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Jacques Tournier (Traducteur)
ISBN : 2707149535
Éditeur : La Découverte (17/10/2006)

Note moyenne : 3.66/5 (sur 37 notes)
Résumé :
Imaginez : vous avez cinquante ans - ou un peu plus - et le soleil commence à pâlir au-dessus des toits de la Ville Eternelle. En bas des escaliers qui mènent de Trinita di Monte à la Piazza di Spagna, un jeune homme vous regarde. Perdrez-vous votre dignité le jour où vous jetterez vers lui les clefs de votre maison, ou serez-vous tout simplement parvenue à immobiliser la dérive?
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
le_Bison
  23 janvier 2018
Le soleil se couche sur les escaliers qui mènent de Trinita di Monte à la Piazza di Spagna. Une dernière cigarette à fumer sous le lampadaire. Je lève les yeux au ciel, comme pour regarder une dernière fois l'azur du ciel. J'aperçois la Signora Mrs Stone sur le balcon de son hôtel particulier. Veuve, la cinquantaine, le temps dérive sur sa peau, elle dérive dans ses appartements. Actrice renommée dans un temps ancien, mais l'âge a eu raison de sa carrière. Autour d'elle, virevoltent des comtesses et de jeunes éphèbes romains venus lui soutirer quelques lires de sa fortune.
Alors que les odeurs de calzone et d'amour à l'italienne flirtent avec mes narines, la vie de Mme Stone dérive. de son noble statut que lui ont conféré richesse et notoriété, jusqu'où sa dignité va l'emmener pour survivre à la solitude d'une dame encore belle mais devenue âgée. le beau Paolo lui tourne autour, lui raconte des histoires, fabuleuses et tristes. Elle n'est pas dupe, elle sait le jeu, les tenants et les aboutissants, de Paolo et des dames de la bourgeoisie qui l'entourent mais dans la froideur des draps blancs, lorsque la lune s'étend et que sa lumière dérive sur le vide de sa chambre et de sa vie, Mme Stone se penche à son balcon, l'impression de vide s'accentue. Une ombre s'écarte du lampadaire...
Tennessee Williams vient ici me raconter une histoire de vieillesse et de dignité, dans une histoire très propre, trop même, pour laquelle il m'a manqué de la fougue et de la passion. Une vieille histoire dans une vieille édition sur le prix à payer pour garder une certaine dignité, tout en continuant à survivre, un être à la dérive.
Lien : http://memoiresdebison.blogs..
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El_Gabier
  12 février 2018
Telle des tricoteuses impassibles, les aiguilles du temps tissent immuablement l'étoffe de la vie, enchâssées dans leur écrin de verre leur babillement scande « la dérive implacable du temps ». Les premières rides enterrent les espoirs de la jeunesse, les illusions d'un désir d'une beauté qu'on voyait éternelle. « le temps s'était dressé devant elle, l'impondérable temps, qui n'avait pas fait son chemin comme un ami, à ses côtés, mais était venu à sa rencontre, comme un ennemi, et qui, dans un fracas terrible, l'arrêtait en plein vol ». Tel un rapace ailes déployées, les serres de la cinquantaine étreignent Mrs Stone. Ancienne gloire hollywoodienne, elle a délaissé sa carrière pour voyager avec son mari, las la mort de ce dernier la laissera dans les tourments de la solitude et du crépuscule naissant. Installée à Rome, elle découvrira dans une chimérique passion pour le jeune Paolo, les fissures de l'âge et le désert de l'abandon.

Le printemps romain de Mrs Stone est un mélodrame sur les ravages humains. Ravage du temps, ravage du coeur, du lit désespérément vide, des photos sépias d'une antique époque qui s'enfuit au fil des nuits. C'est le fossé de deux générations, de deux êtres que tout sépare, reflets des manquements de l'autre, des illusions perdues... Tennessee Williams nous livre le portrait d'une femme en proie à l'angoisse, la découverte de son inéluctable déclin. "Vers la fin d'un après-midi de printemps, elle comprit soudain qu'une tempête avait bouleversé les rayons de sa mémoire et semé aux quatre coins, aux quatre vents, les noms et les visages qu'elle y avait alignés". On ne peut s'empêcher de faire un parallèle entre Mrs Stone et Williams qui en cette année cinquante date de la publication de cette oeuvre va de déboire en déboire dans sa vie privée, cherchant un exutoire dans des rencontres de plus en plus improbables.
A noter que José Quintero en tirera un film en 1961, le visage du plaisir qui fut un retentissant échec malgré les apparitions de Vivien Leigh, Warren Beatty et l'excellente Lotte Lenya dans le rôle de la comtesse. Tennessee Williams nous montre avec le printemps romain de Mrs Stone qu'il n'est pas qu'un auteur de pièce de théâtre.
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Moan
  03 février 2013
Mrs Stone, la cinquantaine,américaine, est une ancienne grande actrice de théâtre et riche héritière de son mari qui a fait fortune dans l'industrie.
Elle vit dans un appartement du centre de Rome, seule.
Une vieille comtesse italienne lui présente de jeunes éphèbes dans l'intention de lui soutirer de l'argent.
Peu à peu, Tennessee Williams nous laisse découvrir ses relations avec son mari, les artistes avec qui elle jouait, le regard qu'elle porte sur elle...
Roman très court , agréable à lire.
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bina
  11 août 2013
Madame Kareen Stone est une ancienne actrice américaine "en retraite". Elle s'est installée à Rome et vit entourée , selon son "amie " Meg Bishop, d'une "bande de putains somptueuses et de dandys androgynes", dont Paolo. Paolo, qui lui a été présenté par une comtesse, entremetteuse à ses heures perdues, entre de beaux jeunes hommes désargentés, et de riches femmes, surtout américaines. Une commission au passage sur les bénéfices ne fait pas de mal.
Madame Stone surnage au milieu de ces personnages, consciente de sa beauté fanée, de ces gigolos qui l'entourent, et jouant parfois leur jeu en acceptant leurs demandes financières.
Le temps qui passe ne serait rien sans les propos méchants de ceux qui veulent abuser de ces femmes à la dérive.
Cette dérive chez elle se traduit par ce qu'elle appelle la perte de sa dignité, l'abandon de toute retenue.
Le soleil qui se couche sur Rome, c'est le soleil qui se couche sue la vie de Mme Stone.
Comme le dit Paolo, p 31, "Je hais le soleil mort. je cesse de l'aimer quand la chaleur l'abandonne". Lui ne s'intéresse aux femmes que lorsqu'elles ont encore quelque chose à donner...de l'argent.
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jsgandalf
  25 mai 2012
Ce roman chef d'oeuvre incontesté sur l'amour de Tennessee Williams n'est pas qu'une très bonne adaptation cinématographique mais bien aussi un grand livre, hélas presque inconnu en France. L'action n'est bien sûr pas l'élément premier, c'est une histoire beaucoup plus psychologique. Mrs Stone richissime veuve et actrice à la retraite se rend à Rome, ville de tous les fantasmes pour ce ressourcer, se reconstruire. Dans cette ville la bonne société américaine s'encanaille aussi. Au contact d'une contessa plus mère maquerelle que noble, il rencontrera le beau et jeune Paolo, gigolo issue d'une famille pauvre. du désir naîtras l'amour, mais à quel prix. C'est donc une vrai histoire d'amour mais qui parle des fossés séparant les deux personnages principaux. Elle est riche et vieillissante, lui est jeune et pauvre. L'un achète l'autre. C'est immoral. Mais l'amour est il moral. le printemps deviendra-t-il hivers ?
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
le_Bisonle_Bison   23 janvier 2018
« Je dérive, je dérive », se répétait Mrs Stone. Elle errait à travers l'appartement. Elle regarda la solitude immaculée du lit. La solitude immense. Très calme, elle épiait le silence avec une telle intensité qu'elle entendit sonner la pendule de la pièce voisine. Le temps dérivait à son tour. Et le sommeil. Le sommeil s'en allait à la dérive au-dessus de la ville ancienne.
Elle regarda par la fenêtre, fit quelque pas sur la terrasse. Le ciel lui-même allait à la dérive. Rien d'autre n'existait que cette dérive infinie du temps et des êtres. »
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le_Bisonle_Bison   02 janvier 2018
- Je vous ai dit cela parce que vous m'aviez blessé. D'ailleurs si l'on aime quelqu'un on ne doit pas prendre garde à ce qu'il dit. On blesse par crainte d'être blessé soi-même. Il faut n'étudier que le cœur et ne regarder que les yeux ! 
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binabina   11 août 2013
Trois événements essentiels, trois ruptures profondes avaient marqué trois années de suite la vie de Mme Stone: l'abandon de sa carrière, la mort de son mari et cette transformation qu'apporte dans la vie des femmes la fin du cycle ovarien. Chacun de ces événements représentait en lui-même un bouleversement grave, et les trois conjugués lui donnaient l'impression qu'elle vivait désormais une vie posthume.
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binabina   11 août 2013
Elle ne considérait plus Mme Stone comme une femme parmi d'autres (...), mais comme l'essence et le principe d'une époque et d'une société égarée dans les ténèbres de la décadence.
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