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EAN : 9782266297684
352 pages
Pocket (19/03/2020)
3.91/5   323 notes
Résumé :
Une île. Dix clans. Tous les dix ans, une compétition détermine quel clan va dominer l'île pour la décennie à venir. Les perdants subiront la tradition du " banquet " : une journée d'orgie où les vainqueurs peuvent disposer de leurs adversaires. Il y a dix ans, Faolan, fils d'un chef du clan déchu, a assisté au massacre de sa famille. Sauvé par le fils du chef victorieux, Torok, il est depuis lors son esclave et doit subir ses fantaisies perverses. Enfin la nouvelle... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (146) Voir plus Ajouter une critique
3,91

sur 323 notes
Pour son quatrième roman, Aurélie Wellenstein continue de se distinguer non seulement par l'originalité de son cadre mais aussi par la noirceur presque malsaine qui imprègne aussi bien le décor que les personnages (en dépit d'un ton qui frôle parfois volontiers avec le young adult). Après Paris en proie à l'apocalypse et les froides étendues de Sibérie, l'auteur nous entraîne cette fois sur une île à priori totalement coupée du reste du monde et dans laquelle plusieurs clans s'affrontent pour la suprématie. Ces luttes de pouvoir sont toutefois parfaitement ritualisées : tous les dix ans, une compétition opposant les champions de chacune des dix tribus de l'île détermine laquelle aura le droit de régner pendant la prochaine décennie. L'enjeu est de taille, surtout quand on connaît le terrible sort réservé aux vaincus. La tribu gagnante a en effet la possibilité d'organiser après son triomphe un immense banquet au cours duquel les membres désignés des clans adverses (généralement les leaders et leurs familles) subissent les pires outrages et finissent... dans l'estomac du vainqueur ! Alors qu'une nouvelle compétition est sur le point de commencer, un jeune esclave, épargné lors du dernier banquet mais asservi depuis par le fils du vainqueur, attend de se présenter aux épreuves. Ses chances de l'emporter contre son maître sont minces, mais Faolan est bien décidé à réussir et à se venger de ceux qui ont massacré sa famille, ou à mourir. Aurélie Wellenstein adopte ici la même trame que pour ses précédents romans : un personnage condamné à vivre dans un environnement hostile et confronté à des choix et des situations extrêmes auxquels il doit apprendre à réagir. Cela marchait déjà dans « Le roi des fauves » ou « La mort du temps », et cela fonctionne une fois encore à merveille dans « Le dieu oiseau ».

Le principal atout du roman réside dans son décor résolument original qui s'inspire énormément des îles du Pacifique, et notamment de l'histoire et des croyances de l'île de Pâques. Cette inspiration, elle se ressent d'abord au niveau du décor qui nous dépeint des paysages rarement exploités en fantasy (le seul autre exemple qui me vient est la trilogie des « Rois Navigateurs » de Garry Kilworth), avec une île dont les ressources s'épuisent et une autre à la végétation luxuriante et pleine de vie mais sur laquelle les hommes ne peuvent vivre. L'auteur emprunte également à cette culture polynésienne sa structure clanique et certains pans de sa mythologie : le dieu-oiseau et la quête de l'oeuf font ainsi directement échos à une légende de l'île de Pâques. On ignore tout de l'époque à laquelle se situe l'action, mais le personnage mentionne à plusieurs reprises le passage il y a plusieurs années d'étrangers naviguant dans d'immenses embarcations et qui pourrait être une référence aux Occidentaux s'étant aventurés dans ces eaux à partir du XVIIIe siècle. Comme dans ses précédents romans, l'auteur ne perd pas son temps en présentations à rallonge et préfère au contraire plonger ses personnages directement dans l'action. le rythme reste d'ailleurs relativement soutenu tout au long du récit qui se lit par conséquent avec une rapidité déconcertante. Impossible de s'ennuyer ne serait-ce qu'une seconde tant les événements défilent à toute vitesse et placent chaque fois le protagoniste dans des situations de plus en plus périlleuses. Quant bien même on s'attend à la survie de notre héros (qui est pourtant loin de briller dans la plupart des épreuves), Aurélie Wellenstein parvient à maintenir le suspens jusqu'au bout et pousse constamment le lecteur à s'interroger sur la manière dont le personnage va bien pouvoir s'en sortir.

En dépit de ce rythme soutenu, l'intrigue reste pour sa part relativement simple, puisqu'on a affaire au classique « il n'en restera qu'un ! » qui rappelle évidemment plusieurs récents succès littéraires, à commencer par la série « Hunger Games ». Les personnages se retrouvent évidemment confrontés ici à la même et inévitable question : faut-il mettre son humanité de côté et tuer pour gagner, ou refuser la compétition au profit de la solidarité, quitte à perdre le jeu ? Si le roman se révèle relativement classique par cet aspect, les choix opérés par le personnage en surprendront toutefois plus d'un et permettent au récit de s'écarter un peu des sentiers battus. le final, notamment, n'a pas grand chose à voir avec ce qu'on pouvait imaginer, l'auteur échappant une fois encore à la tentation du « happy-end » (une autre de ses marques de fabrique). On retrouve une fois encore la noirceur dont Aurélie Wellenstein est, là encore, coutumière et qui se manifeste de manière évidente par le biais du banquet et des actes de cannibalisme qu'y se déroule, mais aussi de façon plus pernicieuse, par l'évolution étonnante de la personnalité du protagoniste. Comme dans les précédents ouvrages de l'auteur, on retrouve malgré tout un petit côté « young adult » dans la manière dont sont décrites les interactions entre les personnages ainsi que dans la mise en avant d'un certain nombre de valeurs présentées avec une une pointe de candeur (l'amitié, la solidarité...). Rien de bien gênant cela dit, tant on est entraîné non seulement par la tension qui règne tout au long du récit, mais aussi par l'exotisme du décor dans lequel évoluent les concurrents.

Aurélie Wellenstein signe un nouveau roman dans lequel on retrouve une fois encore tous les éléments qui font sa marque de fabrique : un rythme enlevé, une ambiance sombre et emprunte de désespoir, des personnages forcés de se questionner sur leurs valeurs... et bien sûr l'omniprésence des animaux. Si l'intrigue n'a, sur le principe, rien de bien originale, ce n'est pas le cas du cadre dans lequel se déroule le récit qui s'inspire pour une fois de la culture et de la mythologie polynésienne. Un roman prenant et divertissant.
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Je n'avais encore jamais fait la connaissance de la plume d'Aurélie Wellenstein. C'est en cherchant un titre à lire sur une liste pour un jeu qui m'aura convaincue de lire ce roman palpitant qu'est "Le dieu oiseau". Trouvé au hasard, en fait, tout, dans la quatrième de couverture, est susceptible de plaire au lecteur. (J'avoue avoir été très tentée par la jolie couverture également...) Puis, je me suis dit: Allez hop ! Voilà un fantastique des plus emballants !

Sans pouvoir cerner de quelle façon exactement, j'y ai retrouvé un mélange de plusieurs genres, époques, cultures...se fondant brillamment à travers l'intrigue. Une ambiance gladiateur dans un décor hawaïen, avec des noms, des habits, des temples et des traditions pouvant être liés à la civilisation maya. Il se dégage un petit quelque chose des "Mystérieuses Cités d'or" dans ce roman que j'ai grandement apprécié.

Les chapitres sont bien découpés, le texte se lit bien, sans lourdeur, les personnages sont captivants, surtout celui de Faolan, le héros-esclave. Les autres sont un peu moins présents bien que nombreux, plus distancés, moins creusés, abordés en surface seulement mais le dosage est assez bon entre qui est mieux décrit que qui. Chacun est à sa juste place.

C'est un livre qui se vit exclusivement dehors, au sein des éléments naturels; la faune, la flore...avec tous ses dangers. Enjolivé de quelques créatures imaginaires, aussi. Une autre facette qui m'a beaucoup plu ! À travers les yeux de son protagoniste, le lecteur ressent très bien l'amour de l'autrice envers tout ce qui est vivant; son respect pour les animaux, la planète, l'écologie.

"Le dieu oiseau" est une quête qui se dévore facilement et avec plaisir. Sans trop en dévoiler; la Quête de l'oeuf d'or, les épreuves traversées par les dix concurrents, le côté sportif, combatif, pénible de cette compétition mortelle dans laquelle il ne peut y avoir qu'un vainqueur. À quelques reprises, j'ai été surprise...

Il s'agit d'un récit coloré, fascinant dans l'ensemble, quoique plutôt violent et sanglant. Dédié sans doute à un public cible adulte et jeunes adultes; j'ignore s'il serait approprié à un jeune de moins de 15 ans...

Mon quatre étoiles exprime une légère déception concernant la fin précipitée, qui aurait mérité un peu plus de place...et aussi quelques exagérations en certaines circonstances que je ne peux dévoiler ici mais que vous saurez repérer si vous vous laissez tenter ! Autrement, j'aurais coté cinq étoiles.

Quand même une belle découverte cette année, il me tarde maintenant de découvrir "Mers mortes", de la même autrice, grandement encensé par HordeduContrevent, dont le billet est tout-à-fait envoûtant !

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Waouh ! Je ne pensais pas en ouvrant le Dieu Oiseau lire un roman d'une telle intensité… J'ai tourné les pages à la vitesse de l'éclair, passionnée par la destinée de Faolan, le personnage principal, et intriguée par la tournure que les événements allaient prendre. Bilan : j'ai adoré ! On est dans de la littérature jeunesse made in France, de grande qualité, dans un genre qui pourrait s'apparenter à la fantasy. On ne sait pas vraiment où l'on est ni à quelle période. C'est un roman un peu hors du temps qui ne soucie pas d'ancrer ses événements dans des frontières bien déterminées. On ne sait pas non plus très bien si l'île a toujours fonctionné sur les mêmes principes, on ignore s'il y a eu un avant, un flou peut-être nécessaire si l'on considère que les personnages subissent leurs traditions sans perspective de changement. Ce n'est cependant pas le cas de Faolan qui espère bien pouvoir remettre les compteurs à zéro et prendre sa revanche sur le passé, mais il n'évoque jamais – pas plus que le narrateur donc – l'histoire de l'île. Faolan a assisté dix ans plus tôt au massacre de sa famille lors du « banquet ». Il ne faisait pas partie du clan vainqueur de la dernière compétition, clan qui a pu faire subir aux perdants les pires atrocités. On est à un niveau de violence assez élevé : le banquet autorise non seulement la réduction en esclavage et le meurtre, mais également le viol et l'anthropophagie. La violence est également présente dans les rapports humains et dans la psychologie des personnages. Certains font office de véritables monstres, d'autres sont habités par une souffrance qui peut compromettre toute chance de retrouver un jour ne serait-ce qu'une infime part de sérénité. C'est le cas de Faolan et c'est une belle réussite : loin d'être un personnage lisse, il est insaisissable, tour à tour exemplaire et détestable. Son parcours est passionnant, il prend la forme d'une compétition constituée de différentes étapes qui offrent à l'histoire beaucoup de dynamisme et de suspense. Honnêtement, j'en redemande, je vois bien qu'il y aura une suite, j'ai hâte !

Lien : http://aperto.libro.over-blo..
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Le Dieu Oiseau est un récit sombre et palpitant où l'empathie du lecteur est mise à rude épreuve. Ames sensibles s'abstenir. Pour les autres, préparez-vous à une éprouvante descente en enfer.

Sur une île coupée du monde et avare en ressources, dix clans occupent chacun un territoire respectif.
Tous les 10 ans, une chasse au trophée est organisée pour déterminer quel clan exercera sa domination sur l'île. Chaque clan est représenté par un champion. 10 participants, 1 seul vainqueur. Ce dernier, en plus d'amener la gloire et la richesse à son peuple peut également décider d'honorer le Dieu Oiseau en célébrant « le banquet » : une soirée d'horreur où les clans vaincus sont violés, torturés et pour certains, mangés. le ton du roman est donné.
Faolan est un jeune homme d'une vingtaine d'années. Dix ans auparavant, il a échappé au massacre du « banquet » car Torok, le fils du chef du clan vainqueur l'a choisi comme esclave. Tombé de Charybde en Scylla, humilié et torturé quotidiennement, Faolan va tenter de décrocher le titre de champion pour participer à la quête du Dieu Oiseau et se venger de son tortionnaire.

Privations, perversions, tortures, viol, cannibalisme, aucun tabou n'arrête l'auteure. le Dieu Oiseau est un récit violent et amoral. Rien ne sera épargné à Faolan et encore moins au lecteur.
Si la trame de l'histoire rappelle certaines dystopies jeunesses sur le mode «  un seul vainqueur = un seul survivant », le récit s'en éloigne tout à fait dès la deuxième partie du roman, lorsque commence la quête. L'histoire se concentre sur les alliances stratégiques, les découvertes et les doutes de notre héros et le travail de résilience dans une ambiance hallucinée.

Le récit est construit sous forme de flashback. Ainsi, le calvaire de Faolan se rappelle régulièrement à nous tout le long de la lecture, éclairant certaines de ses réactions.
L'auteure nous raconte la destruction d'un être humain dans son intégrité physique et psychique. Il faut s'accrocher à certains passages.

Le rythme est soutenu, l'auteure ne s'embarrasse pas de descriptions approfondies. Les péripéties s'enchaînent, les pages défilent, l'horreur va crescendo et il est impossible de lâcher le livre, jusqu'au final surprenant, très éloigné des clichés happy end.

Le style de l'auteure est à mon sens le gros point fort du livre. Aurélie Wellenstein écrit au couteau, tranche dans le vif et les scènes sont explicites, à la limite, parfois, du soutenable.
L'histoire, assez convenue, et des personnages peu nuancés, voire caricaturaux dans le sadisme, m'ont laissée plus mitigée.
L'angle d'approche sur le travail de la résilience est surprenant.
Dans l'ensemble, j'ai beaucoup aimé.

Merci à Babelio et aux Editions Pocket pour la découverte de ce roman et de cette auteure.
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D'Aurélie Wellenstein, j'avais déjà lu le Roi des Fauves il y a trois ans et je n'avais pas du tout aimé. Et très honnêtement, si le Dieu Oiseau n'avait pas fait partie de la sélection du Jury du PLIB 2019, il y a fort à parier que je ne me serais jamais lancée dans ce roman. Et pourtant quelle erreur! Si les avis des Blogopotes m'avaient peut-être laissée entrevoir une petite chance d'accrocher, ma lecture quant à elle m'a complètement convaincue, au point d'en faire l'un de mes favoris pour le PLIB!

Depuis cinq cent ans existe une tradition sanguinaire sur l'île : en effet, tous les dix ans, les dix clans doivent s'affronter lors de dangereuses épreuves. Celui qui gagne, le Grand Orateur, va non seulement régner sur l'île mais peut faire ce qu'il veut des perdants. C'est ainsi que Faolan a vu sa famille mourir lorsqu'il avait dix ans, dévorée à l'occasion du Grand Banquet. le jeune garçon n'a dû sa survie qu'au fils du Grand Orateur, Torok qui en a fait son esclave et son souffre-douleur pendant dix ans.
Toutefois, l'espoir renaît pour Faolan car dans quelques jours vont avoir lieu de nouveau les terribles épreuves et rien ne l'arrêtera pour non seulement venger sa famille mais aussi retrouver sa liberté…

Le sacrifice d'adolescents pour le bien commun

Le roman d'Aurélie Wellenstein reprend un thème connu de la mythologie et de la Littérature : celui des adolescents sacrifiés pour le bien commun. Je citerais ainsi deux exemples :

Celui de Thésée et le Minotaure. Chaque année, la Crète exigeait de la ville d'Athènes le sacrifice de sept jeunes filles et sept jeunes garçons afin de servir de pâture au fils du Roi de Crète, le Minotaure. Ce dernier était un monstre terrifiant mi-homme, mi-taureau, enfermé dans un Labyrinthe. Thésée s'enrôle alors parmi les jeunes gens pour tuer le Minotaure et ainsi sauver sa patrie de la domination de la Crète.
Celui de la trilogie de Hunger Games de Suzanne Collins et inspiré également du roman japonais, Battle royale de Koshun Takami. Ainsi, des adolescents sont tirés au sort parmi les douze districts afin de participer aux Jeux de la Faim et s'affronter les uns les autres jusqu'au dernier. Cette compétition a ainsi pour but d'assurer au pouvoir central, la paix civile et éviter toute vélléité de révolte parmi son peuple.
Dans le Dieu Oiseau, il s'agit du même principe : chaque clan doit désigner à l'issue des premières sélections leur champion parmi des jeunes gens de 15-20 ans. Ces épreuves mortifères sont au nombre de cinq (la nage, l'escalade, les animaux, la lutte et la course) qui les aideront pour la compétition finale : celui de la quête de l'oeuf d'or sur une île lointaine. Cette compétition est un pacte passé avec les Dieux notamment le Dieu Oiseau, Mahoké qui assure la subsistance des clans sur l'île pendant dix ans en échange de sang versé, le fameux Grand Banquet. Et c'est là qu'intervient un gros bémol du roman : sa très grande violence. Aurélie Wellenstein n'épargne pas son lecteur et les détails de tortures, de meurtres et de sacrifice risquent peut-être de choquer les plus sensibles.

Aurélie Wellenstein s'inspire de deux civilisations pour construire l'univers de son roman

Difficile de ne pas penser à l'Ile de Pâques et à la culture polynésienne à la lecture du Dieu Oiseau. En effet, la première partie du roman se déroule sur une île dont on ne connaît pas le nom et sur laquelle vivent dix clans. Or, la surpopulation et la diminution des ressources de l'île menacent gravement l'existence des humains et la fin de leur civilisation. C'est la raison pour laquelle ils procèdent à des sacrifices non seulement pour réduire le nombre de bouches à nourrir mais aussi pour apaiser leurs dieux comme Mahoké grâce à la Quête de l'oeuf d'or. Cela fait directement référence à la divinité à tête d'oiseau polynésien Makémaké venu apporter un oeuf sur île et donnant ainsi vie à l'espèce humaine.

Quant à la présence de temples en forme de pyramides dans les cités de l'île, elles font penser à la civilisation aztèque. En effet, les sommets de ces pyramides sont le lieu de cérémonies sacrificiels dans lesquelles des prisonniers de guerre ou des perdants aux compétitions sont attachés et tués. Tout comme les Aztèques, ils mangent le coeur de leurs victimes pensant que cela leur permettraient d'acquérir leur force et leur vertus guerrières.

Ces deux inspirations donnent une certaine originalité au roman dans le sens où ces deux civilisations sont encore relativement peu exploitées dans les Littératures de l'Imaginaire, en France.

Un aspect psychologique non négligeable

Enfin, je terminerai sur la psychologie développée et réussie des deux personnages principaux : le fils du chef de clan, Torok et son esclave Faolan. En effet, Aurélie Wellenstein les a tous les deux doté de caractéristiques psychologiques très spécifiques :

Torok est atteint de psychopathie et de sadisme. Il prend un malin plaisir à torturer physiquement et psychiquement son esclave, à l'humilier et à le pousser à la faute pour pouvoir le punir. Il justifie son comportement auprès de Faolan en lui disant qu'il ne veut que son bien.
Quant au personnage de Faolan, j'ai trouvé son traitement assez brillant. En effet, difficile de savoir pour le lecteur si l'esclave assiste réellement à des évènements fantastiques (le fantôme d'un personnage mort, la présence d'un dieu oiseau) ou s'il est atteint de troubles schizophréniques (hallucinations auditives et visuelles, auto-mutilations, etc…). de plus, il a développé une relation des plus complexes avec son maître basée sur la Haine/Amour.
Si les deux personnages principaux et masculins possèdent des personnalités développées, dommage toutefois que les personnages féminins et secondaires comme Izel et Aracela n'aient pas bénéficier du même traitement.

En conclusion, le roman du Dieu oiseau possède un univers riche et original qui puise autant dans des mythes existants (les adolescents sacrifiés) que dans des civilisations peu appréhendées en Littérature de l'Imaginaire (civilisation polynésienne et aztèque). L'intrigue possède également peu de temps morts ce qui donne un certain dynamisme à la lecture mais quelques passages très violents pourront peut-être freiner les plus sensibles d'entre nous. Quant aux deux personnages principaux, ils possèdent tous les deux une psychologie très développée. le dieu oiseau est donc une excellente surprise qui se place parmi mes favoris pour le Prix du PLIB 2019.
Lien : https://labibliothequedaelin..
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critiques presse (2)
Ricochet
01 octobre 2018
Violence et crudité sèment leurs pierres tout au long du roman, par ailleurs écrit de façon quasiment envoûtante.
Lire la critique sur le site : Ricochet
Elbakin.net
09 mai 2018
La violence du roman lui permet d’emmener le lecteur sur d’autres pistes de réflexions. Ainsi, si le caractère à la limite du gore du roman pourra rebuter certains lecteurs, les thématiques abordées en font une lecture plus profonde qu’il n’y parait.
Lire la critique sur le site : Elbakin.net
Citations et extraits (25) Voir plus Ajouter une citation
- Je veux le faire. Je le ferai. J'attends ce moment depuis dix ans.
- Comme moi jadis. Mais si tu t'obstines, tu ne vivras pas aussi longtemps que moi.
- Je ne serai plus jamais esclave. Quoi qu'il arrive, tout ça...
Il balaya les cuisines, les autres serviteurs d'un geste du bras.
- ... Ce sera terminé dans six jours.
La cuisinière secoua doucement la tête, mais dans son regard, Faolan eut l'impression de lire une fierté lasse. Si elle cherchait à le décourager, c'était par amitié, par peur pour lui, mais au fond de son cœur, elle soutenait sa démarche. En plus de ses propres espoirs, le jour des sélectifs, Faolan portrait ceux des autres opprimés. Un petit sourire éclaira son visage. Quoi qu'il arrive dans une semaine, cela en vaudrait la peine.
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Mais en cet instant, tout ce qu'il avait imaginé, fantasmé, s'effaça dans le sable. Il ne pouvait rien faire contre lui. Torok était le meilleur, car Torok était le mal absolu.
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Cependant, une partie de lui demeurait viscéralement liée à son ancien maître. Pire encore, en dépit de toutes ces horreurs, il éprouvait pour lui une reconnaissance trouble : sans lui, sans cet enfant qui l'avait réclamé à l'époque, dans la démence du banquet, il serait mort. Il aurait été dévoré comme son père. Torok lui avait sauvé la vie. Et pendant dix ans, Torok avait été toute son existence. Faolan n'avait jamais été seul. De façon folle, il s'était accroché à son tortionnaire, car sa famille décimée, cet homme était tout ce qui lui restait.
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Depuis des siècles, ils s'étripaient pour plaire aux dieux et expier une faute dont personne ne se souvenait. Cette tradition serait-elle un jour abolie ? D'une génération à l'autre, les peuples restaient prisonniers de leur haine et la transmettaient, intacte, à leur descendance. Pourtant, c'était peut-être cela qu'attendait Mahoké : qu'un jour, l'un d'entre eux ait l'abnégation de renoncer à sa vengeance et de ne pas initier le banquet.
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- Calme-toi. Ce n'est pas encore notre tour. Ils commencent par le premier tout là-bas. Regarde. Regarde bien.
Et malgré lui, Faolan regarda.
Le champion pivota pour se placer face à son sacrifice, un homme athlétique. Jusqu'à présent, la future victime avait réussi à maîtriser ses émotions ; face à la mort, l'homme s'effondra avec une clameur étranglée. Cette réaction démoralisa le reste de la colonne. Des sanglots se firent entendre, des geignements, des supplications.
- Ce n'est pas très digne, maugréa Torok. J'espère que tu offriras un meilleur spectacle. Je compte sur toi.
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