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Doug Headline (Traducteur)
EAN : 9782743619053
308 pages
Payot et Rivages (18/03/2009)
3.58/5   59 notes
Résumé :
Détenu au Manhattan Correctional Center, Francis Xavier Meehan goûte pour la première fois aux joies des prisons fédérales pour avoir braqué un camion. En découvrant son avocat, Meehan se dit que, décidément, la malchance le poursuit: avec son accoutrement de clown, le dénommé Jeffords ne peut être qu'un imposteur. Pourtant, cet imposteur lui propose un marché alléchant: Meehan sera entièrement blanchi à condition qu'il dérobe une cassette vidéo si compromettante po... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Exit Dortmunder, hello Meehan.

Si le garçon vénère la cambriole, c'est au Manhattan Correctional Center qu'il croupit actuellement, bâtiment de haut standing favorisant durablement l'introspection quant aux loisirs sévèrement blâmés par la loi. Visiblement né sous le signe du bol ascendant baraka, il se verra proposer, contre toute attente, l'opportunité d'échapper à son environnement quelque peu sclérosant moyennant heures sup' sous gros couvert d'anonymat.
Une demi seconde de réflexion plus tard et le voilà redevenu braqueur de haut vol destiné à subtiliser une cassette vidéo compromettant l'actuel président histoire d'écarter toute éventuelle réélection.

Pas le meilleur Westlake mais un Westlake quand même!
Si le scénario manque cruellement d'adrénaline, la verve corrosive et satirique de Westlake suffisent à enlever le morceau.
Taillant un costard XXL aux institutions politiques et judiciaires de l'oncle Sam, on sent que l'auteur a pris un malin plaisir en élaborant ce complot louchant méchamment sur l'irrésistible Watergate.

Sans tirer la boule noire, ce mo-mo-motus intrigue à défaut de soulever les foules, le style inimitable de Westlake pardonnant beaucoup de largesses scénaristiques...




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Ce qui compte dans un roman de Westlake, c'est le ton…
Irrévérencieux, léger, drôle, farfelu, brillant, tonique...Voui, tout ça à la fois .
Et quand le ton rencontre une histoire qui tient la route, qui ferait un malheur au niveau des répliques dans la bouche d'un acteur hollywoodien, alors vous tenez un petit moment de grâce et vous vous dites: voilà c'est ça que j'attend d'un écrivain, un ton personnel, une tournure d'esprit particulière, de celles qui te retournent les phrases et les mots pour mieux t'épater …
Meehan est détenu dans une prison fédérale américaine sans espoir d' en sortir avant un bon bout de temps, jusqu'à ce qu'un homme se présente à la place de son avocate au parloir et lui propose un marché : faire son job de cambrioleur et dérober une vidéo compromettante pour le Président , en échange d'une annulation de peine.
Meehan accepte le deal (a-t-il vraiment le choix ? ) mais y met moults conditions (on est un spécialiste ou on l'est pas...). Tout d'abord, il est hors de question que les "hommes du président" lui servent de complices (il a vu où ça menait avec le Watergate) ; deuxièmement, il veut bien mouiller la chemise mais faut que ça lui rapporte aussi - autrement dit : il y aura un autre cambriolage dans LE cambriolage…
Du côté de Meehan, les choses sont claires, il faut espérer que ce le soit aussi pour ses complices et les hommes du président, et connaissant Westlake , je peux vous assurer qu'il y aura deux ou trois couacs dans le potage…

C'est enlevé, rythmé, amusant, distrayant, sans jamais se prendre au sérieux : Westlake en grande forme quoi !


Challenge mauvais Genres.

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Connaissez-vous le Potus ?
Moi non plus.
Mais grâce à Westlake, nous saurons désormais qu'il s'agit de l'anagramme de President Of The United States.

A part ça, que trouve-t-on dans ce roman tardif (2002) de Westlake ?

Francis Xavier Meehan, voleur de profession, vient de tomber pour crime fédéral (il a braqué par erreur un camion postal !) et son avenir est fortement compromis.
C'est alors que le Comité de réélection agissant pour le compte du Potus, lui propose la liberté.
Seule condition : il doit récupérer une cassette vidéo compromettante pour le pouvoir.
Un cambriolage ? Ça semble dans les cordes de Meehan qui n'a qu'un seul credo, respecter les "dix mille règles", celles qui permettent d'éviter les ennuis. Par exemple : "Quand tout roule, il faut continuer à foncer" ou "On ne sait jamais ce que demain peut nous apporter".
Vous voyez le genre…Ce n'est donc pas gagné.

Où on se rend compte que Westlake ne dispose pas que du seul Dortmunder dans sa manche. Dans un genre proche, Meehan se distingue par une incroyable décontraction, voire d'un amateurisme professionnel dans sa faculté à prévoir au minimum et tout baser sur l'improvisation.

Les turpitudes politiques amusent fortement un aussi mauvais esprit que celui de Westlake qui s'en donne à coeur joie en décrivant un système peuplé d'idéologues branques, de fonctionnaires déconnectés et retors. Imaginez un peu, la menace ultime adressée par le Potus à un de ses donateurs indélicat : le rayer de la liste des invités au bal d'inauguration de la Maison-Blanche !

Comme d'habitude avec le grand Westlake, les dialogues sont savoureux, les situations absurdes et les voleurs sont sympathiques. Attention, ce n'est pas non plus une vulgaire pochade. Meehan ne s'intéresse pas le moins du monde à la politique, mais il est lucide sur les autres et lui même.
Le personnage de père divorcé est une figure classiquement banale dans les romans. Mais combien, comme Meehan osent dire qu'ils ont choisi de ne pas voir leurs enfants de peur de les décevoir le jour où la prison les rattrape ?
Autre preuve de lucidité, à propos des journalistes cette fois : "Est-ce que vous n'êtes pas toujours à mi-chemin sur l'échelle, à lécher le c.u.l de celui qui est au dessus de vous et à balancer des coups de pied à la figure de celui qui est en dessous ? "
Enfin, admirons en conclusion la sagesse de Meehan au terme de ses exploits : " ...si ça lui chantait, il pouvait probablement décider du résultat de la prochaine élection présidentielle là tout de suite, à lui tout seul. Mais cela voudrait dire qu'il lui faudrait regarder ces gens, ces candidats, s'impliquer sérieusement, étudier leur histoire et leur programme, prendre une décision en connaissance de cause ; alors, qu'ils aillent tous se faire foutre. Que les Américains fassent le tri par eux-mêmes. Pouvaient-ils vraiment faire un si mauvais choix que ça ? "

Ce n'est pas un des chefs-d'oeuvre de Westlake, mais un livre jubilatoire par les temps qui courent, ce n'est pas négligeable.
Traduction de Dough Headline (Head Line = Manchette ;-)
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Autant le dire d'emblée: je ne fais pas partie des inconditionnels des romans policiers. J'y trouve trop d'invraisemblances, le portrait de la psychologie des protagonistes est souvent pauvre à mon goût et les rebondissements n'arrivent pas à me surprendre tant ils sont attendus dans ce genre. Pourtant, je reconnais qu'il y a de bons "polars". Pourtant, dès les premières page de celui-ci, le héros et sa finesse d'analyse savent se faire séduisants et je reconnais que le contexte de la campagne présidentielle américaine, bien mis en place, est intéressant. N'étant pas de ceux qui dévorent les romans en une soirée, j'ai un peu perdu, néanmoins, au cours de la lecture, le fil et l'intérêt quand les méchants des puissances étrangères mal définies s'en sont mêlés. le roman reste néanmoins d'une lecture agréable même si on y retrouve certains des défauts sus-mentionnés et presque inhérents au genre.
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Un cambrioleur de métier est courtisé par un comité de réélection du président des États-Unis qui doit récupérer un document compromettant. C'est le malfrat qui conte l'histoire et c'est en grande partie ce qui fait le charme du livre. Car on se doute bien qu'il y a anguille sous roches, que certaines promesses ne sont que du vent et que les gens de pouvoir ont leur conception bien à eux de le morale. Mais notre voleur aussi, et c'est un vrai pro ! Il n'y a pas de mystère à résoudre car tout se déroule sous nos yeux. Pas inintéressant pour autant car le narrateur a un sens de l'humour certain, une dégaine enviable et, surtout, une avocate pas piquée des vers! Bref un livre agréable, sans prétention, mais qui donne le goût de fréquenter à nouveau l'auteur.
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Citations et extraits (14) Voir plus Ajouter une citation
Une serveuse très très âgée arriva à ce moment, leur demanda ce qu'ils voulaient, et il se trouvait que leurs désirs étaient modestes : café noir pour lui, un capuccino décaféiné allégé pour elle. La serveuse s'éloigna en chancelant et Meehan demanda :
" C'est quoi , un capuccino décaféiné allégé ?
- Un état d'esprit, dit- elle.
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Meehan pensa instantanément qu'elle ressemblait à Madame Rat Musqué de certains de ces livres pour enfants là- bas, qui devait vivre dans un tronc d'arbre creux, avec des petits rideaux aux fenêtres, et cuisiner des tartes. (…)
Elle leur fit un sourire pour les accueillir, mais on devinait quelque chose d'acéré et de calculateur derrière ses lorgnons de grand- mère. C'était une Madame Rat Musqué qui savait très bien se débrouiller au plus profond de ces bois.
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Nous allons devoir essayer de vous faire graviter dans une zone d'ombre entre le super- criminel et le raté absolu, sans nous montrer vraiment précis au sujet de rien, parce que nous n'avons pas besoin de nous montrer vraiment précis. Vous me suivez ?
- Non, dit Meehan.
- Bon, parfait.
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Tout d'abord, il leur fallu reprendre des forces à l'aide de quelques provisions : saucisses et pain grillé pour Benjamin, deux sortes de melon pour Jeffords, et davantage de café noir pour Meehan, qui voulait conserver ses esprits quelque part où il pourrait les reprendre sans trop avoir à chercher.
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La loi, on ne la contournait pas, point final. Ces flics ressemblaient à un patelin où la vitesse est limitée à soixante- dix, et où on ferait respecter la limite. Or tout le monde sait que la "vraie" limite, c'est quatre-vingt-dix.
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