permet justement de faire le trait d'union entre les tranchées et le reste du monde qui s'intéresse d'un peu trop près à ce qui se passe dans ce no man's land…
C'est que ce champ de bataille a été reconverti en camp de fortune suite à la guerre et que de drôles d'individus y vivent. Outre le Quenottier, c'est ici le paradis des gueules cassées, les blessés de guerre, qui survivent comme ils peuvent (souvent en pillant les cadavres). Et des corps, il y en a dans le coin. Entre les troupes, françaises ou allemandes, qui essaient de reprendre le contrôle de ces terres (sans succès…) ou les aérostats qui s'écrasent à cause des mines aériennes, ce n'est pas ce qui manque. On murmure qu'un orfèvre se cacherait dans le camp et commanderait aux mines et aux « fantoches », ces zombies mécaniques qui défendent les tranchées…
L'imagination sans bornes de Marianne Stern montre tout son talent dans ce dernier tome. Un nouveau lieu qu'on croirait voir de nos yeux, de nouvelles créations ingénieuses, des personnages hauts en couleur, des relations humaines justes, des émotions à la pelle… Et tant d'autres éléments qui font de ce récit un final à la hauteur de cette trilogie.
En tout cas, il est certain que je m'intéresserai de très près aux prochaines parutions de Marianne, dont j'aime l'esprit tordu, parfois clairement sadique, mais tellement créatif !
Lien : http://dorisbouquine.canalbl..
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OmbreBones
  13 juin 2018
Ce troisième tome aura été un véritable coup de coeur auquel j'ai du mal à trouver des défauts. Il contient tout ce que j'aime chez cette auteure et tout ce que je recherche dans un livre: un univers sombre, des personnages travaillés et torturés qui sortent du lot, une identité littéraire dans l'écriture et une mentalité particulière qu'on ne retrouve que trop rarement dans la littérature SFFF francophone à l'exception de quelques auteurs dont je parle assez souvent sur le blog. Je ne peux que vous conseiller la lecture de ses ouvrages, particulièrement si vous aimez les ambiances militaires, les univers uchroniques et les protagonistes inoubliables. J'ai tourné les dernières pages avec émotion en disant adieu à ce monde et à cette saga qui a donné naissance à l'un de mes personnages littéraires préférés (c'est vous dire !). Merci Marianne pour cet extraordinaire voyage dans les mondes mécaniques ♥
Lien : https://ombrebones.wordpress..
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sosso11
  31 août 2020
j'ai reçu ce bouquin dans mon abonnement boobox.
j'ai pas trop accroché à l'histoire car j'ai trouvé l'univers du bouquin un peu sombre.
mais je me suis accroché jusqu'au bout pour connaitre la fin mais par contre je ne lierai pas la suite
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
CamethystaCamethysta   05 avril 2021
Ce genre de quotidien, ça vous taillait des lézardes dans le cerveau aussi sûrement qu'un scalpel, et fallait pas espérer les guérir. Y’avait des blessures invisibles. Sauf que les gens de bonne famille, avec leurs derches bien au chaud loin des lignes du front, ils comprenaient rien à rien.
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Vidéo de Marianne Stern
Montres Enchantées Précommande : http://editionsduchatnoir.com/shop/fr/38-montres-enchantees.html Anthologie steampunk sur le thème du temps Sortie Avril 2014 aux Editions du Chat Noir
Auteurs : Marie Angel, Marie Lucie Bougon, Esther Brassac, Fabien Clavel, Sophie Dabat, Hélène Duc, Clémence Godefroy, Cécile Guillot, Claire Stassin, Geoffrey Legrand, Lucie G. Matteoldi, Pascaline Nolot, Laurent Pendarias, Marine Sivan, Marianne Stern, Vincent Tassy, Adeline Tosello
Indécis entre fuite et union, le temps est un amant insaisissable. Omniprésent, dès qu'on le regarde, il s'efface pourtant, déjà évanescent. Inlassablement, il permet croissance ou use jusqu'à l'extinction. L'être humain pourchasse depuis toujours ce dieu créateur et destructeur, en quête de son asservissement. Secondes, minutes, heures... L'esprit cartésien a beau le fractionner, il n'en demeure pas moins incontrôlable. Et si la relecture de notre passé, de notre culture, ou encore du progrès scientifique nous en accordait la maîtrise, l'Homme saurait-il mieux gérer son temps ? Plongez-vous sans perdre une minute dans cette anthologie et peut-être, parmi ses pages, percevrez-vous le tic-tac de ces montres enchantées.
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