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ISBN : 2742763015
Éditeur : Actes Sud (04/10/2006)

Note moyenne : 3.9/5 (sur 140 notes)
Résumé :
Elle a seize ans, elle vient de mourir. Allongée sur un tatami, elle voit deux hommes arriver et offrir de l'argent à ses parents. Par-delà la mort, elle observe alors ce qu'il advient de son corps vendu à la science.
Eichi et Sone se retrouvent par hasard. Voisins dans l'enfance, ils vivaient près d'un cimetière ouvert à tout vent, un fantastique terrain de jeux où ils faisaient parfois de terrifiantes découvertes. Mais Sone a déménagé à la mort de son père ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (39) Voir plus Ajouter une critique
Annette55
  30 janvier 2019
Meiko a seize ans, elle vient de mourir d'une pneumonie .
Sa mére, qui peint des masques blancs vend le cadavre à l'hôpital en échange d'une rémunération afin de ne pas payer l'inhumation.....
Allongée sur le tatami elle nous conte de l'intérieur avec une extraordinaire acuité , par -delà la mort , ce qu'il advient de son corps , ses sensations intimes , son ouïe pure et pénétrante, sa gêne et son ennui, sa douleur eu égard à l'attitude de sa mére et à la soumission abêtissante de son pére .....
Elle observe les fragments de ce corps éparpillé aux quatre coins de la salle d'autopsie, perçoit la lueur dans les regards , " La pureté d'une goutte d'eau sur le ventre d'une araignée tissant sa toile dans un coin ...."
Sa vue et son ouïe lui ouvrent toujours la porte des vivants : son corps découpé, dépecé, vidé, devenu étrangement léger, décomposé , étudié par divers étudiants médecins, ravalé à un encombrant sujet d'étude pour ceux- ci et objet sans importance pour la mére .
Son esprit aiguisé veille " Il y aura toujours une part de nous qui ne meure jamais."
Elle assiste avec une conscience exacerbée à la démantibulation et la déchéance de son corps .
Elle trouvera le repos au coeur des Ténébres profondes de la Chapelle , au sein d'autres urnes blanches , ses cendres plongées dans le silence et le repos éternel .
La mort , "thème" central de ces deux nouvelles ( la 2eme m' a moins intéressée ) est traité d'une maniére étonnamment moderne et délicate ( hormis certaines descriptions ) .
L'auteur décortique, retranscrit les émotions , la complexité de l'âme humaine avec une précision glaçante, poétique, une justesse dépaysante , déroutante et fascinante , une lucidité effarante ...
L'écriture fait écho à l'étrangeté de l'univers de l'auteur .
Elle est neutre, objective, froide, acérée , jamais morbide ou sinistre, pure, coupante, semblable à des lamelles brillantes découpées finement au scalpel . .....
" A partir du moment où ma respiration s'est arrêtée, j'ai soudain été enveloppée d'air pur,------ Je me sentais aussi fraîche que si l'on m'avait baigné le corps tout entier dans une eau limpide et pure--------Je m'apercevais que mes sens étaient tellement affûtés que c'en était étrange ".....

Les écrivains japonais sont étonnants !
La première de couverture fascine, attire , questionne ?


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Shan_Ze
  03 décembre 2017
Deux nouvelles dans ce livre d'Akira Yoshimura. Dans la première, celle qui porte le titre, on lit les pensées d'une jeune fille de seize ans qui vient de mourir et dont le corps est vendu par les parents à un laboratoire. Ses pensées sont assez neutres racontent d'ailleurs une vie guère reluisante et ce qu'il advient de son corps. Les descriptions sont difficiles à suivre, du dégoût, peu de finesse, ce n'est plus qu'un corps vide. Texte glaçant, tant dans la description des sentiments des personnages que dans celle de la dissection du corps.
Dans la seconde nouvelle, le sourire des pierres, Eichi et Sone, anciens camarades, se retrouvent. Après avoir ramassé ensemble des pierres sacrées dans un cimetière, Sone emménage avec Eichi et sa soeur. La présence de Sone dérange de façon troublante Eichi. Cette histoire a aussi pour thème la mort, qui semble entouré le jeune Sone. La fin laisse un goût amer…
Akira Yoshimura prend plaisir à raconter des histoires réalistes, très noires sur les sentiments humains déplaisants. Il m'avait déjà remué avec le convoi de l'eau, avec celui-ci, il confirme mon intérêt pour lui mais… à consommer avec modération pour ne pas déprimer…
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kuroineko
  21 avril 2013
Première incursion dans l'univers de Yoshimura Akira, attirée par la beauté troublante et un peu dérangeante de la couverture.
La jeune fille en question vient de mourir à l'âge de 16 ans, sans avoir eu le temps de vivre sa vie. Pourtant, son esprit reste éveillé et ressent tout ce qui lui arrive.
Sa mère, sempiternellement penchée sur la peinture de masque, vend le cadavre à un hôpital. Elle fait ainsi d'une pierre, deux coups: elle se débarrasse du corps sans avoir à organiser de coûteuses funérailles et gagne de l'argent sur la dépouille de sa fille unique. Personnage des plus sympathiques, n'est-ce pas?
Suit ensuite une longue dissection de la jeune fille. Yoshimura n'épargne au lecteur aucune description de ce que subit le corps physique dans les mains de chercheurs ou d'étudiants en médecine. Si la douleur physique a disparu avec le décès, il n'en reste pas moins une constante perte de l'humanité. Tout au long de la nouvelle, le corps est ravalé à un banal objet: encombrant pour la mère, sujet d'étude pour les médecins.
Seule la réduction en cendres de ses restes, une fois ôté tout ce qui pouvait être utilisé, permettra à la jeune fille suppliciée de trouver le repos des urnes, sinon le néant, rangée sur l'étagère au milieu de ses congénères.
Malgré le sujet somme toute morbide de son texte, Yoshimura évite tous les écueils par le recours à une écriture neutre et objective et à un ton assez froid. Son pinceau a la précision des scalpels des médecins de sa nouvelle.
Il offre au lecteur une vision de la mort où celle-ci n'est pas la fin de tout mais le début d'une lente agonie de l'âme.
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le_Bison
  05 mars 2012
Elle vient de mourir. A peine 16 ans, une vie mal entamée, une maladie aussi soudaine qu'expéditive lui ôte son dernier souffle.
Sa mère, qui ne veut pas travailler, occupe son temps à peindre des masques. La misérable vend le corps à peine refroidi de sa propre fille, sa seule fille, à l'hôpital du coin.
Akira Yoshimura, avec un certain détachement, et beaucoup de détails parfois à la limite du supportable, nous entraîne sur des chemins que je n'osais même pas imaginer. Toute vie a abandonné ce joli corps de jeune femme. Pourtant, son esprit demeure et assiste, sans souffrance, mais avec une conscience exacerbée, à la lente déchéance de son propre corps, à sa mutilation lente et réglée. On voudrait qu'il se produise quelque chose, que ce cadavre dont l'humanité échappe à tous, sauf au lecteur, se réveille, reprenne vie...
Une nouvelle fois, Yoshimura m'aura entraîné au plus près de la misère humaine, la plus banale, la plus commune. Ici, la mort s'empare d'un jeune être. Ce corps, cette enveloppe charnelle ne représentent plus rien, à peine un sujet d'expérience ou de formation pour les étudiants en médecine. C'est dans l'ordre des choses, dans l'ordre de la vie.
Ému par cette lecture, je réalise l'impermanence de notre vie dans ce monde : sujets à la mort, sujets au passage, à la brièveté. Mais sujets aussi à l'oubli... comme « La Jeune Fille Suppliciée sur une Étagère »...
Dans « le Sourire des Pierres », seconde nouvelle du bouquin, la mort revient, hante le récit, sous tous ses visages, brutal ou banal.
La mort prend même une telle emprise sur le jeune Sone qu'elle devient sa raison d'être. Pire encore. Sone prend le contrôle de la vie des autres, ceux qui en souffrance laissent leur vie glisser, glisser.
Il les entraîne au bout du chemin, toujours le même.
Ce même chemin que Sone a parcouru une fois de trop, dans ce cimetière où il jouait pendant son enfance avec son ami Eichi.
Lien : http://leranchsansnom.free.fr/
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malou3112
  12 septembre 2014
Novices en littérature japonaise, réticents à l'idée de tomber sur des descriptions interminables de cerisiers en fleurs et de reflexions philosophiques en bambou zen, sachez qu'il n'en est rien dans ce tout petit livre de nouvelles d'Yoshimura Akira.




Une première pour moi dans le monde de la littérature japonaise ; une rencontre avec un style d'écriture très riche, aux termes parfaitement choisis et à la traduction très réussie.

La 1ère nouvelle nous transporte dans le corps d'une jeune fille et nous fait vivre et ressentir tout ce qu'il va subir. Sa position est à la fois en dehors de et dans son corps. C'est donc, en quelque sorte son âme qui nous parle.

Ce jeune et joli corps - de son cerveau, aux organes, de ses veines à sa peau - sera ouvert, découpé, dépossédé de son contenu, coloré par des produits, objet de travail pour de jeunes médecins en apprentissage. Voilà précisément ce à quoi sont destinés les corps légués à la science. L'écriture d'Akira Yoshimura nous ouvre cette porte de mystère, avec une extrême finesse et un réalisme parfait. On frémit en s'imaginant certains actes, mais l'auteur a l'immense mérite de ne jamais franchir la frontière du dégoutant ou du choquant ; ce qui m'aurait amené à fermer ce livre, ce qui ne fut pas le cas, bien au contraire, moi, petite âme sensible, je fus captivée.

En parallèle de cette partie de la nouvelle dédiée au devenir du corps, l'auteur nous livre également tout un pan de culture japonaise, teintée de pauvreté, d'inexpressivité des émotions, où la rigueur et la dignité prônent au détriment de l'amour et de la compassion. Les parents de la jeune fille, leurs réactions face à la mort de leur fille, puis le rapport monétaire qui s'y substitue, sont tout autant déstabilisants. Mais le contexte culturel étant incroyablement bien posé par l'auteur, on ne porte pas de jugement, on ne les comprend pas non plus, on les observe. La jeune fille elle-même, en s'attribuant une part de responsabilité dans sa propre mort (dûe à'une maladie foudroyante), en culpabilisant des conséquences morales et financières de sa mort sur la situation de ses parents, nous offre une manière autre de se remettre en question, à mille lieux de nos comportements et de nos valeurs d'européens.

La deuxième nouvelle « le sourire des pierres » n'a aucun lien, ni thématique en commun avec la première. Il s'agit, comme le résumé l'indique, de retrouvailles de deux jeunes garçons, dont un à la personnalité étrange. Celui-ci a pour première occupation de voler des statuettes mortuaires dans les cimetières, pour les revendre. Sa deuxième raison de vivre est celle d'être aimer jusqu'à l'extrème, également par le biais, parfois, de ces statuettes. Dans ce texte – probablement trop subjuguée par la première nouvelle – je n'ai pas retrouvé la finesse des mots de l'auteur, ni le réalisme des descriptions. Mais les personnalités des deux garçons et de leur entourage et les images de la culture japonaise décrites par l'auteur restent captivantes. Nous rencontrons dans cette nouvelle, Sone, un jeune homme extrêmement malin, macabre et manipulateur.

Prenez le temps de le lire et de découvrir cet auteur….et continuez donc votre chemin avec un autre tout petit livre d'un autre auteur japonais…. "Sommeil " de d'Haruki Murakami.
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
Shan_ZeShan_Ze   03 décembre 2017
Au milieu de la pièce, plusieurs statuettes bouddhiques étaient alignées, recouvertes de tissu violet, et l'une d'elles, inexpressive, était tombée à la renverse sur les tatamis. Certainement qu'il y en avait beaucoup d'autres à l'intérieur des coffres empilés contre le mur.
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SeriallectriceSVSeriallectriceSV   10 avril 2017
La couleur du feu était éclatante et belle.
Les flammes, dont la couleur était simple au départ, se mirent à dessiner toutes sortes de motifs colorés dès qu'elles s'attaquèrent à mon corps. Était-ce la graisse qui brûlait ? Des flammèches d'un jaune clair et éblouissants'élevaient et des crépitements se produisaient de temps à autre, tandis que de petits éclairs dorés s'éparpillaient alentour.
La couleur des flammes était variée. De mes s s'élevaient dans un chuintement des flammèches fugitives d'un bleu presque transparent, tandis qu'autour de moi tourbillonnaient en scintillant de splendides flammes vertes, rouges, bleues ou jaunes, qui se mêlaient confusément.
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EleusisEleusis   26 septembre 2015
Alors que mon regard, curieusement, était limité aux parois du cercueil et plus loin à la carrosserie de la voiture, le spectacle de l’impasse mouillée par la pluie, étrangement clair, me semblait frais et transparent, comme vu à travers les parois d’un aquarium dont on aurait tout juste changé l’eau.
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Annette55Annette55   30 janvier 2019
"Mes cendres étaient plongées dans le silence.
Etait- ce la tranquillité de la mort?
Je sentais que j'avais enfin réussi à trouver le repos ."
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YukoYuko   21 novembre 2013
A partir du moment où ma respiration s'est arrêtée, j'ai soudain été enveloppée d'air pur, comme si la brume épaisse qui flottait alentour venait de se dissiper pour un temps.
Je me sentais aussi fraîche que si l'on m'avait baignée le corps tout entier dans une eau limpide et pure.
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Videos de Akira Yoshimura (3) Voir plusAjouter une vidéo
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