AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
EAN : 9782367408637
480 pages
Éditeur : Scrineo (19/03/2020)

Note moyenne : 3.78/5 (sur 18 notes)
Résumé :
À Yardam, la folie est sexuellement transmissible.

Dans l’espoir d’endiguer l’épidémie, la population est mise en quarantaine, isolée du reste du monde.
Le virus n’a pas épargné Kazan. À l’image de la ville qui s’enfonce dans le chaos, il sombre lentement.

Pour s’en sortir, il serait prêt à toutes les extrémités, y compris à manipuler Feliks et Nadja, un couple de médecins étrangers venu s’enfermer volontairement dans la cité pou... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
boudicca
  15 mai 2020
Autrice prolifique, Aurélie Wellenstein est parvenue depuis 2015 a maintenir le rythme d'un roman par an, chacun consacré à un sujet très différent mais tous mettant en scène le voyage initiatique d'un ou d'une adolescent(e), que ce soit dans un Paris en proie à des bouleversements temporels (« La mort du temps »), sur une île d'inspiration polynésienne (« Le dieu oiseau ») ou à bord d'un bateau pirate naviguant sur des marées fantômes (« Mers mortes »). Cette année, l'autrice revient avec un roman un peu différent et qui s'adresse cette fois clairement à un public adulte. le sujet, lui, est malheureusement d'actualité, et se distingue comme d'habitude par son originalité. Jugez plutôt. Dans la cité de Yardam, une mystérieuse épidémie sévit depuis quelque temps et change les individus contaminés en véritables loques humaines. Privées de leurs souvenirs, de leur intelligence, et même peu à peu de leur apparence, les « coquilles » se multiplient à une telle vitesse depuis plusieurs mois que l'empereur a pris la décision de placer la ville en quarantaine. Personne ne peut plus ni y entrer, ni en sortir, ce qui ne manque pas de provoquer une véritable panique chez les habitants qui s'inquiètent, qui d'un parent momentanément absent, qui du risque de contamination, ou qui encore de la possibilité d'une pénurie alimentaire. le seul espoir de la population repose entre les mains des médecins envoyés sur place pour tenter de juguler l'épidémie et comprendre son origine. Féliks et Nadja sont de ceux là, et ils vont bénéficier de l'assistance d'un allier inattendu, un certain Kazan, voleur accro à la sirène (une drogue locale) qui, dans un premier temps, ne leur inspire pas confiance. Mais l'homme a pour lui plusieurs avantages : un physique imposant, une connaissance parfaite des méandres de la ville, et surtout une farouche détermination à vouloir aider les médecins dans leur quête. Noble initiative ? Pas vraiment, car Kazan le sait, la seule et unique cause de l'épidémie, c'est lui. Enfin, lui et ses semblables : des sortes de vampires psychiques qui avalent l'âme de leur victime, ainsi que leurs souvenirs, leurs aptitudes, leurs talents, pour ensuite les stocker à l'intérieur de leur tête. Un pouvoir grisant, dans un premier temps, mais la contrepartie est de taille : sexuellement transmissible, le virus finit inévitablement par provoquer la mort de son porteur, rendu fou par toutes les personnalités engrangées et qui n'aspirent qu'à la mort de leur bourreau.
Épidémie, quarantaine, virus : « pour oublier l'anxiogène contexte mondial actuel, c'est raté ! », serait-on tenté de penser. Pourtant, en dépit de ces apparentes similitudes, le récit n'a pas grand-chose à voir avec notre situation aujourd'hui. Outre le fait qu'il s'agit d'un virus sexuellement transmissible, les circonstances diffèrent aussi en ce qui concerne le cadre qui s'apparente ici à une ville du XVIII ou XIXe, même si l'autrice donne peu de précisions concernant l'univers en général (on ne rien de cet empire qui est seulement mentionné ni de la place qu'y occupe Yardam). Cela ne nuit en tout cas nullement à l'immersion du lecteur qui arpente avec plaisir les coins et recoins de la cité, du musée à l'institut médical, en passant par une taverne abritant une fumerie clandestine, une grande place de marché, des quartiers résidentiels ou ouvriers, de grandes demeures bourgeoises… le décor est franchement réussi, à la fois parce qu'il change des cités d'inspiration médiévale auxquelles on a habituellement affaire, mais aussi parce qu'il règne une ambiance très particulière dans cette cité confinée en proie aux comportements humains les moins reluisants. Scènes de panique, désignation de bouc-émissaires, lynchages, émeutes, hystérie collective… : l'atmosphère est délétère, et c'est ce côté crépusculaire qui donne une grande partie de son charme au roman. Les coeurs sensibles feraient bien de s'abstenir, car le récit dégage une noirceur clairement identifiable à la fois par les thématiques qui y sont abordées (l'ambivalence de la nature humaine, la dépendance, la monstruosité cachée en chacun de nous…), mais aussi par la présence de passages clairement destinés à un public adulte. Au risque d'en faire parfois un peu trop. Si la plupart des scènes de violence ou de sexe dépeintes dans le roman présentent effectivement un intérêt pour l'intrigue, on a parfois du mal à se départir de l'idée que certains détails glauques ou macabres ne sont là que pour souligner la volonté de l'autrice de s'adresser à des lecteurs plus matures (même s'il faut admettre que tous ses précédents romans étaient eux aussi emprunt d'une certaine noirceur et que celle-ci n'a jamais cherché à épargner à ses lecteurs les détails les plus sanglants).
Outre l'originalité de l'intrigue et la qualité de son décor, le roman dispose d'un autre atout : ses personnages. Et là encore, impossible de ne pas faire la différence avec les précédents romans « young adult » de l'autrice (même si, encore une fois, ses précédents héros n'avaient rien de lisses ou de « gentillets »). Kazan est un personnage complexe et surtout très ambivalent, tour à tour détestable ou sympathique. On compatit de le voir lutter contre sa dépendance et sa maladie, on s'amuse de l'un de ses traits d'humour qui nous le rendent attachant... et puis on le voit se livrer à un acte monstrueux qui nous rappelle à quel genre de personnage on a affaire. Cette ambiguïté favorise l'installation d'un malaise chez le lecteur qui ne sait plus s'il doit être horrifié ou désolé. Par cet aspect, le roman m'a beaucoup fait penser à « Entretien avec un vampire » d'Anne Rice, notamment en ce qui concerne la relation entre Kazan et son « mentor », et celle entre Kazan et son « apprentie ». le thème du vampirisme n'est évidemment pas étranger à cette association car, même s'il s'agit ici d'un vampirisme psychique, le lien entre le prédateur et la proie tel que décrit par Aurélie Wellenstein reste malgré tout très charnel (l'aspiration passe par un baiser, la transmission du virus ou le « déchargement » d'une voix implique une relation sexuelle…). Kazan n'est toutefois pas le seul personnage ambivalent du roman car les habitants de Yardam sont loin d'être des enfants de coeur (surtout dans un contexte tel que celui-ci). On pourrait ainsi être tenté de penser que le sort horrible réservé aux victimes du voleur d'esprits nous inciterait à accorder à ces pauvres gens toute notre sympathie, or il n'en est rien tant certains de ces individus se révèlent franchement détestables. A ce sujet, il est d'ailleurs intéressant de noter que les voleurs d'esprits rencontrés sont loin d'avoir tous les mêmes techniques de chasse, ni les mêmes ambitions. Ainsi, si certains se servent du virus pour éliminer de la société les pires individus possibles (se condamnant ainsi eux-mêmes à vivre avec le souvenir de leurs atrocités), d'autres y voient l'occasion de s'élever dans la société. La folie qui rôde autour de ces ambitieux ne manque évidemment pas de favoriser l'apparition de comportements déviants ou cruels qui viennent renforcer la noirceur du récit et le malaise du lecteur (la scène de la « chasse à courre » est particulièrement marquante). le seul îlot de pureté dans cet océan de tristesse et de cruauté réside finalement dans ce couple de médecins, Féliks et Nadja, dont l'histoire d'amour se révèle d'autant plus touchante qu'elle va se retrouver sacrément malmenée.

Avec « Yardam », Aurélie Wellenstein rompt avec ce à quoi elle nous avait habitué dans ses précédents romans (youn adult, récit initiatique, omniprésence du thème de la relation homme/animal…) pour nous offrir un texte plus adulte, plus sombre, mais aussi plus immersif et plus intense. Grâce à une intrigue bien rythmée et qui ne connaît que peu de temps mort, l'autrice parvient à accrocher efficacement le lecteur qui se prend à lire avec avidité le destin tragique de cette cité, de ce couple, et surtout de ce héros qui séduit autant qu'il dégoûte. Une belle découverte, à réserver toutefois à un public averti.
Lien : https://lebibliocosme.fr/202..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          120
Les_lectures_de_Sophie
  13 mai 2020
Aurélien Police a créé pour ce roman un écrin à la hauteur du texte, résumant parfaitement la teneur du mal qui dévore Kazan, et l'ambiance du roman, envoûtante et oppressante à la fois. C'est clairement un roman adulte, et non ado, non seulement de par sa thématique, mais surtout de par la façon dont l'autrice a choisi de la traiter, sans aucun tabou, de façon frontale, ce qui donne de fait des scènes qui à l'écran seraient interdites aux mineurs !
J'ai un rapport particulier à ce roman… je l'ai commencé début mars, avec pour objectif de publier cette chronique autour du 19, pour la sortie du roman. Les événements ont fait que les librairies ont fermé le 17 mars, alors que le roman était arrivé en librairie, mais pas encore en rayon. Je l'ai lu en deux fois, car avec l'arrivée du CoViD et le début du confinement, je n'avais pas franchement envie de lire cette histoire de quarantaine. Non pas que je n'aimais pas le livre, loin de là, simplement que j'avais besoin d'air et que son atmosphère n'était pas idéale à ce moment là. Ceci-dit, quand je l'ai repris il y a huit jours, je l'ai fini d'une traite, car il n'y a pas à dire, Aurélie Wellenstein est très douée pour créer des univers à la fois dérangeants et addictifs.
Dès les premières pages, on plonge dans la cité aux côtés de Kazan, jeune homme donc on découvre très vite qu'il n'est pas seul dans sa tête. Il dispose des compétences d'hommes et de femmes qui ont eu le malheur de croiser son chemin. On pense rapidement à la schizophrénie même si la syphilis n'est pas loin non plus quand on voit les ravages de sa maladie. Kazan vit à Yardam, une cité dont on assiste à la mise en quarantaine à cause d'un mystérieux mal qui semble vider les êtres de leur humanité. le peuple les a surnommés les « coquilles ». Quel est ce virus qui les mets dans un tel état ?
Déroutant, envoûtant, oppressant, dérangeant, addictif, ce sont les adjectifs que j'ai utilisés jusqu'ici pour décrire l'univers et l'ambiance de Yardam. Une ville aux multiples facettes, qui fascine par son originalité, dérange par le mal qui la ronge, oppresse par ses ruelles sombres. C'est une ville qui envoûte, qui fascine, et qui dégoûte par la saleté et la puanteur de ses rues, par l'injustice que subit son peuple au quotidien. Et pourtant, c'est une ville qu'on a du mal à quitter, tout comme Kazan, personnage aussi haïssable par son comportement qu'attachant par son histoire. Comme mes sentiments à sa lecture, tout est dual dans ce roman, pas pour autant en délicatesse, loin de là ! Délicatesse n'est pas une caractéristique que j'attribuerais à ce roman, ni aux autres de l'autrice que j'ai déjà lus… C'est un roman brut, âpre comme l'est à priori la vie à Yardam.
Le parcours de Kazan est aussi chaotique que la vie dans la cité de Yardam fur et à mesure que la quarantaine se prolonge. Les conditions sanitaires de la ville se dégradent à la même vitesse que la santé de mentale du jeune homme. Jusqu'où Aurélie Wellenstein a-t-elle l'intention d'emmener ses personnages et ses lecteurs ? Loin, très loin dans les bas-fonds de Yardam. En immersion totale derrière les hautes murailles de la cité.
La cité de Yardam se trouve dans un univers d'inspiration slave, région que je n'ai pas souvent rencontrée jusqu'à maintenant dans mes lectures de fantasy. et que je trouve pourtant attirante et dépaysante. Un empire étendu, tellement vaste que d'un bout à l'autre, les traditions sont on ne peut plus différentes. A Yardam, les femmes sont cantonnées à la maison quand à Joukovski, les femmes peuvent étudier, et même pratiquer la médecine. C'est de là que viennent Nadja et Feliks, et Nadja a bien du mal à concevoir de ne pas pouvoir exercer son métier, de pouvoir juste, à la rigueur, assister son mari.
Je ne sais pas si je peux dire avoir adoré ma ma lecture sans passer pour masochiste, j'ai pourtant passé un excellent moment de lecture quand j'ai repris le livre, ce qui m'a fait regretter de l'avoir mis de côté, car si la quarantaine me paraissait résonner avec notre situation, au bout du compte, on est dans un univers tellement loin de notre quotidien (et heureusement quelque part^^)… J'ai eu une petite déception avec la fin, que j'ai trouvé un peu mièvre par rapport au reste du roman, même si elle apparaît comme logique au vu des événements du récit. Je vais peut-être paraître horrible, mais j'aurais aimé une fin plus rude, à l'image de la cité de Yardam.
Yardam est un roman tout en contrastes, qui ne ménage ni ses personnages, ni ses lecteurs, comme sait si bien le faire Aurélie Wellenstein. le décalage entre la douceur qu'elle dégage quand on la rencontre et la violence de ses textes est impressionnant !!! Et le pire (ou le mieux^^) c'est que j'en redemande… Après avoir découvert trois de ses romans, j'ai très envie d'en lire plus. Masochiste, je vous dis.
Yardam est une lecture sombre et étouffante, rude, mais surtout envoûtante. Une fois que cette cité vous aura pris dans ses filets, elle ne vous lâchera pas, elle vous entraînera aux côtés de Kazan et des autres dans la fuite en avant de sa quarantaine. Prêt pour le voyage ?
J'ai reçu la version papier de ce livre dans le cadre de ma participation au Club des lecteurs Scrineo pour l'année 2020. Merci à eux pour la confiance.
Lien : https://leslecturesdesophieb..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
mydearema
  13 mai 2020
Ce roman avait eu droit à une première sortie au début du confinement mais les éditions Scrineo ont souhaité lui offrir une deuxième sortie sous le feu des projecteurs dès la réouverture des librairies ! Je dois dire que cela m'arrangeait car si le livre me faisait fort envie, le contexte confinement tout ça ne m'enjaillais pas tellement pour le découvrir. Avoir un prétexte pour repousser un peu sa lecture tombait pile-poil pour moi !
Bon, le confinement est toujours d'actualité au moment où j'écris cet article donc je l'ai lu dans des conditions un peu pas idéales. Je m'explique… La quatrième de couverture te donne déjà le topo, on parle de quarantaine, de virus, de folie. SUPER QUAND TU ES DÉJÀ BOUFFÉE PAR L'ANXIÉTÉ. Et je t'avoue que j'ai eu du mal au départ, j'ai même cru que j'allais me dégonfler et prévenir les éditions Scrineo que je ne parvenais pas à le lire en ce moment… MAIS. La magie Aurélie Wellenstein a opéré.
Alors, j'ai entendu mais tellement de blogueur•euse•s couvrir cette autrice de moults compliments. Je n'avais jamais rien lu d'elle et j'étais donc curieuse de voir ce qu'elle avait de si spécial. Bon bah. Pour faire court… elle te balade comme elle veut, où elle veut rien qu'avec ses petits mots. C'était grandiose. Je me rappelle encore avoir dit à une amie que j'étais ‘à peine à la page 40' et que je savais pas comment j'allais arriver au bout. Puis bah le lendemain… j'ai repris le livre, j'ai cligné des yeux et j'étais page 250. J'ai compris une seule chose sur ce qui venait de m'arriver : je venais d'être VICTIME DE MAGIE NOIRE OU BLANCHE. HELP. Voilà. C'est dit. Aurélie Wellenstein, vous êtes une magicienne des mots.
Kazan est un homme qui a été contaminé par un mal inconnu. Se transmettant par voie sexuelle, les malades deviennent des dévoreurs d'âmes. Ils embrassent leurs victimes et les dépouillent de leurs souvenirs pour ne laisser que leur enveloppe corporelle vide : ce sont les coquilles. le dévoreur d'âme se sera alors approprié l'ensemble de la mémoire de sa proie. Il peut réitérer à plusieurs reprises l'expérience mais en gardant à l'esprit que chaque victime représente une nouvelle voix qui viendra peupler sa petite tête. Au final, la plupart virent fous et s'explose le crâne, incapables de supporter les voix de plus en plus nombreuses de leurs victimes.
Toutefois je continue de penser que ce livre reste pour un public relativement averti. le résumé laisse présager une partie de ce qu'il se passe mais il reste quand même fort en surface. L'histoire comptabilise pas mal de scènes assez violentes et explicites (en mode cervelle qui dégouline hors de la boîte crânienne, de ce goût-là) et de sexe assez détaillées. Je n'irai pas jusqu'à dire que c'est terriblement gore mais c'est pas gentillet non plus, tout simplement. Donc si tu es particulièrement sensible, ce ne sera peut-être pas la lecture idéale pour toi. Pour ma part, j'ai surtout été mal à l'aise lors des passages relatifs à la ‘folie' dont est atteint Kazan, le héros. La période n'aide pas, je ne suis moi-même pas au top de ma santé mentale, je ne le cache pas. Aurélie Wellenstein nous plonge avec un peu trop de talent dans la psyché de ses personnages et le but c'est bien qu'on en ressorte perturbés. Pour le coup, le lecteur fait vraiment face à une foule de comportements plus interpellants les uns que les autres. L'être humain est confronté à des choix éthiques et moraux : la science peut-elle s'octroyer un droit de vie ou de morts sur des cas médicaux afin de pouvoir potentiellement sauver un plus grand nombre de personnes ? Ce que la maladie d'une personne l'oblige à faire la rend-t-elle responsable de ses actes ? J'ai trouvé ça intelligent.
Je regrette juste la fin. J'ai ressenti une espèce d'essoufflement une fois arrivée aux cent dernières pages. Je n'ai pas été convaincue par la tournure des événements. J'ai l'impression que pas mal d'interrogations restent sans réponse. C'est possible que ce soit ce que l'autrice recherchait, après réflexion. Mais ça m'a plus frustrée qu'autre chose. Une grosse rigueur semble avoir été fournie pour la quasi-totalité du roman mais on dirait qu'on lâche le lecteur vers la fin avec un : « Tiens débrouille-toi maintenant ». C'est là que le bât blessait un peu.
Ce que je retiens c'est l'aisance troublante de l'autrice pour manipuler ses personnages, ses mots et son lecteur. C'est certain que ça m'a poussée à vouloir découvrir plus de ses titres. Yardam fut une lecture pour le moins étonnante tant la psychologie des personnages est poussée à son paroxysme. Je suis un tantinet déçue concernant la fin qui souffre de quelques facilités scénaristiques mais le reste de l'histoire contre-balance bien, par chance !
Lien : https://mydearema.wordpress...
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          00
LesFantasydAmanda
  17 mars 2020
--- le nouveau Aurélie Wellenstein ---
Comme chaque année, j'attends le dernier Aurélie Wellenstein avec beaucoup d'impatience, et je ne suis certainement pas la seule. En effet, l'auteure peut aujourd'hui compter sur un lectorat fidèle ! Son style unique, qui explore avec justesse les bas-fonds de l'âme humaine, y est certainement pour quelque chose…
Yardam n'échappe pas à cette règle. Violences, vices inavouables ou encore trahisons : voici autant d'éléments que l'on retrouve dans cette histoire. Bref, ne vous attendez pas à un conte de fée. Personnellement, ce n'était pas pour me déplaire !
Je remercie donc les éditions Scrineo pour l'envoi et Aurélie Wellenstein pour la dédicace. Pour info, ce one-shot sort dans deux jours et vous pouvez l'acquérir directement sur la boutique de la maison d'édition.
--- Dans une ambiance oppressante ---
La mise en quarantaine évoquée dans Yardam résonne avec l'actualité de façon troublante. En effet, elle n'est pas sans rappeler les mesures prises suite à l'apparition du coronavirus. Et je dois dire que la lente descente aux enfers qui nous est contée ici m'a fait froid dans le dos.
Rapidement privée de ressources, livrée à elle-même, la population périclite. Certains sont prêts à tout pour s'en sortir, trouvent des causes étranges au mal qui sévit entre les murs de la ville. Des individus sont lynchés en place publique car ils porteraient soi-disant le Malin en eux. Des femmes, de prétendues sorcières, sont destinées au bûcher. Bref, au-delà du virus qui se répand furtivement dans Yardam, la folie s'empare de chacun !
--- Pas de young adult, cette fois ---
Vous l'aurez peut-être remarqué, mais contrairement aux publications précédents de l'auteure, celle-ci vise un public adulte. Cela n'est pas sans raison ; de nombreuses scènes de sexe parsèment le récit. Et oui, le virus dont il fait mention se transmet lors de rapports sexuels. Or, il me paraît important de préciser que les passages sont particulièrement explicites, ce qui pourrait en déranger certains. Pour ma part, c'est surtout le côté malsain, de plus en plus présent au fil des pages, qui m'a déplu.
Sachez néanmoins que ce n'est pas vraiment sur ce point qu'Aurélie Wellenstein met l'accent, mais plutôt sur…
--- Des relations complexes ---
Comme dans chacun de ses romans, l'auteure creuse avec intelligence la psychologie de ses personnages. J'ai d'ailleurs l'impression que ce travail a été plus poussé encore dans Yardam, même si je ne peux vous en dire plus à ce sujet au risque de vous spoiler.
En vérité, l'écrivaine remet en question les fondements de la notion d'identité, brouille les frontières entre les individus. La folie guette leurs pensées, au point qu'ils en oublient parfois qui ils sont. Leur passé, leurs peurs, leurs envies, tout devient flou ! Il est donc difficile pour nos héros de nouer des liens, ou même de s'en défaire lorsque ceux-ci deviennent toxiques.
Vous l'aurez compris, rien n'est jamais simple et c'est justement ce qui fait l'attrait de ce one-shot !
--- Un trio victime de la mise en quarantaine ---
Dans cette histoire, nous suivons principalement Kazan, un voleur de haute voltige. En dépit de sa condition, il s'en sort plutôt bien, si l'on excepte sa maladie. Alors qu'il se sent sombrer, il cherche désespérément une solution, une issue, quelque chose susceptible de l'aider. Cette aide, il va la trouver auprès de Nadja et Feliks, un couple de médecins motivés à trouver un remède.
Et voilà, maintenant vous connaissez les trois protagonistes principaux de Yardam. Ils ne sont certes pas nombreux, mais cela permet à Aurélie Wellenstein d'approfondir leur personnalité. Elle nous offre même des pans du passé de Kazan afin de nous expliquer comment il en est arrivé là. Petit à petit, on comprend son parcours, ses erreurs. On parvient même à s'attacher à lui… pour mieux le voir succomber au virus !
Sachez-le, ce n'est pas toujours facile de le suivre dans ses errances. Bien souvent, j'ai été en désaccord avec ses choix, l'ai détesté dans ses moments de faiblesse. Pourtant, j'ai compris ses motivations.
En fait, chacun de ces personnages évolue chapitre après chapitre. Nadja se découvrira par exemple un courage dont elle ne soupçonnait pas l'existence et fera des choix difficiles, voire douteux, pour vaincre la maladie. Feliks, quant à lui, ira à la rencontre de la part sombre, pleine de violences, qui vit en lui.
Bref, en plongeant ses personnages dans une situation extrême où la survie est une priorité de tous les instants, Aurélie Wellenstein nous offre le meilleur ET le pire de l'âme humaine. Croyez-moi, on n'en sort pas indemne !
--- Quand vient la fin ---
Comme toujours, l'auteure ne nous offre pas toutes les réponses. J'ai donc refermé Yardam avec quelques questions en tête, notamment au sujet du virus. Est-ce que je suis frustrée pour autant ? Oui, un peu. Mais c'est ce qui fait le charme d'Aurélie Wellenstein, pas vrai ?
Lien : https://lesfantasydamanda.wo..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
Mallou14
  22 mai 2020
Que dire après avoir lu une telle histoire ? Je me sens toute vidée, telle une coquille, d'avoir quitté cet univers et surtout les personnages. Je suis à chaque fois bouleversée par les récits que nous propose Aurélie Wellenstein mais je ne m'attendais pas à l'être à ce point ! C'était sombre et brillant !
Ici pas de long voyage initiatique car tout se déroule dans une ville close, en quarantaine, l'autrice se concentre plutôt sur la psychologie de ses personnages. Aurélie Wellenstein a déjà l'habitude de nous proposer des protagonistes approfondis, nuancés, ni tout blancs ni tout noirs, mais avec Yardam, elle va encore plus loin et s'est donnée à fond, nous proposant tout un panel de couleurs !
On rencontre assez rapidement les trois personnages principaux, Kazan qui est un voleur d'esprits et qui a sa part de responsabilités dans la situation de la ville, puis Nadja et Feliks, deux médecins venus pour tenter de résoudre le problème. Une relation très particulière lie ces trois là et je les ai à la fois aimés et détestés. J'ai été aussi paumée qu'eux, ce fut un joyeux bordel dans ma tête aussi pour tenter de décortiquer tout ça. Mais maintenant que j'ai terminé le livre, ils me manquent terriblement !
Du côté de l'intrigue, c'est aussi un truc de dingue ! En commençant cette lecture, j'étais loin de me douter de tout ce qui allait se dérouler, je m'étais imaginé un chemin presque tout tracé dans ma tête et finalement Aurélie Wellenstein a bifurqué aux moments où je m'y attendais le moins. Une ville en quarantaine qui met ses habitants au pied du mur et qui les repousse dans leurs tous derniers retranchements. Une dégénérescence de l'humanité et une explosion de la folie humaine, voilà ce qu'est Yardam.
Je ne dis rien de plus pour que les futurs lecteurices gardent la découverte totale de l'histoire. Pour ce qui est de la fin, j'avais imaginé plusieurs possibilités et l'autrice a réussi à me surprendre encore une fois en m'en proposant une à laquelle je n'avais pas vraiment pensé.
Bref, si j'avais adoré Mers Mortes qui était mon préféré d'Aurélie Wellenstein jusqu'à présent, Yardam a placé la barre encore plus haute. Je n'avais jamais lu une histoire pareille avant, aussi poussée tant au niveau de la psychologie des personnages, principaux comme secondaires même si je n'en ai pas parlé, qu'au niveau de son ambiance à huis clos où la tension se mêle à la folie et monte crescendo. J'ai adoré, c'était très particulier mais terriblement bien !
Lien : https://thenotebook14.wordpr..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
Citations et extraits (4) Ajouter une citation
LenocherdeslivresLenocherdeslivres   02 mai 2020
Les maladies surgissent et elle fauchent les gens. La peste, la tuberculose, la syphilis ou la lèpre, et maintenant... ça.
Commenter  J’apprécie          50
IlfioredelmaleIlfioredelmale   04 avril 2020
D’un coup de reins, Kazan bascula en une pirouette arrière, se releva, l’épée au poing, et marcha sur la femme, qui sanglotait de douleur et de rage en berçant son bras cassé.

– Tu as aimé ton cri ? lui demanda-t-il. Je n’en avais jamais entendu d’aussi joli !

Il lui planta l’épée dans la gorge.
Commenter  J’apprécie          10
IlfioredelmaleIlfioredelmale   04 avril 2020
Il le fit dégringoler de sa selle. Lui écrasa la tête du talon et frappa furieusement plusieurs fois, jusqu’à écrabouiller le visage du chasseur sur le pavé, le transformer en une bouillie de peau rouge et d’esquilles d’os.
Commenter  J’apprécie          00
IdeesALireIdeesALire   17 mars 2020
Dans sa vision, ce fut un coup de tonnerre.
Dans la réalité, un coup de fusil.
Toutes les voix hurlèrent ensemble.
Commenter  J’apprécie          00
Videos de Aurélie Wellenstein (15) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Aurélie Wellenstein
A l'occasion du festival "Imaginales" à Epinal, rencontre avec Aurélie Wellenstein autour de son ouvrage "Blé noir" aux éditions Gulf Stream.
Retrouver le livre : https://www.mollat.com/livres/2310078/aurelie-wellenstein-ble-noir
Notes de Musique : Youtube Audio Library.
Visitez le site : http://www.mollat.com/ Suivez la librairie mollat sur les réseaux sociaux : Facebook : https://www.facebook.com/Librairie.mollat?ref=ts Twitter : https://twitter.com/LibrairieMollat Instagram : https://instagram.com/librairie_mollat/ Dailymotion : http://www.dailymotion.com/user/Librairie_Mollat/1 Vimeo : https://vimeo.com/mollat Pinterest : https://www.pinterest.com/librairiemollat/ Tumblr : http://mollat-bordeaux.tumblr.com/ Soundcloud: https://soundcloud.com/librairie-mollat Blogs : http://blogs.mollat.com/
+ Lire la suite
autres livres classés : épidémieVoir plus
Notre sélection Imaginaire Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Les plus grands classiques de la science-fiction

Qui a écrit 1984

George Orwell
Aldous Huxley
H.G. Wells
Pierre Boulle

10 questions
3075 lecteurs ont répondu
Thèmes : science-fictionCréer un quiz sur ce livre
.. ..