AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestions
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures

Benjamin Legrand (Traducteur)
ISBN : 2253053406
Éditeur : Le Livre de Poche (07/11/2001)

Note moyenne : 4.09/5 (sur 577 notes)
Résumé :
Tom Wolfe devrait devenir aussi la coqueluche du public français, et son Bûcher des vanités la plus sinistre, la plus drôle, la plus juste des présentations de la vie new-yorkaise... Il s'avale avec un plaisir qui ne se dément pas. Nicole Zand, Le Monde. Succès phénoménal aux États-Unis, voilà un pavé qui n'a pas fini de ricocher!... C'est "the" roman encore jamais écrit sur cette ville et ses épicentres mondialement nerveux: la Bourse et les conflits raciaux... L'a... >Voir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle
Critiques, Analyses et Avis (50) Voir plus Ajouter une critique
Sando
  26 janvier 2015
Sherman Mac Coy, à seulement 38 ans, a tout du golden boy. Autoproclamé « Maître de l'Univers », ce père de famille vaniteux travaille sur Wall Street, où il vend des obligations pour sa société de bourse. Il touche presque un million de dollars de revenus annuels, entretien une liaison dans un studio miteux avec une brune pulpeuse, vit dans un appartement au luxe indécent sur Park Avenue où il retrouve chaque soir sa femme Judy, une mondaine anorexique, et leur fille de six ans, Campbell.

Tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes pour cet homme à la réussite sociale flamboyante, jusqu'au jour de l'accident… Alors qu'il raccompagne sa maîtresse de l'aéroport, dans son coupé Mercedes, Sherman rate la sortie d'autoroute pour Manhattan et se retrouve dans le Bronx. Affolé et sans repères, il perd définitivement ses moyens lorsqu'il tombe dans un traquenard monté par deux jeunes noirs désireux de le délester de sa voiture… le couple adultère parvient à s'enfuir mais non sans renverser au passage l'un des deux malfrats… le choc lui vaut un traumatisme crânien qui le plonge dans un profond coma. Dès lors, les médias et les politiciens s'emparent de cette sordide histoire afin de dénoncer l'injustice sociale et judiciaire dans une ville en plein clivage. Commence pour Sherman le début d'une longue descente aux enfers…

Et bien, quelle claque ! Il aura fallu le challenge « Variété 2015 » de Shenandoah pour que je sorte enfin « le bûcher des vanités » de ma PAL ! Je regrette d'avoir attendu si longtemps pour découvrir ce chef-d'oeuvre de la littérature américaine !

Durant les 914 pages de ce « petit » pavé, Tom Wolfe dresse une satire féroce et grinçante du New-York des années 80. Nul n'est épargné par la plume de ce brillant écrivain à l'humour corrosif. Qu'il soit blanc ou noir, pauvre ou riche, américain ou anglais, journaliste ou avocat, chacun en prend pour son grade et tous sont coupables que ce soit de lâcheté, de corruption, de malveillance ou ne serait-ce que d'avoir un ego démesuré… Bref Tom Wolfe se lâche et ça fait du bien !

Malgré sa densité, « le bûcher des vanités » est un roman sans longueurs, ni fausses notes, mené à tambour battant et qui nous plonge avec brio au coeur d'une ville aux multiples facettes, où le faste et la richesse côtoient la pauvreté, l'injustice sociale et la délinquance. Un roman audacieux et sans limites, magnifiquement orchestré, dans lequel règne une certaine folie et qui mets à mal les mondes de la justice, de la politique et des médias !

C'est avec un doux frisson que le lecteur se retrouve pris, aux côtés de Sherman Mac Coy, dans cette spirale infernale qui ne semble pas avoir de fin… Au fur et à mesure des mésaventures du jeune courtier, le lecteur oscille malgré lui entre effroi cauchemardesque et fascination morbide pour le scandale et le malheur des autres. Un roman haletant et passionnant, qui fait tomber les masques et fait ressortir les aspects les plus détestables de la nature humaine. Un texte d'autant plus surprenant qu'il semble très actuel, malgré une parution datant de 1987 ! Bref, à lire absolument !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          517
Luniver
  01 mars 2016
Il y a des personnes qui ne manquent pas de provoquer le respect, l'admiration ou la jalousie. Comme ce procureur du Bronx, au corps sculpté comme un dieu grec, qui pourfend inlassablement le crime ; ou ce trader en vue de Pierce & Pierce, qui brasse des millions avec nonchalance jour après jour.
Et pourtant ! le premier doit subir la petite humiliation quotidienne d'aller au travail en baskets : quand on prend le métro dans le Bronx au moment des émeutes raciales, mieux vaut éviter de passer pour un blanc fortuné. Il évite soigneusement ses anciens amis, qui gagnent quatre fois plus que lui, et qui n'ont aucun mal, eux, à assurer le train de vie auquel leur statut donne droit. Et son sens de la justice consiste à se déchaîner contre les accusés pour impressionner les jolies jurées qu'il espère sauter à la fin du procès.
Quant au second, qui se qualifie modestement de « Maître de l'Univers », il peine à se faire respecter au-delà de son bureau. Son propre chien, dont la promenade lui sert d'alibi pour appeler sa maîtresse, refuse, toutes griffes dehors, de se laisser balader sous la pluie. Quelle humiliation pour un homme qui décide du sort de milliers de personnes la journée de devoir traîner un animal de force sous les regards perplexes des passants ! Et de ne même pas pouvoir rivaliser niveau prestige avec le père éditeur de la meilleure amie de sa fille, laquelle tente vainement de comprendre ce qu'il fait pendant ses journées.
Ces deux hommes se rencontreront lors d'un procès. le riche trader s'aventure par erreur au coeur du Bronx, dans une faune qu'il n'a pas l'habitude de côtoyer. le malaise se transforme rapidement en panique quand il se croit attaqué, et il renverse un jeune noir en prenant la fuite. Pour son malheur, cet accident est récupéré par des mouvements politiques, qui en font le symbole de l'inégalité sociale et du peu d'intérêt généré par la vie d'un noir, et la machine médiatique s'emballe.
Ce roman est un véritable coup de poing, tant l'auteur à rendre avec précision les conflits personnels de ses personnages : alors qu'ils se pensent au sommet de leur gloire, toute la petitesse du quotidien leur met sans cesse des bâtons dans les pieds : impossible d'échapper aux grosses factures à venir, à la peur de se faire ridiculiser devant ses pairs, à celle de dévoiler ses origines (le jeu sur les accents des personnages est sublime). de même, derrière les grandes idées travaillent souvent des personnages aux motivations très mesquines. Les juges, les avocats, les journalistes tentent surtout de rafistoler leur propre vie, quitte à devoir briser la vie de quelques personnes au passage.
L'oeuvre n'a rien perdu de son impact malgré les années. On n'en sort pas très rassuré sur la nature humaine, mais la petite dose de cynisme et la perfection dans le détail des personnages en font un livre incontournable.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          300
FrancoisGe
  15 avril 2012
Ce livre est, à mon avis, un des meilleurs de la littérature contemporaine. Avec ses descriptions précises qui partent dans tous les sens, Tom Wolfe nous présente au fil des pages les personnages mis en situation, mais pas seulement. L'auteur nous livre aussi et surtout un tour d'horizon complet des milieux professionnels tels qu'ils apparaissent dans la pratique, vus de l'intérieur. On suit les activités professionnelles du personnage principal, Sherman Mac Coy, vendeur d'obligations de Wall Street, les journées professionnelles des juges, des avocats, des policiers, des journalistes, des hommes politiques… Tout y passe, la description de leurs faits et gestes, mais aussi et surtout la cuisine interne, le pourquoi de leurs décisions, les petits arrangements entre « amis » qui alimentent la « Banque des services rendus » sans laquelle le système judiciaire se gripperait. À la manière De Balzac ou de Zola, Tom Wolfe nous décrit aussi les manières de s'habiller et surtout de parler – les accents – de tout ce petit monde selon qu'il soit de telle ou telle origine ou classe sociale.
Au début du livre, on vit avec Sherman Mac Coy dans son appartement de Park Avenue et l'on rit de sa maladresse. La description de sa gaffe commise dans une cabine téléphonique, en bas de chez lui, alors que la pluie redouble d'intensité et que son chien tire comme un forcené sur sa laisse nous arrache des éclats de rire. Puis, peu à peu, on est attendri par cet homme engoncé dans sa petite vie bourgeoise qui essaie à la fois d'être un père modèle et d'exister aux yeux de son épouse et de sa maîtresse. Il s'est fabriqué un petit monde et ses mouvements sont réglés comme sur du papier à musique.
Oui, mais voilà, par ambition, des hommes politiques, des acteurs du monde judiciaire et journalistique vont l'attraper dans leurs filets et le broyer sans complaisance. Et au fil des pages on se demande si Sherman Mac Coy le mérite vraiment ? Evidemment non. Et c'est pourquoi on souffre avec lui. le seul crime qu'il ait commis est de s'être perdu dans le bronx un jour qu'il revenait de chercher sa maîtresse de l'aéroport. Et, sous l'effet de la peur, de la peur panique, il saute de sa voiture, sa maîtresse prend le volant et dans un geste désespéré pour se sortir d'un mauvais pas imaginaire, sa maîtresse percute un jeune noir qui tombe dans le coma le lendemain. C'est elle qui conduisait. Oui, mais la victime a eu le temps de retenir une partie du numéro de la plaque minéralogique et c'est sa voiture à lui, Sherman Mac Coy.
Et, à nouveau, on le voit s'empêtrer dans sa maladresse. Les Mercedes avec ce bout de numéro de plaque minéralogique se comptent par centaines à New York. Les policiers qui mènent l'enquête viennent le voir par routine. Mais Sherman Mc Coy les reçoit sur la défensive et cela éveille les soupçons des flics. Ensuite, tout s'enchaîne. La victime est un noir du bronx, un brave étudiant et le « coupable » un millionnaire de Wall Street qui l'a écrabouillé avec sa Mercedes et s'est enfui, le laissant sur le carreau. L'occasion est trop belle. L'affaire se transforme en un combat de classes, un combat de races. Et tout le monde va y trouver son compte : le prêtre local, les politiques, les juges, les avocats, tout le monde sauf Sherman Mac Coy qui, humilié dans un monde judiciaire trop féroce pour lui, cherche désespérément une marque de sympathie, un appui parmi tous ces gens qui ne pensent qu'au bénéfice qu'ils pourront tirer d'une affaire si emblématique. Même son avocat le dépouillera en lui faisant croire qu'il va l'aider à s'en sortir…
On s'identifie pleinement à ce personnage parce que l'on n'a aucun mal à se mettre à sa place. N'importe qui, au volant de sa voiture, dans un moment de panique, dans une rue sombre, peut accélérer sans mesurer ni même être conscient des conséquences de ses actes. Et au fil des pages on se souvient de cette gaucherie de la cabine téléphonique du début. On le voit répéter encore et encore les erreurs d'un homme foncièrement bon, empêtré dans une situation qui le dépasse, abandonné par ses proches, criant au secours à sa manière en attendant toujours de voir la fin de ce cauchemar, comme si tout ceci ne pouvait pas vraiment lui survenir, lui le « Maître du monde » comme il aimait à se qualifier au début du livre, lui qui fait gagner des millions à sa banque d'un simple clic de souris d'ordinateur.
Evidemment, tous ces événements personnels vont avoir des conséquences néfastes sur son activité professionnelle. Il va multiplier les erreurs et finalement tout avouer à ses supérieurs avant que le scandale n'éclate, attendant de voir ses « amis », ceux pour qui il a mobilisé tous ses efforts, le réconforter, l'appuyer, lui dire « tu peux compter sur nous ». Mais ces mots ne viendront pas. Et, à l'instar du milieu judiciaire, présenté comme fait d'atomes égoïstes et cruels, son mode professionnel le décevra aussi.
Cette descente aux enfers prend du temps. Il faut tourner beaucoup de pages. D'aucuns diront que c'est trop lent et fermeront le livre. Paradoxalement, pour moi qui ai adoré le livre, cette lenteur m'a aussi été pénible. Et non pas parce qu'il ne se passait rien. Au contraire, il se passait trop de choses ! Et, m'ayant identifié totalement au personnage, j'ai souffert tous ces petits affronts, toutes ces humiliations, ce harcèlement constant des journalistes… Et c'est cette avalanche d'épreuves vécues en même temps par Sherman Mac Coy et par le lecteur qui fait, à mon sens, tout le caractère insoutenable mais magnifique de cette oeuvre.
On a aussi l'impression que Sherman souffre plus que nous ne souffrions nous même confrontés à la même situation. Parce que Sherman Mac Coy cumule les circonstances aggravantes : sa gaucherie, sa situation confortable, son destin qui s'est déroulé jusque là sans accroc et qui ne l'a pas préparé à se battre dans cette jungle impitoyable qu'il découvre dans la situation la plus incommode que l'on puisse imaginer. Il apparait comme le parfait coupable, riche et insouciant, coupable d'un fait qui sera exagéré pour en faire un exemple, pour démontrer qu'un homme blanc et riche ne peut pas impunément écraser un noir pauvre, l'abandonner à son sort, puis s'enfuir en toute impunité, comme si rien ne s'était passé.
Et c'est ce qui est le plus paradoxal et le plus intéressant dans ce livre. C'est au nom de valeurs supérieures d'égalité et de justice que tous ces petits magouilleurs du monde judiciaire, politique, et journalistique le cloueront au pilori, lui qui finalement est le plus innocent, lui qui n'était même pas au volant de cette Mercedes noire, une nuit dans le bronx…

Mon explication du titre :« le bûcher des vanités », traduction littérale de « The bonfire of the vanities ».

Sherman Mac Coy est cloué au pilori, il est brûlé en place publique. À mon sens, ce sont les vanités des acteurs du monde judiciaire, politique et journalistique qui alimentent le feu du bûcher. Cet excellent titre est donc des plus appropriés.

Les plus :

- Descriptions des lieux, des professions vues de l'intérieur, des travers de tel ou tel groupe social (habillement, façon de parler, de se comporter, de penser).
- Descriptions des personnages qui permettent au lecteur de s'y identifier totalement.
- En une phrase, Tom Wolfe résume le paradoxe des situations. Exemple : « Donc, Sherman qui était venu pour virer son avocat lui signa un chèque de 75 000 $ ».
- Beaucoup d'humour, on trouve même une blague !

Les moins :

- Des récapitulatifs de ce qui s'est passé jusque là présentés sous forme d'articles de journaux. Ils alourdissent le récit inutilement.
- Après tant de pages, la répétition des expressions propres à l'auteur que l'on trouvait géniales en début de lecture finissent par lasser.
- Quelques expressions galvaudées. Un problème de traduction ?

Ma note : 10/10 Gros coup de coeur !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          140
Torellion
  01 juin 2016
Sherman McCoy est une de ces traders new-yorkais à qui tout réussit : maître du monde autoproclamé, marié à une décoratrice de renom, père d'une petite Campbell et amant d'une magnifique garce.
Kramer est un assistant du procureur qui rêve de gloire et salaire mirobolant. Il rêve aux maîtres de ce monde, conscient d'être brimé par les circonstances.
Le jour où Sherman et sa maîtresse renverse un noir du Bronx, leur destin à tous deux vont basculer.
Tom Wolfe nous offre un livre puissant, d'une force rare. La vanité exposée au bûcher des medias et de l'opinion publique n'est pas celle qui nous écoeure le plus dans ce livre. Sherman n'est à la limite que méprisable dans sa lâcheté et son arrogance. D'ailleurs, il abandonnera vite cette posture intenable. L'oeuvre de Wolf est une satyre terrible du pouvoir des medias americains, et de l'hypocrisie qui gangrène les milieux politiques et sociaux de la ville.
Écrit avec une rare intelligence, ce livre est un classique de la littérature americaine dont on se remet difficilement, tellement il nous paraît plausible.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          291
Arakasi
  24 juillet 2012
A l'approche de la quarantaine, Sherman Mac Coy est un homme comblé, un grand de ce monde, un « Maitre de l'Univers » ! Il possède tout ce qu'un homme de son âge pourrait désirer : un poste prestigieux dans une banque privée, un appartement obscènement luxueux sur Park Avenue, une femme décorative, une maitresse splendide, une petite fille adorable… Mais un jour, Sherman Mac Coy fait un faux pas et tout déraille. Egaré accidentellement dans le Bronx – cet antre de perdition au sol jonché d'ordures et peuplé de jeunes délinquants assoiffés de sang ! – alors qu'il ramenait sa maitresse de l'aéroport il renverse un jeune noir avec sa mercedes, perd les pédales et prend la fuite sans songer aux conséquences.
Cet accident, somme toute d'une banalité affligeante, déclenchera une suite d'événements aussi dramatiques qu'hilarants qui entraineront le pauvre trader de postes de police en tribunaux sous les hurlements des médias surexcités, jusqu'au l'ignominie finale : le procès.
« le bûcher des vanités » c'est le carnaval des imbéciles, la ronde des médiocres ! Noirs et blancs, américains et britanniques, avocats et journalistes, pauvres et riches, tous se confondent et se mêlent dans le climat d'idiotie et d'hypocrisie ambiant. du procureur imbu de lui-même et obsédé par sa musculature au journaliste veule et alcoolique, il n'y en a pas un pour rattraper les autres. Au milieu de ce zoo hystérique, le personnage principal – financier fat et pathétique mais dépourvu de la moindre étincelle de malveillance – finirait presque par attirer la sympathie.
A travers les mésaventures tragi-comiques de Mac Coy, Tom Wolfe démolit avec un enthousiasme communicatif et aussi peu politiquement correct que possible les grandes institutions américaines : les médias, les finances, la justice… Ce joyeux jeu de massacre est des plus réjouissants ! On rit beaucoup et on ricane encore plus souvent, car si le roman de Wolfe date des années 80, force est de reconnaître qu'il est toujours cruellement d'actualité. En conclusion, un roman satirique férocement drôle qui a bien mérité sa place parmi les piliers de la littérature américaine. Je recommande chaleureusement !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          180
Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
GwordiaGwordia   08 juin 2012
Poe, qui a vécu ses dernières années juste au nord d'ici, je crois, dans une partie de New York qu'on appelle la Bronx... dans un petit cottage avec du lilas et un cerisier... et une femme mourant de tuberculose. C'était un ivrogne, oui, bien sûr, et un psychotique peut-être, mais avec la folie des visions prophétiques. Il a écrit une histoire qui nous dit tout ce que nous avons besoin de savoir sur le moment que nous vivons maintenant... "Le Masque de la Mort Rouge"... Une peste mystérieuse, la Mort Rouge, ravage la contrée. Le prince Prospero - Prince Prospero - même le nom est parfait - le prince Prospero rassemble les meilleurs des gens dans son château avec deux ans de provisions de bouche et d'alcool, et ferme les portes au monde extérieur, contre la virulence de toutes les âmes moins bien nées, et commence un Bal masqué qui doit durer jusqu'à ce que la peste se soit éteinte d'elle-même au-delà des murailles. La fête est sans fin et sans pause et elle a lieu dans sept grands salons, et dans chacun les divertissements sont plus intenses que dans le précédent, et les invités sont attirés, peu à peu, jusqu'au septième, qui est entièrement tendu de noir. Une nuit, dans cette dernière pièce, apparaît un hôte revêtu du costume le plus approprié et le plus horriblement beau que cette assemblée de masques réjouis ait jamais vu. Cet hôte est habillé comme la Mort, mais d'une manière si convaincante que Prospero s'en offense et ordonne qu'on le jette dehors. Mais personne n'ose le toucher, et la tâche revient dont au Prince lui-même, et à l'instant où il touche ce masque terrible, il tombe raide mort, car la Mort Rouge est entrée dans la maison de Prospero... Prospero, mes amis... Maintenant, la partie la plus exquise de cette histoire c'est que les hôtes ont, d'une manière ou d'une autre, toujours su ce qui les attendait dans cette pièce, et pourtant, ils étaient irrémédiablement attirés vers elle, car l'excitation est si intense et le plaisir si débridé, et les vêtements, et la nourriture, et les boissons, et la chair si somptueux - et c'est tout ce qu'ils ont. Familles, maisons, enfants, la grande chaîne de l'être, l'éternelle marée des chromosomes ne signifie plus rien pour eux. Ils sont liés entre eux, et ils se tournent autour, sans fin, particules d'un atome maudit - et que pourrait bien être la Mort Rouge, sinon une sorte d'ultime stimulation, le nec plus ultra ? Donc, Poe a été assez gentil de nous écrire le dénouement il y a plus de cent ans.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110
LuniverLuniver   20 février 2016
Sherman contempla à nouveau la cheminée... les punaises... Lopwitz avait utilisé la cheminée pendant environ deux mois, puis plus jamais. Un jour, assis à son bureau il avait souffert d'un démangeaison intense. Sur le côté de sa fesse gauche. Il avait des fiers petits points rouges... Des morsures de punaise... La seule déduction plausible était que des punaises s'étaient débrouillées pour grimper jusqu'au cinquantième étage, jusqu'à l'étage suprême des obligations de Pierce & Pierce, dans un chargement de bois pour la cheminée et avait piqué le baron au derrière. Sur le chenets de cuivre, désormais, était posée une sélection soigneusement étudiée de bûches de bois dur du Hampshire, sculpturalement parfaites, parfaitement propres, complètement aseptisées, enduites de suffisamment d'insecticide pour vider une bananeraie de tout ce qui bouge, installées pour une éternité, destinées à ne jamais être allumées.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
CharlemenCharlemen   31 janvier 2013
Et à cet instant, Sherman fit la terrible découverte que les hommes font sur leur père, tôt ou tard. Pour la première fois, il se rendit compte que l'homme en face de lui n'était pas un père vieillissant, mais un garçon, un garçon comme lui-même, un garçon qui avait grandi et avait eu un enfant à lui et qui, de son mieux, par sens du devoir et, peut-être, par amour, avait adopté un rôle appelé Etre un père pour que cet enfant possède quelque chose de mythique et d'infiniment important : un Protecteur, qui garderait un oeil sur toutes les possibilités chaotiques et catastrophiques de la vie. Et voilà que ce garçon, ce grand acteur, avait vieilli, était devenu fragile et épuisé, plus las que jamais à la pensée de devoir remettre l'armure du Protecteur sur son dos, maintenant, si près de sa fin.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
TorellionTorellion   29 mai 2016
Tant que Sherman tenait la main de sa fille et la menait à son arrêt de bus, il se sentait parcelle de la grâce divine. C'était un état sublime et ça ne coûtait pas très cher.
Commenter  J’apprécie          140
TorellionTorellion   01 juin 2016
Ne vous retrouvez jamais pris dans le système de la justice américaine. Dès que vous êtes pris dans la machinerie, juste la machinerie, vous avez perdu. La seule question qui demeure, c'est combien vous allez perdre.
Commenter  J’apprécie          110
Videos de Tom Wolfe (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Tom Wolfe
Les années 1960 comme si vous y étiez !
Superstars charismatiques à la gloire éternelle, excentriques géniaux tombés dans l'oubli, figures emblématiques des années 1960, tous réunis au générique de ces éblouissantes chroniques d'Amérique et d'ailleurs mises en scène par Tom Wolfe. Un monde est en train de naître et de s'inventer dont il est l'observateur privilégié, un monde flamboyant et délirant auquel il donne ses lettres de noblesse littéraires, dont il révèle la syntaxe et la psyché pour nous offrir un voyage fascinant au coeur de la contre-culture.
Où nous trouver ? Facebook : https://www.facebook.com/rlaffont Twitter : https://twitter.com/robert_laffont Instagram : https://instagram.com/robert_laffont/ Pinterest : https://fr.pinterest.com/robertlaffont/
+ Lire la suite
autres livres classés : new yorkVoir plus
Acheter ce livre sur

AmazonFnacPriceministerLeslibraires.frGoogle





Quiz Voir plus

Le Bûcher des vanités

Tout au début du roman, la scène d'ouverture :

Maria fait du shopping
Sherman sort promener son chien
Sherman et Maria rentrent de l'aéroport en voiture

15 questions
16 lecteurs ont répondu
Thème : Tom WolfeCréer un quiz sur ce livre
. .