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Noël Chassériau (Traducteur)
EAN : 9782070305797
256 pages
Éditeur : Gallimard (25/05/2007)
3.97/5   64 notes
Résumé :
Tommy est un simple gars de la campagne. Il aurait sans doute mené une vie sans histoire s'il n'avait pas rencontré Mary et Donna... Nouvelle traduction intégrale d'un classique de Jim Thompson publié pour la première fois à la « Série noire » en 1970 sous le titre Deuil dans le coton.
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
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Kirzy
  29 mai 2019
Je découvre ce grand auteur américain à travers la première publication française dans sa version intégrale de cette Cabane du métayer, assortie d'une nouvelle traduction au plus près du texte originel de 1952.
La première moitié m'a emballée. J'ai aimé comment l'auteur scrute le quotidien poisseux d'une Amérique rurale ( celle de l'Oklahoma ), cette immersion dans une société rongée par les inégalités sociales entre gros propriétaires terriens et petits métayers miséreux, mais aussi par les tensions raciales qui se muent en rancoeur lorsque ce sont les Amérindiens qui disposent des terres et des richesses comme c'est le cas avec le personnage de Matthew Ontime.
J'ai aimé le personnage principal, Tommy 19 ans, fils d'un métayer, intelligent mais terriblement pauvre, un mec qui aurait pu vivre dans l'acceptation de sa vie s'il n'avait rencontrer deux femmes «  fatales », son amante secrète, la riche Donna ( fille de Ontime, le propriétaire des terres que son père exploite ) et Mary qui vit avec lui et son père.
Un être pur, tourmenté, la rage au ventre, qui m'a fait penser à un personnage de Steinbeck ou d'un film d'Elia Kazan.
"Je traverse la cour au trot, en me baissant pour passer sous les cordes à linge, et je m'engouffre dans l'ancienne étable qui nous sert de bûcher. Je m'assieds sur le billot et j'enfouis ma figure entre mes mains. J'essaie de faire venir les larmes. J'essaie de toutes mes forces, mais les larmes ne viennent pas; et je trouve ça encore pire que de découvrir ce qu'est la haine. je crois que le pire, quand on perd tout ce pour quoi on a toujours vécu, c'est de ne pas réussir à verser une seule larme dessus. Parce que ça ne vaut même pas ça, une petite larme de rien du tout."
De fait, l'intrigue, qui prend son temps à se déployer, a quelque chose d'universel dans son propos, presque une parabole biblique dans la simplicité de sa direction.
Tout avance comme une évidence dans ce roman désenchanté âpre et sec.
La deuxième partie carcéro-judiciaire m'a moins convaincue, je l'ai trouvée moins crédible ou plutôt j'ai eu du mal à croire aux ressorts psychologiques de Tommy. Mais au final, elle est nécessaire pour mettre en avant une fin lumineuse.
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CasusBelli
  07 juillet 2019
Je suis décidément et définitivement fan de Jim Thompson !
Ce livre que l'on trouve aussi sous le titre de "Deuil dans le coton" raconte l'histoire de Tom Carver, un jeune homme de 19 ans, fils de métayer à l'avenir tracé d'avance, il trimera dur toute sa vie et restera pauvre car dans ce coin d'Amérique les destins sont inéluctables et on doit l'accepter avec fatalité.
Tom Carver est un garçon docile et obéissant, et comme il a été adopté, il est également reconnaissant, malgré la grande sévérité de "Pa".
Cela dit Tom a de la chance car il fréquente Donna, une fille superbe, qui a tout de même un énorme "défaut", elle est la riche héritière du plus gros propriétaire terrien du comté qui se trouve être le plus proche voisin de Tom, cette relation est donc clandestine et doit le rester à tout prix.
Tom est un maelstrom d'émotion à cet instant de sa vie, il supporte de plus en plus difficilement l'injustice de son destin, l'injustice de "Pa", car il est peut-être un "paysan", mais il n'est pas dénué de sensibilité ni d'intelligence.
Jim Thompson nous offre ici un récit d'une grande force émotionnelle, sa lecture des rapports humains, de leurs interactions est d'une vérité et d'une précision saisissante, le scénario est pour tout dire passionnant et tout à fait imprévisible.
J'ai aimé tout ce que j'ai pu lire de cet auteur, et c'est pour l'instant le livre qui m'aura marqué le plus, une plongée en apnée dans les méandres de l'âme humaine, je remonte un peu secoué pour mon plus grand plaisir de lecteur.
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JIEMDE
  08 février 2019
Deuxième incursion dans l'univers du grand Jim Thompson (je sais, j'ai un peu de retard dans la mise à jour de mes classiques...). Je referme La cabane du métayer - dans une nouvelle traduction semble t-il bienvenue d'Hubert Tézenas - avec plaisir. Sans le sentiment d'avoir lu LE grand livre de l'autre Big Jim mais avec la satisfaction d'avoir retrouvé cette atmosphère noire, complexe et torturée que j'apprécie.
Faut dire que le gars Tommy Carver, le fils du métayer, il s'est mis dans de sales draps, à fricoter avec Donna la fille de Matthew Ontime le propriétaire des terres, au sang indien et à la richesse insolente. Tommy et son père pourraient devenir riches également si Ontime acceptait de les laisser confier leurs terres et une partie des siennes aux exploitants de pétrole aux aguets, qui ne rêvent que de forer dans ce coin perdu d'Oklahoma où l'or noir est prêt à jaillir. Mais Ontime refuse...
Des coucheries interdites, une rancoeur attisée par l'argent qui n'en finit pas de monter, une terre du sud encore marquée de la difficile cohabitation des blancs, des noirs et des indiens, un jeune homme marqué par des traumatismes et non-dits d'enfance trop longtemps tus par son père : les éléments du drame sont constitués et quand Ontime est retrouvé avec un couteau dans le corps, Tommy se retrouve illico au pénitencier.
Plus que l'histoire, c'est le cheminement psychologique de Tommy - placé en narrateur par Thompson - qui fait toute la saveur du livre. Un jeune homme plongé en l'espace de quelques jours dans une spirale négative et mortelle infernale, percuté par l'injustice, par la double confrontation avec son passé et avec son père mais aussi par l'impasse de ce que semblent devenir ses perspectives de vie.
C'est noir, un brin fataliste, évocateur d'un certain contexte historique américain et surtout, délicieusement écrit. Alors faut pas se priver !
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Renod
  13 février 2019
Années 50, Est de l'Oklahoma. Carver cultive du coton pour le compte d'un Amérindien, un comble pour cet homme bouffi de préjugés racistes. Le métayer supporte d'autant moins cette subordination que le propriétaire refuse de louer ses terres à une compagnie pétrolière. Le voilà donc privé de revenus opportuns et condamné à un labeur sans relâche.
Carver est un homme pieux et intransigeant qui traite durement ses deux enfants adoptifs, Thomas et Mary. Le garçon, âgé de dix-neuf ans, entretient une relation clandestine avec la fille du propriétaire, une métisse nommée Donna. Un jour, Thomas va se révolter et crever l'abcès d'années de soumission, de violence et de mensonges. le voilà pris dans un engrenage infernal qui va bouleverser son existence.
« La cabane du métayer » appartient au genre « rural noir ». Les personnages sont des paysans misérables dont les esprits bornés sont imprégnés de racisme et de fanatisme religieux. L'éducation se gère à grands coups de fouet.
L'auteur détaille le partage des terres de l'Oklahoma aux tribus indiennes chassées des Etats plus au nord. Mais les rapports entre les communautés sont conflictuels. La hiérarchie est ici inversée : les notables sont amérindiens (proviseur de lycée, juge, propriétaire terrien) ; les paysans sont des rednecks, et inutile de préciser qu'ils vivent assez mal ce renversement.
Comme souvent chez Jim Thompson, il est question d'inceste, d'imposture et d'injustice.
J'ai apprécié la partie judiciaire du roman animée par un avocat qui se situe entre Saul Goodman et Éric Dupond-Moretti.
J'ai aimé ce roman que beaucoup présentent comme secondaire dans l'oeuvre de Jim Thompson. Seule la fin est décevante mais il semble qu'elle ait été imposée par l'éditeur. Que ces lascars se gardent donc de toucher aux intrigues !
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Fanvin54
  16 avril 2019
« La cabane du métayer », c'est le récit d'une brusque descente aux enfers, quasi inexorable, celle de Tommy Carver, fils d'un métayer de l'Oklahoma. Les ennuis pleuvent en effet sur le pauvre Tommy : coincé dans sa bicoque entre un père rustre et autoritaire et la soumise Mary, le voilà accusé à tort de vol de nourriture, lui qui crève la dalle. Pis, les relations s'enveniment nettement entre son père et Ontime, l'homme pour le compte duquel il exploite les terres, qui n'est autre que le père de Donna, la petite amie de Tommy. S'ensuit une tragédie, et Tommy va se retrouver pris dans un terrible engrenage…

Ce roman de Jim Thompson, l'un des deux proche du mois d'avril du Picabo River Book Club, est un roman rural assez sombre, et plutôt plaisant. L'histoire suinte l'animosité, la rancoeur, la haine. J'ai bien aimé le personnage de Tommy, jeune garçon impétueux, victime de son caractère, mais aussi des sales agissements de soi-disant proches. J'ai également beaucoup aimé les personnages de M. Redbird et de Mlle Trumbull, lesquels, en dépit des apparences, soutiennent Tommy dans les épreuves. J'ai toutefois trouvé qu'il manquait un petit quelque chose dans cette histoire pour qu'elle prenne une autre dimension, toute la difficulté étant que je n'arrive pas à mettre précisément le doigt sur ce petit quelque chose. Un peu plus de profondeur dans les personnages ? Un peu plus d'intensité dans le récit ? J'avoue ne pas savoir, je cherche encore…
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Citations et extraits (8) Voir plus Ajouter une citation
JIEMDEJIEMDE   05 février 2019
Il scrute les champs immenses, cherche l'horizon au dessus de la terre ocre, balaie du regard les plaines rougeoyantes de l'enfer, avec leurs hordes sans fin de diablotins bruns comme la mort - du coton, du coton et encore du coton -, mais ses yeux ne voient que les rangs de hauts derricks plantés sur l'horizon.
Des géants d'acier qui gloussent entre eux et s'étranglent de rire : qui observent en ricanant tout ce coton et les pygmées voûtés entre les plants. Qui soufflent comme des boeufs et vomissent de l'or.
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ThyuigThyuig   28 novembre 2012
Il continua à parler, à marmonner, et je glissais un "oui, P'pa" par-ci par-là, mais je ne l'écoutais pas. Ce discours, je l'avais entendu - avec quelques variantes - un bon millier de fois, de sa bouche ou aux réunions évangéliques de bouseux auxquelles il me traînait. Je n'ai jamais pu comprendre comment des gens qui avaient autant de travail et si peu d'argent pouvaient commettre autant de péchés, mais ils passaient apparemment leur vie à offenser le seigneur.
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elodiekretzelodiekretz   03 mai 2019
On grandit vite en pays cotonnier, ou on ne grandit pas. On cesse d'être un enfant dès qu'on quitte le berceau. On rêve de pain de maïs, pas de cookies, et de retrouver son lit mais pas pour l'histoire du soir. On appartient à un milieu qui a toujours eu sur le dos une charge trop lourde, qui doit constamment fournir plus que ce qu'il pourra recevoir. Donc on prend sa part du fardeau sans quoi il nous écrase. On ne traîne pas des pieds sans quoi on est largué.
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RenodRenod   07 février 2019
Sur la banquette arrière de la Cadillac, tandis que je plonge mon regard dans les yeux noirs lascifs de Donna Ontime, l'idée me traverse l'esprit que je suis allongé sur - et même dans - une masse de fric comme on en trouve que dans les grosses banques.
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RenodRenod   08 février 2019
On grandit vite en pays cotonnier, ou on ne grandit pas. (...). On appartient à un milieu qui a toujours eu sur le dos une charge trop lourde, qui doit constamment fournir plus que ce qu'il pourra recevoir. Donc on prend sa part du fardeau, sans quoi il nous écrase.
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Videos de Jim Thompson (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Jim Thompson
L?action se déroule sur une journée, un samedi de Pâques. Tôt le matin, la foudre s?abat sur Richard Weatherford, pasteur respecté d?une petite communauté de l?Arkansas. Son jeune amant vient lui réclamer le prix de son silence : 30 000 dollars. Marié, cinq enfants, prêcheur intégriste, toujours prompt à invoquer la figure de Satan pour stigmatiser les homosexuels, embarqué dans une croisade pour la prohibition de l?alcool, Richard va tout faire pour préserver la façade de respectabilité qu?il a patiemment construite. A n?importe quel prix. Au nom du bien. Au bout de ce samedi noir, la petite ville sera à feu et à sang, mais Richard Weatherford aura réussi à sauver sa réputation?
Fils d?un prêcheur baptiste, Jake Hinkson continue à régler ses comptes. Après L?Enfer de Church Street et Sans lendemain, Au nom du bien enfonce le clou avec une rage jouissive. Admirateur de Flannery O?Connor et de Jim Thompson, Hinkson livre un texte polyphonique, radicalement noir, portrait au tranchoir d?une petite communauté étouffante, prisonnière de valeurs hypocrites et d?une morale d?un autre âge. En bon auteur du Sud, il pousse le jeu jusqu?à son paroxysme. La fin, qui se déroule un an plus tard et montre le pasteur dans son prêche de Pâques, droit devant l?armée des âmes bien pensantes, est un monument de cynisme ravageur. Entre-temps, Donald Trump est arrivé à la Maison-Blanche. Michel Abescat Dry County, traduit de l?anglais (Etats-Unis) par Sophie Aslanides, éd. Gallmeister, 320 p., 22,60 ?.
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