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ISBN : 2266273124
Éditeur : Pocket (09/03/2017)

Note moyenne : 4.15/5 (sur 123 notes)
Résumé :
Un roman sombre, brutal... et dévorant.
Accusés de tentative de meurtre, Ivar, Kaya et Oswald sont condamnés à un sort pire que la mort. Enfermés dans un royaume en ruines, coupés du monde, il leur reste sept jours d'humanité. Sept jours pendant lesquels le parasite qu'on leur a inoculé va grandir en eux, déformant leur corps et leur esprit pour les changer en monstre. Au terme du compte à rebours, ils seront devenus des berserkirs, des hommes-bêtes enragés d... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (82) Voir plus Ajouter une critique
boudicca
  09 août 2016
Il y a des sorts pires que la mort. Ivar, Kala et Oswald ne manquent pas de s'en rendre compte lorsque, arrêtés pour avoir braconné sur les terres d'un riche seigneur, les trois adolescents se retrouvent condamnés à devenir des berserkirs. Autrefois hommes et femmes ordinaires, les voici devenus de véritables monstres en puissance, craints par la population mais recherchés par les puissants pour leur sauvagerie et leurs redoutables capacités guerrières. La peine est d'autant plus lourde qu'elle n'est pas immédiate : une fois le parasite entré dans leur corps, il faudra compter sept jours avant que le changement modifie irrémédiablement leur morphologie et les transforme peu à peu en animal. Si le concept des berserkirs est plutôt original, le principe qui consiste à isoler une poignée d'adolescents dans un espace clos hostile est, lui, beaucoup plus fréquent dans la littérature étiquetée « jeune adulte ». Aurélie Wellenstein échappe malgré tout à la plupart des écueils et signe un roman convainquant et divertissant dont certains points auraient cela dit mérité d'être étoffés. En effet, si les quelques bribes que laissent échapper les personnages concernant le fonctionnement de leur société évoquent clairement des influences nordiques (décor, berserkirs, jarls…), il faut reconnaître que l'univers reste dans l'ensemble assez peu développé ce qui peut limiter l'immersion du lecteur dans le récit.
Les personnages, en revanche, ont davantage d'épaisseur. C'est notamment le cas des trois protagonistes bien que ceux-ci peuvent paraître au premier abord tout à fait conformes à l'archétype des héros de littérature young adulte (une belle et farouche jeune fille, un adolescent vulnérable et un second faisant office de protecteur, un potentiel trio amoureux…). Ivar, Kala et Oswald se révèlent cela dit bien vite plus complexes et leurs relations plus surprenantes que ce à quoi on pouvait s'attendre. Pour ce qui est du style et de la construction du récit, l'auteur opte pour la simplicité et l'efficacité. L'intrigue est en effet relativement concentrée (un seul point de vue et un seul fil directeur, peu de personnages...) mais parvient aisément à capter l'attention. Certains rebondissement sont certes prévisibles (notamment concernant la véritable nature de ce roi des fauves) mais d'autres parviennent à véritablement surprendre le lecteur, et ce quelque soit son âge. L'auteur n'hésite d'ailleurs pas à recourir à quelques effets dramatiques qui donnent au roman une petite touche de noirceur bienvenue et qui lui permettent surtout d'échapper au traditionnel mais lassant happy-end. Aurélie Wellenstein propose pour une fois une ouverture intéressante qui permet au lecteur de refermer l'ouvrage sur une note positive et surtout non définitive : libre à nous d'imaginer quelle tournure prendront les événements mis en branle à la fin du roman…
Avec « Le roi des fauves », Aurélie Wellenstein signe un roman réussi qui, bien que s'adressant à un jeune public, possède suffisamment d'atouts pour plaire à un lectorat plus âgé. Et si vous avez besoin d'un argument supplémentaire pour vous laissez tenter, je vous conseille de jeter un oeil à la sublime couverture d'Aurélien Police qui ne pourra que vous convaincre.
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Witchblade
  26 octobre 2018
Après un énième abandon en pioche, j'ai décidé de me changer les idées avec ce livre reçu tout récemment du même groupe Facebook. C'était le seul fantastique one-shot que j'avais sous la main. Je l'avais découvert lors d'une Masse Critique, sa couverture très sombre avait attiré mon regard même si le résumé peut laisser songeur.
On n'a pas le temps de s'ennuyer avec ces 3 jeunes braconniers, surtout quand ils se font découvrir par le seigneur des terres. Ils vont tout faire pour essayer de sauver leur peau et ça va à 100 à l'heure, la lecture a donc été assez intense. le seul hic est que le résumé en dit beaucoup trop de l'histoire alors que celle-ci met beaucoup plus longtemps à se dérouler. Ce roman m'a fait penser à La Maîtresse de Guerre, l'univers y est violent et glauque où on finit par s'attacher aux 3 personnages principaux, et à Ivar en particulier. On suit avec frénésie leurs aventures en espérant de tout coeur qu'ils vont réussir à se sortir de ce mauvais pas vivants. Qui est donc ce roi des fauves ? Les évènements s'enchaînent vite et bien sans (ou très peu) de temps mort et on n'est jamais au bout de nos surprises. On n'a pas le temps d'essayer de deviner la suite des évènements qu'un nouvel élément change la donne. Excellente imagination !
Comme vous l'aurez compris, j'ai eu un coup de coeur pour ce roman très bien construit en seulement 310p. On n'est jamais au bout de nos surprises avec ce court roman et ses personnages hors norme. Ça a été une lecture haletante de bout en bout et ça me donne très envie de découvrir un peu plus sa bibliographie. Si vous êtes amateurs d'univers originaux et fantastique à souhait, je vous conseille très fortement de découvrir ce roman et sa jeune auteur française talentueuse. Pour ma part, je vais la suivre de très près.
Sur ce, bonnes lectures à vous :-)
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Saiwhisper
  17 septembre 2018
Après avoir apprécié l'ovni littéraire « La mort du temps » d'Aurélie Wellenstein, j'ai eu envie de retrouver la plume de cette auteure de l'Imaginaire. Or, lorsque j'ai vu qu'elle était au salon le Livre sur la Place à Nancy, je suis allée à sa rencontre…… Non sans hésiter entre deux titres qui me faisaient envie ! C'est finalement en échangeant avec elle que j'ai penché pour cette aventure qui me semblait aussi sombre qu'incroyable… Je n'ai pas été déçue du détour ! Ce fut une très bonne lecture que je recommande à toute personne adepte de la Dark Fantasy…
De la noirceur et des injustices, il y en a dès le début, puisque c'est la pauvreté et la famine qui va pousser Ivar, Kaya et Oswald, trois amis d'enfance, à braconner le gibier sur les terres du Seigneur. Malheureusement pour eux, leurs actes ne passeront pas inaperçus, puisqu'ils seront arrêtés, puis punis pour leurs crimes. On va donc prendre le temps de découvrir le trio, découvrir les personnalités de chacun et surtout les observer face à la terrible transformation en berserkir. J'ai beaucoup aimé le fait que l'auteure prenne le temps de construire ses trois héros. Même si le début peut paraître un peu long (il faudra compter une centaine de pages avant d'assister à l'ingestion du parasite et aux premiers effets), j'ai apprécié le fait que l'on ne bâcle pas le background et que l'on ne néglige aucun membre du groupe. Tous ont un caractère qui leur est propre : avec des défauts (Ivar est souvent jaloux, Kaya est très impétueuse et blessante, tandis qu'Oswald est hyper craintif…) ainsi que des qualités (protecteurs, francs, taquins, etc.). Bien évidemment, l'un de trois se distinguera un peu plus du lot, cependant j'ai tout de même été touchée par chacun d'entre eux. En revanche, cela n'a pas forcément été le cas pour les personnages secondaires qui, étant donné la taille de l'ouvrage et les nombreuses scènes d'action, ne vont pas être excessivement creusés. J'aurais par exemple souhaité en savoir plus sur la petite Hilde, sur le vil jarl qui les condamne ou encore sur Falko, le fameux Roi des fauves. Une bonne dose de mystère entoure encore ces personnages, même une fois le roman terminé…
En tant que joueuse de jeux vidéo et adepte de fantasy, je connaissais le mythe du Berserk. J'ai été conquise par la façon dont l'auteure s'est approprié cette légende. La métamorphose des protagonistes est aussi fascinante qu'horrifiante ! On les voit muter petit à petit physiquement, mais aussi mentalement ! En effet, tous les trois luttent pour préserver leur amitié et leur humanité ! La folie et une violence incontrôlable les gagnent peu à peu. Ils deviennent un danger pour eux-mêmes ainsi que ceux qu'ils aiment. Malgré leur volonté et leur détermination, la malédiction progresse irrémédiablement. J'ai été conquise par le fait que tous évoluent progressivement et plus particulièrement Kaya qui va gagner en agressivité. On sent vraiment de la tension tout au long du récit et on se demande ce qu'il va arriver aux trois compagnons… Or, je savais qu'Aurélie Wellenstein n'hésitait pas à malmener ses personnages… Je m'attendais donc à des passages difficiles et à des émotions chamboulées. Une fois encore, mon petit coeur en a pris pour son grade ! Je ne pensais pas que tout cela arriverait ! Hormis le secret du Roi des Fauves et sa personnalité qui se devine trop rapidement, la majorité du roman a réussi à me surprendre ! Cela a fortement joué sur mon envie de tourner les pages. J'ai complètement été happée par le rythme du récit qui, une fois le jugement annoncé, n'a cessé de gagner en rebondissements, en combat, en noirceur, en lutte intérieure et en survie. C'est un bon page-turner fantastique !
L'histoire était tellement prenante, que l'on ne refuserait pas un second opus ! En effet, en plus de personnages intéressants et de leur évolution, l'auteure a dépeint un univers aussi riche qu'intéressant. On y rencontre, par exemple, des Valkyries. J'aurais adoré que l'on développe ce point dans un autre volume ou un ouvrage se déroulant sur les mêmes terres. Ce monde m'a totalement fascinée et révoltée. Aurélie Wellenstein a réussi à pointer du doigt énormément de disparités sociales et d'injustices… D'ailleurs, j'ai encore en tête le cas de la pauvre Hilde qui a été condamnée pour quelque chose d'ignoble ! Un univers sombre, des personnages qui valent le détour, une tension haletante et un dénouement qui change de ce qu'on a l'habitude de lire, … « le roi des fauves » fut une très bonne lecture qui me donne envie de découvrir d'autres titres de cette auteure talentueuse.
Lien : https://lespagesquitournent...
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Elamia
  25 mai 2015
Une histoire palpitante qui nous plonge dans un univers nordique glacial et dérangeant, bienvenue amis lecteurs chez le roi des fauves !
Le moins que je puisse dire, c'est que j'ai fait cet achat sur un coup de tête. J'avais repéré ce titre signé Aurélie Wellenstein il y a quelques temps déjà mais sans être sûre de l'acheter. Lorsque j'y suis tombée dessus l'autre jour, mes yeux n'ont pas pu se détacher de cette couverture sublime réalisée par Aurélien Police. Une illustration très profonde, qui exprime de nombreuses choses, entre autres, la dualité entre l'homme et l'animal. Une image animée d'un très beau mouvement, d'une force rare et qui motive l'imagination du lecteur. Un objet livre des plus réussis, derrière lequel se cache une obscure et étrange histoire...
Ce roman classé en jeunesse a pourtant une maturité et une noirceur qui ne conviendra pas forcément aux âmes les plus sensibles. Heureusement, la couverture et le résumé donnent quand même clairement le ton de cet ouvrage. On sait d'emblée que tout ne va pas être rose avec des paillettes et que le scénario soulève des questions morales assez complexes.
Les trois héros de notre histoire vont être catapultés de désastres en désastres, et seront en proie à de vrais dilemmes moraux. Leurs trois personnalités très distinctes se prêtent bien sûr aux circonstances et permettent d'éprouver entièrement leur courage et leur volonté mais aussi et surtout, leur amitié. Ainsi, nous faisons connaissance avec Kaya, jeune couturière téméraire et sensible, et Oswald, jeune herboriste de profession, loin d'être le plus courageux ou le plus optimiste des jeunes hommes. Enfin, leur meilleur ami, Ivar, forgeron de métier a une résistance physique plus développée et prend au sérieux son rôle de protecteur.
Ensemble, ils vont connaître la pire des épreuves, esclaves d'une existence de misère et vivant constamment dans la faim, leur instinct de survie les pousse à chasser sur les terres d'un jarl. Mais rattrapés par la loi, ils vont être jugés injustement et amenés dans un royaume bien étrange. Là ils auront sept jours pour résister à l'organisme qu'on leur a inoculé et qui doit finir par faire d'eux des berserkir, autrement dits des hommes-bêtes ayant perdu leur volonté propre. Parmi vingt autres âmes qui ont subi le même sort, ils s'apercevront vite que le danger vient de l'extérieur mais aussi d'eux-mêmes.
Tout comme ce livre éprouve nos trois jeunes héros, il met à l'épreuve la sensibilité et la ténacité du lecteur. Je l'avoue, je ne suis pas adepte des histoires glauques et si celle-ci a sa part d'ombre, je dois avouer qu'une fois commencé, j'avais du mal à m'en détacher. Je l'ai d'ailleurs lu en une journée à peine, ce qui m'arrive très rarement. le style est parfait, dans le sens où il est fluide, travaillé mais ne demande pas pour autant de se creuser les méninges. de ce fait, l'on se concentre uniquement sur l'action et les scènes se succèdent à une vitesse ahurissante. Cette histoire est vraiment palpitante, et éveille notre imagination. S'il est vrai que je m'intéresse de près aux mythes nordiques, je ne connaissais pas très bien la représentation des berserkir. Ici ils sont décrits comme dénués de toute volonté propres, manipulés, soumis à des sortilèges maléfiques et d'atroces souffrances, ils sont capables de rentrer dans une rage incontrôlable. Cela donne lieu à des affrontement brutaux et des scènes âpres et violentes.
En effet l'auteure ne nous épargne pas les détails ni les descriptions plus que réalistes. Ce n'est clairement pas un livre à mettre entre toutes les mains, et pourtant, je le trouve exceptionnel. J'ai beaucoup aimé cette idée de confrontation entre plusieurs berserkir et entre trois amis d'enfance qui après tant de souffrances vont vivre l'ultime épreuve de leur existence. La dualité homme-animal est un point de vue très intéressant à suivre, cette lutte perpétuelle pour repousser le côté bestial de sa personnalité constitue une quête à elle seule.
L'atmosphère oppressante et lourde nous tient en haleine du début à la fin et bien qu'on ne puisse pas parler d'attachement réel aux personnages, je dois dire que le sort d'Ivar m'a fait frissonner plus d'une fois. Peut-être parce qu'il est le vrai héros de cette histoire, que c'est sur lui que tout repose tandis que ses camarades sont plus effacés. La rudesse de cette histoire nous permet de mieux la vivre, et d'être totalement absorbé par cette suite sans fin de calamités jusqu'à un dénouement final plutôt surprenant.
Finalement, ce roman mettant en scène les berserkir ces « fauves » d'un autre âge, suscitant crainte, pitié, et admiration, le tout dans un univers nordique détaillé avec soin est à mon sens une véritable réussite. J'ai vraiment apprécié la plume et l'originalité du scénario imaginé par Aurélie Wellenstein. Si au départ, on peut être déstabilisé par la violence et la trivialité de certaines scènes, l'on comprend bien vite que cela fait partie intégrante des réflexions qui découlent de ce récit. Un livre qui risque de déranger certains lecteurs mais qui a un pouvoir d'attraction rare et suscite une vive curiosité.
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LaGeekosophe
  15 novembre 2018
Aurélie Wellenstein est un nom qui revient souvent pour évoquer les plumes prometteuses de la fantasy française. J'avais eu de bons échos de ce roman, ce qui m'avait donné vraiment envie de le lire, sans compter que le résumé appelait un univers aussi inquiétant qu'original...
En effet, ce roman est globalement une très bonne lecture à plusieurs niveaux. Dans un premier temps, j'ai accroché à l'écriture très fluide de l'auteure : c'est simple, ce livre est un redoutable page-turner ! Les descriptions sont bonnes, l'action présente, les dialogues rythmés, tout est bien dosé et accrocheur.
Le scénario nous tient en haleine avec un compte à rebours également réussi. La pression mise sur les personnages est retranscrite à merveille, j'ai été inquiète pour la plupart d'entre eux, d'autant plus que le livre prend des routes intéressantes qu'il est difficile de soupçonner. Il n'y a pas de temps mort et l'histoire se part d'un bestiaire étrange que j'ai beaucoup apprécié.
L'univers construit par l'auteure est également fascinant, même s'il aurait mérité d'être plus étoffé. le concept des berserkers est très original exploité de cette manière. Cette idée participe à construire une ambiance étrange et envoûtante. Certains passages prennent une tournure onirique, voire cauchemardesque, et sont fascinants. En effet, l'univers se détache des lectures young adult habituelles par une certaine noirceur qui rend le roman moins fade et plus marquant.
Malgré une psychologie approfondie, je n'ai pas vraiment pu accrocher aux personnages, dont les réactions m'ont souvent semblé trop stéréotypées. A vrai dire, je dois avouer avoir eu du mal à m'attacher aux protagonistes, mais je suis très exigeante à ce niveau. Disons que les variations de caractère étaient trop nombreuses pour que les trouve crédibles.
Une très bonne découverte pour ma part ! Je lirai très certainement l'autre parution d'Aurélie Wellenstein, le Dieu Oiseau ! J'ai bien aimé l'univers original qui dévoile une grande imagination, ainsi que le mélange entre une écriture onirique et des moments plus durs qui permettent d'ajouter de la maturité au récit. Une lecture recommandée, donc.

Lien : https://www.lageekosophe.com
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critiques presse (1)
Elbakin.net   13 mai 2015
Une lecture pour toutes les tranches d’âge. Et si cet argument ne suffit pas à vous convaincre, la superbe couverture signée Aurélien Police devrait s’en charger !
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
Annabelle19Annabelle19   15 mars 2016
- Dans le coin, quand les mômes sont pas sages, on les menace de leur faire avaler le lehring.
- Le quoi ? fit Oswald.
- Le maudit parasite qui prend possession de votre âme et vous change en bête enragée.
- Par tous les dieux, gémit Kaya, alors c'est comme ça... c'est un parasite.
- Combien de temps ça dure ? interrogea Oswald.
Ivar se taisait, mais écoutait de toutes ses oreilles. Leur survie dépendrait peut-être d'une de ces informations.
- Sept jours, répondit l'homme. Parfois plus. Parfois moins.
- Pourquoi ne nous ont-ils pas fait avaler ce truc dans les geôles ? Où on va, là ?
- C'est un rituel ancestral. Le lehring ne croît que sur la terre des fauves, l'ancienne province de Hadarfell. Plus personne ne vit là-bas. Ce ne sont que des ruines. Bref, je ne sais pas exactement comment ça marche, je ne suis pas un de leurs fichus sorciers, mais le lehring se gorge de la magie noire du lieu. Ils ont déjà essayé de créer des bersekirs ailleurs, mais les bêtes restent souvent idiotes. Leur âme s'envole et c'est tout. Ils se retrouvent avec des géants imbéciles, inutilisables pour la guerre.
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MarquePageMarquePage   12 juin 2015
De petits nuages roses coloraient l'horizon dentelé par les cimes. La rivière miroitait, encore couverte de fines écharpes de brume. A plusieurs centaines de mètres de là, un élan nageait dans l'eau froide. Totalement immergé, Ivar n'en voyait que la tête dressée, couronnée d'une gigantesque ramure. Le ruban gris se froissait derrière le majestueux animal et le garçon se trouva curieusement rasséréné par ce spectacle. Son monde intérieur pouvait s'effondrer, il resterait toujours de jolies choses. Il y aurait d'autres aurores, toutes aussi splendides que celle-ci, d'autres jeux d'ombres et de lumières. Même après sa mort, les bagues colossales de l'océan continueraient de s'élever et de retomber avec fracas. Dans cet univers gigantesques, il n'était qu'une étincelle, la flamme ténue d'une bougie - que le parasite allait souffler.
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Annabelle19Annabelle19   15 mars 2016
- Tu ne dors pas ? demanda Kaya.
Son haleine se condensa en vapeur grise. Ivar haussa les épaules et ce simple geste le fit frissonner.
- Comment veux-tu ? J'ai trop froid.
- J'ai une bonne nouvelle, annonça Oswald.
- Tu as trouvé comment dévisser les barreaux ? demanda Kaya.
- Non, je crois que je suis en train de faire une pneumonie. Je vais mourir avant d'être jugé, c'est sûr.
- Mon pauvre, maugréa Ivar, tu es beaucoup trop malchanceux pour ça.
[...]
- Où nous emmènent-ils ? reprit finalement Kaya. On aurait déjà dû atteindre le château des Thorwalds, non ?
- On l'a dépassé, répondit Ivar, je crois qu'ils nous conduisent à Sigvar.
- A la capitale ?
Elle souffla sur ses doigts.
- On va être jugé par le Haut Roi ? Nous ?
- Qui d'autre ? intervint Oswald. Ils ont dépêché une escouade de Valkyries à nos trousses. Ils vont nous juger en grandes pompes. On sera exécutés sur la place publique. Sauf moi, bien sûr, puisque je vais mourir d'une pneumonie.
- Ne dis pas ça, coupa Ivar.
- Je regrette, Ivar, mais je tousse. Je sais que ça te touche, mais je vais trépasser.
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SurineurSurineur   14 avril 2017
La lueur grandit, se scinda et se multiplia. C'étaient des candélabres, des dizaines d'entre eux, qui flottaient dans les ténèbres, en suspension autour d'un énorme auroch.
Ivar s'approcha de la bête. Sa main intacte, vierge de toute marque, hésita au-dessus de la tête formidable. Doucement, il la posa sur le mufle velu.
- Je ne veux pas te combattre, murmura-t-il.
Il se rendit compte qu'il était sincère. L'auroch était magnifique, puissant et calme. Il ressemblait à l'image idéale de lui-même : une créature paisible, protectrice, solide. La bête incarnait ce qu'il y avait de meilleur en lui. Il l'avait façonné pendant son enfance, puis son adolescence, dans le secret de son esprit. Pourquoi l'avait-il rejetée ? L'animal était une projection de l'enfant qu'il était, de son innocence, le souvenir d'un paradis perdu.
- Je ne lutterai plus contre toi, promit-il. Je suis désolé, je n'avais pas compris. Je croyais que tu étais un parasite. Mais tu es moi.
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SurineurSurineur   12 avril 2017
- Ce n'est qu'une bête. Il n'est pas en train de te reluquer.
- Reluquer, répéta la créature d'une voix rauque.
Les trois amis sursautèrent. Une ride de concentration était apparue sur le front étroit de l'oiseau. Ses bras frémissaient d'effort soutenu.
- Là ça devient carrément malsain !
- Mal...sain, répéta l'oiseau au bout de plusieurs longues secondes.
-Il y a encore un homme en lui, avisa Ivar, mais il est très loin.
Un hoquet souleva la poitrine du bersekir et il cligna des paupières. Puis l'étincelle d'intelligence qui avait éclairé avait disparu. L'oiseau se détourna pesamment réintégra l'ombre, son humanité ravalée dans les ténèbres de sa grande carcasse. Ivar se sentit étrangement déçu.
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