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Série Dortmunder tome 2 sur 15

Maud Sinet (Traducteur)
EAN : 9782743622435
282 pages
Payot et Rivages (08/06/2011)
3.88/5   168 notes
Résumé :
A priori le premier titre paru en série noire est : « Le paquet » en date de 1973 . L’autre titre : "Comment voler une banque", correspond à l’édition de 2011.

L'idée, c'est un ancien du F.B.I. qui l'avait eue. Un coup fumant, du tout cuit : au lieu de braquer la banque, on allait l'embarquer.

Comme ladite banque avait provisoirement établi ses quartiers dans une maison mobile — autrement dit, une caravane — rien de plus simple que de... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (21) Voir plus Ajouter une critique
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Vrai bonheur de lecture passé avec Dortmunder et ses acolytes braqueurs, sympathiques branquignoles de la scoumoune, entourés d'un flic irascible et de personnages drôlissimes, cynisme et humour réjouissants, le grand et regretté Donald Westlake nous régale, et en ces moments difficiles et confinés nous offre quelques de répit. Excellent !
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Ce livre est le deuxième de la série sur Dortmunder, un voleur plus ou moins paumé, entouré de comparses encore moins fûtés. L'auteur réussit à bien mélanger intrigue cocasse, dialogues ironiques et réparties cinglantes. Les péripéties de cette bande de marginaux me font régulièrement sourire tellement on va de surprises en déconfitures, d'idées loufoques en coup de chance incroyables. Si l'humour de Westlake est particulier, il sait également nous rendre sympathique ce groupe de criminels à la petite semaine, toujours à la recherche du “gros coup”, mais souvent renvoyé à leurs incapacités. Mais ce sont les forces de l'ordre qui finalement sont les plus ridicules, un suave beaume sur les plaies de nos malfrats de petite envergure. En somme une lecture amusante, sans prétention, qui donne le goût de lire d'autres manigances de ces desperados du dimanche.
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« Assis dans le break volé, à côté de Kelp qui l'entrainait avec optimisme dans sa chasse aux chimères, Dortmunder avait l'impression de vivre là toute l'histoire de sa vie. Sa chance n'était jamais totale, ni complètement absente. Elle oscillait toujours autour d'un savant équilibre qui faisait que veine et déveine se neutralisaient systématiquement ».

On ne peut mieux dire à propos de Dortmunder. Toujours assez fort et chanceux pour réussir ses coups, y compris lorsqu'il est pourtant plus que réticent à les monter – c'est-à-dire quasiment à chaque fois – il n'a jamais assez de chance pour pouvoir profiter paisiblement du fruit de son labeur. Et on se doute bien que ce deuxième épisode de la série ne dérogera pas à cette règle bien établie depuis le premier volume des aventures de Dortmunder qui l'a vu réussir à plusieurs reprise à réaliser un braquage exemplaire avant de devoir recommencer à cause d'un grain de sable venu se loger dans ses plans pourtant bien huilés.
Ici, donc, Dortmunder et ses comparses habituels décident non pas de braquer une banque mais bien de voler une banque. En entier. Tout le bâtiment puisque, les locaux habituels étant en travaux, l'établissement a été transféré dans un mobil-home. Mauvais présage, c'est un neveu de Kelp qui amène le coup. Un neveu ex-agent du FBI renvoyé pour avoir voulu instaurer une poignée de main secrète entre les agents.

Comme dans le précédent épisode des aventures de Dortmunder, Westlake prend explicitement pour modèle Parker (les références au héros de Richard Stark continuent de parsemer le roman) afin de mieux le détourner de façon burlesque. Comme chez le braqueur froid et sans pitié, l'amateur qui amène le coup représente une menace. La différence étant que, pour Dortmunder, le nouveau venu n'est pas la seule épine à se planter dans son pied, sa malchance légendaire se chargeant d'aggraver considérablement les choses.
Certes, le lecteur voit arriver les problèmes longtemps à l'avance et n'est pas surpris lorsqu'ils s'abattent sur l'équipe de braqueurs. Mais là n'est pas l'essentiel. On sait que cela se passera. Ce que l'on ne sait pas – et c'est là que Westlake joue de son talent pour nous prendre par surprise – c'est quand cela se passera et, surtout, quelle solution loufoque trouveront Dortmunder et son équipe pour s'en tirer malgré tout.
Millimétré, ne laissant aucune place aux digressions inutiles, Comment voler une banque apparaît incontestablement comme l'un des meilleurs romans de la série. Westlake s'en donne à coeur joie et son plaisir se révèle d'autant plus communicatif que la nouvelle traduction proposée par Rivages lui rend amplement justice.

Lien : http://www.encoredunoir.com/..
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Ceci est la nouvelle édition avec nouvelle traduction conforme de ce que la Série Noire avait publiée sous le titre "Le paquet". Avouez que le nouveau titre est plus intriguant que l'ancien !

On pourrait croire, de prime abord, que nos vieux amis de la bande de John Dortmunder vont nous expliquer comment cambrioler une banque de nuit ou comment la braquer, de jour…

Il n'est en rien ! Ici, on va bel et bien se carapater avec l'intégralité de la banque ! Oui les amis, on prend tout…

Avant, il y avait une banque, après le passage de Dortmunder et de ses gars, il n'y a plus rien !

Le personnage de Dortmunder, pour ceux et celles qui ne le connaissent pas, est celui d'un braqueur, d'un cambrioleur à qui il arrive des tas de bricoles qui font toujours mal tourner ses coups. Heureusement qu'il ne manque pas d'idées pour essayer d'arranger ce qui part en couilles…

Lui et sa bande ont toujours des idées originales pour leurs braquages mais font souvent preuve de malchance, comme ce sera le cas ici et avant le final, on n'est jamais sûr si nos lascars pourront profiter des fruits de leur labeur… de leur audacieux vol.

Lire Dortmunder, c'est être assuré de passer un bon moment avec une équipe de voleurs qui ont tout de bras cassés mais qui ont une imagination débordante et un sens de l'improvisation au top.

Porté par des personnages qui sont sympathiques, amusants, bourrés d'humour et de réparties en tout genre, voilà un roman qui met de bonne humeur dès les premières lignes, même si on a de l'empathie pour ce pauvre John Dortmunder qui est obligé de vendre des encyclopédies pour survivre…

Bon, il arnaque les gens qui ne recevront jamais rien, mais malgré tout, il est tombé bien bas, notre voleur de haut-vol qui jamais ne fait couler le sang.

Le récit de Westlake est réalisé au millimètre, on ne perd pas de temps en discussions inutiles car même quand ses personnages ont l'air de parler de la pluie et du beau temps, c'est toujours intéressant et ne fait qu'augmenter notre empathie pour ces escrocs flamboyant dans leur malchance.

Lire un récit de John Dortmunder, c'est l'assurance de passer un bon moment de détente, d'assister à des plans de fous pour partir avec une banque en entier, de voir les flics tourner en rond et nos amis aller de malchance en malchance tout en se demandant comment ils vont s'en tirer, cette fois-ci. Là, c'est toujours une surprise.

PS : Si vous préférez les voleurs plus violents et moins malchanceux, alors il faut vous diriger vers Parker, l'autre brigand de Westlake, qu'il publia sous le pseudo de Richard Stark.

Lien : https://thecanniballecteur.w..
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C'est exactement ce dont j'avais besoin. Un livre qui se lit en un aller-retour de train, pas trop complexe pour éviter de se faire distraire par les conversations du wagon et assez intense pour ne pas avoir envie de se lever pendant le trajet. On suit Dortmunder et sa clique de professionnels malchanceux, prêts à faire un nouveau coup. Il ne s'agit pas de voler la banque, mais de voler UNE banque.
C'est rapide, efficace, simple et burlesque à la fois.
RDV au prochain trajet en train Westlake.
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Citations et extraits (39) Voir plus Ajouter une citation
- Dortmunder, je suis sur un coup énorme, tu peux me croire. Cette fois, c’est du tout cuit. Et avec un tel pactole, tu pourras te retirer pendant au moins trois ans. Peut-être même quatre.
- La dernière fois que tu es venu me proposer un coup, on a dû s’y reprendre à cinq fois, et au bout du compte je me suis retrouvé les mains vides.
Dortmunder marchait toujours.
- Est-ce que c’est ma faute ? On n’a pas eu de chance, c’est tout. Mais l’idée était géniale, tu dois le reconnaître. Pour l’amour du ciel, tu veux bien t’arrêter ?
Dortmunder ne s’arrêta pas. Kelp se plaça devant lui au pas de course, puis se mit à trottiner à reculons.
- Tout ce que je te demande, c’est de m’écouter e d’y réfléchir. Tu sais que je me fie à ton jugement. Si tu me dis que ça ne tient pas la route, je ne discuterai pas une seconde.
- Tu vas trébucher sur ce pékinois, dit Dortmunder.
Kelp cessa de trottiner à reculons, se retourna, fusilla du regard la propriétaire du pékinois et se remit à marcher normalement à gauche de Dortmunder.
- On est amis depuis assez longtemps pour que je te demande comme un service personnel de simplement m’écouter et de réfléchir à cette affaire.
Dortmunder s’immobilisa sur le trottoir et décocha à Kelp un regard lourd de sens.
- On est amis depuis assez longtemps pour que je sache que tous les coups que tu me proposes finissent systématiquement par foirer.
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– Oui, reprit-il, en désignant les dépliants éparpillés sur la table basse et sur le sol alentour. Vous avez droit à l’encyclopédie et à sa bibliothèque, plus la collection scientifique pour les jeunes avec sa propre bibliothèque, plus la mappemonde, sans parler des cinq années d’utilisation gratuite de notre gigantesque et moderne centre de recherche à Butte, dans le Montana, et…
– Nous ne serions quand même pas obligés d’aller à Butte, dans le Montana, n’est-ce pas ?
C’était une de ces femmes proprettes et bien arrangées qui restent jolies malgré leurs sourcils froncés. Sa véritable vocation aurait dû être de s’occuper d’une cantine pour les soldats en opération, au lieu de quoi elle se retrouvait dans ce ghetto pour employés de bureau, au beau milieu de Long Island.
– Non, non, répondit Dortmunder avec un sourire honnête.
La plupart des femmes au foyer que ses affaires l’amenaient à croiser le laissaient de marbre, mais de temps en temps, il tombait sur quelqu’un comme elle, une femme que la vie en banlieue n’avait pas lobotomisée, et chacune de ces rencontres le rendait joyeux. Elle est pétulante, pensa-t-il en souriant, heureux d’avoir pu placer un mot aussi rare, ne serait-ce que dans un monologue intérieur. Puis il tourna son sourire vers la cliente.
– Vous écrivez à Butte, Montana. Vous dites que vous désirez des renseignements sur, euh…
– Anguilla, suggéra-t-elle.
– Par exemple, dit Dortmunder comme s’il savait exactement de quoi il s’agissait. Sur tout ce que vous voulez. Et ils vous en envoient l’histoire complète.
– Oh…, dit-elle en reposant les yeux sur les imprimés qui jonchaient son salon immaculé.
– Sans oublier les fascicules annuels, ajouta Dortmunder, qui vous permettent de tenir votre encyclopédie à jour pendant cinq ans.
– Oh…
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Assis dans le break volé, à côté de Kelp qui l’entrainait avec optimisme dans sa chasse aux chimères, Dortmunder avait l’impression de vivre là toute l’histoire de sa vie. Sa chance n’était jamais totale, ni complètement absente. Elle oscillait toujours autour d’un savant équilibre qui faisait que veine et déveine se neutralisaient systématiquement.
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Âgé de tout juste trente ans, ce dernier n’était probablement même pas né lorsque la majorité des choses qui se trouvaient dans cette pièce avaient fait leur apparition. Il était tombé par hasard sur les romans d’aventures alors qu’il allait à la fac. Il s’était alors mis à les collectionner avant de s’ouvrir à tout ce qui avait pu constituer une source d’aventure durant les décennies qui précédèrent la Seconde Guerre mondiale. C’était pour lui à la fois une forme d’histoire et un passe-temps, mais en rien de la nostalgie. Son enfance avait été marquée par Howdy Doody et par John Cameron Swayze, mais il ne ressentait, en repensant à eux, pas la moindre pointe de nostalgie.
Peut-être était-ce précisément son passe-temps qui lui permettait de rester jeune. En tout cas, et quelle qu’en soit la raison, il ne faisait pas son âge. Il paraissait avoir au plus vingt ans, mais les gens qui le croisaient le prenaient généralement pour un adolescent et, chaque fois qu’il voulait entrer dans un bar, on lui demandait systématiquement ses papiers. Ça l’avait fréquemment gêné, quand il appartenait au Bureau, de devoir fourrer sa carte d’agent du FBI sous le nez d’un coco et que ce dernier s’écroule de rire.
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Le muret de soutènement en béton était toujours là, mais au-dessus de lui rien d’autre que du vide. Le vent soufflait à l’emplacement de la banque disparue. En plissant les yeux, on distinguait presque la caravane, comme si elle était devenue invisible, mais toujours à sa place.
A gauche comme à droite, des cables pendouillaient des poteaux téléphoniques et électriques, comme autant de cheveux. Deux escaliers en bois montaient jusqu’en haut du mur de béton, puis s’arrêtaient net.
Le répartiteur, d’une voix aussi lointaine que devait l'être la banque à présent, finit par dire :
- La banque a disparu ?
- Affirmatif, répondit l’agent Bolt avec un hochement de tête irrité. (Au loin, il entendait les sirènes approcher.) Des espèces d’enfoirés ont volé la banque.
(p.163)
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