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Maurice Edgar Coindreau (Autre)
ISBN : 2070368254
Éditeur : Gallimard (26/09/1973)

Note moyenne : 3.75/5 (sur 351 notes)
Résumé :
Publication VO : 1925. Traduction française sous le même titre : 1928.

Ils durent changer de train à Manhattan Transfer. Ellen avait un gant neuf, en chevreau, dont le pouce avait craqué, et elle ne cessait de le frotter nerveusement avec l'index. John portait un imperméable à martingale et un chapeau mou gris rosâtre. Quand il se tourna vers elle, en souriant, elle ne put s'empêcher de détourner les yeux et de fixer la pluie qui miroitait sur les rai... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (35) Voir plus Ajouter une critique
Nastasia-B
  20 juillet 2013
Le titre " Manhattan Transfer " évoque une correspondance, un noeud ferroviaire, un aiguillage, un carrefour, un hall bourdonnant comme une gare, à la croisée de tous les chemins, où des millions de gens se croisent, se côtoient et s'oublient, enfermés dans leur vie, ignorant le reste, rêvant d'avenir et de réussite.
Ce titre évoque aussi le flot des émigrants, posant le pied en Amérique via New-York, tel un tremplin, où certains resteront, où beaucoup iront vadrouiller ailleurs, toujours l'espoir au ventre de réussir leur toute petite vie dans cette immense Babel de cet immense pays. Une vie où tout est possible, en bien comme en mal, une ville où tous les coups sont permis. Certains sortiront du lot, d'autres seront engloutis par la masse grouillante.
Dans la première partie (le livre en compte trois), par son écriture faite de simples tableaux esquissés, sortes de mini-nouvelles accolées les unes aux autres, Dos Passos reprend à son compte la technique de Joyce dans Dubliners (Gens de Dublin) et essaie de nous faire ressentir l'ambiance, l'atmosphère de New-York dans les années 1890 à 1900, son ébullition, ses travers, la foule des anonymes qui s'y presse.
C'est une écriture impressionniste, toute faite de touches, avec, en retour, ce petit inconvénient que l'on n'a pas le temps de s'attacher aux personnages qui défilent, un peu au rythme des publicités sur un panneau tournant.
Par la suite, après nous avoir fait suivre en pointillés plusieurs personnages, parfois sur plusieurs années, Dos Passos les fait interagir entre eux dans les deuxième (1910-1915) et troisième (1918-1920) parties, tantôt directement, tantôt via des intermédiaires.
L'auteur se contente de nous faire vivre très vite (à l'image de la vie dans cette ville) certains épisodes marquants de la vie de ses personnages : Ellen l'actrice, Jimmy le journaliste, Gus le politicien, George l'avocat, Congo le tenancier de bar (qui tombera par hasard sur la mine d'or de la prohibition).
Quant au propos, il n'est pas des plus flatteurs pour New York, comparée à une grosse ruche bourdonnante tellement brillante qu'elle attire tous les papillons de nuits et dont nombre d'entre eux se brûleront les ailes, avec tous leurs espoirs tombés dans le caniveau. Nouvelle Babylone, qui attirera probablement bientôt les foudres divines par ses excès en tous genres et dont finalement, le salut semble la fuite.
C'est une critique acerbe de la société du " tout argent ", un peu comme dans Gatsby le Magnifique, et où l'ennui est au bout de chaque rue semée de gratte-ciels déshumanisants, car nous faisant tous ressembler à de minuscules nabots anonymes...
Si vous aimez les recueils de nouvelles, vous adorerez Manhattan Transfer, si vous préférez vous attacher, vous identifier à un même protagoniste dans un milieu donné, un peu à la façon de la famille Joad dans Les Raisins de la Colère ou dans la tradition française des Balzac ou Zola, vous risquez d'être un peu déçu par le picorage superficiel de Dos Passos (attention, je n'ai pas dit que le livre était superficiel), plus destiné à faire ressentir qu'à livrer une formule toute faite et bien huilée.
Pour ma part, j'hésite entre 4 et 5 étoiles, 4 parce qu'il m'a manqué quelques points d'accroche, 5 parce que dans son style, c'est vraiment bien fait, mais ceci n'est que pure subjectivité, idiosyncrasie, tout ce que vous voudrez, enfin juste mon tout petit avis, autant dire, pas grand-chose.
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Merik
  01 mars 2018
Manhattan Transfer, la foule américaine y est grouillante et anonyme, en transit. Ça n'est pourtant qu'à quelques uns de ses contemporains que s'intéresse John Dos Passos au fil de cette fresque aux allures de patchwork de vies urbaines, de mosaïque d'histoires citadines, de puzzle de scènettes humaines.
Ils sont une vingtaine, aux conditions sociales variées, débarqués là parfois via le port. De l'avocat au laitier en passant par l'actrice Ellen ou Jimmy le journaliste, le panel de ces bribes de vies est hétéroclite. On les voit en quête d'argent, d'amour, de boisson ou de travail, leurs petites histoires se tissant parfois pour constituer un ensemble plus lisible dans la Grande, la prohibition ou l'avant et l'après 14-18.
Mais si les personnages sont identifiés, le regard porté sur eux se veut neutre et objectif, on pense à une caméra en ville qui les capterait au hasard de leurs discussions, leurs déplacements ou leurs histoires. Ici pas vraiment de psychologie explicite, plutôt des faits, des dialogues (incisifs) ou des descriptions. Pourtant le profil des personnages ne manque pas de prendre du relief au fil d'un temps en ellipse, dilaté sur près de 30 ans, où l'on peut très bien retrouver l'un d'entre eux de retour de guerre quelques années plus tard, ou un autre prêt à se marier après nous avoir quitté enfant quelque chapitre plus tôt. Des personnages qui finissent par se mêler et s'emmêler, pour former l'écheveau d'une narration libre (et heureusement chronologique).
L'espace quant à lui y est immuable. Tout se passe dans cette ville américaine métallique, bruyante et poussiéreuse, rendue omniprésente par des descriptions récurrentes :« Dans la lourde chaleur, les rues, les magasins, les gens endimanchés, les chapeaux de paille, les ombrelles, les tramways, les taxis surgissaient, l'environnaient d'étincelles, l'effleuraient d'éclairs tranchants, comme si elle eût marché parmi des coupures de métal. Elle se frayait un chemin à travers une inextricable mêlée de bruits, rugueux et tranchants, en dents de scie.».
Pour autant, la ville ne semble pas être le personnage principal à elle seule, sans les êtres humains qui la composent, la font, la quittent ou la retrouvent, dont elle voit les générations se succéder : «Si j'ai mon enfant, l'enfant de Stan, il grandira pour être cahoté lui aussi le long de la 7ème avenue, sous un ciel en fer battu d'où la neige ne tombe jamais, et il regardera aussi les fruiteries, les enseignes, les maisons en construction, les camions, les femmes, les petits commissionnaires, les policemen...».
Les êtres se succèdent et la métropole reste, un siècle plus tard on n'a pas trop de mal à reconnaître New-York, ville d'acier et de lumière qui attire ou rejette, engloutit et oppresse. La description qu'en fait Dos Passos est invariablement sombre, sinistre, avec une succession d'incendies, de meurtres ou de suicides en arrière-plan.
Ce roman de 1925 est pour le moins édifiant dans sa construction en forme de mosaïque. Avec un côté moderne, intemporel. Un air d'évidence aussi, un je ne sais quoi de « mais oui bien sûr », comme on pourrait se dire d'un grand roman. Une première lecture qui m'a captivé, malgré les efforts d'attention qu'elle m'a demandé par moments... Et qui appelle sûrement à une seconde, pour une meilleure appréhension.
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Alzie
  28 mai 2014
Manhattan Transfer, édité en 1925, traduit et publié par Gallimard en 1928, offre en première lecture, tous les plaisirs et toutes les inquiétudes propres à un dépaysement littéraire complet et réussi, pourvu que l'on consente tout simplement à s'y abandonner. L'écriture puissante, éminemment suggestive, de Dos Passos donne à cet imbroglio urbanistique et humain une énergie considérable d'où émerge un processus narratif aussi inattendu que surprenant, qui fait oublier toutes références à des formes romanesques familières ou prévisibles. Une expérience unique qui pourrait seulement désarçonner s'il n'y avait aussi, à la clé, la découverte vibrante et l'aventure irrésistible d'une ville, New-York, de Manhattan en particulier.
Tout commence avec une maternité où deux enfants naissent le même jour et l'arrivée concomitante, du nord de l'Etat, d'un homme qui fuit sa cambrousse et cherche le chemin le plus court pour rejoindre Broadway. Le lecteur est immédiatement "au parfum" : juxtapositions de vies éparses, addition de récits, qui ne vont cesser de se construire en se croisant ou proliférer isolément jusqu’à la fin du roman et qui peuvent sembler décousus. La crainte de s'y perdre cède bientôt devant le désir de s’y fondre. Magie d'un voyage dans un flux de dialogues dont la langue est tout sauf léchée, voilà à quoi nous convie Dos Pasos. Manhattan Transfer, c’est la transhumance des peuples déclinée en mouvances singulières et multiples, souvent incertaines, imbriquées les unes dans les autres, comme autant de contributions solidaires à l'édification collective d'une ville. Symbiose entre celle-ci et l'ensemble de ceux qu'on y rencontre : la famille d'Ed Thatcher ; Bud et ses déboires d’ouvrier agricole ; Gus Mac Neil, le laitier à l'ascension sociale et politique fulgurante, sa femme Nellie ; l’avocat Baldwin ; Stan Emery un peu déjanté ; Jeff et Emily qui ont recueilli Jimmy à la mort de Lily Herf sa mère ; Jojo. On y parle de théâtre avec Ellen et de journalisme avec Jimmy ; de trafics avec Congo Jake et Emile ; de Wall Street et de Joe Harland ; de Ruth et Cassie et de bien d’autres que j’oublie. Peu importe leur psychologie, les voir, les entendre et les suivre au rythme où ils vont suffit à notre compréhension.

C'est en hélant un taxi ou au croisement d'une rue, au hasard des carrefours, des blocks et des avenues, des quais de débarquement, dans des cafés pouilleux, des restaurants plus chics ou des drugstores pimpants, qu'ils se rencontrent. Des faits divers, incendies (nombreux) ou accidents de la circulation, suicides, renversent les parcours. Au hasard d’embauches ou de grèves, de licenciements, de trafics illicites, de réussites spectaculaires et d'infortunes, de séparations, mariages ou de divorces, leurs vies se font et se défont, parfois poignantes jamais désespérantes. Ils boivent pas mal, fument beaucoup, s'empoignent, s'écroulent, s'aiment et se haïssent, s'invectivent et s'épuisent en parcourant Manhattan qu'ils inventent à leur tour. Car le personnage principal de cette fresque exubérante, c'est sans doute elle, cette île de Manhattan. Ici commence l'Amérique en 1928, à cet endroit exact où l'écartement des rails doit s'adapter à ceux du continent. Manhattan qui prête ses paysages urbains bruyants, ses infrastructures et son architecture au formidable défilé d'images et de situations, autant d'instantanés de ce direct socio-historique en forme littéraire. A la façon des mouvements d’une caméra, a-t-on dit, en plans successifs, portraits rapides et incisifs, descriptions, impressions fugitives. Transports. Départs. Allers-Retours. Mais aussi, ciels et intempéries, horizons dégagés ou obscurcis, saisons, sensations, odeurs et humeurs de la ville, lumières naturelle ou artificielle, affiches et enseignes, enrichissent page après page le gigantesque tableau qui se peint sous les yeux.
Ils sont tous migrants ou descendants de migrants et issus des milieux sociaux les plus divers, ce qui pourrait constituer leur dénominateur commun. L'idée de la réussite les taraude, pour certains, mais ils sont plus souvent préoccupés par leur survie alimentaire quotidienne. Roman social - ou roman d'une édification sociale plutôt, publié peu avant la première grande crise financière capitaliste mondiale - qui n'assène jamais de vérités mais qui prétend montrer la réalité sans fard. Des vies s'entremêlant sans qu'aucun dénouement ne prévale sur l’autre. Rien n'est affecté, tout est en mouvement, en train de se faire. Le melting-pot américain trouve ici son terreau d'origine, tandis que Manhattan est en train de se construire : tour après tour, sans que l'on sache si c'est l'histoire de ces migrants qui fait Manhattan ou Manhattan qui fait leur histoire. Le tempo historique et politique n'est pas absent de cet espace. Du coup d'Agadir à Sarajevo (de leurs conséquences boursières sur Wall Street) dont les conversations se font l'écho lointain, c'est la guerre en Europe - il y a bien un avant et un après 14/18 - qui structure la composition du texte en trois parties. Un fragment allusif couronne et illustre chaque chapitre, en scansion régulière, rapprochant les foules humaines industrieuses, l'architecture, la fragilité des hommes et de leurs civilisations urbaines, en morceaux quelquefois poétiques, journalistiques ou musicaux.
L'oeuvre s'achève ainsi sur l'évocation de Ninive, et sur un nouveau départ de Jimmy, sans but ni destination précis.
Cinq étoiles très méritées... Respect comme on dit.



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harvard
  12 février 2016
Imaginons une grosse pomme que Dos Passos tente de broyer dans un mixer vertigineux où fulgurent les lignes de fuites du pont de Brooklyn, le vacarme des steamers, l'irrisation multipliée des néons sous la pluie, la valse des affiches d'un new street art, les bruits chaotiques d'une ville bourdonnante, verticale, insomniaque, les sourdes rumeurs de la première guerre mondiale, Ellis Island, la poésie fugace et colorée des rails de métro et des jardins, des eaux lourdes de l'Hudson.... New York ville spectacle et ville refuge, pétaudière des temps modernes de Chaplin, de tous les voyages, tous les trafics, démesurée, hypertrophiée dans son luxe et sa misère, que traversent un journaliste, un marin, une comédienne, un avocat.... attirés par le fric, la violence, la couleur des rêves, ce rêve américain qui rassemble tous les continents épris de liberté, d'un nouveau monde.
Dos Passos par la technique du collage a fait de cette ruche de béton une grandiose symphonie où se tissent, d'entrelassent des vies fugitives, émiettées, disparates, fauchées ou mondaines et tellement incertaines. Chacun veut sa part de bonheur distribué à la va comme je te pousse, donne moi la salade, je te donne la rhubarbe.
Ce livre donne le tournis, roman où les humbles fleurs de rue, les couleurs du ciel brouillees, l'éclat du fleuve, rythment l'immense cacophonie de ces vies qui veulent vivre, qui réclament leur place au soleil, avec les grèves syndicales, les petits arrangement, l'art de la débrouille de Congo le pauvre marin noir devenu sur le tard un magnat New yorkais. En somme Dos Passos déplie dans un miroir la multitude et le grandiose désordre d'une ville démesurée dont il orchestre à la Berstein le bruit et la fureur, et en contre point, par fragments, distille la solitude existentielle des Nighthawks telle que l'a captée Edward Hopper. Il est difficile de faire plus americain que ce roman de Dos Passos.
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Myriam3
  09 mai 2014
New York sur plusieurs décennies. Ce roman publié en 1925 retrace la vie de plusieurs personnages de différentes classes sociales, dont certains fraîchement débarqués à Ellis Island à l'époque de la prohibition. On suit les personnages qui grandissent, évoluent au coeur de Manhattan au début du vingtième siècle alors que la ville se développe, se modernise et accueille toujours autant d'immigrés. Ce livre se veut une critique de la société de cette époque.
Manhattan Transfer évoque cette photographie célèbre, "Déjeuner en haut d'un gratte-ciel" et est dans la lignée du rêve américain.
Bien qu'étant assez dense et malgré quelques longs passages descriptifs, on a envie de suivre ces personnages attachants et complexes.
De plus, chaque chapitre est introduit d'un petit incipit qui n'a pas de relation avec l'histoire mais qui est comme un instantané de Manhattan de cette époque. D'ailleurs, ses romans sont qualifiés de "littérature cinématographique". Industrialisation, modernisation, urbanisation, tels sont les mots-clés de ces petits textes.
Manhattan Transfer peut être considéré comme un livre précurseur de la littérature moderne américaine, par les thèmes qu'il véhicule mais surtout par son écriture à la fois descriptive et reflet des pensées et émotions des personnages.
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Citations et extraits (71) Voir plus Ajouter une citation
Romain28Romain28   10 juin 2018
Il allait par la ville aux fenêtres resplendissantes, la ville aux alphabets bouleversés. ( p 441)
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Romain28Romain28   10 juin 2018
De très loin à travers des rues , des murs de maisons, le long gémissement d'un sifflet de bateau parvint jusqu’à elle comme une touffe d'herbe se fraie un chemin dans le gravier ( p 301)
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Romain28Romain28   10 juin 2018
Le signal d'alarme de l'autre coté de la rue avait sonné toute la nuit. le sommeil de Jimmy s' y était enfilé en nœuds durs comme des perles sur un fil ( p 216)
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Romain28Romain28   10 juin 2018
La salle de bains sentait la pâte dentifrice d'autrui ( p 217)
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jmlire92jmlire92   03 juin 2018
 Ils remontaient lentement la 2è Avenue par un soir de brouillard. Il a les cheveux roux, une figure de juif, fine, aux joues enfoncées et à la peau blafarde. Il a les jambes arquées des tailleurs. Les souliers d'Anna sont trop petits pour elle. Sous les yeux elle a de grands cernes. Le brouillard est plein de passants qui parlent yiddish, russe, anglais avec l'accent juif. De chauds courants de lumière sortent des charcuteries et des débits de boissons non alcooliques, et font ressortir le pavé miroitant.

   " Si je n'étais pas toujours  fatiguée, murmura Anna.

   - Allons prendre quelque chose... Un verre de lait caillé te fera du bien, Anna.

   - Ça ne ma dit rien, Elmer. Je prendrai un soda au chocolat.

   - C'est le meilleur moyen de te donner mal au cœur, mais si tu y tiens... ( Elle s'assit sur l'étroit tabouret cerclé de nichel. Il resta debout près d'elle. Elle s'appuya légèrement contre lui. ) Le plus grand défaut, chez nous autres travailleurs...( il parlait d'une voix basse, impersonnelle...) Le plus grand défaut est que nous ne savons rien, nous ne savons pas manger, nous ne savons pas vivre, nous ne savons pas comment défendre nos droits... Bon Dieu, Anna, je voudrais bien que tu réfléchisses à ces chose-là. Ne vois-tu pas que nous sommes en pleine bataille, comme pendant la guerre ?"

   De sa longue cuiller collante, Anna pêchait des bouts de glace dans le liquide épais et mousseux de son verre.
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Video de John Dos Passos (2) Voir plusAjouter une vidéo

John Dos Passos
Rencontre chez lui, dans sa maison de Spence's Point en Virginie, un an avant sa mort, avec le romancier américainJohn DOS PASSOS, l'un des chefs de file de la "génération perdue".Rencontre croisée avec son traducteur Maurice Edgar COINDREAU qui s'exprime sur la personnalité de l'écrivain, sa situation de fils naturel et d'homme rebelle.Dans un premier temps, John DOS PASSOS répond, en...
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