AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio

Yutaka Makino (Traducteur)
EAN : 9782742771509
173 pages
Actes Sud (19/01/2009)
4.03/5   448 notes
Résumé :
Un homme étrange s'est engagé au sein d'une équipe chargée de construire un barrage en haute montagne. Perdu dans la brume, tout au fond d'une vallée mal connue et difficilement accessible, se révèlent les contours d'un hameau. Les travaux ne sont pas remis en question par cette découverte : le village sera englouti sous les eaux.

Au cours du terrible chantier, alors que la dynamite éventre la montagne et ébranle les maisons, le destin du narrateur en... >Voir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura
Critiques, Analyses et Avis (120) Voir plus Ajouter une critique
4,03

sur 448 notes

Bookycooky
  20 mai 2019
Un personnage étrange, le narrateur, une vallée mystérieuse, difficile d'accès, perdue dans la brume quelque part au Japon.
Il est sorti de peu de prison et s'est engagé dans un chantier de construction d'un barrage dans cette dite vallée, où vivent des hommes dans un hameau isolé de toute civilisation. Une vallée qui avec son calme et son humidité considérable lui rappelle les quatre murs de sa prison et son passé peu reluisant. Bien qu'ayant une mystérieuse fascination pour la lumière, qu'il éprouve depuis l'enfance et qui lui donne la sensation réelle de paix, paradoxalement, dans cette vallée sans cesse noyée sous la pluie ou le brouillard, il s'y trouve bien. La suite le renforcera, liant son destin à celui du hameau condamné.
Alors que les travaux commencent, s'initie une étrange dynamique entre les habitants du hameau et les ouvriers du chantier. Notre homme observe, le coeur violemment remué par le calme et la discipline de ces habitants qui ne cillent pas face à ces ouvriers venus détruire leur hameau et qui sera bientôt enseveli sous l'eau. Bien qu'un terrible incident chamboule temporairement cette dynamique, les habitants, impassibles, continuent à vivre à leur manière......
Un sentiment de malaise indéfini pèse sur cette histoire qui semble hors du temps. Un sujet révoltant : de quel droit peut-on exproprier les habitants d'un hameau de montagne installés sur une terre depuis quelques centaines d'année, on leur donnant simplement une forte somme d'argent pour quitter les lieux.....ces gens qui ne sauront comment utiliser cet argent pour planifier leur futur ?
“Les chasser de la vallée équivalait à les condamner à mort .”........
J'ai lu et relu les dernières pages, retenant mon souffle, la gorge nouée....
Un texte magnifique d'une noirceur et d'une poésie infinies. Glaçant et Sublime !

“Les silhouettes des habitants du hameau genoux fléchis se diluèrent comme de l'encre de Chine dans la brume”.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10310
andman
  06 avril 2013
Le narrateur fait partie d'une première équipe d'une soixantaine de travailleurs recrutée pour la construction d'un barrage dans une vallée perdue du Japon de l'immédiat après-guerre.
Cet homme a signé ce dur contrat de travail non pas pour le salaire alléchant mais pour fuir un passé détestable marqué par une enfance compliquée et un récent séjour en prison pour avoir fracassé à coups de bûche la tête de sa femme adultère.
Bien que ses nuits soient peuplées des cris de ses deux petites filles qui ont assistées à la terrible scène sanglante, six ans après les faits il n'arrive pas à pardonner la trahison de sa femme.
Au fond de la vallée existe, depuis on ne sait combien de temps, un hameau où vivent plusieurs centaines de personnes mais l'ordre est donné aux ouvriers, d'éviter tout contact avec les autochtones. Les baraquements sont donc construits sur un promontoire rocheux qui surplombe le village.
Un certain nombre de faits graves en rapport avec les travaux du barrage perturbent la vie paisible du hameau et les travailleurs, de leur poste d'observation, assistent médusés aux réactions souvent stoïques des villageois. Le narrateur est bien le seul à ne pas rire des blagues que lancent entre eux les ouvriers du chantier sur la supposée bêtise des gens du coin.
Le jour où les villageois se rendent au cimetière pour déterrer les morts et manipuler les cranes « avec autant de précaution que s'il s'agissait de précieuses porcelaines », le narrateur nettoie de son côté les cinq petits morceaux d'os des doigts de pied de sa femme qu'il a déterrés à sa sortie de prison.
De plus en plus en symbiose avec le village condamné, c'est par une action courageuse et d'une grande humanité que le narrateur entreverra enfin un début de rédemption.
« le convoi de l'eau » est un court roman de toute beauté, empreint de poésie.
Akira Yoshimura signe là une fable où deux histoires – celle du narrateur et celle des habitants du hameau voué à la destruction – évoluent en parallèle pour finalement se rejoindre dans un dénouement chargé d'émotions.
Quelle est belle cette humanité cachée au tréfonds de l'âme humaine capable de soudain se réveiller et de franchir… le plus résistant des barrages !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          751
Pancrace
  08 mars 2022
Convoi de l'eau ou convoi de l'âme ?
Construction d'un barrage au fond d'une vallée ou expiation d'un carnage du fond d'une destinée ?
« Pour moi inhumer cette jeune femme était quelque chose d'important qui apaisait ma blessure du passé. »
Brume des sentiments et brouillard des agissements sont éclairés, clarifiés par les mots poétiques d'Akira Yoshimura.
L'eau comblera la vallée et avalera le passé du hameau qui ne sera plus porté que par la mémoire des hommes, véritable barrage à l'oubli des âmes.
On ne part jamais pour rien : certains pour oublier, au mieux pour estomper, faire taire les relents d'avant, d'autres y sont forcés par des intérêts d'état ou des tas d'intérêts.
Akira Yoshimura mêle avec esprit et malice le parcours d'un homme blessé et la bravoure d'un hameau sacrifié.
Tout en finesse, ce chassé-croisé m'a emporté et je suis parti avec eux, au plus profond de la forêt des êtres.
Commenter  J’apprécie          6720
Croquignolle
  08 mars 2022
Le Convoi de l'eau… Un titre qui invite à la poésie, à la rêverie, à la douceur et au monde paisible.
Akira Yoshimura… Un auteur qui m'a subjuguée avec Naufrages, qui sait faire vibrer la corde sensible en moi, qui me rappelle mes voyages nippons et ravive mes sentiments et émois.
J'ai ouvert ce livre avec la délicatesse nécessaire à l'ouverture d'un cadeau précieux, consciente du trésor que j'allais y trouver.
J'ai dégusté sa première ligne. Simple. Belle. Dynamique. Joyeuse : « de l'avant de la file nous parvint un joyeux tumulte ».
Et me voilà plongée en terre connue… A flanc de colline, sur un sentier montagnard, à la file indienne, des amis devant, des amis derrière. Et ces rires qui fusent de ce bonheur d'être ensemble et d'humer l'air frais, admirant des paysages exceptionnels et savourant la brise légère qui rafraîchit nos visages sur lesquels perlent la force de l'effort.
Deuxième phrase : « Les voix qui s'élevaient dans la pénombre de la forêt déclenchèrent des cris aigus et les battements d'ailes d'oiseaux sauvages. »
La magie continue. Les regards émerveillés s'élèvent dans le ciel. Les nuages dessinent l'essentiel des rêves. Les oiseaux se détachent en un vol tumultueux et nous prennent à témoin. Leur tranquillité dérangée, ils n'ont de cesse que nous faire admirer leur beauté colorée.
Ca y est… J'y suis. Il n'a fallu que deux phrases pour que je sois totalement dépaysée, charmée, transportée.
Le reste du roman n'est que la suite d'un tapis tressé de mots sélectionnés et assemblés comme seul un orfèvre de la plume sait le faire. le style de Akira Yoshimura est unique et inimitable. Elle me touche au coeur. Et c'est là le trésor de ce livre.
Quant à l'histoire, j'avoue que je l'ai reléguée au deuxième plan, privilégiant la beauté du voyage textuel et la construction des phrases. Elle retrace le travail sans failles d'ouvriers engagés dans la construction d'un barrage en haute montagne et qui petit à petit se laisse interpeller par les us et coutumes mystérieux des villageois qu'ils vont devoir déloger. de nombreux passages décrivent le travail acharné des ouvriers, dans le détail. C'est la partie qui m'a le moins plu. le dernier tiers du livre est de loin le plus passionnant, chaque personnage se détournant de son devoir professionnel pour s'intéresser à l'autre, à sa culture, à ses émotions, à ses croyances.
La fin m'a laissée sur ma faim. Je voulais que l'auteur m'attire plus loin dans ses émotions. Dans les miennes. J'en voulais plus. Il m'avait donné à manger. Je voulais qu'il m'inonde de plaisirs littéraires. Mais Yoshimura a préféré me laisser la responsabilité de la suite de l'histoire. Seule sur mon chemin de montagne, me voilà un peu perdue. Est-ce parce que mes attentes étaient trop hautes ? Trop figées ? Trop intenses ?
« Devant mes yeux se succédaient les montages enneigées, indifférentes, en une étendue qui se déroulait à l'infini. ». J'ai refermé ce roman, touchée au coeur. Je me suis relevée après cette pause. J'ai remis mon sac à dos. J'ai repris le sentier de la vallée. Un peu grandie. Un peu différente. Consciente qu'un petit miracle vient d'avoir lieu.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          585
colka
  16 février 2021
Je ne suis pas familière de la littérature japonaise. Aussi ai-je abordé avec curiosité le roman de Akira Yoshimura : le Convoi de l'eau. Une fable assez déroutante pour moi en tout début de lecture par son atmosphère. L'eau sous toutes ses formes, la brume, la mousse, la forêt sont omniprésentes et constituent un décor un peu irréel, souvent oppressant par son caractère inhospitalier : "La vallée était sans cesse noyée sous la pluie ou le brouillard".
Dans cette nature pas toujours bienveillante évoluent des hommes qui n'appartiennent pas aux mêmes mondes. Les premiers, à commencer par le narrateur, sont les représentants de ces technologies avancées qui sont l'apanage de notre civilisation moderne. Ils sont là pour construire un barrage sur la rivière K. Les seconds sont les "habitants du hameau" celui même situé au fond d'une vallée qui constitue "une forme naturelle idéale pour un lac de retenue". Vous l'aurez compris, ce village doit être détruit et ses habitants devront le quitter dès que les autorités chargées de la construction du barrage l'auront décidé. La thématique sous-jacente à cette histoire est donc bien celle liée à la spoliation des droits des peuples autochtones face à une civilisation plus agressive que la leur et qui n'hésite pas à détruire tout ce qui fait obstacle au progrès, au profit et au confort...
Ce qui m'a beaucoup plus dans ce court roman c'est justement le traitement de cette thématique. Pas de condamnation directe, pas de jugement mais un regard, celui du narrateur, derrière lequel on sent la présence de l'auteur. Ce narrateur va, en effet, à la suite des résonances avec son histoire personnelle, être amené à observer avec intérêt ces "habitants du hameau". Et au fur et à mesure qu'avance l'histoire nous allons découvrir avec lui que ce petit groupe de femmes, d'hommes et d'enfants, fait preuve d'une humanité qui force notre respect.
D'abord profondément surpris et décontenancé par leur obstination de fourmis à reconstruire sans se lasser ce qui a été détruit par le dynamitage des rochers surplombant leurs habitations, il va découvrir petit à petit les valeurs qu'ils partagent. L'importance, par exemple, des rituels liés à la mort et qui dégagent à la fois une familiarité et un respect déconcertant pour les défunts et leurs restes. le narrateur va être aussi confondu par le soin et l'intelligence dont ils font preuve dans la gestion de leur environnement à savoir l'eau et la forêt. La cohésion et la solidarité de leur groupe seront également très présents dans l'organisation de leur départ...
Peu à peu et tout comme le narrateur nous passons de l'étonnement à une admiration sans réserve pour ces femmes et ces hommes qui font face à leurs "ennemis" mais sans la moindre agressivité ou précipitation.
La fin du roman est superbe, à la fois par son caractère hallucinatoire mais aussi solennel, onirique et symbolique. D'un symbolisme qui nous parle beaucoup à nous, femmes et hommes du XXIe siècle ! Mais je n'en dirai pas plus...
Je me rends compte en terminant cette chronique combien j'ai été impressionnée par la force de l'évocation de l'auteur face à ces "habitants du hameau". C'est une lecture sélective que j'assume mais qui n'est pas la seule possible;
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          564


critiques presse (1)
Actualitte   14 novembre 2011
Il nous a été difficile d'entrer dans ce roman d'Akira Yoshimura : la lecture laborieuse nous a semblé laborieuse et le texte haché, un peu lourd, peu enthousiasmant. Puis, les pages ont défilé sans qu'on les retienne : elles tournaient toutes seules, nous entraînant à leur suite dans les souvenirs de cet homme meurtrier, subjugué par ce village presque fantomatique et ses habitants aux us étonnantes, aux maisons inouïes et à l'impressionnant comportement collectif.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (75) Voir plus Ajouter une citation
marlene50marlene50   04 juillet 2022
Je croyais qu'il y avait tapi au fond de moi quelque chose de mystérieux que je ne pouvais absolument pas contrôler. Une fois que la violence s'emparait de moi, elle s'exacerbait sans que je puisse l'arrêter, pour éclater soudain comme si une digue se rompait. Alors mon corps se remplissait comme d'eau chaude d'un vif plaisir.
Quand j'avais frappé la tête de Chizuko avec la bûche, j'avais également été traversé par une onde de satisfaction. Au tribunal ce qui avait posé problème, c'était que j'avais continué de frapper obstinément la tête de ma femme avec la bûche alors qu'elle était déjà morte.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110
OsmantheOsmanthe   22 octobre 2020
L'appel se terminait enfin lorsque nous avons aperçu quatre silhouettes humaines avançant vers nous sur le lit du torrent noyé dans la brume blanche de la pluie.
Ils s'approchaient en marchant sur les pierres qui bordaient le torrent gonflé par les eaux. Trois d'entre eux avaient une pèlerine de paille et un chapeau de laîche. La dernière silhouette, vêtue de blanc, était battue par la pluie.
Ils commençèrent à gravir la pente qui menait au camp où nous nous trouvions. Je finis enfin par comprendre que la silhouette blanche battue par la pluie était celle d'une jeune femme. Et cette femme, en plus, marchait pieds nus.
Nous avons échangé des regards. C'était la première fois que des gens du hameau venaient jusqu'ici, nous sentions que l'aspect de cette femme n'était pas ordinaire, si bien que nous les regardions approcher, le corps raidi.
Les pieds de la fille glissant sur l'herbe mouillée de la pente, elle faillit tomber plusieurs fois. Une grande quantité de boue maculait l'ourlet de son vêtement blanc, et ses petits pieds nus en étaient recouverts.
Arrivés en haut de la montée, ils se dirigèrent sans hésiter vers l'endroit où nous nous trouvions. Etait-ce parce qu'ils portaient une pèlerine ? Les épaules des hommes paraissaient larges et vigoureuses.
Leurs yeux perçants sous les chapeaux de laîche nous lançaient des regards noirs.
Il y avait un vieillard bien charpenté au menton tanné, un homme d'âge mûr aux lèvres épaisses, et un jeune homme au teint pâle.
Pétrifiés, nous observions le visage des gens du hameau que nous découvrions de près pour la première fois.
Le chef d'équipe s'avança l'air méfiant :
- Vous désirez quelque chose ? leur demanda-t-il d'un ton courtois.
Mais ils continuaient de nous transpercer du regard en silence, le visage parfaitement immobile. Ensuite, brusquement, le vieillard secoua violemment la fille par l'épaule.
Elle releva la tête. La pluie roulait de ses cheveux vers ses joues et coulait dans son cou. Elle avait le visage blême, les lèvres bleues. J'eus instinctivement le souffle coupé devant ses traits nettement dessinés. Son visage aux cheveux collés des joues vers la bouche était d'une beauté incroyable, presque insoutenable.
Les yeux de la fille, comme si on l'y poussait, commencèrent à se déplacer sur nos visages. La pluie qui tombait dru et bruyamment rejaillissait aussi en vapeur blanche sur sa tête et ses épaules.
Soudain, ses yeux s'arrêtèrent sur un point. Sa main dont on voyait la peau en transparence du tissu détrempé s'éleva lentement pour indiquer une direction.
J'ai tourné la tête. Au bout du doigt de la fille se trouvait le visage apeuré d'un ouvrier de petite taille sous son ciré.
Je dirigeai à nouveau mon regard vers le visage de la fille. Elle fixait l'ouvrier d'un oeil plein de colère. Son corps frêle était pris de tremblements, qu'elle paraissait supporter en serrant les dents. Mais aussitôt son visage s'abaissa vers ses pieds dans un mouvement brusque. Je vis sur son profil, mélangée à la peur, une légère nuance de honte.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
OsmantheOsmanthe   21 octobre 2020
Après avoir progressé pendant un certain temps, nous sommes arrivés au sommet d'une petite cascade. Nous l'avons descendue en nous agrippant aux rochers, et continuant plus avant, au détour de la vallée, notre vue se dégagea et nous vîmes s'élever d'épais nuages de vapeur.
- C'est là, cria l'homme de tête.
Nous avons couru vers la vapeur en nous disputant à qui serait le premier.
La source jaillissait du lit peu profond. Le sable fin dansait au fond de l'eau, étincelant comme des paillettes.
Nous nous sommes précipités pour y tremper l'extrémité de notre main. C'était chaud. Nous poussions des cris de joie. Et quand nous avons découvert dans un coin une vasque naturelle comme une grande baignoire en plein air, notre excitation monta d'un cran.
Quelques-uns d'entre nous se débarrassèrent de leurs vêtements pour y plonger tout nus. Ils s'aspergèrent avec ardeur, riaient comme des fous.
Le chef d'équipe était lui aussi d'excellente humeur. Jusqu'alors nous avions fabriqué un bassin en bois que nous remplissions d'eau chaude, et dans lequel nous ne pouvions nous laver qu'une fois tous les quinze jours. De plus, nous étions nombreux à l'utiliser, il se salissait vite, et l'utilisation de l'eau chaude était rationnée.
- Bon, on va en faire une vraie station thermale, proposa le chef d'équipe.
Nous sommes retournés au camp en courant. Du bois fut transporté sans tarder, des planches franchirent le torrent, un solide escalier fut construit à l'endroit de la petite cascade.
Dès que l'accès du bain fut aménagé, nous nous sommes plongés dedans. L'eau devait provenir d'une source légèrement alcaline, car au bout d'un moment, elle rendait la peau toute douce.
Nous nous y trempions à tour de rôle, nous nous lavions puis, assis sur les rochers, nous regardions les parois qui se dressaient de chaque côté. Ici où là, à mi-pente de l'escarpement, poussaient des sélaginelles qui étalaient leurs branches, à un endroit ruisselait le filet d'eau qui tombait en cascade, et de temps à autre, au gré du vent, des gouttelettes arrosaient la vasque au creux des rochers.
- Des bains aussi luxueux, on n'en trouve pas si facilement, hein.
Ils contemplaient avec satisfaction la paisible vallée.
Ce jour-là, après le dîner, à la lumière d'une lampe-tempête, nous sommes descendus le long du torrent tous ensemble comme des curistes. Ainsi pendant deux ou trois heures avons-nous discuté joyeusement, ce qui apaisa notre humeur chagrine.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          100
OsmantheOsmanthe   15 octobre 2020
Je suis entré sous une tente située un peu à l'écart et me suis aussitôt enroulé dans ma couverture. J'étais épuisé par une marche de cinq jours en montagne, et la fatigue remontait des profondeurs de mon corps.
J'ai fermé légèrement les yeux. De rudes ronflements résonnaient déjà autour de moi.
Alors, soudain, une voix très claire a jailli au creux de mon oreille :
"Puissiez-vous vivre des jours paisibles..."
J'ai brusquement rouvert les yeux. Aussitôt la pièce environnée de murs blancs, lumineuse dans les rayons du soleil, réapparut avec fraîcheur en mon coeur.
Se découpant sur l'éblouissante fenêtre vitrée, derrière un grand bureau, un homme maigre et pâle était calé sur son siège. Sa voix de directeur qui s'échappait de ses lèvres gercées se voulait cérémonieuse. Et je ne pouvais qu'en ressentir le vide administratif, dans la mesure où il adressait habituellement ces mots à tous ceux qui sortaient de prison.
Puissiez-vous vivre des jours paisibles...
J'avais l'impression de regarder autour de moi. Et je me rappelais aussi la peau mince et fendillée des lèvres du directeur dans le halo blanc du soleil qui entrait par la fenêtre. Le murmure du torrent qui me parvenait au milieu du profond silence avait-il réveillé en moi ces paroles complètement oubliées ?
Sous la tente, une lampe-tempête était allumée, de sous laquelle provenait le claquement des cartes hanafuda. La fatigue n'avait-elle donc aucune prise sur eux ? Les yeux injectés de sang des ouvriers assis en rond fixaient un point sous la lampe.
J'eus un sourire amer. Les paroles du directeur de la prison me paraissaient creuses et même comiques. Des jours paisibles, ça n'avait vraiment rien à voir avec moi.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          120
PiatkaPiatka   04 mars 2014
Dans cette gorge constamment ravinée par la pluie, la vitesse à laquelle germaient les bourgeons printaniers était stupéfiante. Au début c'était comme si tout se couvrait vaguement d'une fine couche de poudre vert-de-gris, mais de jour en jour la couleur devenait plus foncée, et bientôt les couleurs fraîches du feuillage printanier se répandaient dans toute la vallée.
Commenter  J’apprécie          341

Videos de Akira Yoshimura (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Akira Yoshimura

BooKalicious Versus : Akira Yoshimura
Premier débat / versus de BooKalicious. Tara Lennart & M. Achille débattent du pour et du contre après la lecture de "La Jeune fille Suppliciée sur une étagè...
autres livres classés : barrageVoir plus
Notre sélection Littérature étrangère Voir plus
Acheter ce livre sur

LirekaFnacAmazonRakutenCultura





Quiz Voir plus

Les mangas adaptés en anime

"Attrapez-les tous", il s'agit du slogan de :

Bleach
Pokemon
One piece

10 questions
644 lecteurs ont répondu
Thèmes : manga , littérature japonaiseCréer un quiz sur ce livre