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Léon Benett (Illustrateur)
EAN : 9782253013297
240 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (01/04/1976)

Note moyenne : 3.62/5 (sur 544 notes)
Résumé :
Près du village de Werst, en Transylvanie, se dresse le château des Carpathes qui depuis le départ du dernier représentant de ses seigneurs, Rodolphe de Gortz, est complètement abandonné et fui par tous tant les rumeurs alarmantes et de folles légendes circulent à son sujet.
Un jour, une fumée est aperçue au faîte du donjon. Malgré leur peur, le jeune forestier Nic Deck et le docteur Patak partent en reconnaissance et sont victimes de phénomènes surprenants. ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (61) Voir plus Ajouter une critique
Tandarica
  14 novembre 2015
Alors, paradoxe n°1: ce n'est pas parce qu'on fait l'apologie de la science qu'on est guidé par ses préceptes. Ce roman en est une bonne illustration. Jules Verne fut un antidreyfusard notoire mais là on déborde largement sur la propagation de clichés antisémites. L'idée que les Juifs roumains étaient tous aubergistes, faisaient crédit et risquaient de devenir bientôt propriétaire de la Roumanie est absurde pour plusieurs raisons. En 1892, les lois roumaines interdisaient aux Juifs de tenir des débits de boissons depuis plus de dix ans et, dans la plupart des cas, leur interdisait aussi les licitations. La communauté juive n'excédait pas 300 000 (sur plus de 10 millions) d'habitants et, pour la prévision d'avenir, c'est encore pire : elle est aujourd'hui quasiment inexistante.
En dehors de ce bref paragraphe assez fâcheux, c'est un roman de science-fiction habile, dont l'action se déroule en Transylvanie, sans vampires, qui ne manque pas de références à la littérature locale : Miriota, la fiancée de Nic Deck est par exemple une référence à Miorița, la balade populaire roumaine. le livre est court, l'intrigue simple, menée tambour battant.
Dans l'ensemble, elle révèle cependant un second paradoxe : ce n'est pas parce qu'on décrit, parfois fort narquoisement, une campagne superstitieuse qu'on s'élève au-dessus d'elle. L'ignorance du droit, de la démographie et autres conduit déjà à des clichés bien peu scientifiques mais, en plus, ce n'est pas forcément l'étude ou la ville qui ont le mieux préservé en Roumanie et ailleurs, contre les superstitions si l'on entend par là les croyances sans fondement scientifique. Panaït Istrati est un bon exemple : autodidacte, un des premiers à avoir critiqué les travers du communisme. On pourrait citer aussi Victor Anestin, Ana Novac, Gib I. Mihăescu, Anton Pann, Cilibi Moise et d'autres, alors que la science n'a pas préservé Céline des pires clichés, pas plus que, pour les Roumains, Ion Barbu. La thèse principale du roman (superstition des campagnes, heureusement que la science (urbaine) est là pour résoudre les problèmes), lourdement assénée, s'avère simpliste et en partie démentie par le roman lui-même, sans parler d'écrivains comme Robert Frost, Dylan Thomas, Emily Dickinson
Néanmoins, on pardonne pas mal de choses (trop ?) à Jules Verne pour l'incertitude, le suspense et l'exotisme, ses descriptions de paysages, ses indications géographiques, qui nous rappellent tristement à quel point, à l'époque d'Internet, du bac +5 pour tous, de l'avion et des agences de voyages, on connaît peu le monde, même relativement proche.
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kuroineko
  01 juin 2019
Le Château des Carpathes... ces quatre mots et mon imagination s'envole vers de sombres contrées peuplées de vampires, stryges et autres créatures de la nuit. Et même si, à la parution du roman de Jules Verne, Bram Stoker n'est pas encore passé par là. La Roumanie n'a pas attendu le père de Dracula pour peupler ses recoins de superstitions et d'êtres maléfiques (comme toutes les régions du monde si on regarde bien). Jules Verne appuie particulièrement sur le caractère arriéré des habitants de cette partie reculée de la Transylvanie pour assoir son intrigue. Sans cela, elle n'aurait en effet pas eu la même réussite.
Mais revenons à nos moutons et à leur berger, Frik, la soixantaine vigoureuse et l'oeil perçant. C'est d'ailleurs ce qui lui permet de distinguer avec effroi une fumée sortir d'une cheminée du burg de la maison des Gortz. le château est sensé être vide depuis le brusque départ du dernier représentant de la famille vingt ans auparavant. Une aura lugubre plane sur le château à lasprct deja rien moins qu'engageant. Réputé hanté et le siège d'esprits et de démons, personne dans la vallée ne voudrait s'en approcher. Et voilà qu'il en sort de la fumée! La nouvelle fait grand bruit et grande peur dans le village de Werst. C'est sûrement quelque maléfique qui provoque cette fumée, tout le monde sait bien que la sorcellerie ne se cuisine correctement que sur un bon feu!
Jules Verne se sert de la crédulité de ses personnages pour instiller du fantastique dans son histoire. L'aventure n'est pas en reste puisque s'en est déjà une à part entière que de se rendre jusqu'au château bâti sur un éperon rocheux et dont nul chemin n'est tracé faute de passage. Vastes forêts de feuillus puis d'épineux avec leurs pièges, moraines empierrées redoutables pour les chevilles imprudentes, .... Puis le château. Et comment y accéder, le pont-levis étant dressé.
On ne s'ennuie pas dans ce roman qui fait la part belle aux descriptions des majestueux et vertigineux paysages de la Transylvanie. L'arrivée de deux voyageurs étrangers à la région à Werst donne une tournure tout à fait radicale à la vie du village et à l'intrigue. Mais chut, mieux vaut le découvrir soi-même.
Le Château des Carpathes n'est sans doute pas le livre le plus abouti de Jules Verne. Et il diffère de ses voyages extraordinaires et autres exemples de visionnaires machineries. Mais il offre un très bon moment de lecture où l'on sourit de certaines croyances du magister Hermod - ses élèves peuvent tous prétendre au titre de maîtres ès superstitions et démonologie -, on rit des fanfaronnades du "docteur'' du village, on randonne avec le courageux forestier Nic et on s'interroge, surtout, sur ce qui peut bien se passer dans ce damné château. L'auteur s'y connaît en art de raconter de palpitants récits et il le prouve ici aussi.
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Glesker
  10 avril 2013
Cinq ans avant que ne paraisse "Dracula" de Bram Stoker, le décor des Carpathes de Transylvanie inspirait déjà les histoires étranges. Dans son court roman, Jules Verne imagine des villageois tout chamboulés lorsqu'ils découvrent que le vieux château accroché aux contreforts et sensé être abandonné depuis des lustres semble de nouveau habité : ses cheminées fument ! Quelle en est la cause ? Quelque diablerie ? de passage dans la bourgade, le jeune comte Franz de Télek décide d'y aller voir de plus près pour démystifier la rumeur. Mais c'est bien face à ses propres démons qu'il va se confronter.
On retrouve ici un décor propice aux mystères et au fantastique, le château abandonné, inaccessible, situé dans des régions reculées et superstitieuses. Mais Verne se démarque de Stoker en ce que les apparences du fantastique doivent leur naissance à des technologies ingénieuses. On retrouve ainsi pêle-mêle, téléphone, holographie, phonographie... Une histoire bien sympathique au final, même si je lui trouve un soupçon d'inachevé.
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BrunoA
  30 avril 2013
Ce roman de Jules Verne est particulièrement prenant et on vit avec les héros ce voyages dans les Carpathes.
Ce voyage extraordinaire comporte un petit quelque-chose que l'on ne retrouve pas dans tous les autres. La dimension fantastique y est davantage présente et, même si les techniques de l'époque sont présentes, on s'attache davantage aux légendes qui courent sur les Carpathes et sur ce qu'on peut y trouver.
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POY1
  03 août 2019
Dans le château des Carpathes, Jules Verne, tel un conteur au coin du feu, nous donne à lire une histoire faite d'évènements énigmatiques et mystérieux dans une région qui s'y prête : la Transylvanie, pays des vampires et des goules.
Tout commence par l'achat d'une longue-vue à un marchand ambulant traversant le village de Werst. Alors que son possesseur, le berger Frik, essaye ce nouvel article, il découvre avec stupeur que la cheminée du château local, pourtant abandonné depuis la disparition de son dernier propriétaire, fume. Quelle est cette présence ? Humaine ou surnaturelle ? Tout le village s'inquiète. Il est alors décidé que le jeune forestier, Nic, et le docteur du bourg, Patak, se rendent au château pour résoudre l'énigme de ces fumerolles.
Jules Verne, dans un style scientifique qui se veut précis par l'emploi d'un vocabulaire adapté pour décrire les décors et les personnages, donne à lire un récit très détaillé, trop parfois, qui peut perdre le lecteur. C'est volontaire. Chaque pièce a sa place dans ce puzzle littéraire pour amener à la résolution du problème proposé aux villageois de cette contrée reculée de l'Europe. Jules Verne conserve dans ce roman ses principes : le rationalisme et le rigorisme scientifique doivent s'imposer aux croyances populaires. Les sciences, lumière de l'avenir, peuvent expliquer, à qui veut bien l'entendre, tout événement passant pour surnaturel. C'est d'ailleurs avec dépit que l'auteur écrit sur les villageois : « on comptera bien des années, vraisemblablement, avant que ces braves gens aient renoncé à leurs superstitieuses croyances. »
Si nous trouvons dans ce roman, la science élevée au rang de religion par Jules Verne, on reste dans des thèmes de livres contemporains au château des Carpathes. Il y a quelque chose du chien des Baskerville de Conan Doyle et évidemment, pour le décor, du Dracula de Bram Stocker. Alors, si vous aimez ces ambiances, lisez le château des Carpathes.
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Citations et extraits (42) Voir plus Ajouter une citation
sandraboopsandraboop   20 janvier 2014
Lorsqu'on prend un berger par son côté idéal, l'imagination en fait volontiers un être rêveur et contemplatif; il s'entretient avec les planètes ; il confère avec les étoiles ; il lit dans le ciel. Au vrai, c'est généralement une brute ignorante et bouchée. Pourtant la crédulité publique lui attribut aisément le don du surnaturel ; il possède des maléfices ; suivant son humeur, il conjure les sorts ou les jette aux gens ou aux bêtes - ce qui est tout en un dans ce cas ; il vend des poudres sympathiques ; on lui acheté des philtres et des formules. Ne va-t-il pas jusqu'à rendre les sillons stériles, en y lançant des pierres enchantées, et les brebis infécondes rien qu'en les regardant de l'œil gauche ?
Ces superstitions sont de tous les temps et de tous les pays. Même au milieu des campagnes plus civilisées, on ne passe pas devant un berger, sans lui adresser quelque parole amicale, quelque bonjour significatif en le saluant du nom de "pasteur" auquel il tient. Un coup de chapeau, cela permet d'échapper aux malignes influences, et sur les chemins de la Transylvanie, on ne s'y épargne pas plus qu'ailleurs.
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TandaricaTandarica   03 novembre 2015
Oui ! Une belle fille, Miriota Koltz, et –ce qui ne gâte rien– riche pour ce village perdu au fond des Carpathes. Bonne ménagère ?… Sans doute, puisqu'elle dirige intelligemment la maison de son père. Instruite ?… Dame ! à l'école du magister Hermod, elle a appris à lire, à écrire, à calculer ; [...] Elle connaît [...] la légende du Retyezat avec sa cime rasée par une sorcière ; la légende du défilé de Thorda, que fendit d'un grand coup l'épée de saint Ladislas. Nous avouerons que Miriota ajoutait foi à toutes ces fictions, mais ce n'en était pas moins une charmante et aimable fille.
(extrait du chapitre III)
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raynald66raynald66   30 novembre 2013
C'était une femme, la chevelure dénouée, les mains tendues, enveloppée d'un long vêtement blanc.
Mais ce costume, n'était-ce pas celui que portait la Stilla dans cette scène finale d'Orlando, où Franz de Télek l'avait vue pour la dernière fois ?
Oui ! et c'était la Stilla, immobile, les bras dirigés vers le jeune comte, son regard si pénétrant attaché sur lui...
“Elle !... Elle !...” s'écria-t-il.
Et, se précipitant, il eût roulé jusqu'aux assises de la muraille, si Rotzko ne l'eût retenu...
L'apparition s'effaça brusquement. C'est à peine si la Stilla s'était montrée pendant une minute...
Peu importait ! Une seconde eût suffi à Franz pour la reconnaître, et ces mots lui échappèrent :
“Elle... elle... vivante !”
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sandraboopsandraboop   27 janvier 2014
Tout en se perdant dans ses souvenirs,Franz sentait le sommeil le gagner peu à peu. Mais il était encore en cet état mixte où l'on peut percevoir le moindre bruit, lorsque se produisit un phénomène surprenant.
Il semble qu'une voix, douce et modulée, passe à travers dans cette salle où Franz est seul, bien seul pourtant. Sans se demander s'il rêve ou non,Franz se relève et il écoute.
Oui ! On dirait qu'une bouche s'est approchée de son oreille, et que des lèvres invisibles laissent échapper l'express ivre mélodie de Stefano, inspirée par ces paroles :
Nel giardino de' mille fiori
Andiamo, mio cuore...
Cette romance, Franz la connaît... Cette romance, d'une ineffable suavité, la Stilla l'a chantée dans le concert qu'elle a donné au théâtre San-Carlo avant sa représentation d'adieu ...
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PseudoPseudo   04 mars 2016
"Mon maître... venez donc !" répéta Rotzko.
Et Franz allait enfin le suivre, lorsque, sur le terre-plein du bastion, où se dressait le hêtre légendaire, apparut une forme vague...
Franz s'arrêta, regardant cette forme, dont le profil s'accentuait peu à peu.
C'était une femme, la chevelure dénouée, les mains tendues, enveloppée d'un long vêtement blanc.
Mais ce costume, n'était-ce pas celui que portait la Stilla dans cette scène finale d'Orlando, où Franz de Télek l'avait vue pour la dernière fois ?
Oui ! et c'était la Stilla, immobile, les bras dirigés vers le jeune comte, son regard si pénétrant attaché sur lui.
"Elle !... Elle !..." s'écria-t-il.

Page 162
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