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ISBN : 2070534928
Éditeur : Gallimard (03/11/1999)

Note moyenne : 4/5 (sur 14 notes)
Résumé :
Jean-Yves Tadié nous invite à relire la vie et l'œuvre de Marcel Proust et sa vie et son œuvre telles qu'il les écrit dans la Recherche. Volume par volume, il extrait les personnages fictifs, reconstitue leur biographie romanesque et retrouve les personnages réels qui les ont inspirés. C'est aussi l'occasion de décrire les lieux qu'aimait l'écrivain et d'en découvrir les représentations photographiques et picturales. Le travail de Jean-Yves Tadié s'attache à analyse... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Alzie
  29 novembre 2014
Une présentation Gallimard (collection Découvertes) sans pédanterie, très utile avant d'entreprendre la lecture de "La Recherche", peut-être, ou simplement la redécouvrir. La métaphore du titre convie au partage de l'oeuvre de Proust. L'oeuvre cache une structure architecturale que Jean-Yves Tadié révèle ici en trois chapitres très explicites : les "deux côtés" du roman d'abord, puis son enfer et enfin son paradis. Un monument "La Recherche" ? Sûrement, mais pas au sens patrimonial... (quoique...). Il faut y voir selon l'auteur une création littéraire à laquelle Proust aurait voulu donner la forme du temps. Au fur et à mesure que la construction se dévoile, les différents personnages apparaissent, évoluent, vieillissent, leurs vies indéfectiblement liées aux lignes qui les racontent, tandis que se fabrique un écrivain.
Le cycle en trois parties voulu par Proust et annoncé dès 1913 à la parution de "Du côté de chez Swann", chez Grasset, devait être suivi en 1914 du "Côté de Guermantes" et du "Temps retrouvé". La guerre, en contrecarrant ce projet, lui a permis de l'étoffer considérablement. Ainsi le découpage en trois chapitres retenu par Jean-Yves Tadié pour cette présentation permet-il probablement de restituer dans sa fidélité aux origines la genèse de ce roman si singulier, dont des annexes très choisies explorent à la fin, la maturation.
Les deux côtés de l'oeuvre : "Du côté de chez Swann" et le "Côté de Guermantes", soit le monde provincial de Combray et celui du Faubourg Saint-Germain à Paris, constituent la nef à travers laquelle nous conduit Jean-Yves Tadié. C'est une rencontre avec tous les personnages fictifs et ceux bien vivants qui les ont inspirés, du moins les principaux, gravitant autour du narrateur et de l'auteur et déjà campés pour le futur. Depuis son enfance, avec les membres de sa famille et les amis ou relations de celle-ci, jusqu'à l'âge adulte où il rêve d'être introduit dans le microcosme parisien d'une duchesse, le narrateur poursuit ainsi l'édification d'un travail de la mémoire, d'une théorie sur l'amour (malheureux) et d'une esthétique de la création artistique où se formule sa propre vocation littéraire.
Roman en soi, le premier côté (Swann) pose les prémisses de thèmes que Proust développe ultérieurement : les souvenirs précoces liés aux parents du narrateur, père, mère, grand-mère, l'incontournable Françoise ou la tante Léonie renvoient à la mémoire (épisode de l'escalier), et particulièrement celui de la mémoire involontaire, pour l'épisode de la madeleine. Swann, l'illustre voisin et propriétaire de Tansonville, Odette et Gilberte, introduisent la partition de l'amour qui sera déclinée sur d'innombrables registres ; les Verdurin, Vinteuil le musicien, Bergotte l'écrivain, Biche le peintre, ouvrent l'horizon sur les arts d'une manière générale ; l'homosexualité, quant à elle, est évoquée avec la fille de Vinteuil et son amie. "A l'ombre", suite logique de la dernière partie de "Du côté de chez Swann" qui aurait dû y être associée si la guerre n'était survenue, fait apparaître le diplomate Norpois, la marquise de Villeparisis et Robert de Saint-Loup, le baron de Charlus, Elstir (qui remplace Biche) et bien sûr Albertine, autant de personnages qui vont enrichir et conforter la lente édification qui se poursuit jusqu'en 1922.
Le Côté de Guermantes est le domaine des mondanités, celui de l'aristocratie urbaine où le narrateur, dans son désir d'ascension sociale, aspire à être introduit. Le livre débute par une soirée de gala à l'opéra, mais l'affaire Dreyfus y est également largement présente, de même que la maladie et la mort de la grand-mère tant aimée. Le clan Guermantes avec la figure d'Oriane et son mari le duc, Mme de Marsantes mère de Saint-Loup, le baron de Charlus frère cadet du duc et le cousin prince de Guermantes, représentent le noyau dur de la galaxie du faubourg Saint-Germain. C'est à juste titre que Tadié évoque le « crépuscule des dieux ».
A partir des deux mondes du narrateur, Jean-Yves Tadié décline deux thèmes : l'enfer et le paradis. L'enfer, la partie sombre de l'oeuvre, est illustré par "Sodome et Gomorrhe", "La Prisonnière" et "Albertine Disparue". Occasion pour Proust de présenter sa théorie de l'inversion - versus masculin - illustrée par les amours du baron de Charlus avec Jupien et Morel dans Sodome, mais aussi - versus féminin - illustrée par les amours d'Albertine, la jeune fille en fleur, dans Gomorrhe. Dans "La Prisonnière", le narrateur amoureux sous l'empire d'une jalousie maladive, claquemure sa fiancée chez lui pour mieux la contrôler car elle lui a avoué connaître et avoir fréquenté les deux jeunes femmes de Combray (Melle Vinteuil et son amie) qu'il a surprises dans les bras l'une de l'autre. "Albertine disparue" est la dernière étape du cycle de l'amour.
"Le temps retrouvé" est le paradis de l'oeuvre. Au fur et à mesure que les désillusions se font plus grandes pour le narrateur - "revenu" des vanités du "monde", ayant perdu son amour et connu bien des deuils -, il entrevoit cependant la sérénité. Il revoit les personnages qu'il a côtoyés ou aimés dans son enfance et se fait l'observateur des changements de la société intervenus à Paris pendant et après la guerre. Une réception finale chez la princesse de Guermantes ravive le passé et sa mémoire involontaire quand sa chaussure heurte les pavés inégaux de la cour de l'hôtel et que le souvenir d'une lecture enfantine s'impose en force, provoquant un ineffable bonheur, comme un écho à la madeleine au temps lumineux de Combray. La réflexion de Proust sur l'esthétique et la création littéraire prend alors tout son sens s' agissant de sa propre vocation d'écrivain si longtemps éludée et qu'il va mettre en oeuvre par la mémoire. Son oeuvre prendra les diverses parures du temps.
Compréhension sans doute un peu structurelle de "La Recherche" qui n'escamote aucunement les qualités essentielles de l'oeuvre mais qui ne saurait se substituer à l'expérience unique de sa lecture : appui à cette lecture - pour ceux qu'elle inhiberait ou qui craindraient de s'y perdre et dont j'ai fait longtemps partie - par un grand connaisseur de Proust, Jean-Yves Tadié, directeur de la dernière édition de la pléiade (1987). En parallèle et en annexes, une documentation photographique et biographique concernant la vie, l'entourage de Marcel Proust et l'aventure éditoriale de son oeuvre, éclaire judicieusement le propos et complète la curiosité immense que le roman a toujours suscité.
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Marti94
  27 novembre 2014
Cette petite collection Découvertes littérature Gallimard est vraiment très agréable à lire. le format est petit et les illustrations sont nombreuses, dont les dessins de Cocteau que j'ai bien aimé. Ce livre est simplement une introduction à la littérature proustienne.
Ceci-dit je m'attendais à une biographie comme le titre l'indique « Proust, la cathédrale du temps » mais le parti-pris de l'auteur, Jean-Yves Tadié, a été de présenter l'oeuvre et de faire un parallèle avec la vie de l'écrivain. le problème c'est que je n'ai pas encore lu « A la recherche du temps perdu » dans son ensemble (juste quelques extraits) et qu'il est parfois difficile de rentrée dans l'univers d'un livre connu mais que l'on n'a pas lu (il fait partie de ma PAL).
Au final, je n'ai pas appris beaucoup de choses sur Proust sauf peut-être qu'il s'est longtemps cherché, qu'il a hésité entre tous les genres littéraires et les a tous essayés, sauf le théâtre. Mais ce qui est bien, c'est que ce livre donne envie de lire l'oeuvre, très impressionnante.
Lu en novembre 2014
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Stendhalie
  09 juillet 2016
un travail titanesque...
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
TandaricaTandarica   08 juillet 2015
C'est quand Ruskin est bien loin de nous que nous traduisons ses livres et tâchons de fixer dans une image ressemblante les traits de sa pensée. Aussi ne connaîtrez-vous pas les accents de notre foi ou de notre amour, et c'est notre piété seule que vous apercevrez çà et là, froide et furtive, occupée, comme la Vierge Thébaine, à restaurer un tombeau.
in préface pour La Bible d'Amiens de John Ruskin
(Témoignages et documents, page 102)
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Marti94Marti94   27 novembre 2014
Tout le monde n’aime pas Proust. Les éditeurs ont été les premiers à soulever les objections qu’on lui fera toujours : longueur, absence d’intrigue, peintures mondaines. Bref, un ennuyeux.
Il a fallu longtemps pour que Proust accède à la gloire. Du côté de chez Swann n’est bien accueilli que par des amis. A l’ombre des jeunes filles en fleurs obtient en revanche le prix Goncourt le 10 décembre 1919.
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Marti94Marti94   22 novembre 2014
Personnage le plus célèbre de Proust, Charles Swann, fils d’agent de change, est un dandy d’origine israélite, inspiré par un modèle réel, Charles Haas, comme lui membre du club le plus fermé de Pris, le Jockey-club.
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Marti94Marti94   27 novembre 2014
Une des qualités d’« A la recherche du temps perdu » est de s’intéresser aux gens simples, au monde de la campagne, aux classes populaires. Cet intérêt était celui de Proust lui-même.
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TandaricaTandarica   08 juillet 2015
Là où la vie emmure, l'intelligence perce une issue. (page 97)
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Vidéo de Jean-Yves Tadié
Cycle Proust, Jean-Yves Tadié "Désirs funèbres"
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