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Benjamin Legrand (Traducteur)
ISBN : 2253053406
Éditeur : Le Livre de Poche (07/11/2001)

Note moyenne : 4.12/5 (sur 684 notes)
Résumé :
Tom Wolfe devrait devenir aussi la coqueluche du public français, et son Bûcher des vanités la plus sinistre, la plus drôle, la plus juste des présentations de la vie new-yorkaise... Il s'avale avec un plaisir qui ne se dément pas. Nicole Zand, Le Monde. Succès phénoménal aux États-Unis, voilà un pavé qui n'a pas fini de ricocher!... C'est "the" roman encore jamais écrit sur cette ville et ses épicentres mondialement nerveux: la Bourse et les conflits raciaux... L'a... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (65) Voir plus Ajouter une critique
Sando
  26 janvier 2015
Sherman Mac Coy, à seulement 38 ans, a tout du golden boy. Autoproclamé « Maître de l'Univers », ce père de famille vaniteux travaille sur Wall Street, où il vend des obligations pour sa société de bourse. Il touche presque un million de dollars de revenus annuels, entretien une liaison dans un studio miteux avec une brune pulpeuse, vit dans un appartement au luxe indécent sur Park Avenue où il retrouve chaque soir sa femme Judy, une mondaine anorexique, et leur fille de six ans, Campbell.

Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes pour cet homme à la réussite sociale flamboyante, jusqu'au jour de l'accident… Alors qu'il raccompagne sa maîtresse de l'aéroport, dans son coupé Mercedes, Sherman rate la sortie d'autoroute pour Manhattan et se retrouve dans le Bronx. Affolé et sans repères, il perd définitivement ses moyens lorsqu'il tombe dans un traquenard monté par deux jeunes noirs désireux de le délester de sa voiture… le couple adultère parvient à s'enfuir mais non sans renverser au passage l'un des deux malfrats… le choc lui vaut un traumatisme crânien qui le plonge dans un profond coma. Dès lors, les médias et les politiciens s'emparent de cette sordide histoire afin de dénoncer l'injustice sociale et judiciaire dans une ville en plein clivage. Commence pour Sherman le début d'une longue descente aux enfers…

Et bien, quelle claque ! Il aura fallu le challenge « Variété 2015 » de Shenandoah pour que je sorte enfin « le bûcher des vanités » de ma PAL ! Je regrette d'avoir attendu si longtemps pour découvrir ce chef-d'oeuvre de la littérature américaine !

Durant les 914 pages de ce « petit » pavé, Tom Wolfe dresse une satire féroce et grinçante du New-York des années 80. Nul n'est épargné par la plume de ce brillant écrivain à l'humour corrosif. Qu'il soit blanc ou noir, pauvre ou riche, américain ou anglais, journaliste ou avocat, chacun en prend pour son grade et tous sont coupables que ce soit de lâcheté, de corruption, de malveillance ou ne serait-ce que d'avoir un ego démesuré… Bref Tom Wolfe se lâche et ça fait du bien !

Malgré sa densité, « le bûcher des vanités » est un roman sans longueurs, ni fausses notes, mené à tambour battant et qui nous plonge avec brio au coeur d'une ville aux multiples facettes, où le faste et la richesse côtoient la pauvreté, l'injustice sociale et la délinquance. Un roman audacieux et sans limites, magnifiquement orchestré, dans lequel règne une certaine folie et qui mets à mal les mondes de la justice, de la politique et des médias !

C'est avec un doux frisson que le lecteur se retrouve pris, aux côtés de Sherman Mac Coy, dans cette spirale infernale qui ne semble pas avoir de fin… Au fur et à mesure des mésaventures du jeune courtier, le lecteur oscille malgré lui entre effroi cauchemardesque et fascination morbide pour le scandale et le malheur des autres. Un roman haletant et passionnant, qui fait tomber les masques et fait ressortir les aspects les plus détestables de la nature humaine. Un texte d'autant plus surprenant qu'il semble très actuel, malgré une parution datant de 1987 ! Bref, à lire absolument !
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carottecarotte
  11 novembre 2018
Mazette, je viens de tourner l'ultime page de ce roman et je n'arrive pas encore à réaliser. Mais quelle claque !
Trop petite pour lire le livre à sa sortie en 1987, trop jeune encore pour voir le film sorti en 1991, finalement c'est quelques décennies plus tard que je me prends en pleine figure ce monstre de la littérature américaine. Car si les films peuvent mal vieillir, les livres en revanche traversent les âges. Encore un avantage pour mon ami le livre, eh eh !
J'aurais juste loupé Bruce Willis avec des cheveux...
Fidèle à mes valeurs, vous n'aurez rien ici du contenu, de la substantifique moelle de l'intrigue mais, je l'espère, une mise en bouche qui éveillera votre appétit. Car il en faut un peu pour dévorer ces 915 pages.
Alors voilà : l'auteur nous emmène dans le New-York des années 80. Et les années 80 à New-York, c'est chouette.
Le NYC des années 80, c'est Manhattan avec ses tours gigantesques et des cabines téléphoniques partout, des brushings de l'espace, des robes improbables aux épaulettes surdimensionnées, des appartements dont on ne compte même plus les mètres carrés décorés par les dames qui portent les robes et les brushings cités ci-dessus, des sacs de dollars jetés sur les trottoirs, des limousines de 25 mètres de long pour parcourir 3 pâtés de maisons, des soirées avec plein de gens connus qui écrivent des livres sur l'existentialisme et peignent des croûtes dont on se demande dans quel sens il faut les accrocher, des enfants qui vont dans écoles privées avec un bel uniforme écussoné, des traders qui donnent le La du marché financier mondial nuit et jour. Et c'est surtout Sherman McCoy.
Parce qu'il possède tout cela, Super Sherman.
Et Super Sherman, il a bien sûr plus d'un tour dans son sac pour passer du bon temps avec sa Magic Maîtresse. Sauf que quand il se trompe de route, tout dérape et il se mange le bitume à pleines dents.
On passe alors de l'autre côté du miroir avec le NYC des années 80 moins reluisant et beaucoup moins glamour : les quartiers mal famés, gangrenés par la pauvreté, l'injustice et la drogue, les politiciens affamés de pouvoir, les journalistes toujours à l'affût du "coup" qui propulsera leur carrière.
Prenez tous ces ingrédients, mettez-les dans un sac, secouez bien, ajoutez un talent monstre pour dépeindre ce décor unique teinté de réalisme et de cynisme et vous obtenez un chef d'oeuvre qui traite à merveille de deux mondes radicalement opposés, qui s'entrechoquent et dont personne ne ressortira indemne.
Pour ma part, j'ai mis quelques 200 pages pour m'immerger complètement car l'auteur dresse les différents tableaux qui vont ensuite se superposer.
Merci à GeorgesSmiley pour cette belle découverte ;-)
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Luniver
  01 mars 2016
Il y a des personnes qui ne manquent pas de provoquer le respect, l'admiration ou la jalousie. Comme ce procureur du Bronx, au corps sculpté comme un dieu grec, qui pourfend inlassablement le crime ; ou ce trader en vue de Pierce & Pierce, qui brasse des millions avec nonchalance jour après jour.
Et pourtant ! le premier doit subir la petite humiliation quotidienne d'aller au travail en baskets : quand on prend le métro dans le Bronx au moment des émeutes raciales, mieux vaut éviter de passer pour un blanc fortuné. Il évite soigneusement ses anciens amis, qui gagnent quatre fois plus que lui, et qui n'ont aucun mal, eux, à assurer le train de vie auquel leur statut donne droit. Et son sens de la justice consiste à se déchaîner contre les accusés pour impressionner les jolies jurées qu'il espère sauter à la fin du procès.
Quant au second, qui se qualifie modestement de « Maître de l'Univers », il peine à se faire respecter au-delà de son bureau. Son propre chien, dont la promenade lui sert d'alibi pour appeler sa maîtresse, refuse, toutes griffes dehors, de se laisser balader sous la pluie. Quelle humiliation pour un homme qui décide du sort de milliers de personnes la journée de devoir traîner un animal de force sous les regards perplexes des passants ! Et de ne même pas pouvoir rivaliser niveau prestige avec le père éditeur de la meilleure amie de sa fille, laquelle tente vainement de comprendre ce qu'il fait pendant ses journées.
Ces deux hommes se rencontreront lors d'un procès. le riche trader s'aventure par erreur au coeur du Bronx, dans une faune qu'il n'a pas l'habitude de côtoyer. le malaise se transforme rapidement en panique quand il se croit attaqué, et il renverse un jeune noir en prenant la fuite. Pour son malheur, cet accident est récupéré par des mouvements politiques, qui en font le symbole de l'inégalité sociale et du peu d'intérêt généré par la vie d'un noir, et la machine médiatique s'emballe.
Ce roman est un véritable coup de poing, tant l'auteur à rendre avec précision les conflits personnels de ses personnages : alors qu'ils se pensent au sommet de leur gloire, toute la petitesse du quotidien leur met sans cesse des bâtons dans les pieds : impossible d'échapper aux grosses factures à venir, à la peur de se faire ridiculiser devant ses pairs, à celle de dévoiler ses origines (le jeu sur les accents des personnages est sublime). de même, derrière les grandes idées travaillent souvent des personnages aux motivations très mesquines. Les juges, les avocats, les journalistes tentent surtout de rafistoler leur propre vie, quitte à devoir briser la vie de quelques personnes au passage.
L'oeuvre n'a rien perdu de son impact malgré les années. On n'en sort pas très rassuré sur la nature humaine, mais la petite dose de cynisme et la perfection dans le détail des personnages en font un livre incontournable.
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kuroineko
  15 novembre 2018
Le bûcher des vanités est considéré comme le "magnum opus" du charismatique écrivain Tom Wolfe. A juste titre. Serait-ce trop fort de le placer même comme un des romans américains majeurs du XXème siècle finissant? Je pense que non et qu'il mérite l'épithète d'exceptionnel.
L'histoire se déroule à New-York, plus précisément à Manhattan et dans le Bronx des années 1980. Deux quartiers qui, s'ils sont relativement proches l'un de l'autre géographiquement parlant, se trouvent à des années-lumière en terme de modes et moyens de vie.
C'est ce tableau à multiples facettes que peint Tom Wolfe. Il se sert de ses personnages pour caractériser les situations : Sherman McCoy en roi des obligations chez Pierce & Pierce à Wall Street, Maria Ruskin en très jeune épouse d'un vieux richard, Lawrence Kramer en substitut du procureur dans le Bronx frustré de sa vie. Gravitent autour de nombreux protagonistes plus ou moins importants qui donnent de la profondeur à la fresque sociale de l'auteur.
Tout passe sous son oeil acéré : le monde de la finance et des affaires - les yuppies et autres golden boys des eighties, les milieux de la presse et de la justice, l'univers des politicards qui visent les prochaines élections, celui de certaines instances pastorales pas forcément très nettes sur le plan éthique. L'ensemble, sur fond de préjugés et conflits raciaux.
N'était l'écriture pleine d'ironie mordante de Tom Wolfe, ce pavé pourrait être sinistre tant l'humanité décrite ressort sous ses traits les plus sordides. L'auteur égratigne, sa plume se fait incisive, acide et cynique. Il ne recule pas à ridiculiser ses personnages: Sherman toujours à redresser son aristocratique menton Yale et à se prendre pour un des Maîtres de l'Univers (du coup, j'ai eu la chanson du dessin animé avec Musclor tout au long des 920 pages...); Larry Kramer toujours à mettre en avant ses muscles sternocleïdomastoïdiens; Maria la belle et riche épouse avec son épouvantable accent "péquenaud"; la caste des Rayons X mondains c'est-à-dire les femmes émaciées par trop de régime type anorexie et de club de gym, etc.
Tom Wolfe, avec son Bûcher des vanités place New-York au centre du monde mais surtout au centre d'une gigantesque comédie humaine qui n'est pas sans rappeler, déjà par son titre, la formidable Foire aux vanités de son prédécesseur anglais Thackeray au XIXème siècle.
Il m'a fallu dépasser la centaine de pages pour entrer complètement dans ce roman, le temps de m'adapter aux protagonistes et au style de l'auteur. Difficile de le lâcher par la suite tant ce que je lisais me paraissait excellent dans son faste outrancier, si noir et pourtant plein d'humour... noir. Avis aux lecteurs tentés mais effrayés par l'épaisseur du volume: il est comme un pain de glace, il fond tout seul. Et beaucoup trop vite finalement.
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FrancoisGe
  15 avril 2012
Ce livre est, à mon avis, un des meilleurs de la littérature contemporaine. Avec ses descriptions précises qui partent dans tous les sens, Tom Wolfe nous présente au fil des pages les personnages mis en situation, mais pas seulement. L'auteur nous livre aussi et surtout un tour d'horizon complet des milieux professionnels tels qu'ils apparaissent dans la pratique, vus de l'intérieur. On suit les activités professionnelles du personnage principal, Sherman Mac Coy, vendeur d'obligations de Wall Street, les journées professionnelles des juges, des avocats, des policiers, des journalistes, des hommes politiques… Tout y passe, la description de leurs faits et gestes, mais aussi et surtout la cuisine interne, le pourquoi de leurs décisions, les petits arrangements entre « amis » qui alimentent la « Banque des services rendus » sans laquelle le système judiciaire se gripperait. À la manière De Balzac ou de Zola, Tom Wolfe nous décrit aussi les manières de s'habiller et surtout de parler – les accents – de tout ce petit monde selon qu'il soit de telle ou telle origine ou classe sociale.
Au début du livre, on vit avec Sherman Mac Coy dans son appartement de Park Avenue et l'on rit de sa maladresse. La description de sa gaffe commise dans une cabine téléphonique, en bas de chez lui, alors que la pluie redouble d'intensité et que son chien tire comme un forcené sur sa laisse nous arrache des éclats de rire. Puis, peu à peu, on est attendri par cet homme engoncé dans sa petite vie bourgeoise qui essaie à la fois d'être un père modèle et d'exister aux yeux de son épouse et de sa maîtresse. Il s'est fabriqué un petit monde et ses mouvements sont réglés comme sur du papier à musique.
Oui, mais voilà, par ambition, des hommes politiques, des acteurs du monde judiciaire et journalistique vont l'attraper dans leurs filets et le broyer sans complaisance. Et au fil des pages on se demande si Sherman Mac Coy le mérite vraiment ? Evidemment non. Et c'est pourquoi on souffre avec lui. le seul crime qu'il ait commis est de s'être perdu dans le bronx un jour qu'il revenait de chercher sa maîtresse de l'aéroport. Et, sous l'effet de la peur, de la peur panique, il saute de sa voiture, sa maîtresse prend le volant et dans un geste désespéré pour se sortir d'un mauvais pas imaginaire, sa maîtresse percute un jeune noir qui tombe dans le coma le lendemain. C'est elle qui conduisait. Oui, mais la victime a eu le temps de retenir une partie du numéro de la plaque minéralogique et c'est sa voiture à lui, Sherman Mac Coy.
Et, à nouveau, on le voit s'empêtrer dans sa maladresse. Les Mercedes avec ce bout de numéro de plaque minéralogique se comptent par centaines à New York. Les policiers qui mènent l'enquête viennent le voir par routine. Mais Sherman Mc Coy les reçoit sur la défensive et cela éveille les soupçons des flics. Ensuite, tout s'enchaîne. La victime est un noir du bronx, un brave étudiant et le « coupable » un millionnaire de Wall Street qui l'a écrabouillé avec sa Mercedes et s'est enfui, le laissant sur le carreau. L'occasion est trop belle. L'affaire se transforme en un combat de classes, un combat de races. Et tout le monde va y trouver son compte : le prêtre local, les politiques, les juges, les avocats, tout le monde sauf Sherman Mac Coy qui, humilié dans un monde judiciaire trop féroce pour lui, cherche désespérément une marque de sympathie, un appui parmi tous ces gens qui ne pensent qu'au bénéfice qu'ils pourront tirer d'une affaire si emblématique. Même son avocat le dépouillera en lui faisant croire qu'il va l'aider à s'en sortir…
On s'identifie pleinement à ce personnage parce que l'on n'a aucun mal à se mettre à sa place. N'importe qui, au volant de sa voiture, dans un moment de panique, dans une rue sombre, peut accélérer sans mesurer ni même être conscient des conséquences de ses actes. Et au fil des pages on se souvient de cette gaucherie de la cabine téléphonique du début. On le voit répéter encore et encore les erreurs d'un homme foncièrement bon, empêtré dans une situation qui le dépasse, abandonné par ses proches, criant au secours à sa manière en attendant toujours de voir la fin de ce cauchemar, comme si tout ceci ne pouvait pas vraiment lui survenir, lui le « Maître du monde » comme il aimait à se qualifier au début du livre, lui qui fait gagner des millions à sa banque d'un simple clic de souris d'ordinateur.
Evidemment, tous ces événements personnels vont avoir des conséquences néfastes sur son activité professionnelle. Il va multiplier les erreurs et finalement tout avouer à ses supérieurs avant que le scandale n'éclate, attendant de voir ses « amis », ceux pour qui il a mobilisé tous ses efforts, le réconforter, l'appuyer, lui dire « tu peux compter sur nous ». Mais ces mots ne viendront pas. Et, à l'instar du milieu judiciaire, présenté comme fait d'atomes égoïstes et cruels, son mode professionnel le décevra aussi.
Cette descente aux enfers prend du temps. Il faut tourner beaucoup de pages. D'aucuns diront que c'est trop lent et fermeront le livre. Paradoxalement, pour moi qui ai adoré le livre, cette lenteur m'a aussi été pénible. Et non pas parce qu'il ne se passait rien. Au contraire, il se passait trop de choses ! Et, m'ayant identifié totalement au personnage, j'ai souffert tous ces petits affronts, toutes ces humiliations, ce harcèlement constant des journalistes… Et c'est cette avalanche d'épreuves vécues en même temps par Sherman Mac Coy et par le lecteur qui fait, à mon sens, tout le caractère insoutenable mais magnifique de cette oeuvre.
On a aussi l'impression que Sherman souffre plus que nous ne souffrions nous même confrontés à la même situation. Parce que Sherman Mac Coy cumule les circonstances aggravantes : sa gaucherie, sa situation confortable, son destin qui s'est déroulé jusque là sans accroc et qui ne l'a pas préparé à se battre dans cette jungle impitoyable qu'il découvre dans la situation la plus incommode que l'on puisse imaginer. Il apparait comme le parfait coupable, riche et insouciant, coupable d'un fait qui sera exagéré pour en faire un exemple, pour démontrer qu'un homme blanc et riche ne peut pas impunément écraser un noir pauvre, l'abandonner à son sort, puis s'enfuir en toute impunité, comme si rien ne s'était passé.
Et c'est ce qui est le plus paradoxal et le plus intéressant dans ce livre. C'est au nom de valeurs supérieures d'égalité et de justice que tous ces petits magouilleurs du monde judiciaire, politique, et journalistique le cloueront au pilori, lui qui finalement est le plus innocent, lui qui n'était même pas au volant de cette Mercedes noire, une nuit dans le bronx…

Mon explication du titre :« le bûcher des vanités », traduction littérale de « The bonfire of the vanities ».

Sherman Mac Coy est cloué au pilori, il est brûlé en place publique. À mon sens, ce sont les vanités des acteurs du monde judiciaire, politique et journalistique qui alimentent le feu du bûcher. Cet excellent titre est donc des plus appropriés.

Les plus :

- Descriptions des lieux, des professions vues de l'intérieur, des travers de tel ou tel groupe social (habillement, façon de parler, de se comporter, de penser).
- Descriptions des personnages qui permettent au lecteur de s'y identifier totalement.
- En une phrase, Tom Wolfe résume le paradoxe des situations. Exemple : « Donc, Sherman qui était venu pour virer son avocat lui signa un chèque de 75 000 $ ».
- Beaucoup d'humour, on trouve même une blague !

Les moins :

- Des récapitulatifs de ce qui s'est passé jusque là présentés sous forme d'articles de journaux. Ils alourdissent le récit inutilement.
- Après tant de pages, la répétition des expressions propres à l'auteur que l'on trouvait géniales en début de lecture finissent par lasser.
- Quelques expressions galvaudées. Un problème de traduction ?

Ma note : 10/10 Gros coup de coeur !
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GwordiaGwordia   08 juin 2012
Poe, qui a vécu ses dernières années juste au nord d'ici, je crois, dans une partie de New York qu'on appelle la Bronx... dans un petit cottage avec du lilas et un cerisier... et une femme mourant de tuberculose. C'était un ivrogne, oui, bien sûr, et un psychotique peut-être, mais avec la folie des visions prophétiques. Il a écrit une histoire qui nous dit tout ce que nous avons besoin de savoir sur le moment que nous vivons maintenant... "Le Masque de la Mort Rouge"... Une peste mystérieuse, la Mort Rouge, ravage la contrée. Le prince Prospero - Prince Prospero - même le nom est parfait - le prince Prospero rassemble les meilleurs des gens dans son château avec deux ans de provisions de bouche et d'alcool, et ferme les portes au monde extérieur, contre la virulence de toutes les âmes moins bien nées, et commence un Bal masqué qui doit durer jusqu'à ce que la peste se soit éteinte d'elle-même au-delà des murailles. La fête est sans fin et sans pause et elle a lieu dans sept grands salons, et dans chacun les divertissements sont plus intenses que dans le précédent, et les invités sont attirés, peu à peu, jusqu'au septième, qui est entièrement tendu de noir. Une nuit, dans cette dernière pièce, apparaît un hôte revêtu du costume le plus approprié et le plus horriblement beau que cette assemblée de masques réjouis ait jamais vu. Cet hôte est habillé comme la Mort, mais d'une manière si convaincante que Prospero s'en offense et ordonne qu'on le jette dehors. Mais personne n'ose le toucher, et la tâche revient dont au Prince lui-même, et à l'instant où il touche ce masque terrible, il tombe raide mort, car la Mort Rouge est entrée dans la maison de Prospero... Prospero, mes amis... Maintenant, la partie la plus exquise de cette histoire c'est que les hôtes ont, d'une manière ou d'une autre, toujours su ce qui les attendait dans cette pièce, et pourtant, ils étaient irrémédiablement attirés vers elle, car l'excitation est si intense et le plaisir si débridé, et les vêtements, et la nourriture, et les boissons, et la chair si somptueux - et c'est tout ce qu'ils ont. Familles, maisons, enfants, la grande chaîne de l'être, l'éternelle marée des chromosomes ne signifie plus rien pour eux. Ils sont liés entre eux, et ils se tournent autour, sans fin, particules d'un atome maudit - et que pourrait bien être la Mort Rouge, sinon une sorte d'ultime stimulation, le nec plus ultra ? Donc, Poe a été assez gentil de nous écrire le dénouement il y a plus de cent ans.
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GeorgesSmileyGeorgesSmiley   26 septembre 2018
C'est juste à ce moment qu'une sorte de chant s'éleva dans la salle d'audience.
_ Yo-ohhhhhh...cela venait de là-bas.
_ Yo-ohhhhhhhhhhhhhhh...cela venait d'ici...
Kaminsky, le gros officier avait commencé. Puis Bruzielli, le greffier reprit, et même Sullivan, le rapporteur y joignit sa version discrète : "Yo-ohhh". Sans un cillement de paupière, Kovitsky frappa de son maillet et suspendit la séance pour trente minutes. C'était l'heure de mettre les chariots en cercle autour de la forteresse, rien de plus. Les chariots en cercle étaient une pratique standard. Si un procès risquait de durer après la tombée de la nuit, alors il fallait faire le cercle. Pendant une suspension d'audience pour faire le cercle, tous les employés qui étaient venus travailler en voiture et qui devaient rester après la tombée de la nuit à cause du procès se levaient, sortaient et se dirigeaient vers leurs voitures dans les parkings extérieurs. Le parking favori des habitués du tribunal était juste de l'autre côté du sommet du Grand Concourse, dans une énorme excavation de boue. Ce trou avait été creusé pour les fondations d'un building qui n'avait jamais vu le jour. Le groupe s'assembla. Les officiers portaient leur 38 bien visible sur leurs hanches. Le petit contingent s'avança bravement en territoire indien...Très vite, la première voiture arriva. Yo-ohhh, voilà Kovitsky... puis vint Bruzielli, puis Mel Herskowitz et Sullivan le rapporteur. La dernière voiture à se garer (devant le tribunal) fut celle de Kaminsky. Il avait ramené avec lui l'autre officier. Ils sortirent tous deux et aperçurent Kramer :
_Yo-ohhhhhhhhhhhhhhh!
_ Yo ho ho, fit Kramer.
La caravane. Yo-ohhhhhh était le cri de John Wayne, héros et éclaireur en chef, signalant aux pionniers qu'ils devaient avancer les chariots. C'était un territoire indien, infesté de bandits, et il était l'heure de faire le cercle avec les chariots pour la nuit. Quiconque s'imaginait qu'il était capable de monter deux blocs jusqu'au parking après la tombée de la nuit pour prendre sa bagnole et rentrer tranquille chez papa maman, jouait sa vie sur une moitié de table de casino.
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GeorgesSmileyGeorgesSmiley   26 septembre 2018
Cette maison a été construite en 1906 par un nommé Stanley Lightfoot Bowman. Il a dépensé presque un demi-million de dollars pour cette maison en 1906. C'était l'endroit rêvé où habiter en 1906. Ils ont construit toutes ces grosses maisons tout au long du West Side, en commençant à la 72ème Rue, et en montant jusqu'ici...Ouais, et j'ai acheté cette maison en 1978 pour 62 000$ et le type était content de récupérer au moins ça. Il se léchait les babines en se disant : "J'ai réussi à en trouver un - un crétin capable de me filer 62 000$ pour cette maison." Eh bien, qu'est-il arrivé à tous ces Stanley Lightfoot Bowman ? Ont-ils perdu leur argent ? Non. Ils ont perdu le contrôle...Vous voyez...ils ont perdu le contrôle au nord de la 96ème Rue, et quand ils ont perdu le contrôle, ils ont perdu le capital. Vous comprenez ? Tout ce capital s'est évaporé de la surface de la terre. La maison était toujours là, mais le capital...évanoui!...Vous voyez...Donc ce que je vous dis, c'est que vous feriez bien de vous réveiller. Vous pratiquez le capitalisme du futur et vous ne le savez même pas. Quand vous montez jusqu'ici et que vous parlez "d'entreprises de la minorité" et de centres de soin pour les gens de la rue, vous chantonnez la bonne chanson, mais vous ne voulez pas chanter les bonnes paroles. Vous ne voulez pas y aller directement et dire : "S'il te plait, Seigneur, Dieu Tout-Puissant, laisse-les faire ce qu'ils veulent avec l'argent, tant que cela contrôle la pression...Avant qu'il soit trop tard"...Harlem, le Bronx et Brooklyn...tout ça va exploser, mon ami, et ce jour-là, vous serez extrêmement reconnaissant envers votre prudent courtier...qui peut contrôler la pression.
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GeorgesSmileyGeorgesSmiley   26 septembre 2018
L'horreur de tout ceci, c'était que pratiquement tous les hommes de ce côté de la Barre de la Justice avaient une chance. Non, pas Herbert, mais son minuscule bout d'avocat, Teskowitz, si. Même ce gros tas de garde, ce Kaminsky. Le nombre de gardes, d'avocats de la défense, de greffiers, de substituts du procureur (oh oui!) et même de juges (ne pas les oublier!) qui avaient tringlé (c'est le mot!) de mignonnes petites jurées d'affaires criminelles - Dieu! si jamais la presse s'emparait de cette histoire - mais la presse ne se montrait jamais dans les salles d'audience du Bronx.
Les nouveaux jurés d'un Tribunal Criminel avaient une manière de s'enivrer à la haute tension de ce monde infernal qu'ils dominaient de leur box, et c'étaient les jeunes femmes qui avaient l'ivresse la plus rapide. Pour elles les accusés n'étaient pas de la "bouffe", tout sauf ça. C'étaient des desperados. Et ces affaires n'étaient pas des tas de merde. C'étaient les misérables drames de cette ville aux millions d'âmes. Et ceux qui avaient le courage de traiter avec les desperados, de les combattre, de les dompter...étaient...de vrais hommes...même un gardien avec un rouleau de dix centimètres de graisse débordant au-dessus de son ceinturon. Mais qui était le plus viril, sinon un jeune procureur, lui qui se tenait à quelques mètres de l'accusé, séparé de lui seulement par une mince couche d'air, et qui assénait les accusations de la justice ? Maintenant elle était en face de Kramer. Elle lui rendait son regard.
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GeorgesSmileyGeorgesSmiley   27 septembre 2018
_ Ce que j'aimerais savoir, M. Rifkind, c'est quel genre d'étudiant est Henry Lamb ?
_ Quel genre ?
_ Eh bien, est-ce que vous diriez qu'il était un étudiant particulièrement remarquable ?
_ M. Fallow. Il me semble que vous n'êtes pas de New York.
_ C'est vrai.
_ Donc il n'y a aucune raison pour que vous sachiez quoi que ce soit sur le Collège Colonel Jacob Ruppert, dans le Bronx. A Ruppert, nous utilisons des termes comparatifs, mais le mot remarquable n'en fait pas partie. L'échelle irait plutôt de coopératif à mortellement menaçant. Bon Dieu, n'écrivez pas que j'ai dit ça.
_ Eh bien, comment décririez-vous Henry Lamb ?
_ Coopératif. C'est un brave garçon. Ne m'a jamais causé d'ennui.
_ Le décririez-vous comme un bon élève ?
_ Bon ne fonctionne pas trop bien non plus en ce qui concerne Ruppert. C'est plutôt : assiste-t-il aux cours ou pas.
_ Est-ce qu'Henry Lamb assiste aux cours ?
_ Pour autant que je m'en souvienne, oui. En général il est là. On peut compter sur lui. C'est un gentil môme, aussi gentil qu'ils peuvent l'être.
_ Y avait-il une partie de l'enseignement dans laquelle il était particulièrement bon...ou disons apte à, quelque chose qu'il faisait mieux que le reste ?
_ Non.
_ Eh bien, M. Rifkind, n'y a-t-il rien que vous puissiez me dire sur les capacités ou les aptitudes de Henry Lamb ? Rien du tout ?
_ Il faut que vous compreniez qu'on me donne environ soixante-cinq élèves par classe quand l'année commence, parce qu'on sait qu'il en restera quarante au milieu de l'année et trente seulement à la fin. Même trente, c'est trop, mais c'est ça qu'on me donne. Henry Lamb est un brave jeune homme qui s'applique et veut s'éduquer. Qu'est-ce que je peux vous dire de plus ?
_ Une question. Comment s'en sort-il à l'écrit ?
_ A l'écrit ? Il n'y a pas eu de travail écrit à Ruppert depuis quinze ans ! Peut-être même vingt ! Ils ont des tests à choix multiples...Au Collège Colonel Jacob Ruppert, un "prix d'honneur" est un élève qui assiste aux cours, qui ne trouble pas la classe, et qui arrive à lire et à compter.
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Vidéo de Tom Wolfe
L'émission "Les coups de c?ur" des libraires est diffusée sur les Ondes de Sud Radio, chaque vendredi matin à 10h00. Valérie Expert vous donne rendez-vous avec Gérard Collard pour vous faire découvrir leurs passions du moment !
Gérard et vos libraires préférés vous transmettent leurs passions pour les livres, vous parlent de leurs coups de c?ur du moment et parfois, de leurs coups de gueule et Bien sûr TOUT Y PASSE : Polar, Roman, Bd, Art etc !!!!!!
Toujours à l'affut des dernières petites pépites littéraires ou encore, du roman, qui sera vous rendre heureux, vos librairies se donnent corps et coeur à leur passion, à votre passion, La Lecture et le plaisir de la partager !
30 ans la griffe noire : A peine entrée dans la librairie de Collectif aux éditions Télémaque https://www.lagriffenoire.com/116471-article_recherche-30-ans-la-griffe-noire.html
Les déracinés de Catherine Bardon aux éditions Les Escales https://www.lagriffenoire.com/110854-divers-litterature-les-deracines.html
Les frères Holt de Marcia Davenport et F. de Bardy aux éditions le Promeneur https://www.lagriffenoire.com/17722-romans-les-freres-holt.html
Le bûcher des vanités de Tom Wolfe aux éditions Livre de Poche https://www.lagriffenoire.com/16093-poche-le-bucher-des-vanites.html
La Femme à la fenêtre de A.J. Finn et Isabelle Maillet aux éditions Presses de la Cité https://www.lagriffenoire.com/106232-divers-polar-la-femme-a-la-fenetre.html
Baby Doll: S'enfuir n'était que le début de Hollie Overton aux éditions Mazarine https://www.lagriffenoire.com/110561-nouveautes-polar-baby-doll.html
Filles de la mer de Mary Lynn Bracht et Sarah Tardy aux éditions Robert Laffont https://www.lagriffenoire.com/105443-divers-litterature-filles-de-la-mer.html
Iboga de Christian Blanchard aux éditions Belfond https://www.lagriffenoire.com/104938-divers-polar-iboga.html
Hollywood Boulevard de Melanie Benjamin et Christel Gaillard-Paris aux éditions Albin Michel https://www.lagriffenoire.com/109525-divers-litterature-hollywood-boulevard.html
Il savait que je gardais tout: Entretiens de Anne Pingeot et Jean-Noël Jeanneney aux éditions Gallimard https://www.lagriffenoire.com/112564-encyclopedie-il-savait-que-je-gardais-tout.html
La Chorale des dames de Chilbury de Jennifer Ryan et Françoise du Sorbier aux éditions Albin Michel https://www.lagriffenoire.com/108515-divers-litterature-la-chorale-des-dames-de-chilbury.html
Chroniques d'une onde de choc : #MeToo secoue la planète de Annette Lévy-Willard aux éditions de l'Observatoire https://www.lagriffenoire.com/116686-article_recherche-chroniques-d-une-onde-de-choc.html
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Le Bûcher des vanités

Tout au début du roman, la scène d'ouverture :

Maria fait du shopping
Sherman sort promener son chien
Sherman et Maria rentrent de l'aéroport en voiture

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21 lecteurs ont répondu
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