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Yutaka Makino (Traducteur)
ISBN : 2742771506
Éditeur : Actes Sud (19/01/2009)

Note moyenne : 4.08/5 (sur 303 notes)
Résumé :
Un homme étrange s'est engagé au sein d'une équipe chargée de construire un barrage en haute montagne. Perdu dans la brume, tout au fond d'une vallée mal connue et difficilement accessible, se révèlent les contours d'un hameau. Les travaux ne sont pas remis en question par cette découverte : le village sera englouti sous les eaux.

Au cours du terrible chantier, alors que la dynamite éventre la montagne et ébranle les maisons, le destin du narrateur en... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (83) Voir plus Ajouter une critique
andman
  06 avril 2013
Le narrateur fait partie d'une première équipe d'une soixantaine de travailleurs recrutée pour la construction d'un barrage dans une vallée perdue du Japon de l'immédiat après-guerre.
Cet homme a signé ce dur contrat de travail non pas pour le salaire alléchant mais pour fuir un passé détestable marqué par une enfance compliquée et un récent séjour en prison pour avoir fracassé à coups de bûche la tête de sa femme adultère.
Bien que ses nuits soient peuplées des cris de ses deux petites filles qui ont assistées à la terrible scène sanglante, six ans après les faits il n'arrive pas à pardonner la trahison de sa femme.
Au fond de la vallée existe, depuis on ne sait combien de temps, un hameau où vivent plusieurs centaines de personnes mais l'ordre est donné aux ouvriers, d'éviter tout contact avec les autochtones. Les baraquements sont donc construits sur un promontoire rocheux qui surplombe le village.
Un certain nombre de faits graves en rapport avec les travaux du barrage perturbent la vie paisible du hameau et les travailleurs, de leur poste d'observation, assistent médusés aux réactions souvent stoïques des villageois. Le narrateur est bien le seul à ne pas rire des blagues que lancent entre eux les ouvriers du chantier sur la supposée bêtise des gens du coin.
Le jour où les villageois se rendent au cimetière pour déterrer les morts et manipuler les cranes « avec autant de précaution que s'il s'agissait de précieuses porcelaines », le narrateur nettoie de son côté les cinq petits morceaux d'os des doigts de pied de sa femme qu'il a déterrés à sa sortie de prison.
De plus en plus en symbiose avec le village condamné, c'est par une action courageuse et d'une grande humanité que le narrateur entreverra enfin un début de rédemption.
« le convoi de l'eau » est un court roman de toute beauté, empreint de poésie.
Akira Yoshimura signe là une fable où deux histoires – celle du narrateur et celle des habitants du hameau voué à la destruction – évoluent en parallèle pour finalement se rejoindre dans un dénouement chargé d'émotions.
Quelle est belle cette humanité cachée au tréfonds de l'âme humaine capable de soudain se réveiller et de franchir… le plus résistant des barrages !
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Asterios
  28 novembre 2018
La longue file de nos ouvriers s'étire sur le flan de la colline. Au creux de la vallée, près de la rivière s'offre à notre regard un antique village, dont les habitants vivent en huis clos depuis toujours. C'est une société hors du temps. C'est en tout cas ce qu'on suppose parce qu'on ne peut que les observer, de loin. Ils peuvent nous voir aussi maintenant que notre camp est en face. Chacun vit son existence et on fantasme celle de l'autre. le moindre geste est surprenant ou suspect de si loin.
Nous savons qu'ils savent.
Leur village va disparaitre sous les eaux, on est là pour construire un barrage. Il leur reste quelques semaines pour partir. Et nous, on prépare la suite, on creuse, on fore, on mesure, on calcule.
On se demande comment ils vont faire, on se demande ce qu'ils pensent de nous quand ils nous regardent. On ne peut pas leur parler, ça déclencherait un massacre, surement. Ils doivent nous haïr. Mais là leur peine est terrible, et si on essayait...
Quand je les vois je pense à ma femme, à ma vie, mon enfant, mes secrets; il y a des choses qui me rapprochent d'eux, mais quoi? Cette attente est interminable.
On est tous l'étranger de l'autre tant qu'on a pas été à sa rencontre.
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Missbouquin
  18 juin 2012
Un homme étrange s'engage au sein d'une équipe chargée de construire un barrage en haute montagne. Or, tout au fond de la vallée désignée, se dessinent les contours d'un hameau, inconnu et resté isolé de la civilisation depuis des dizaines d'années. Pourtant, les plans ne seront pas remis en question et le village est destiné à être englouti.
“Au fond de la vallée, deux mondes s'étaient constitués. Sans s'influencer l'un l'autre, à l'intérieur d'une frontière abstraite, ils semblaient mener chacun sa vie de manière indépendante.”
C'est un petit roman étrange et poétique que j'ai découvert ici. Très vite, l'écho se fait entre le destin du narrateur, cet ouvrier au sombre passé, et la petite communauté de villageois qui supporte sans broncher les envahisseurs et la destruction de leur territoire.
Mises en scène par de splendides descriptions, les montagnes semblent être un personnage à part entière, tour à tour menaçantes et accueillantes. Des paysages qui contrastent avec la violence des hommes de la ville, par leur comportement et leurs moeurs.
J'ai été littéralement envoûtée par l'atmosphère de ce texte, qui m'a transportée au coeur de ce hameau à travers les yeux de l'ouvrier. Un texte qui nous fait voir l'ampleur du gouffre entre la ville et la campagne, mais pas n'importe laquelle : une campagne pure, qui semble dénuée de vices, des notions de pauvreté ou de crimes. le culte des ancêtres, le rapport à la nature y occupent une place centrale.Un texte qui nous réconcilie pourtant avec les hommes, et nous laisse le coeur en paix.
Un roman à découvrir …
Lien : http://missbouquinaix.wordpr..
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si-bemol
  08 janvier 2019
Quand un homme prend une vie, il s'expose à ouvrir la porte aux fantômes. Et quand bien même aurait-il, comme on dit, « payé sa dette à la société », pour peu qu'il ait à la fois une conscience et une mémoire, les fantômes seront là. Appelons-les culpabilité, remords, angoisse, qu'importe… ils seront là, tapis au creux de la nuit, hantant les rêves et les cauchemars. Ils seront là. Toujours.
Le roman s'ouvre sur l'avancée, à flanc de montagne, quelque part au Japon, d'un mystérieux convoi, un groupe d'hommes encordés qui s'acheminent peu à peu dans les brumes du soir. Tout en bas, dans une vallée encaissée au fond d'un ravin, un très ancien village : quelques maisons, un temple et un immense cimetière. C'est un hameau oublié de tous, isolé au milieu des montagnes, replié sur ses traditions, au coeur de cette vallée perdue et condamnée : car les hommes qui s'avancent en convoi sont des ouvriers chargés de l'édification d'un barrage ; bientôt la vallée ne sera plus qu'une retenue d'eau, et le village sera noyé.
Parmi ces hommes, le narrateur, qui se dit « différent des autres ». de sa vie, qu'il nous dévoile peu à peu, nous apprenons qu'il a purgé une peine de quatre ans de prison pour le meurtre de sa femme adultère, à qui il voue toujours une haine tenace. Et tandis que le chantier progresse à grands coups de dynamite et que les habitants du village – présences furtives et fantomatiques – rassemblent à la hâte les ossements de leurs morts et s'apprêtent au départ, le narrateur développe à leur égard une empathie étrange et bouleversée…
La culpabilité et le besoin éperdu de rédemption et d'apaisement sont au coeur de ce très beau roman où la nature est omniprésente. La montagne, la forêt et la pluie, obsédante, dressent un théâtre d'ombres et de brouillard, un huis-clos étouffant où se jouent le drame d'une communauté préservée amenée à disparaître sous l'irrésistible avancée du progrès et des nécessités économiques, et le destin d'un homme à l'âme troublée et comme marqué au front par le sceau du sang répandu et de la faute.
Un roman sombre et fort qui monte peu à peu en puissance jusqu'à son dénouement final, et une belle lecture – bien que l'écriture (la traduction ?) ne m'ait pas tout à fait enthousiasmée.
[Challenge MULTI-DEFIS 2019]
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patrick75
  02 août 2012
Avec Yoshimura le dépaysement est total. L'écriture est sans fioritures, elle est simple, juste, elle est très agréable à lire. L'auteur nous décrit le paysage et installe une ambiance avec talent. Ici, il est question de choc de culture entre un Japon moderne et le Japon ancestral. On pourrait aussi dire qu'il s'agit d'un livre "écologique". Mais il est bien plus que cela, seulement je manque de mots ( ou de talent) pour le décrire . Comme souvent avec les auteurs Japonais, il n'y a pas une histoire, mais plusieurs histoires superposées.Il y a beaucoup de non-dit, tout est en nuances, en ambiances, en images .Yoshimura n'écrit pas, il dessine.
Inutile de dire ( mais je le dit quand même) que je lirai d'autres livres de ce grand auteur.
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critiques presse (1)
Actualitte   14 novembre 2011
Il nous a été difficile d'entrer dans ce roman d'Akira Yoshimura : la lecture laborieuse nous a semblé laborieuse et le texte haché, un peu lourd, peu enthousiasmant. Puis, les pages ont défilé sans qu'on les retienne : elles tournaient toutes seules, nous entraînant à leur suite dans les souvenirs de cet homme meurtrier, subjugué par ce village presque fantomatique et ses habitants aux us étonnantes, aux maisons inouïes et à l'impressionnant comportement collectif.
Lire la critique sur le site : Actualitte
Citations et extraits (60) Voir plus Ajouter une citation
DocteurVeggieDocteurVeggie   10 février 2019
Les jours ou exceptionnellement la lumière automnale atteignait la vallée, les silhouettes des habitants qui travaillaient dans les coins ensoleillés donnaient une impression de bonheur tranquille. A tel point qu'on avait du mal à les imaginer affalés sur le sol en train de pleurer, submergés par la tristesse.

Page 128.
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DocteurVeggieDocteurVeggie   10 février 2019
Le silhouettes des habitants du hameau genoux fléchés se diluèrent comme de l'encre de Chine dans la brume.

Page 127.
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DocteurVeggieDocteurVeggie   10 février 2019
La brume commençait à descendre des sommets environnants.

Page 126.
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DocteurVeggieDocteurVeggie   04 février 2019
Les dernières lueurs du soir commençaient déjà à se retirer, une traîne de lumière vive remontait à grande vitesse le long de la pente nue. Le crépuscule pesait, et du sommet des habitations s'élevaient de légères fumées qui se dissipaient dans l'air du soir.

Page 15.
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PiatkaPiatka   04 mars 2014
Dans cette gorge constamment ravinée par la pluie, la vitesse à laquelle germaient les bourgeons printaniers était stupéfiante. Au début c'était comme si tout se couvrait vaguement d'une fine couche de poudre vert-de-gris, mais de jour en jour la couleur devenait plus foncée, et bientôt les couleurs fraîches du feuillage printanier se répandaient dans toute la vallée.
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Videos de Akira Yoshimura (3) Voir plusAjouter une vidéo
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