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ISBN : 2809826595
Éditeur : L'Archipel (12/06/2019)

Note moyenne : 4.3/5 (sur 10 notes)
Résumé :
1906, juste après le vote de la loi sur la laïcité. Dans le Haut-Bocage vendéen, un boulanger républicain est maudit par le curé de son village. Son crime ? Avoir hébergé dans sa grange, par un froid polaire, des soldats venus faire l'inventaire des biens de l'Église. Plus personne n'achètera son pain. Il en mourra et sa compagne s'enfuira en Algérie.

Cent ans plus tard, son arrière-petite-fille, elle-même victime de la fureur islamiste en Algérie, a... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
popie21
  27 juillet 2019
Dieu !
Combien de crimes commis en ton nom ? Combien de crimes encore à venir ?
Mais ce n'est pas TOI, si tant est que tu sois là,
Ce sont les Hommes, d'ici et de là-bas, qui parlent pour toi.
La Vendée, le Diable et son comté
Des grenouilles de bénitier
Un gentil boulanger bouffeur de curés
Henri le rouge : SUICIDÉ
L'Algérie, colonie devenu beau Pays
Des fous d'Allah et leur coutelas
Une fière boulangère émancipée
Yasmine, petite fille de Joséphine : ASSASSINÉE
Henri et Joséphine unis pour l'éternité par la folie des Hommes : vertus surannées, menaces "voilées", peur du curé, passion du pouvoir et soif de l'or.
Il fallait bien qu'un jour ces amants maudits, séparés de force par la Méditerranée, se retrouvent au grand jour et ce, par la voix du fruit, du fruit, du fruit de leurs entrailles : Nadia l'algérienne, Nadia la frondeuse, Nadia la bouillante, obligée de fuir l'Algérie pour rejoindre la Vendée, un doigt de pied en terre sainte mais le soleil du pays dans les veines et dans le coeur.
Sa présence dans le bocage délie les langues et les souvenirs, Nadia sent monter la tension et s'interroge sur sa filiation et sur son héritage. "L'Histoire dure plus longtemps que les hommes" nous dit Hubert Huertas et c'est Nadia qui, près de cent ans plus tard, aidée de son cousin vendéen - les voies du seigneur sont impénétrables - va devoir démêler l'écheveau de cette intrigue diabolique et ainsi tenter de remettre à l'heure les pendules du destin. le maire, le comte et le notaires veulent la jouer à l'envers, Nadia la boulangère ne se laisse pas démonter. Les visages de bonne grâce affichés cachent plus de noirceur que le Diable personnifié.
Hubert Huertas dénonce : quand les fous de Dieu - de quelque bord soient-ils - se déchaînent, il faut toujours craindre le pire.
Hubert Huertas nous met en garde : cette "histoire n'est pas nouvelle et pas ancienne, mais les deux à la fois. Elle est éternelle. Elle est insatiable. Elle est gloutonne. Méfiez-vous d'elle : elle recommence quand on la croit finie." car aujourd'hui encore "(...) d'Alger à Paris, j'entends les mêmes folies, les mêmes passions, les mêmes vociférations. Là-bas les barbus qui n'ont pas pris le pouvoir par les armes mais n'ont renoncé à rien et veulent l'imposer par la charia. Ici, des débats sans fin sur la laïcité, qui se retourne comme un gant".
Hubert Huertas est drôle : Son texte regorge d'une ironie grinçante et perçante qui cible les travers et les turpitudes des Hommes qui, sans craintes de l'écoulement du temps qui les pousse inéluctablement vers la fin des temps, sont indécrottablement "quand on est con, on est con" pour citer Brassens qu'il affectionne visiblement.
Hubert Huertas est un boulangécrivain : Il pétrit les mots sans ménagement, fait gonfler les phrases patiemment et nous livre un roman cuit à point, croustillant sur le dessus, mais tout en moelleux et en douceur en dedans. C'est que l'auteur connaît son sujet, son coeur partagé entre la France et l'Algérie où il a passé son enfance, on le sent navré et déchiré, et son amour pour l'Algérie transpire par tous les pores de sa pâte à pain.
Je remercie chaleureusement les Éditions de l'Archipel en la personne de Mylène P. car en seulement 234 pages (comme quoi il est inutile de délayer la pâte), l'écriture franche, les opinions tranchées et l'humour omniprésent d'Hubert Huertas ont su me séduire et m'ont donné envie de tout lire de lui.
En doutiez-vous mécréants ? C'est un coup de coeur assurément ! Bonté divine !
P.S. : Un petit bonjour à La Manif Pour Tous 😈
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Srafina
  28 juillet 2019
Ah l'histoire, elle est là, elle revient, elle est éternelle… A chaque époque tout se répète à celui ou ceux qui oublient. Les religions, les conventions, les secrets, les non-dits ont toujours existé. Les plus forts ont toujours voulu faire plier les plus faibles.
Mais lorsqu'un homme, un seul se lève contre l'injustice et c'est l'hallali.
Que ce soit en Vendée ou même en Bretagne par chez moi, ces querelles de clochers on les a connus. La calotte et les bouffeurs de curés, l'éternelle bagarre. Je me souviens des deux écoles, des bagarres de gamins et ensuite des parents qui n'en démordaient pas de leurs préjugés. Les regards en coin. La méfiance..
Ici en Vendée en 1906, c'est le boulanger qui en fait les frais pour s'être insurgé contre une injustice, une lâcheté comme il dit. Et pour cela il va tout perdre : sa vie et sa femme qui sera exilée.
90 ans plus tard, c'est son arrière petite fille qui subit les affres du sectarisme des barbus en Algérie, sa mère boulangère elle aussi est égorgée au nom d'un barbarisme qui veut asservir les hommes et surtout les femmes.
Ce livre est un livre qui prend au tripes, Hubert Huertas à travers l'histoire d'une famille : Les Brissaud, dénonce l'éternel recommencement du sectarisme des religions qui sont si mal servies par ceux qui ne devraient amener qu'amour. C'est la haine qu'ils véhiculent et s'en est bien triste.
Nadia, arrière petite fille de boulanger, boulangère elle-même va remettre les pendules à l'heure et apporter vengeance à la mémoire de sa famille et réunir toutes les branches dispersées..
Hubert Huertas a une écriture percutante, vive. On s'enflamme à lire cette histoire qui pourtant est bien courante dans notre passé et notre présent.
Je n'ai pas lâché le fil jusqu'à en connaître la fin. On vibre à travers la colère de Nadia quand elle apprend à connaître son passé, le passé de sa famille comme si tout se rejoignait.
Un bon moment de lecture.
Merci à Mylène des éditions l'Archipel pour cette belle découverte.

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livrement_ka
  13 juin 2019
Titre :  LA BOULANGERE DU DIABLE
Auteur : Hubert HUERTAS
Editions : l'ARCHIPEL
Genre : roman - polar
Nombre de pages : 234
Date : 2019 (mai)
Prix : 19 €

Présentation physique du livre :
Un livre de moyen format comprenant un peu plus de 230 pages.
La couverture représente une boulangerie dans le brouillard.

Résumé : 
1906. Quelques semaines après le vote de la loi sur la laïcité, dans le haut bocage vendéen, un boulanger républicain est maudit par le cure de son village. Son crime ? Avoir hébergé dans sa grange, par un froid polaire, des soldats venus faire l'inventaire des biens de l'Église. Plus personne n'achètera son pain. Il en mourra et sa compagne s'enfuira en Algérie.
 
Cent ans plus tard, son arrière-petite-fille, elle-même victime de la fureur islamiste en Algérie, se re fugie dans le me me village dont elle devient la boulange re. Des rumeurs l'accompagnent aussito t, parce qu'elle est alge rienne et que le village, derrie re son maire, est tre s a cheval sur la lai cite . Mais elle n'est pas venue la par hasard. Depuis son enfance, sa grand-me re, qu'elle adorait, lui a parle d'une histoire qui a marque sa famille. Une famille vende enne chasse e de sa re gion natale au de but du sie cle, et dont l'arrière-grand-mère s'est refugiée « aux colonies ».
 
Jour après jour, avec l'aide d'un jeune clerc de notaire, la jeune femme replonge dans l'histoire tragique de son ai eul, que l'extre misme catholique a conduit au suicide. Son objectif : lui rendre justice...
 
A partir d'une histoire vraie, Hubert Huertas offre, avec ce suspense ancre dans nos terroirs, tout a la fois un hymne a la vie et un réquisitoire contre les fanatismes

Sur l'auteur et son univers 
Hubert Huertas, né à Tunis en 1950, ancien grand reporter pour France Inter et France Info, a dirigé le service politique de France Culture jusqu'en 2014. Il continue de collaborer à Mediapart. Il est l'auteur de cinq romans parus aux Presses de la Cité, de Nous jouerons quand même ensemble (2000) à Terminus Pondichéry (2006) et La petite fille qui venait d'Alger (2011), souvent inspirés de ses racines méditerranéennes.

Sur les éditions
Pourquoi l'Archipel ? À cette question, qui m'est souvent posée, j'apporte toujours la même réponse : une maison d'édition est un archipel de collections ; chaque collection, un archipel de livres. J'aurais pu me prévaloir de précédents connus, sans remonter à Archipel, recueil de nouvelles de Pierre Louÿs, ou à un excellent roman de Michel Rio, paru en 1987, qui porte ce titre. En créant cette maison d'édition en 1991, je souhaitais offrir, comme un créateur de mode propose sa collection d'hiver ou d'été, une collection, un archipel de livres, à chaque saison renouvelés, susceptibles d'offrir à tous les publics détente, émotion, évasion.
En quelque vingt ans d'activité – et plus de mille livres publiés – notre éclectisme a parfois pu surprendre.
« Comment, vous publiez tout à la fois des romans du terroir, des suspenses, des romans historiques, mais aussi des essais politiques ou de société, des enquêtes, des biographies, des ouvrages de psychologie, et même des livres illustrés ! Vous n'avez pas le tournis ? » Eh bien non ! le tournis, nous tentons de nous en préserver en maintenant le cap d'une politique éditoriale cohérente. Moitié fiction, moitié non-fiction, nos cent nouveautés annuelles abordent certes des rives éloignées les unes des autres, mais ont un point commun : elles ont toutes pour mission de donner envie. Envie de connaître, envie de se cultiver, de se détendre ou de se passionner… Il est vrai que nos thrillers – « porter sur les nerfs », en anglais – sont choisis de façon à faire trembler… de peur ou de plaisir !
Depuis deux décennies, le « grand » public, qui n'est pas « un » mais multiple, a découvert un archipel où faire escale. Une nouvelle raison de délaisser, l'espace d'un livre, le petit écran dévoreur de temps, pour tourner la (ou les) page(s) et palper le velours 80 grammes porteur de promesses…


AVIS
Un grand merci aux éditions l'Archipel pour l'envoi de ce roman..
Début du livre
L'histoire dure depuis plus longtemps que les hommes.

Cette simple phrase, la première du livre résume toute l'histoire.
Je précise que ce récit est tirée de faits réels.
Au début des années 1900, un boulanger est retrouvé pendu. Sa femme Joséphine, alors enceinte de leur enfant, se retrouve exhérédée et décide de quitter le petit village de Vendée où ils tenaient une boulangerie.
Presque cent ans plus tard, à des milliers de kilomètres de là, de l'autre côté de la méditerrannée, Nadia découvre sa mère assassinée dans sa boulangerie.
A partir de ce moment là, son destin va changer à jamais et sa vie ne sera plus la même.
Alors que tous ses proches lui disent qu'elle est en danger en restant à Alger, elle décide de partir en France en Vendée, retrouver son cousin éloigné : Cousin Jacques.
Elle arrive alors au village où elle est très bien accueillie par tous. Mais la demande de son cousin Jacques lui paraît étrange. elle ne doit en aucune façon révéler qu'elle est sa cousine et que son aïeul est le boulanger qui s'est suicidé il y a de cela presque cent ans.
Elle reste plus d'un an. Et ce temps elle le met à profit pour découvrir la vérité sur la raison qui a fait que Joséphine, la femme de Henri le boulanger est repartie à Alger. Pour quelles raisons son mari l'a privée de tout. Quels sont les causes de son suicide.
Rien ne semble très clair.

Heureusement que Cousin Jacques va lui dévoiler ce qu'il sait, et qu'Edmond, jeune clerc de notaire au passé également très troublant, va l'assister dans ses recherches. 
Ils vont mettre au jour une énorme machination qui dure depuis plus de cent ans.

Sur fond d'extrémisme religieux, de peurs, de trahisons, de secrets, de mensonges et de non-dits, la vérité éclatera en faisant de nombreux dégâts.
Beaucoup de rappels historiques , de passages consacrés à Clémenceau et d'autres. L'auteur va livrer par la voix notamment de Cousin Jacques,  
- une histoire passionnante entre l'Algérie et la France
- une histoire entre les hommes et leurs aïeuls
- et surtout la lutte de l'Eglise pour préserver son indépendance au détriment de vies humaines, dans le cas présent.

Je verrais bien ce livre être adapté en film .
Nadia, cette jeune femme des années 2000 qui met tout en oeuvre et a à coeur de découvrir toute son histoire ; même si cette dernière au départ lui fait peur.
J'imagine bien cousin Jacques délivrer petit à petit et par bribes l'histoire, telle qu'elle lui a été contée par son père et ainsi de suite.
Tout cela sur fon de farine et de four à pain.

Les personnages :
Nadia : jeune femme d'environ trente ans, qui découvre sa mère assassinée à cause de sa position et à cause de ses idées. Elle se retrouve plongée dans son histoire et doit faire face à deux de ses ascendants morts en raison de leurs positions.
Amoureuse de son pays de naissance, elle va trouver en la France son pays d'adoption.

Jacques : boulanger ayant repris le commerce de feu Henri. Il vit avec son épouse Elisabeth et comme dans tout village, essaie de ne pas de faire remarquer.
Il aimerait être élu maire, mais c'est sans compter ses opposants ou plutôt les villageois qui ont l'habitude de suivre le mouvement sans faire de vagues. Avec sa femme ils accueillent chaleureusement Nadia.

Hakim : compagnon de Nadia, resté au pays à l'attendre.
Il sera d'une patience à toute épreuve même lorsque cette dernière, une fois en France, ne lui donnera plus de nouvelles.
Il sera là à son retour et lui réservera une surprise grandiose.

Edmond : jeune clerc de notaire, orphelin et recueilli par le comte.
Ce dernier l'a fait embaucher chez le notaire et a prévu pour lui un mariage arrangé avec la fille de ce dernier.
Il gère la fortune de ses parents suite à un testament. Très troublant. Edmond assiste à d'étranges échanges et découvre des malversations.

Le point fort de l'histoire : il s'agit d'une histoire tirée de faits réels.

Le style de l'auteur
De nombreux passages sur l'histoire de la France et de l'Algérie montrent à quel point l'auteur s'est documenté pour construire son livre. Au delà, de cela, il arrive à faire durer le suspense jusqu'au bout et la phrase qui va faire basculer l'histoire est pour le moins originale :
"Le curé , ah ! ah ! le curé, il l'a dans le cul !
Qui aurait pu penser qu'une simple phrase aller faire plonger de nombreuses personnes influences de ce village.
Une petite pointe d'ironie avec notamment le surnom d'Edmond est également appréciable.

Le genre
Un roman historique tiré de faits réels.

La forme de l histoire
Le récit est divisé en plusieurs chapitres.
Le texte est aéré et l'écriture est fluide. Ce qui en fait une lecture agréable.

Conclusion :
Une récit passionnant qui nous plonge dans l'histoire d'une femme française exilée en Algérie, alors encore française.
Ses descendantes ne vont avoir de cesse de prôner la liberté de la femme et refuser de se soumettre à la volonté des hommes qui voudraient les voir à la maison.
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Natalivre
  27 juillet 2019
Ce roman est un plaidoyer contre les fanatismes religieux.
La narratrice, Nadia, fuit l'Algérie et sa guerre civile dans les années 1998 après l'assassinat de sa mère par des fanatiques religieux. Elle arrive en France, plus précisément dans un village vendéen, où elle retrouve un cousin, Jacques. En 1906, son arrière grand mère avait fait le voyage inverse, fuyant la France pour l'Algérie, après le suicide de son compagnon, le boulanger Henri Brissaud, ancêtre commun à Nadia et Jacques. Ces deux morts, à plus de 90 ans d'écart, dans deux pays distincts aux religions différentes sont reliées par le souffle des extrémismes religieux. L'arrivée de Nadia dans ce village va exhumer un passé que certains auraient voulu laissé enfoui.
Dans ce roman, nous naviguons entre 2 époques essentiellement, les années 1998/1999 que Nadia passera en France et les années 1905/1906 avec le récit du cousin Jacques qui nous dévoile l'histoire de leur aïeul commun le boulanger Henri. Ce récit témoigne notamment de la difficulté de la mise en oeuvre de la loi de 1905 sur la séparation des Eglises et de l'Etat qui ne s'est pas faite sans heurt. Dans ce village vendéen, elle a provoqué une crise dans la population, de vives tensions entre villageois, de fortes rivalités entre "bouffeurs de curés" et "culs-bénits", une guerre larvée entre pro catholiques et pro laïques qui fera des victimes et durera des décennies.
Au delà des histoires de familles, c'est surtout l'histoire d'un village et de ses villageois qui nous renvoie des relents putrides et nauséabonds. Les puissants exercent des pressions et corrompent les plus fragiles, sans aucun état d'âme. Tous les moyens sont bons pour arriver à ses fins et cela se transmet et se perpétue d'une génération à l'autre.
Presque 100 ans d'écart, des religions différentes mais à quelque chose près les mêmes réflexes, les mêmes punitions, les mêmes bannissements, les mêmes sentences, les mêmes anathèmes et l'agitation des mêmes peurs. L'Histoire est un éternel recommencement.
J'ai beaucoup aimé ce récit essentiellement factuel mais pas dénué d'émotion sans être "donneur de leçons". L'écriture est agréable, soutenue. Les personnages sont bien décrits et attachants. Un roman où la petite histoire se mélange avec la grande Histoire. Merci aux éditions de l'Archipel pour cette belle découverte.
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mimo26
  17 octobre 2019
Nadia s'enfuit d'Algérie, des fanatiques islamistes ont égorgée sa mère. Elle rejoint la France avec son cousin qui tient une boulangerie à Fleurdécieux. Elle est très bien accueillie dans le village. Mais lorsque les villageois apprennent qu'elle est l'arrière-petite-fille d'Henri Brissaud, le boulanger du village jusqu'en 1906, revient alors en mémoire aux habitants, les circonstances dans lesquelles celui-ci est mort et son étrange testament. Cette histoire vieille de 100 ans va remonter à la surface."L'histoire du Boulanger du Diable "
Hubert Huertas s'est inspiré de l'histoire vraie pour écrire son roman. Après le vote de la loi de la séparation des Églises et de l'État (1905),pour les catholiques, la Séparation est un drame : la fin d'une alliance de 1400 ans entre la France et l'Église (baptême de Clovis, 496) ; le retour à la déchristianisation révolutionnaire. Une tension va exacerber dans le village de Fleurdécieux suite à l'arrivée de soldats qui sont chargés de procéder à l'inventaire des biens de la paroisse.
Le curé n'a pas accepté que le boulanger à donné l'asile aux soldats. Avec le soutien d'un châtelain, ils vont ordonner à la population de ne plus acheter leur pain chez Henri Brissaud. Après avoir résister celui-ci finira par se pendre.
L'intrigue est prenante, pourquoi le boulanger laïque et républicain, a-t-il pu léguer ses biens à la paroisse plutôt qu'à son épouse?
L'écriture est agréable et fluide, c'est un très bon roman!
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
mimo26mimo26   17 octobre 2019
Parmi les carnages les plus insensés, les saignées religieuses tiennent sans doute le pompon. Moi, Algérienne anonyme et vaguement vendéenne, je ne prétends pas faire concurrence à Georges Brassens qui considère la guerre de 14-18 comme le modèle de la folie humaine, mais tout de même ! La Saint-Barthélemy pour l’hymen d’une vierge enceinte, Charlie Hebdo pour quelques poils de barbe, des batailles de tabernacles, des lapidations pour avoir dessiné des créatures de chair et de sang, des chambres à gaz, des croisades, des djihads, des femmes sous cloche, des bûchers, des lapidations, des humains qui se font sauter au milieu d’autres humains, des mitraillages à bout portant en vue d’une récompense dans l’au-delà, c’est à se taper la tête contre les murs ! Existe-t-il démence plus avancée, sauvagerie plus raffinée, que celles prônées par des prêcheurs costumés, triturant leurs écrits surannés baptisés Textes saints, pour en extraire la liqueur de leurs fantasmes ?
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popie21popie21   25 juillet 2019
Elle avait vingt-six ans en 1962, exaltée par la victoire des gueux, des sans-chaussures, des dents cariées, des bougnoules, des bicots, des ratons, ces mots infâmes renvoyés aux poubelles de l'Histoire, par la grâce d'une jeunesse qui se sentait portée par une force irrésistible. Ma grand-mère Henriette était plus circonspecte. Elle se méfiait des gens qui arrivaient au pouvoir à Alger en tenue camouflée, mitraillette en bandoulière, elle les trouvait sans pitié, pensait à Camus, n'aimait pas ce que l'on racontait sur les Européens massacrés à Oran ou les harkis épurés comme les collabos de France en 1945. Elle plaignait aussi les pauvres gens que l'on disait européens et qui fuyaient leur terre d'Afrique vers une France qu'ils ne connaissaient pas. Elle applaudissait quand même à la victoire des siens, oubliait ses réserves, contaminée par le bonheur de sa fille. Elle bâtirait l'Algérie nouvelle, Yasmine, elle en était certaine, elle faisait plaisir à voir.
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popie21popie21   23 juillet 2019
Nous étions à quinze mois de l'an 2000, des Algériens massacraient d'autres Algériens avec encore plus d'ardeur que les Français pendant la guerre d'indépendance. Ils torturaient au nom du bien. Ils égorgeaient pour nous apprendre à vivre. Ils prétendaient agir au nom d'un Dieu qui me terrorisait avec ses promesses de paradis pour les commandos suicides, où les vierges étaient violées dans des tournantes, par groupes de soixante-dix.
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popie21popie21   25 juillet 2019
J'apprendrais un peu plus tard que cet homme sans méchanceté était prêt à tous les aplatissements pour obtenir le soutien des puissants. Dernier représentant d'une dynastie de cordonniers ayant chaussé le village depuis la nuit des temps, mais éteinte aujourd'hui, il continuait à cirer les pompes avec ardeur.
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popie21popie21   24 juillet 2019
Sans le savoir, j'allais réveiller les morts. D'autres soleils et d'autres nuits dormaient d'un oeil, tendus comme des ressorts oubliés, qui se détendraient soudain. Je le disais en commençant : l'Histoire dure plus longtemps que les hommes.
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Videos de Hubert Huertas (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Hubert Huertas
Marseille 50 ans après ... Témoignage Hubert Huertas .Il y a cinquante ans, les états Français et Algériens se séparaient. Mais cinquante ans plus tard les Français et les Algériens continuent de vivre ensemble, bon an, mal an.Hubert Huertas et Timo Ebermann sont allé à la rencontre de la ville la plus algérienne de France, Marseille. (avec accord de Pascal Delannoy)
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