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EAN : 9782809827194
450 pages
Éditeur : L'Archipel (16/10/2019)

Note moyenne : 4.42/5 (sur 31 notes)
Résumé :
En 1943, Pino Lella est un jeune Italien comme les autres : il aime la musique, les filles, et ne veut pas entendre parler de la guerre ni des nazis. Mais le temps de l'innocence prend fin lorsque l'appartement familial est détruit par un raid des Alliés sur Milan. Pino entre alors dans la clandestinité en rejoignant un réseau qui aide les Juifs à passer en Suisse. Il y rencontre Anna, jolie veuve de six ans son aînée, dont il tombe follement amoureux.Mais les paren... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (19) Voir plus Ajouter une critique
enjie77
  25 octobre 2019
« Notes de l'auteur : Alors que je dînais à Bozeman – un bled perdu dans le Montana - j'ai pour la première fois entendu parler de la vie extraordinaire d'un jeune italien de dix-sept ans, héros inconnu de la Seconde guerre mondiale. Ma première réaction fut de ne pas croire un mot de l'histoire de Pino Lella. Ses aventures au cours des vingt-trois derniers mois du conflit semblaient trop incroyables pour être véridiques ».
Pino Lella, c'est Giuseppino Lella, dix-sept ans, longue silhouette dégingandée d'un mètre quatre-vingt-cinq pour soixante-quinze kilos, très beau garçon, plus préoccupé par les filles et la musique que par les évènements qui l'entourent. Et puis un jour, il y a « le coup de foudre » celui qui modifie votre vision de la vie, qui vous obsède jour et nuit ! Elle est très belle Anna, elle est veuve et a quelques années de plus que lui. Oui mais l'Histoire se rappelle à Pino : l'appartement de ses parents est bombardé. Pour le préserver des dangers de la guerre qui se font de plus en plus prégnants, ses parents l'envoient dans le pensionnat du Père Re, à Motta, « La Casa Alpina » bien connu de la famille, près du col de Splügen reliant les Alpes du Nord à la Suisse. Il y retrouve son frère de quinze ans, Mimmo.
Pino, c'est un passionné de montagne, il la connait par coeur la montagne depuis le temps qu'il vient y séjourner, il est un skieur émérite ! Et il a le physique « ad hoc » ! le Père Re le sait et il échafaude des projets pour Pino.
Ce garçon n'a que dix-sept ans mais c'est à cet instant que son destin bascule et qu'il rentre dans une filière catholique clandestine qui évacue des juifs italiens en les faisant passer en Suisse. Cette expérience transforme l'adolescent en un résistant convaincu. Par la suite, les circonstances vont l'amener à devenir le chauffeur attitré du Général Leyers, bras droit d'Hitler et certainement l'un des hommes les plus puissants d'Italie du Nord qu'il va espionner pour le compte de la Résistance italienne.
C'est difficile d'écrire un commentaire sur ce livre exceptionnel qui m'a beaucoup émue ! C'est le témoignage d'un homme qui aura vécu une destinée hors du commun. Exceptionnel par son contenu : Pino a vécu soixante ans sans jamais témoigner ! Il a refoulé son histoire au plus profond de son inconscient. Des souvenirs trop compliqués à gérer. Exprimer l'un d'entre eux, c'est en même temps réveiller des sentiments, des blessures entremêlés d'héroïsme, d'amour, de joie, de souffrance, de violence, de trahison. Il fallait bien tourner la page coûte que coûte. Jusqu'au jour où, en Italie, dans les années 1990, il se sentit prêt à ouvrir son coeur à un américain, rencontré inopinément, partageant le même amour de la montagne.
Quant à l'écriture, elle est addictive, fluide, très facile à lire. Elle nous immerge dans l'ambiance milanaise des années 43 et 44 jusqu'à l'épuration sauvage ! Pour les passionnés d'Histoire, ce récit est à la fois un témoignage important, atypique, et en même temps une fiction pour les besoins du livre. On vit avec Pino au plus près des évènements. Lorsque celui-ci, de nuit, en pleine montagne, guide des personnes à travers des sentiers insensés, les descriptions sont d'une telle précision, que c'est le lecteur qui ressent le poids de la responsabilité de Pino : sauver des vies humaines malgré les patrouilles, malgré la montagne ! Et les rencontres Leyers – le Duce sont de même factures, nous y participons !
Mark Sullivan a fait un énorme travail d'enquête sur dix ans. Il a rencontré plusieurs fois Pino, a fait plusieurs séjours en Italie pour parfaire son ouvrage. En fin du livre, l'épilogue nous éclaire sur le devenir de tous les protagonistes : il n'y a que le rôle du Général Leyers qui reste ambigüe. Une adaptation de ce roman est prévue au cinéma ; ce qui n'a rien de surprenant tant l'histoire s'y prête. Il faut espérer que les faits seront respectés.
J'ai une pensée émue pour Alberto Ascari qui apprend à conduire à Pino. Ce grand pilote remporta le Grand Prix mondial de 1952 et 1953 au volant d'une Ferrari et j'entends mon père en parler avec admiration !
Quant à moi, je ne pourrai plus me promener dans Milan et encore moins visiter la Scala, la région de Bolzano où la région des lacs sans penser à ce que ce livre m'a appris, sans me remémorer les scènes qui s'y sont déroulées.
« Etait-ce l'alcool, ou parce que cette histoire m'obsédait depuis trop longtemps, toujours est-il que Pino m'apparaissait alors comme une porte ouverte sur un monde ancien où les fantômes de la guerre et du courage, les démons de la haine et de l'inhumanité, les arias de la foi et de l'amour existaient toujours dans cette âme bonne et honnête qui avait survécu pour raconter ce récit. J'ai eu des frissons en pensant au privilège et à l'honneur qui m'étaient accordés d'avoir pu entendre ses confessions.
Son regard s'est perdu au-delà du lac, vers ses Alpes bien aimées qui se dressaient comme des cathédrales improbables dans le ciel d'été. Il a repris du chianti. Ses yeux se sont voilés et le silence est retombé. le vieil homme était loin, très loin ».
Arrivederci Giuseppino ! La Pace sia con te !
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Eve-Yeshe
  11 septembre 2019
Pino (pour Giuseppino) Lella a dix-sept ans, se passionne pour la musique et les intérêts de son âge tout simplement, lorsqu'il est confronté à la guerre : lors d'une sortie au cinéma avec son petit frère, survient un bombardement par les Alliés. Il avait invité à cette sortie une jeune femme rencontrée dans la rue, et qui lui avait tapé dans l'oeil (et qui n'est jamais venue).
Les bombardements continuent et un jour, l'appartement de ses parents est détruit. Ces derniers décident de l'envoyer dans un camp de vacances où il est allé tous les étés, plus jeune, ce qui ne lui plaît pas du tout (il se trouve trop vieux pour y aller !). le prêtre lui impose des promenades, escalades même à un rythme soutenu et finalement il le forme dans le plus grand secret à faire passer la frontière à des Juifs. Situation souvent périlleuse car les brigands considèrent que la montagne leur appartient pour leurs trafics.
Ses parents le font revenir à Milan (il a l'âge de la circonscription, pour être enrôler chez les Allemands) et à son grand dam, le pousse à « collaborer »… Son oncle et sa tante (Allemande) l'encourage lorsqu'un général allemand, bras droit d'Hitler himself, impressionné par la manière dont il a dépanné sa voiture, l'embauche comme chauffeur. Il va ainsi espionner pour le compte des Alliés les faits et gestes de Leyers, la manière dont il construit la défense pour arrêter la progression des Alliés, utilisant des esclaves qu'il tue à la tâche.
Travail compliqué car il doit se faire passer pour un adepte de la cause hitlerienne, et donc se fait traiter de collabo, car personne ne doit être au courant même ses parents pour ne pas le mettre en danger. Son frère s'engage dans la résistance et le méprise, le traitant de lâche.
J'ai adoré suivre les traces de ce héros « ordinaire », ses hauts le coeur devant les exactions de Leyers, grâce auquel il rencontre le Duce qui est pitoyable, prêt à n'importe quoi pour sauver sa peau et celle de sa Clara.
J'ai lu beaucoup de livres, romans, témoignages, et autres sur la deuxième guerre mondiale, mais je connaissais très peu l'histoire de la résistance italienne. Cela se limitait à la fameuse rencontre Mussolini Hitler où sciemment tout est organisé pour que le train s'arrête toujours à côté du tapis rouge, Hitler trônant sur le marchepied pour mieux asseoir sa domination, ou encore la mort du Duce pendu la tête en bas avec Clara…
Le propos n'est jamais triste, car une histoire d'amour se tisse entre Anna, (la jeune fille qu'il avait invitée au début) qui s'avère être la femme de chambre de la maîtresse de Leyers.
Mark Sullivan nous livre aussi des pages superbes consacrées à Puccini, « Nessun dorma » extrait du 3e acte de Turandot, et notamment le concert improvisé sur la colline avec le père de Pino au violon et Beltramini, le père de Carletto, son ami d'enfance, en ténor.
Mark Sullivan s'est livré à un travail de fourmi pour reconstituer la vie de ce jeune Italien, véritable héros de la deuxième guerre mondiale, engagé dans la lutte contre les nazis et le fascisme à l'âge de dix-sept ans et qui serait resté un héros très discret voire totalement inconnu, s'il n'était pas tombé sur cette histoire par hasard alors que son roman avait fait un flop…
Il a partagé la vie de cet homme qui ne s'est jamais considéré comme un héros et se prétend lâche ! son enquête a été difficile car dit-il : « je me suis heurté à une sorte d'amnésie collective concernant l'Italie et les Italiens d'après-guerre »
J'ai beaucoup aimé ce livre qui m'a donné l'immense envie de Pino.. comme toujours, quand j'ai un coup de coeur pour un roman, j'ai du mal à rédiger ma chronique…
Un grand merci à NetGalley et à Amazon Publishing France qui m'ont permis de découvrir cette pépite.
#SousUnCielécarlate #NetGalleyFrance
Lien : https://leslivresdeve.wordpr..
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sylvaine
  11 septembre 2019
Sous un ciel écarlate Mark Sullivan Amazon Publishing France Octobre 2019
#SousUnCielécarlate #NetGalleyFrance
Nord de l'Italie, Milan, 1943/1945. L'histoire d'un tout jeune homme Pino Lella, encore adolescent même. Pino va d'abord servir de passeur vers la Suisse, ensuite se retrouver chauffeur de l'un des bras droits d'Hitler le Général Leyers chef suprême des forces allemandes de l'Italie du Nord. Ce tout jeune homme va suivre Leyers partout et pouvoir ainsi collecter des informations cruciales pour les alliés. Pino c'est aussi un jeune homme fou amoureux . Comment son parcours a t'il pu échapper à la sagacité des historiens, des journalistes? Mark Sulivan évoque le désir des italiens d'oublier à tout prix ces années sombres et de regarder vers l'avenir toujours et encore.
Un parcours de vie qu'il fallait sans aucun doute mettre en lumière, merci à l'auteur pour cela. Cependant si ce récit m'a touchée je regrette que l'auteur n'est pas su se montrer à la hauteur du défi. La narration et l'écriture me semblent bien terne pour un tel sujet , monotonie et linéarité sont au rendez-vous. Dommage
Un grand merci à Amazon Publishing France pour ce partage
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LesReveriesdIsis
  18 novembre 2019
Pour une fois, c'est le résumé de ce roman qui m'a conquise plus que la couverture qui est pourtant plutôt programmatique. Nous ne sommes pas leurrés sur le contenu : avions, guerre, ciel de sang… le thème est bien là. La lecture ne sera pas joyeuse. Bien que ce ne soit pas prévu au départ, je fais rentrer ce roman dans ma PAL du Pumpkin Autumn Challenge, qui n'aura jamais autant été malmenée que cette année! Ce sera donc mon nouvel Automne Astral, catégorie l'Autre mère car ici il est bien question de famille et d'amitié, même si le coeur du récit est ailleurs.
Sous un ciel écarlate se déroule durant la Seconde Guerre mondiale, en Italie. Pino a alors dix-sept ans,. Alors qu'il en est aux premières amours, les Alliés bombardent la ville, les affres de la guerre s'accentuent et Pino doit faire des choix : quitter la ville et le carnage des bombes, y revenir, s'engager… oui, mais dans quel camp? Et l'Histoire laissera-t-elle l'Amour vivre ou l'étouffera-t-elle dans l'oeuf?
Deux éléments rendent ce récit d'autant plus précieux et intéressant : le prologue et l'épilogue. Dit ainsi, je sais que cela semble curieux. En fait, ce roman est inspiré d'une histoire vraie, celle du véritable Pino Lella. le prologue le rappelle et explique dans quelles conditions l'auteur l'a rencontré. Or, au fil de la lecture, nous sommes emportés dans le récit et nous perdons de vue qu'il s'agit d'une histoire vraie, à l'origine. L'épilogue nous le rappelle en nous expliquant ce qui est arrivé aux différents protagonistes après la guerre. Ce roman – car c'est bien un roman, l'auteur dit lui-même qu'il a comblé les trous dans la mémoire de Pino – s'inscrit donc dans une véritable historicité et il acquiert un retentissement plus grand dans nos coeurs.
J'ai particulièrement apprécié que ce roman évoque la guerre du côté italien. Etant germaniste, j'ai étudié en long en large et en travers la Seconde Guerre mondiale en Allemagne et j'avoue que je deviens difficile avec ce thème. Mais je connais mal cette période en Italie, et l'auteur se montre particulièrement précis sur le contexte historique. Mussolini surgit entre ces pages, avec sa maîtresse, sous un jour peu flatteur, les exactions de la Gestapo sont montrées de page en page dans toute leur horreur, les vols, les pillages, les intimidations, les machinations des puissants, tout apparaît. L'auteur ne se cantonne pas seulement à la guerre en elle-même, et c'est particulièrement intéressant car cela donne encore de la profondeur au récit. Au lieu de terminer sur la liesse suite à la défaite allemande, l'auteur nuance et évoque l'immédiate après guerre. J'ai aimé que cette période ne soit pas idéalisée : si c'est une libération pour beaucoup, c'est aussi et surtout une période sanglante faite de règlements de comptes, de basses vengeances, de représailles, de femmes humiliées, d'assassinats d'opportunité. Une période dangereuse car la foule en colère peut devenir incontrôlable et la vindicte s'abat sans distinction, faisant d'innocentes victimes à côté des bourreaux. Mon petit coeur de lectrice a souffert à la lecture de ces pages mais s'est aussi réjoui de voir cette période retranscrite sans voile d'idéalisme. le roman gagne donc en épaisseur grâce à ce parti pris et se charge d'une véritable nuance. le bourreau peut aussi parfois faire de bonnes actions, le héros peut se montrer injuste ou faible.
Dans ce roman, l'insouciance du début est vite balayée par la guerre, par l'engagement, par les déchirements, par les drames puis par les retrouvailles. J'aurais envie de dire que l'histoire est menée tambour battant et pourtant, ce n'est pas tout à fait vrai. Au sein de cette urgence, nous avons des tempos plus lents, qui parfois nous pèsent un peu, osons le mot. Certains passages relèvent de l'anecdote or, même s'ils nous semblent anodins ou peu importants, ils contribuent à faire cristalliser des personnages complexes. Ainsi, des promenades en montagne préparent les projets du père Re, les repas de groupe montrent l'atmosphère. La rythmique qui est imposée au livre correspond finalement à la vie réelle : de brusques accélérations qui bien souvent infléchissent le cours de notre vie, des rencontres inattendues et des moments doux, presque hors du temps, qui côtoient la souffrance à l'état pur, le désespoir et la détresse. Ainsi, la plume de l'auteur sait se rendre nerveuse pour traduire l'urgence, pointilleuse pour nous donner à voir un paysage de montagne, elle sait se faire dramatique pour raconter les combats, les morts, la souffrance mais aussi douce et lyrique pour dire l'amour.
du côté des personnages, j'ai un coup de coeur pour Pino. Son insouciance et sa joie de vivre sont communicatives au début. Il nous touche par son désir de vivre et par sa gouaille adolescente. Lorsque le temps de l'engagement est venu, il force notre respect par son courage, sa détermination et son sang-froid. Il est absolument stupéfiant de penser que ce qui nous est raconté a vraiment eu lieu. du moins pour la majeure partie des éléments. Beaucoup de mésaventures de Pino paraissent romanesques ou dignes d'un film, nommez cela comme vous le voulez. Cela rend le destin de cet homme encore plus incroyable, son courage et sa force de caractère n'en paraissent que plus grands. Pour autant, l'auteur n'en fait pas un homme parfait. Il doute, hésite, se décourage, regrette. Il est humain, tout simplement. Son parcours m'a profondément émue, son amour pour Anna aussi. Je n'ai pas honte de dire que la fin m'a arraché des larmes, à moi qui ne pleure jamais devant un roman ou un film. Pourtant, un élément m'a touchée au-delà de l'imaginable, sans doute parce que j'ai mesuré la douleur ressentie par Pino.
La galerie de personnages en général est intéressante. Parmi mes préférés, nous trouvons le Père Re, prêtre courageux, tolérant et humain. le frère de Pino, Mimmo, se détache aussi du lot. Comme son frère, il est hors norme. C'est un garçon entier, courageux et fier… qui ne mâche pas ses mots et le regrette parfois! Il fait un contrepoint intéressant à Pino. L'un est incapable de faire des concessions, l'autre sait louvoyer et agir dans l'ombre pour arriver à servir au mieux les intérêts du groupe, quitte à essuyer le mépris – sans l'avoir mérité. A vous de découvrir qui est qui!
Ainsi, je suis bluffée par ma lecture. Non seulement j'ai découvert un autre versant de l'Histoire, mais les personnages et leur destin m'ont planté un poignard dans le coeur et m'ont émue aux larmes. Sous un ciel écarlate est une lecture qui sonne juste, sans trémolos et sans pathos, une lecture émouvante tout simplement.
Lien : https://lesreveriesdisis.com..
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AngeliqueL73
  06 novembre 2019
Ce roman historique inspiré de la vie de Pino Lella est un récit captivant, mêlant histoire, aventure, suspense et même amour. Il est intéressant de découvrir un récit italien sur la seconde guerre mondiale.
L'auteur est passionné et admiratif de l'histoire vécue par Pino, cela se ressent dans son écriture. Il veut nous transmettre un témoignage au plus proche de la vérité.
Un travail minutieux d'enquête a d'ailleurs été réalisé par Mark Sullivan en vue d'apporter des réponses aux interrogations qui hantaient Pino depuis des décennies.
Une magnifique leçon de vie et d'humanité, un livre qui pousse à se questionner, à devenir meilleur !!
Un de mes coup de coeur de cette année 2019 que j'ai refermé avec beaucoup d'émotions.

Le témoignage de Pino devait être connu et doit être transmis en devoir de mémoire.
Je remercie vivement les Editions de L'Archipel ainsi que l'équipe Masse Critique de Babelio pour cette lecture passionnante.
L'histoire :
Italie, ville de Milan, nous sommes en 1943, en plein dans la seconde guerre mondiale qui ravage l'Europe. Là-bas vit Pino Lella, il a 17 ans et pour lui la guerre se résume à un flash d'informations qu'il écoute d'une oreille distraite sur sa radio.

Mais ce conflit va s'introduire dans sa vie d'une façon brutal, un soir alors qu'il est au cinéma, celui-ci est bombardé, il en réchappe mais sa vie va désormais prendre un autre tournant. Fini le temps de l'insouciance.
Lorsque le foyer familial est détruit par les bombes, le père de Pino décide de l'envoyer terminer ses études à la Casa Alpina chez le Père Ré. Au départ Pino refuse, il connaît l'endroit et se trouve désormais trop âgé pour le fréquenter. Et puis, il a rencontré la belle Anna et malgré que celle-ci lui ai posé un lapin pour le cinéma, elle ne cesse d'occuper ses pensées.
L'autorité paternel l'emporte, Pino qui sa famille.
Dès son arrivée, le Père Ré envoi Pino en expédition dans la montagne, lui fait utiliser différents itinéraires, lui demande de faire attention à telles ou telles choses…. Et ce sans lui en donner les raisons. Pino ne tardera pas à découvrir le but de ces expéditions alpines, il est bientôt désigné comme guide pour passer des Juifs en Suisse.

Quelques jours avant ses 18 ans, Pino rentre à Milan. Ses parents ont peur, dans quelques jours il sera mobilisable. Afin d'éviter une mort certaine, la famille de Pino exige qu'il soit affecté dans une unité de l'armée allemande appelée l'Organisation Todt (OT). Pino veut se battre contre les Allemands pas les rejoindre, il veut un destin de résistant pas de lâche. de nouveau sous la pression familiale il cède.

Sa présence au sein de l'OT va le mener à devenir le chauffeur du Général Leyer, bras droit d'Hitler en Italie. Cette position privilégiée va le conduire à espionner les allemands pour le compte des alliés. Un soir, alors qu'il accompagne le Général chez sa maîtresse, il retrouve son Anna…
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
enjie77enjie77   21 octobre 2019
Pino jetait de fréquents coups d'œil dans le rétroviseur. On aurait dit que Leyers se métamorphosait à vue d'œil. Comment pouvait-il rester indifférent devant un tel spectacle? Comment pouvait-il....
- Vous pensez que je suis cruel Vorarbeiter?

Leurs regards se croisèrent.
Pino essaya de faire bonne figure.
- Non, mon général.
- Cela me surprendrait. Après ce que j'ai fait aujourd'hui. D'une certaine façon, je me déteste moi-même. Mais j'ai des ordres. L'hiver arrive. Mon pays est assiégé. Sans nourriture, la population mourra de faim. Ici, en Italie, je passe pour un criminel. De retour chez moi, je serai un héros de l'ombre. Le bien, le mal, c'est juste une question de point de vue, non ?

Pino étudia le général dans le rétroviseur. L'insensibilité de cet homme étant sans bornes. Il était capable de justifier n'importe quoi au nom d'une cause supérieure.

- OUi mon général, sauf que maintenant, c'est mon pays qui va crever de faim.

Page 262
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Eve-YesheEve-Yeshe   11 septembre 2019
Le cardinal Schuster était une personnalité influente à Milan. En sa qualité de chef catholique de l’Italie du Nord, et parce qu’il avait l’oreille du pape Pie XII, il faisait souvent la une des journaux. Pino fut frappé par l’expression de son visage : ses traits souriants respiraient la bonté, mais ses yeux exprimaient la menace de la damnation.
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aurore34490aurore34490   28 juin 2019
Je me suis heurté à une sorte d’amnésie collective concernant l’Italie et les Italiens d’après-guerre. Si le jour J, les campagnes alliées en Europe occidentale et les braves gens qui ont risqué leur vie pour protéger des Juifs dans divers pays européens ont fait couler des flots d’encre, l’occupation allemande de l’Italie et l’appui d’un réseau clandestin catholique qui permit de sauver des Juifs italiens n’ont suscité qu’un intérêt limité. Quelque 60 000 soldats alliés sont tombés au combat pour la libération de l’Italie. Environ 140 000 Italiens sont morts pendant l’occupation nazie. Et, pourtant, il y a peu d’écrits sur la bataille d’Italie, dénommée le « front oublié » par certains historiens.
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Under_the_MoonUnder_the_Moon   22 septembre 2019
J'ai écouté cet homme revenir sur deux années de son existence extaordinaire ; adulte à dix-sept ans, vieillard à dix-huit, il avait connu des vicissitudes, des épreuves, des succès, l'amour et des peines de coeur. Mes problèmes personnels, ma vie en général, m'apparaissaient bien dérisoires en comparaison de ce qu'il avait enduré si jeune. Son intimité avec le tragique m'ouvrait de nouvelles perspectives.
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Eve-YesheEve-Yeshe   14 septembre 2019
Le cardinal l’avait informé que, suite au massacre de Meina,les nazis avaient rançonné les Juifs parqués dans le ghetto de Rome et leur avaient promis la sécurité en échange de cinquante kilos d’or à fournir dans les trente-six heures. Les Juifs s’étaient procuré le précieux métal dans leurs propres réserves et auprès d’un certain nombre de catholiques. Mais, une fois ce trésor livré, les Allemands avaient mis à sac plusieurs locaux de la communauté juive, puis trouvé la liste des noms et adresses des Juifs romains…
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