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ISBN : 2756005878
Éditeur : Delcourt (14/11/2007)

Note moyenne : 4.14/5 (sur 28 notes)
Résumé :
Ce deuxième volume poursuit la biographie du chimiste de juif allemand Fritz Haber, de 1908 à décembre 1914, période durant laquelle peu devinèrent ce qu'allait inaugurer et coûter ce qui s'appellera la "Grande Guerre". Placer la science au service de l'industrie, l'éthique scientifique au service de l'armée, tel fut pour certains savants et hommes politiques le devoir national envers "l'esprit allemand". Fritz Haber en réalisa parfaitement le programme: inventeur d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
RosenDero
  13 février 2017
Toujours dépendante des importations de matières premières, l'Allemagne réfléchit à l'adaptation de son industrie afin d'être capable de mener ou de faire face à une guerre de taille européenne, si ce n'est mondiale, qui ne saurait tarder.
Pour Fritz Haber, l'heure est à la reconnaissance. Nommé directeur du Kaiser Wilhelm Institut de Chimie Physique (le plus grand centre scientifique au monde de l'époque) il va pousser son nationalisme jusqu'au bout, liant plus encore science et industrie, chimie et armement, allant jusqu'a faire prendre des risques inconsidérés à ses collaborateurs ainsi qu'à lui-même. Désireux de montrer la puissance de la nation et de stopper une guerre qui s'enlise et risque de voir la défaite de son pays, il va envisager des méthodes radicales basées sur l'utilisation de la chimie sur le front.
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Ce tome est glaçant par le détachement que peuvent avoir les têtes pensantes, qui, pompeusement, se glorifient d'être des héros, face à l'horreur de la guerre et ses conséquences, que ce soit durant la première guerre mondiale (qui est ici très peu évoquée bien qu'elle conditionne tous les projets et toutes les avancées scientifiques) mais également dans cet épisode moins connu qui vit, durant la fin du XIXe siècle, le massacre des Hereros en Namibie par le général von Trotha (avec toutes les exactions imaginables, prémisses aux camps nazis).
Fritz Jacob Haber gagne en assurance et reconnaissance ce qu'il perd en humanité.
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l-ourse-bibliophile
  30 janvier 2013
Une bande dessinée pour une fois ! Trois plutôt… La série Fritz Haber de David Vandermeulen est composée pour l'instant de trois volumes qui devraient être rejoint dans les années à venir par deux ou trois autres épisodes qui formeront à eux tous une biographie du chimiste allemand Fritz Haber. Les volumes déjà parus s'intitulent :
1. L'esprit du temps (2005)
2. Les Héros (2007)
3. Un vautour, c'est déjà presque un aigle… (2010)
Un peu d'histoire…
Qui est Fritz Haber ?
Né en 1868, ce chimiste allemand était un homme plein d'ambition et il fut l'un des premiers à réfléchir sur le développement de l'industrie chimique et l'utilité de cette science pour la guerre : on l'appellera le « père de l'arme chimique », celui qui travailla sur les gaz toxiques (le chlore notamment) utilisés durant la Première Guerre Mondiale. Nationaliste, fier de sa nationalité, il rejeta sa judaïté qui le tourmenta longtemps pour se convertir au protestantisme. Il sut toutefois se lier d'amitié avec les figures juives, Albert Einstein (pourtant pacifiste) et Haïm Weizmann (qui deviendra président de l'État d'Israël). L'année 1915 eut pour lui un goût doux amer : d'un côté, le suicide de son épouse – chimiste également, écoeurée par ce qu'elle considérait comme une perversion de la chimie, elle désapprouvait son utilisation comme arme –, de l'autre, des victoires militaires grâce au gaz moutarde notamment. Toujours en s'interrogeant sur l'identité juive allemande. Voilà ce que racontent les trois premiers volumes.
Et après ?
En 1918, il reçoit le prix Nobel de chimie pour ses travaux sur la synthèse de l'ammoniac (le procédé Haber), utilisé pour les engrais et les explosifs. Continuant ses travaux sur les gaz, il mit au point le Zyklon B qui sera utilisé des années plus tard dans les chambres à gaz des camps d'extermination. Mais quand Hitler arrive au pouvoir, il écarte les juifs de la fonction publique (fonction publique à laquelle appartenaient scientifiques et universitaires) et Fritz Haber est condamné à l'exil en 1933 pour mourir un an plus tard.
Maintenant que nous sommes tous des experts en Fritz Haber, qu'en est-il de la bande dessinée ?
C'est une bande dessinée riche à tous points de vue. Graphique, c'est un véritable régal pour les yeux (j'ai d'ailleurs eu l'occasion de voir une cinquantaine de superbes originaux en lavis javel et encre sépia ainsi que des agrandissements qui avaient déjà été exposés à Angoulême, à Lausanne ou encore à Aix-en-Provence. Magnifique). Historique, l'érudition et la réflexion sont exceptionnelles ; les dialogues sont fidèles aux écrits des grands personnages.
Mais ce n'est pas une oeuvre qui se laisse aborder facilement ; ce n'est pas une BD que l'on peut lire en deux minutes. le dessin, blanc et sépia, est réaliste, mais parfois flou, ce qui offre des contrastes surprenants. Contrastes engendrés également par les tâches lumineuses créées par la javel sur les aquarelles sépia. David Vandermeulen ne place pas ses dialogues dans des bulles, mais dans des cases totalement rédigées ou bien sous forme de sous-titres. Ensuite, chaque début de chapitre possède sa citation (littéraire, philosophique, historique…) et pour étudier à fond la bande dessinée, il faudrait se pencher sur chaque citation et la mettre en relation avec ce qui suit. Un autre point un peu ardu de la bande dessinée est le parallèle fait entre la vie de Fritz Haber et celle de Siegfried, le héros des Nibelungen : j'ai été très surprise quand, sans un mot, je me suis retrouvée face à des planches mettant en scène un homme à cheval ! Mais cette comparaison ne fait qu'augmenter la qualité de la bande dessinée. David Vandermeulen a décidément placé la barre très très haut…
Un chef d'oeuvre graphique et historique qui éclaire un personnage clé mais trop ignoré et trop méconnu.
Le site dédié à Fritz Haber créé par David Vandermeulen : editions-delcourt.fr/fritzhaber
Le blog de l'auteur sur Fritz Haber : fritz-haber.over-blog.com
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colimasson
  02 janvier 2012
« Depuis qu'on a inventé l'ordre, toutes les grandes vertus sont devenues inutiles. Si un pauvre nous demande une aumône, un audit de la police nous commande de le livrer aux ateliers pour chômeurs. Si un important veut sauver le vieillard qui appelle au secours à la fenêtre d'une maison en flammes, la sentinelle postée à l'entrée le repousse et lui fait savoir que toutes les dépositions ont été prises. Si un jeune courageux veut prendre les armes contre l'ennemi qui menace sa patrie, on l'informe que le roi entretient une armée qui protège l'Etat contre de l'argent. Arminius eut la chance de trouver une époque plus grande. Que pourrait-il faire d'autre aujourd'hui, sinon devenir lieutenant dans un régiment prussien ? »
Henrich von Kleist

Le deuxième volume de la trilogie Fritz Haber poursuit la biographie du personnage à l'orée de la Première Guerre Mondiale, au cours de la période qui s'étend de 1908 à 1914. le conflit est imminent, l'Allemagne veut se donner les moyens d'affirmer sa puissance militaire et Fritz Haber profitera de cette effervescence pour déployer ses talents scientifiques. A ceux qui craignent que ses origines juives ne soient un obstacle à sa volonté de coopération, Fritz Haber fera preuve d'une détermination sans faille, n'hésitant pas à renier ses origines et à abandonner sa famille lorsque le devoir l'appelle. La grandeur de ces hommes que l'on appelle héros est-elle vraiment absolue ? Il faudrait demander à leurs proches pour le savoir, et ne pas se contenter seulement du caractère éblouissant de leurs avancées et découvertes pour juger de leur qualité.


La question de l'ambiguïté des héros se prolonge lorsque surgissent les personnages d'Einstein, de Rathenau ou de Weizmann, célèbre sioniste et futur président de l'Etat d'Israël. Engoncés dans un contexte et une situation dont ils maîtrisent mal tous les ressorts, ils se laissent conquérir par l'amitié de Fritz Haber, ce qui semble pourtant difficilement possible compte tenu du caractère nationaliste et belliciste de ce dernier.
Les interrogations soulevées par David Vandermeulen invitent à la réflexion et à porter un regard plus nuancé sur les personnages qui ont fait l'Histoire –qu'il s'agisse des héros qui donnent leur titre à ce 2e tome, ou de ceux qui s'y opposent et que l'on appelle parfois tyrans ou bourreaux.



Malgré ce fond très riche et stimulant, qui se dégage surtout à l'issue de la lecture de l'album, ce tome des Héros est le moins réussi des trois au niveau dramatique. le personnage de Fritz Haber est survolé, et ses rares interventions apparaissent comme froides, désincarnées, caricaturant presque le type du collaborateur –étonnant puisqu'un autre côté, Vandermeulen porte un regard beaucoup plus nuancé sur ses autres personnages.
L'esthétique de l'album est toujours aussi ravissante, mais porte malheureusement à la confusion. Les traits sont si flous et sombres qu'il n'est pas toujours facile de distinguer la foule des personnages qui remplissent cet album. Et comme d'habitude, la densité des informations à emmagasiner est très lourde. Pour que rien des subtilités qui ne peuplent ce livre ne nous échappent, le recours aux informations sur le site de la bande dessinée est indispensable.


Encore une fois, David Vandermeulen propose une lecture stimulante et une vision de l'Histoire plutôt originale, même si elle n'est pas non plus révolutionnaire. C'est un album qui apporte du plaisir à la fois esthétique et intellectuel, mais dont le but n'est certainement pas de se divertir après une longue journée au boulot. La lecture de la trilogie de Fritz Haber se mérite, et il faut être prêt à y consacrer un peu de son temps.

Lien : http://colimasson.over-blog...
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pbazile
  17 mars 2011
Ce deuxième tome tient toutes les promesses du premier. La montée de la guerre est palpable et l'évolution des personnage dans ce contexte très décrite et vraisemblable . La recherche documentaire a du être monstrueuse, mais montre aussi à un lecteur français comme moi que notre culture de l'histoire des autres pays, fut il voisin comme l'Allemagne, ou des industries, fut elle aussi importante que la chimie au XIXème siècle, est fort légère.
La forme se maintien à un niveau impressionnant
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liratouva2
  13 avril 2011
Si le héros m'est apparu ambigu et tout compte fait assez peu sympathique, en revanche l'album est magnifique et d'une grande qualité tant par les précisions historiques qu'il apporte que par les vignettes peintes en sépia, délavées ensuite à l'eau de Javel pour leur donner ce flou des vieilles photos passées au ton brun d'autrefois. Chacune est digne d'un grand peintre. Je reconnais leur évidente qualité mais je dois dire que cette couleur uniformément utilisée a contrarié ma lecture à la longue. Tout semble se passer dans un clair-obscur où les visages se distinguent mal. A part ce détail, cet album très riche me semble remarquable, plutôt réservé aux étudiants et aux adultes aimant l'histoire, les sciences, la politique et l'art militaire!
Est-ce là ce qu'on peut appeler un chef d'oeuvre?
Lien : http://liratouva2.blogspot.c..
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
colimassoncolimasson   02 janvier 2012
« La flamme dévore l’air ; elle se nourrit du bois. L’air est une condition indispensable à la vie des arbres ; dans la mesure où le bois élimine l’air en devenant flamme, il combat contre lui-même et contre sa propre source de vie. Et pourtant l’oxygène subsiste toujours dans l’air et les arbres ne cessent de verdir. De même l’homme qui se propose de bâtir une maison, prend d’abord une décision arbitraire ; mais les éléments doivent lui servir. Et pourtant la maison est faite pour protéger l’homme contre les éléments ; ceux-ci sont donc employés contre eux-mêmes, -ce qui ne signifie pas que la loi générale de la nature soit pour autant invalidée. »
G. W. F. Hegel
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RosenDeroRosenDero   22 février 2017
Que signifierait pour nous de nous retourner victorieux sur des ruines ?
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colimassoncolimasson   02 janvier 2012
« Tout esclavage est volontaire. La condition des esclaves ne s’explique pas par le pouvoir de leurs oppresseurs, pas plus que par quelque indigence qui serait inéluctable, comme la maladie, la vieillesse, la mort, mais plutôt en eux se trouve renforcée la complaisance obéissante de l’opprimé qui trouve son origine dans la peur… « Plutôt la mort que l’esclavage ! » dirait l’homme fort. »
Walter Rathenau
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RosenDeroRosenDero   17 février 2017
L'avenir ne réside plus dans la conquête coloniale...
...mais dans la chimie et les sciences de la nature !
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colimassoncolimasson   02 janvier 2012
« Alice : Veux-tu que je te joue quelque chose ?
- Le Capitaine : Suprême ressource ! Oui, si tu veux bien laisser de côté tes marches funèbres et tes mélodies élégiaques… Toute cette musique tendancieuse. J’interprète toujours ce que tu joues : « Ecoutez comme je suis malheureuse. Miau ! Miau ! Ecoutez combien mon mari est affreux. Brum ! Brum ! Ah, s’il pouvait mourir bientôt ! Joyeux roulements de tambour, fanfares, final : la valse de l’Alcazar et galop du champagne. » A propos de champagne, il nous reste deux bouteilles, non ? Allons les chercher, faisons comme si nous avions des invités. »
August Strindberg, La danse de Mort
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Videos de David Vandermeulen (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de David Vandermeulen
Nous avons reçu pour notre vingt-sixième matinale Pro Nathalie van Campenhout, éditrice aux éditions Le Lombard, et David Vandermeulen, directeur de la collection "La Petite Bédéthèque des Savoirs" http://www.bdnet.com/catalogue_serie_La-Petite-Bedetheque-des-Savoirs--Albums
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