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EAN : 9782711861385
403 pages
Réunion des Musées Nationaux (05/03/2014)
4.5/5   3 notes
Résumé :
Rose Valland (1898-1980) a mené au sein au Jeu de Paume, où elle était attachée de conservation, une action de résistance qui a permis la récupération d'un important nombre d'oeuvres d'art spoliées durant l'Occupation. Le service allemand chargé des spoliations, l'Einsatzstab Reichsleiter Rosenberg (ERR), dirigé par Alfred Rosenberg, est installé au Jeu de Paume où transitent les oeuvres pillées par les nazis avant d'être envoyées en Allemagne. Sur le front de l'art... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
Dossier-de-l-Art
  15 janvier 2016
Figure emblématique de la résistance civile pendant la Deuxième Guerre mondiale, Rose Valland a publié son témoignage en 1961. Elle y raconte son rôle lors du pillage d'oeuvres d'art organisé par les nazis à Paris de 1940 à 1944. Tableaux des musées français, collections de familles juives, de réfugiés ou d'opposants politiques : la majorité de ces oeuvres spoliées aboutissaient au musée du Jeu de Paume où elles étaient expertisées, triées, puis envoyées en Allemagne (parfois détruites aussi, comme symboles « d'art dégénéré »). Attachée de conservation au musée, Rose Valland fit ce qu'elle considérait son devoir, mais qui n'allait pas de soi : elle espionna auprès des transporteurs, des gardiens, des Allemands eux-mêmes, dressa des listes, enregistra les passages et les départs lorsqu'elle le pouvait. Ce travail de fourmi, mené au péril de sa vie pendant quatre ans, permit dès 1945 de retrouver un certain nombre d'oeuvres. Pour les fameux « Monuments Men » américains, qu'un film récent a remis en lumière, les renseignements donnés par Rose Valland furent décisifs : ils permirent aux forces alliées de récupérer au moins 60 000 oeuvres d'art dispersées sur le sol allemand et d'en rendre une partie à leurs propriétaires. Ce récit, qu'elle publia sous le titre le Front de l'art, vient d'être réédité et augmenté d'introductions historiques, de photographies, ainsi que d'un appareil critique solide. le texte est en lui-même une épopée captivante, quelquefois haletante : avec une rare économie de moyens, la narratrice y relate le transfert des collections françaises dans des refuges provinciaux avant la déclaration de guerre et leurs pérégrinations chaotiques devant l'avancée de l'ennemi. On assiste avec elle à la mise en place de rouages administratifs proprement extravagants, destinés à saisir les oeuvres, les classer et finalement les voler purement et simplement. Les passages où elle explique la manière dont elle arrivait à ruser avec l'ennemi sont parfaits de vérité dans leur quotidienneté glaçante. le chapitre narrant la libération de Paris, à la fois lyrique et désabusé, est d'une grande finesse d'analyse. Mais finalement ce « roman vrai » est encore intéressant par ce qu'il ne dit pas, ou ce qu'il suggère. À la manière d'une lointaine cousine de Patrick Modiano, Rose Valland évoque sans y paraître les arcanes de toute une économie marchande parisienne et européenne qui naquit de l'Occupation et du trafic d'oeuvres. Au détour d'une phrase, elle cite aussi les meubles, les papiers personnels, les « confiscations » de masse qui laissent les appartements des familles juives vides de tout et « l'invraisemblable randonnée des archives françaises » dans les territoires allemands. Il faut donc aujourd'hui lire ou relire avec un oeil neuf Rose Valland, qui fut une des pionnières françaises de la « récupération artistique » mais qui comprit surtout très tôt le prix de la mémoire et la manière d'en retrouver les traces.
Par Christine Gouzi, critique parue dans L'Objet d'Art 508, janvier 2015
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leboncoinlecture
  06 juillet 2022
Rose Valland, « capitaine Beaux-Arts » à la fin de la Seconde guerre mondiale, raconte dans le front de l'art la politique du Reich concernant les oeuvres d'art dans les pays occupés, avec l'exemple ici plus spécifiquement de la France.
Rose Valland travaillait au musée du Jeu de Paume à Paris quand la guerre a éclaté, elle s'y est maintenue coûte que coûte pendant toute la durée de la guerre pour observer (espionner) toutes les activités de ce qui était devenu un entrepôt et lieu de transit des oeuvres d'art spoliées.
Elle précise l'évolution de cette politique plus ou moins officielle et aux visées plus ou moins personnelles au fil du temps : Goering se servant et marchandant pour constituer une collection privée, il a parfois dû laisser le champ à Hitler qui voulait édifier un musée à la gloire du germanisme dans sa ville de naissance ; la mésentente entre les différents services allemands qui gèrent ces questions ; la variété du statut des oeuvres et leur utilité : entre les oeuvres estimées conformes à l'idéologie du Reich qu'il faut obtenir à tout prix, et celles classées comme « art dégénéré » qui seront mises hors de vue en attendant d'être traitées : certaines seront purement et simplement détruites, d'autres (notamment les Impressionnistes) serviront de monnaie d'échange (contre des tableaux des styles recherchés ou de l'argent sonnant et trébuchant – DAECH n'a rien inventé en faisant du trafic d'antiquités pour financer sa guerre) ; l'hypocrisie qui fait de la spoliation une mesure de « sauvegarde » des biens qui n'ont plus de propriétaires (collections de familles juives) puis la rapacité s'étendant aux collections privées de citoyens français non-juifs et même aux collections des Musées nationaux (dont des oeuvres qui avaient été mises à l'abri au début de la guerre) où la pugnacité des différents fonctionnaires de l'administration des Beaux-Arts (Rose Valland cite très souvent Jacques Jaujard) permet souvent de ralentir l'inéluctable, de le sécuriser (dans le sens où ils obtiennent des informations qui leur permettront de récupérer les oeuvres au sortir de la guerre) voire de l'éviter dans quelques cas.
Le récit est fluide et très intéressant mais très factuel et explicatif. Rose Valland parle très peu de ce qu'elle a elle-même fait et vu (un peu lors des expositions privées préparées pour que Goering fasse son marché ; un peu au moment de la Libération de Paris, un peu lors de sa mission de récupération des oeuvres en Allemagne), j'ai trouvé ce manque assez frustrant, il ne me reste donc plus qu'à lire Les carnets de Rose Valland : le pillage des collections privées d'art en France durant la Seconde Guerre Mondiale pour en apprendre plus sur ce sujet !
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Hommage à Rose Valland, résistante.
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