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Jean-Louis Cabanès (Éditeur scientifique)
EAN : 9782253161196
572 pages
Éditeur : Le Livre de Poche (03/11/2004)

Note moyenne : 3.92/5 (sur 420 notes)
Résumé :
A Plassans, berceau provençal de sa famille, tandis que le Second Empire est tombé depuis deux ans, Pascal Rougon vit auprès de sa nièce Clotilde qu'il a élevée et qu'il adore. Ce sont moins ses patients qui l'occupent que ses recherches médicales, largement tournées vers l'hérédité, et l'histoire des Rougon-Macquart dont il a constitué l'arbre généalogique. Mais ces papiers, sa vieille mère voudrait les voir détruits pour qu'enfin disparaisse toute trace de la hont... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (43) Voir plus Ajouter une critique
Gwen21
  01 février 2018
Je ne peux m'expliquer pourquoi les tomes des Rougon-Macquart se déroulant à Plassans me séduisent moins que les autres mais c'est ainsi. Et ainsi en est-il encore une fois avec "Le Docteur Pascal", ce vingtième et ultime volet de la saga titanesque que nous a léguée Emile Zola.
Ainsi c'est là la fin, l'issue de la belle épopée sociale d'une famille emblématique portant en elle autant de tares que de talents. L'auteur prend plaisir à expliquer sa démarche encyclopédique par le truchement du médecin de la famille ; le savant, le scientifique, le chercheur, le génie peut-être, celui qui observe, analyse et interprète chaque pion sur l'échiquier et qui, un peu poète quand même, brûle du désir de pouvoir anticiper la suite, de posséder le don de divination, à l'instar de ces confrères qui voudraient percer une fois bonne pour toutes le voile opaque qui couvre la vérité et dévoiler au monde son cortège de solutions, de soulagements, de guérissons.
Mais au-delà du panégyrique de son oeuvre, Zola plante également dans ce dernier tome la graine du futur, humanisée en l'enfant vigoureux de Pascal et de sa nièce Clotilde, un enfant présenté tour à tour comme un Rédempteur ou un Antéchrist, dans cette tenace incertitude qui soutient toute son oeuvre : l'homme apporte-t-il le bien ou le mal à la société qui l'accueille ?
J'ai commencé ce billet en expliquant que ce tome ne m'avait pas totalement séduite ; c'est parce que j'ai souvent tremblé, au détour d'un paragraphe, d'y retrouver toute l'emphase et tout le déplaisant lyrisme du "Rêve" ou de "La faute de l'abbé Mouret". J'apprécie Zola dans ce qu'il faut de mieux, c'est-à-dire dans le naturalisme ; j'appréhende ses ardeurs incontrôlables quand il se mêle de mysticisme et de poésie.

Challenge XIXème siècle 2018
Challenge MULTI-DÉFIS 2018
Challenge PAVES 2018
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cmpf
  27 juillet 2015

Cette histoire d'une famille sous le Second Empire se clôt en deux temps, un volume pour la fin de la période historique, La débâcle et un autre pour finir l'étude de la transmission génétique dans la famille, le docteur Pascal.
Pascal Rougon est un des enfants du couple Pierre Rougon-Félicité Puech. Mais loin de vouloir réussir à tout prix comme ses frères Eugène et Aristide, son goût le pousse à l'étude. Il a choisi de rester dans une petite ville de Provence où il peut vivre assez retiré. Tout en soignant quelques malades, il étudie l'hérédité et envoie des mémoires dans les milieux scientifiques où il est reconnu. Sa famille est un parfait sujet de recherches, il a accumulé des notes. C'est dire s'il y a une certaine identité entre ce personnage et son auteur. Ces travaux font le désespoir de Félicité qui ne veut aucune tache sur l'image familiale qu'elle a réussi à créer.
Par ailleurs le docteur Pascal a recueilli pour lui tenir compagnie et la soustraire à sa famille à fin d'étude sur l'influence du milieu, la fille de son frère Aristide, Clotilde. Celle-ci le révère, l'appelle « maitre », et bientôt arrive le presque inévitable, l'amour entre le vieil oncle et sa nièce. Chacun a noté que quelques années avant la publication de ce tome, Zola avait lui-même succombé à l'amour pour une femme beaucoup plus jeune. Si Zola s'était mis en scène en écrivain discret dans Pot-Bouille, ici il habite son personnage. Et lorsque je lis ce passage évoquant un rêve récurrent de Pascal, je m'interroge sur la façon dont Zola se voyait et vivait cet amour avec Jeanne Rozerot : « Lui était le vieux roi, et elle l'adorait, elle faisait ce miracle, avec ses vingt ans, de lui donner de sa jeunesse. Il sortait triomphant de ses bras, il avait retrouvé la foi, le courage en la vie. Dans une Bible du XVème siècle qu'il possédait, ornée de naïves gravures sur bois, une image surtout l'intéressait, le vieux roi David rentrant dans sa chambre, la main posée sur l'épaule nue d'Abisaïg, la jeune Sunamite. » D'autant que ce terme de vieux roi revient à plusieurs reprises dans le texte. Zola a, me semble-t-il, une conception du rôle de la femme conforme à celle de l'époque. Elle peut être le sel de la vie, mais elle existe pour soutenir, aimer l'homme et non pour elle-même.
Lorsque j'avais une première fois vers vingt ans, lu l'ensemble des Rougon-Macquart, j'avais par la suite retenu l'image de la combustion spontanée sans me souvenir d'ailleurs qui brûlait et dans quel tome. Si l'on trouve encore aujourd'hui des témoignages en faveur de ce phénomène, la description de Zola, avec une combustion totale, presque sans déchets, les dents elles-mêmes disparues, me paraît étonnamment naïve. Mais je trouve que cela fait partie du charme de cet auteur, ces contradictions, cette foi en la science.
Si Dieu me prête vie encore quelques décennies, il est tout à fait possible que je fasse une troisième lecture de cette étude d'une famille. Alors respect, Monsieur Zola, pour l'auteur et pour l'homme, imparfait bien sûr mais si touchant, si humain.
Challenge pavés 2014-2015
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LiliGalipette
  01 juillet 2013
À Plassans, le docteur Pascal Rougon a mené une vie heureuse, loin des ambitions de ses frères Eugène et Aristide. Entièrement dévoué à la médecine, à la recherche et à la science, il rêvait d'éradiquer la douleur et la maladie avec « l'espoir noble et fou de régénérer l'humanité. » (p. 57) À presque 60 ans, il se passionne pour ses travaux sur l'hérédité dont il appuie la démonstration sur sa propre famille, depuis l'ancêtre commune, Adélaïde dite Tante Dide, jusqu'aux derniers enfants en passant par tous les rejetons des deux branches Rougon et Macquart. « Il s'était trouvé conduit à prendre sa propre famille en exemple, frappé des cas typiques qu'il y constatait et qui venaient à l'appui des lois découvertes par lui. » (p. 28 & 29)
Quelque vingt années auparavant, le bon docteur Pascal a recueilli, Clotilde, fille du premier mariage de son frère Aristide. Patiemment et tendrement, il a élevé cette enfant librement, déterminé à la sauver de l'atavisme familial. La fillette a grandi et, devenue femme, elle s'est faite l'assistante dévouée du docteur, copiant des notes pour lui et illustrant ses recherches. Entre l'oncle et la nièce, l'harmonie serait complète si la seconde n'essayait pas de ramener le premier dans le giron de l'Église, aidée en cela par Martine, la bonne du docteur depuis des décennies. Mais rien y fait, Pascal est un athée convaincu dont la seule foi est la science. Son plus grand bonheur serait de convaincre sa nièce de l'importance de ses travaux. La lutte sera longue, mais fructueuse et l'adhésion de Clotilde à Pascal sera consommée quand chacun reconnaîtra dans l'autre l'unique objet de son affection, en se moquant bien des 35 ans qui les séparent.
L'Empire est tombé et la République triomphante étale ses ors en lieu et place des anciennes suprématies impériales. Superbe et inflexible, Félicité Rougon, la mère de Pascal garde l'attitude d'une impératrice déchue et est bien résolue à s'imposer une troisième fois dans Plassans. Mais avant cela, elle veut arracher à son fils tous ses travaux sur la famille Rougon-Macquart et faire disparaître toutes les preuves des ignominies familiales. « S'il venait à mourir et qu'on trouvât les affreuses choses qu'il y a là-dedans, nous serions tous déshonorés ! » (p. 28) Contrairement à son fils, Félicité n'a que faire de l'Arbre généalogique de la famille et ne souhaite que préserver l'honneur des Rougon, en souhaitant tout bas la mort de ses indignes représentants.
J'ai passionnément aimé cet ultime volume des Rougon-Macquart et me suis vraiment attachée à ce bon docteur Pascal, si proche d'Émile Zola dans sa façon de présenter l'hérédité. L'auteur place son dernier volume à Plassans, là où tout a commencé avec La fortune des Rougon. Émile Zola fait la somme de son oeuvre et convoque une dernière fois tous les membres de la famille qu'il a créée. Comment ne pas sentir l'infinie tendresse de l'auteur pour ses personnages, surtout pour ceux qu'il a le plus malmenés ? Quel apaisement de lire qu'il réserve un destin finalement heureux à Jean, si malheureux à la fin de la terre et de la débâcle ! Et quel espoir de refermer le dernier volume de cette somme littéraire sur le sourire d'un enfant, dernière bouture d'un arbre gigantesque et fabuleux !
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sabine59
  26 mars 2019
En 1893, Zola publie ce dernier volume des Rougon-Macquart. Le docteur Pascal, c'est un peu son double. D'ailleurs, réfugié à Londres après l'affaire Dreyfus, il signait sa fiche d'hôtel de ce nom.
Dans l'histoire familiale, ce personnage a une place à part , en effet. Il est le dépositaire fictif de ce que l'auteur a voulu démontrer dans cette oeuvre de longue haleine: les lois de l'hérédité de génération en génération. Car c'est la passion à laquelle le docteur consacre sa vie. Il veut prouver, à travers l'examen de sa propre famille, les conséquences qu'a eues une tare initiale: la folie de l'aïeule, Adélaïde Foulque.
J'ai de la tendresse pour ce personnage, dont l'évocation clôt logiquement l'oeuvre puisqu'il est l'incarnation du projet de l'auteur. Il y a en lui une solitude, une tristesse qui émeuvent . Il vit à l'écart, même s'il est un médecin dévoué, et se sent souvent incompris. J'aime aussi sa générosité, ses élans, son enthousiasme.
Et surtout, ce qui donne un aspect touchant à son personnage, c'est sa deuxième passion, tourmentée et en proie à l'intolérance des autres: celle pour Clotilde, sa nièce, tendre et fervente, qui l'assiste dans ses recherches et deviendra une belle jeune femme troublante. Leur relation ne m'a jamais paru malsaine , ils ont une telle pureté, une telle innocence .
Le mot de la fin, le mot de l'auteur évoque l'enfant qui naitra de leur union:" Et après tant de Rougon terribles, tant de Macquart abominables, il en naissait encore un. La vie ne craignait pas d'en créer un de plus, dans le défi brave de son éternité. " Un destin à imaginer, au-delà de l'écriture...
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Allantvers
  08 juillet 2019
C'est assez émouvant de parvenir (presque, il m'en reste un que j'ai sauté) au bout de la saga des Rougon-Macquart, tant il est difficile d'admettre que l'arbre générationnel de cette terrible famille ne donnera plus de feuilles à lire après celles du Docteur Pascal, symboliquement stérilisées par le feu.
C'est également déroutant de découvrir cette fin-là, deuxième après la Débâcle, plus factuelle, tandis que "Le Docteur Pascal" apporte une conclusion à la fois plus éthérée sur son volet scientifique et plus "organique" à travers les pulsions de vie et de mort du bon docteur Pascal, campé dans le roman dans la position terrible de l'observateur engagé.
Si le vent de progrès des sciences a passé sur les considérations scientifiques surannées du roman qui peuvent, malgré quelques fulgurances, prêter à sourire aujourd'hui, il n'en est pas moins touchant d'entendre entre les lignes les convictions profondes de l'auteur même; à travers le prisme de l'hérédité et magistralement synthétisée dans le troisième chapitre, la saga prend tout son sens.
Plus touchant encore est d'y apercevoir le profil d'un Zola vieillissant se superposant à celui de Pascal, dévoré par son amour interdit.
On insiste souvent sur la page d'espoir ouverte avec l'arrivée de l'enfant, porteur de tous les possibles et lavé de la malédiction; pour ma part, je referme cette oeuvre monumentale sur son volet le plus sombre, avec sur la rétine le personnage sépulcral et angoissant qui m'avait frappée dans l'opus inaugural de la série, celui de la folle tante Dide, Adelaïde Fouque, racine tordue de la famille, et celui de l'abominable Félicité Rougon, dont la noirceur absorbe la lumière de tous les autres.
Ce qui ne m'empêche pas de quitter l'oeuvre enrichie de tout ce qu'elle apporte en compréhension des sociétés humaines, connaissance du Second Empire, vécu émotionnel, richesse psychologique... ce sont des lieux communs que tous les lecteurs des Rougon-Macquart ont déjà partagés.
A quand le nouveau Zola?
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Citations et extraits (209) Voir plus Ajouter une citation
Gwen21Gwen21   31 janvier 2018
- Prends-moi donc, puisque je me donne !
Ce ne fut pas une chute, la vie glorieuse les soulevait, ils s’appartinrent au milieu d’une allégresse. La grande chambre complice, avec son antique mobilier, s’en trouva comme emplie de lumière. Et il n’y avait plus ni peur, ni souffrances, ni scrupules : ils étaient libres, elle se donnait, en le sachant, en le voulant, et il acceptait le don souverain de son corps, ainsi qu’un bien inestimable que la force de son amour avait gagné. Le lieu, le temps, les âges avaient disparu. Il ne restait que l’immortelle nature, la passion qui possède et qui crée, le bonheur qui veut être. Elle, éblouie et délicieuse, n’eut que le doux cri de sa virginité perdue ; et lui, dans un sanglot de ravissement, l’étreignait toute, la remerciait, sans qu’elle pût comprendre, d’avoir refait de lui un homme.
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Gwen21Gwen21   26 janvier 2018
- Ah ! reprit-il, en montrant encore d’un geste les dossiers, c’est un monde, une société et une civilisation, et la vie entière est là, avec ses manifestations bonnes et mauvaises, dans le feu et le travail de forge qui emporte tout… Oui, notre famille pourrait, aujourd’hui, suffire d’exemple à la science, dont l’espoir est de fixer un jour, mathématiquement, les lois des accidents nerveux et sanguins qui se déclarent dans une race, à la suite d’une première lésion organique, et qui déterminent, selon les milieux, chez chacun des individus de cette race, les sentiments, les désirs, les passions, toutes les manifestations humaines, naturelles et instinctives, dont les produits prennent les noms de vertus et de vices. Et elle est aussi un document d’histoire, elle raconte le second empire, du coup d’État à Sedan, car les nôtres sont partis du peuple, se sont répandus parmi toute la société contemporaine, ont envahi toutes les situations, emportés par le débordement des appétits, par cette impulsion essentiellement moderne, ce coup de fouet qui jette aux jouissances les basses classes, en marche à travers le corps social… Les origines, je te les ai dites : elles sont parties de Plassans ; et nous voici à Plassans encore, au point d’arrivée.
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colimassoncolimasson   19 avril 2015
« Pourtant, il doutait de l’atavisme, son opinion était, malgré un exemple singulier pris dans sa propre famille, que la ressemblance, au bout de deux ou trois générations, doit sombrer, en raison des accidents, des interventions, des mille combinaisons possibles. Il y avait donc là un perpétuel devenir, une transformation constante dans cet effort communiqué, cette puissance transmise, cet ébranlement qui souffle la vie à la matière et qui est toute la vie. Et des questions multiples se posaient. Existait-il un progrès physique et intellectuel à travers les âges ? Le cerveau, au contact des sciences grandissantes, s’amplifiait-il ? Pouvait-on espérer, à la longue, une plus grande somme de raison et de bonheur ?
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Cathy74Cathy74   15 mars 2017
- Et l'animalité, la bête qui souffre et qui aime, qui est comme l'ébauche de l'homme, toute cette animalité fraternelle qui vit de notre vie ! ... Oui, j'aurais voulu la mettre dans l'arche, lui faire sa place parmi notre famille, la montrer sans cesse confondue avec nous, complétant notre existence. J'ai connu des chats dont la présence était le charme mystérieux de la maison, des chiens qu'on adorait, dont la mort était pleurée et qui laissait au cœur un deuil inconsolable. J'ai connu des chèvres, des vaches, des ânes, d'une importance extrême, dont la personnalité à joué un rôle tel qu'on en devrait écrire l'histoire... Et tiens, notre Bonhomme à nous, notre pauvre vieux cheval, qui nous a servis pendant un quart de siècle, est-ce que tu ne crois pas qu'il a mêlé son sang au nôtre, et que désormais il est de la famille ? Il nous a modifié comme lui-même a un peu agi sur nous, nous finissons par être faits sur la même image ; et cela est si vrai, que, lorsque, maintenant je le vois a demi aveugle, l’œil vague, les jambes percluses de rhumatismes, je l'embrasse sur les deux joues, ainsi qu'un vieux parent pauvre, tombé à ma charge... Ah ! l'animalité, tout ce qui se traîne et tout ce qui se lamente au-dessous de l'homme, quelle place d'une sympathie immense il faudrait lui faire, dans une histoire de la vie !
Ce fut un dernier cri, où Pascal jeta l'exaltation de sa tendresse pour l'être. Il était peu à peu excité, il en arrivait à la confession de sa foi, au labeur continu et victorieux de la nature vivante.
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Gwen21Gwen21   30 janvier 2018
Lui, suffoqué par l’émotion, l’avait suivie dans sa chambre ; et, comme elle n’était plus qu’en jupon, les bras nus, les épaules nues, il affecta de remarquer quelque chose à son cou.
- Tiens ! qu’est-ce que tu as donc là ? Fais voir.
Il cachait le collier dans sa main, il parvint à le lui mettre, en feignant de promener ses doigts, pour s’assurer qu’elle n’avait rien. Mais elle se débattait, gaiement.
- Finis donc ! Je sais bien qu’il n’y a rien… Voyons, qu’est-ce que tu trafiques, qu’est-ce que tu as qui me chatouiller ?
D’une étreinte, il la saisit, il la mena devant la grande psyché, où elle se vit toute. À son cou, la mince chaîne n’était qu’un fil d’or, et elle aperçut les sept perles comme des étoiles laiteuses, nées là et doucement luisantes sur la soie de sa peau. C’était enfantin et délicieux. Tout de suite, elle eut un rire charmé, un roucoulement de colombe coquette qui se rengorge.
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À l'occasion du Festival International de la Bande Dessinée 2020, Méliane Marcaggi & Alice Chemama, vous présentent leur bande dessinée, "Les Zola".
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