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Jean-Louis Cabanès (Éditeur scientifique)
ISBN : 2253161195
Éditeur : Le Livre de Poche (03/11/2004)

Note moyenne : 3.9/5 (sur 366 notes)
Résumé :
A Plassans, berceau provençal de sa famille, tandis que le Second Empire est tombé depuis deux ans, Pascal Rougon vit auprès de sa nièce Clotilde qu'il a élevée et qu'il adore. Ce sont moins ses patients qui l'occupent que ses recherches médicales, largement tournées vers l'hérédité, et l'histoire des Rougon-Macquart dont il a constitué l'arbre généalogique. Mais ces papiers, sa vieille mère voudrait les voir détruits pour qu'enfin disparaisse toute trace de la hont... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (34) Voir plus Ajouter une critique
Gwen21
  01 février 2018
Je ne peux m'expliquer pourquoi les tomes des Rougon-Macquart se déroulant à Plassans me séduisent moins que les autres mais c'est ainsi. Et ainsi en est-il encore une fois avec "Le Docteur Pascal", ce vingtième et ultime volet de la saga titanesque que nous a léguée Emile Zola.
Ainsi c'est là la fin, l'issue de la belle épopée sociale d'une famille emblématique portant en elle autant de tares que de talents. L'auteur prend plaisir à expliquer sa démarche encyclopédique par le truchement du médecin de la famille ; le savant, le scientifique, le chercheur, le génie peut-être, celui qui observe, analyse et interprète chaque pion sur l'échiquier et qui, un peu poète quand même, brûle du désir de pouvoir anticiper la suite, de posséder le don de divination, à l'instar de ces confrères qui voudraient percer une fois bonne pour toutes le voile opaque qui couvre la vérité et dévoiler au monde son cortège de solutions, de soulagements, de guérissons.
Mais au-delà du panégyrique de son oeuvre, Zola plante également dans ce dernier tome la graine du futur, humanisée en l'enfant vigoureux de Pascal et de sa nièce Clotilde, un enfant présenté tour à tour comme un Rédempteur ou un Antéchrist, dans cette tenace incertitude qui soutient toute son oeuvre : l'homme apporte-t-il le bien ou le mal à la société qui l'accueille ?
J'ai commencé ce billet en expliquant que ce tome ne m'avait pas totalement séduite ; c'est parce que j'ai souvent tremblé, au détour d'un paragraphe, d'y retrouver toute l'emphase et tout le déplaisant lyrisme du "Rêve" ou de "La faute de l'abbé Mouret". J'apprécie Zola dans ce qu'il faut de mieux, c'est-à-dire dans le naturalisme ; j'appréhende ses ardeurs incontrôlables quand il se mêle de mysticisme et de poésie.

Challenge XIXème siècle 2018
Challenge MULTI-DÉFIS 2018
Challenge PAVES 2018
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LiliGalipette
  01 juillet 2013
À Plassans, le docteur Pascal Rougon a mené une vie heureuse, loin des ambitions de ses frères Eugène et Aristide. Entièrement dévoué à la médecine, à la recherche et à la science, il rêvait d'éradiquer la douleur et la maladie avec « l'espoir noble et fou de régénérer l'humanité. » (p. 57) À presque 60 ans, il se passionne pour ses travaux sur l'hérédité dont il appuie la démonstration sur sa propre famille, depuis l'ancêtre commune, Adélaïde dite Tante Dide, jusqu'aux derniers enfants en passant par tous les rejetons des deux branches Rougon et Macquart. « Il s'était trouvé conduit à prendre sa propre famille en exemple, frappé des cas typiques qu'il y constatait et qui venaient à l'appui des lois découvertes par lui. » (p. 28 & 29)
Quelque vingt années auparavant, le bon docteur Pascal a recueilli, Clotilde, fille du premier mariage de son frère Aristide. Patiemment et tendrement, il a élevé cette enfant librement, déterminé à la sauver de l'atavisme familial. La fillette a grandi et, devenue femme, elle s'est faite l'assistante dévouée du docteur, copiant des notes pour lui et illustrant ses recherches. Entre l'oncle et la nièce, l'harmonie serait complète si la seconde n'essayait pas de ramener le premier dans le giron de l'Église, aidée en cela par Martine, la bonne du docteur depuis des décennies. Mais rien y fait, Pascal est un athée convaincu dont la seule foi est la science. Son plus grand bonheur serait de convaincre sa nièce de l'importance de ses travaux. La lutte sera longue, mais fructueuse et l'adhésion de Clotilde à Pascal sera consommée quand chacun reconnaîtra dans l'autre l'unique objet de son affection, en se moquant bien des 35 ans qui les séparent.
L'Empire est tombé et la République triomphante étale ses ors en lieu et place des anciennes suprématies impériales. Superbe et inflexible, Félicité Rougon, la mère de Pascal garde l'attitude d'une impératrice déchue et est bien résolue à s'imposer une troisième fois dans Plassans. Mais avant cela, elle veut arracher à son fils tous ses travaux sur la famille Rougon-Macquart et faire disparaître toutes les preuves des ignominies familiales. « S'il venait à mourir et qu'on trouvât les affreuses choses qu'il y a là-dedans, nous serions tous déshonorés ! » (p. 28) Contrairement à son fils, Félicité n'a que faire de l'Arbre généalogique de la famille et ne souhaite que préserver l'honneur des Rougon, en souhaitant tout bas la mort de ses indignes représentants.
J'ai passionnément aimé cet ultime volume des Rougon-Macquart et me suis vraiment attachée à ce bon docteur Pascal, si proche d'Émile Zola dans sa façon de présenter l'hérédité. L'auteur place son dernier volume à Plassans, là où tout a commencé avec La fortune des Rougon. Émile Zola fait la somme de son oeuvre et convoque une dernière fois tous les membres de la famille qu'il a créée. Comment ne pas sentir l'infinie tendresse de l'auteur pour ses personnages, surtout pour ceux qu'il a le plus malmenés ? Quel apaisement de lire qu'il réserve un destin finalement heureux à Jean, si malheureux à la fin de la terre et de la débâcle ! Et quel espoir de refermer le dernier volume de cette somme littéraire sur le sourire d'un enfant, dernière bouture d'un arbre gigantesque et fabuleux !
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cmpf
  27 juillet 2015

Cette histoire d'une famille sous le Second Empire se clôt en deux temps, un volume pour la fin de la période historique, La débâcle et un autre pour finir l'étude de la transmission génétique dans la famille, le docteur Pascal.
Pascal Rougon est un des enfants du couple Pierre Rougon-Félicité Puech. Mais loin de vouloir réussir à tout prix comme ses frères Eugène et Aristide, son goût le pousse à l'étude. Il a choisi de rester dans une petite ville de Provence où il peut vivre assez retiré. Tout en soignant quelques malades, il étudie l'hérédité et envoie des mémoires dans les milieux scientifiques où il est reconnu. Sa famille est un parfait sujet de recherches, il a accumulé des notes. C'est dire s'il y a une certaine identité entre ce personnage et son auteur. Ces travaux font le désespoir de Félicité qui ne veut aucune tache sur l'image familiale qu'elle a réussi à créer.
Par ailleurs le docteur Pascal a recueilli pour lui tenir compagnie et la soustraire à sa famille à fin d'étude sur l'influence du milieu, la fille de son frère Aristide, Clotilde. Celle-ci le révère, l'appelle « maitre », et bientôt arrive le presque inévitable, l'amour entre le vieil oncle et sa nièce. Chacun a noté que quelques années avant la publication de ce tome, Zola avait lui-même succombé à l'amour pour une femme beaucoup plus jeune. Si Zola s'était mis en scène en écrivain discret dans Pot-Bouille, ici il habite son personnage. Et lorsque je lis ce passage évoquant un rêve récurrent de Pascal, je m'interroge sur la façon dont Zola se voyait et vivait cet amour avec Jeanne Rozerot : « Lui était le vieux roi, et elle l'adorait, elle faisait ce miracle, avec ses vingt ans, de lui donner de sa jeunesse. Il sortait triomphant de ses bras, il avait retrouvé la foi, le courage en la vie. Dans une Bible du XVème siècle qu'il possédait, ornée de naïves gravures sur bois, une image surtout l'intéressait, le vieux roi David rentrant dans sa chambre, la main posée sur l'épaule nue d'Abisaïg, la jeune Sunamite. » D'autant que ce terme de vieux roi revient à plusieurs reprises dans le texte. Zola a, me semble-t-il, une conception du rôle de la femme conforme à celle de l'époque. Elle peut être le sel de la vie, mais elle existe pour soutenir, aimer l'homme et non pour elle-même.
Lorsque j'avais une première fois vers vingt ans, lu l'ensemble des Rougon-Macquart, j'avais par la suite retenu l'image de la combustion spontanée sans me souvenir d'ailleurs qui brûlait et dans quel tome. Si l'on trouve encore aujourd'hui des témoignages en faveur de ce phénomène, la description de Zola, avec une combustion totale, presque sans déchets, les dents elles-mêmes disparues, me paraît étonnamment naïve. Mais je trouve que cela fait partie du charme de cet auteur, ces contradictions, cette foi en la science.
Si Dieu me prête vie encore quelques décennies, il est tout à fait possible que je fasse une troisième lecture de cette étude d'une famille. Alors respect, Monsieur Zola, pour l'auteur et pour l'homme, imparfait bien sûr mais si touchant, si humain.
Challenge pavés 2014-2015
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rabanne
  22 mars 2016
Zola a fini en beauté le cycle des Rougon-Macquart par ce roman publié en 1893. J'avais beaucoup aimé la lucidité qui se dégageait de l'oeuvre, ainsi que la psychologie des différents personnages.
Pascal Rougon, 59 ans, fils de Pierre Rougon et de Félicité Puech, réside à Plassans, à "La Souleiade". Il étudie depuis plus de trente ans la généalogie de sa famille (établissant un arbre généalogique) et surtout travaille sur la maladie ("tare") héréditaire qui semble impitoyablement la frapper...
C'est le récit du combat de l'obscurantisme (religieux) et la superstition contre le raisonnement scientifique, le combat également de l'amour pour la Vie.
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Mimimelie
  12 juin 2013
Il me semble que ce roman qui clôt la saga des Rougon-Macquart doit prendre toute sa dimension lorsqu'on a lu l'ensemble des romans qui la compose, ce qui n'est pas mon cas. Mais cela n'a nullement nui à la compréhension du roman, et j'ai trouvé que c'était vraiment là du bel ouvrage !!
Le bon docteur Pascal, que, donc, je ne situais pas très bien au-début dans la saga des RM puisque comme je viens de le dire je ne les ai pas tous lus, à l'approche de la soixantaine vit retiré dans sa maison de la Souleiade à Plassans, nom imaginaire pour la ville d'Aix en Provence où il a exercé sa vie durant. Il se consacre tout entier à ses recherches sur l'hérédité. Sa mère lui ayant rebattu les oreilles qu'il était différent, “en dehors de la famille” et lui se sentant effectivement comme un étranger parmi les siens, se sentant épargné même par les tares et déviances de toutes sortes qui ont fait le lot de cette famille, il a donc basé ses recherches à partir l'étude de sa propre famille. C'est ainsi que tout au long du livre il nous prendra par la main pour nous expliquer, rétrospectivement, tous ces Rougon et ces Macquart, ce qui a animé leur vie, leurs excès et leurs drames. C'est ainsi qu'il amasse depuis des années scrupuleusement, presque compulsivement toutes les informations et moindres détails de leur vie et rédige sans relâche quantités de notes d'observations et d'hypothèses.
Auprès de lui sa fidèle servante Martine, entrée à son service au début de son installation à Plassans, Martine, dévote en diable, si j'ose dire, et que l'on devine aisément dès le début que sa fidélité au bon maître ressemble fort à de l'amour, et vivant avec lui, sa nièce Clotilde, jolie demoiselle de 25 ans, qu'il a élevé depuis l'âge de 7 ans, suite au veuvage de son frère, et qu'il aime comme la prunelle de ses yeux.
Mais voilà, il s'en découvre petit à petit épris et elle itou, ils s'aiment et ils s'en aperçoivent, et s'autorisent à le vivre sans se poser question.
Ce point du roman pourrait choquer, et je ne dis pas que je n'ai point ressenti un certain petit malaise, l'oncle ayant une relation avec sa nièce, ok ça reste dans l'atmosphère glauque et malsaine de ce que je connais de cette saga, mais curieusement, petit à petit aussi on s'apaise et leur histoire finit par nous toucher. Oui, on croit à l'amour de Clotilde pour Pascal !
Hélas derrière tout ça la pression sociale et familiale s'acharne et de pièges en pièges viendra à bout de leur résistance.
Mais un enfant a été conçu, “l'arbre prolongeant dans l'avenir ses derniers rameaux”, que sera-t-il ? Nul ne peut le dire. Cependant on en peut s'empêcher de penser que cet enfant né de l'amour certes, mais d'un inceste tout de même n'est peut être pas né sous les meilleurs auspices, mais il est la vie qui toujours gagne et qui conclut cette saga.
Indépendamment de l'intrigue et de la noirceur de certains personnages, il y a infiniment de douceur dans ce récit en même temps qu'une grande vitalité, et surtout des pages époustouflantes de beauté, les dernières notamment ont bien réussi à me couper le souffle. Bref, j'ai beaucoup aimé.
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Citations et extraits (198) Voir plus Ajouter une citation
Gwen21Gwen21   31 janvier 2018
- Prends-moi donc, puisque je me donne !
Ce ne fut pas une chute, la vie glorieuse les soulevait, ils s’appartinrent au milieu d’une allégresse. La grande chambre complice, avec son antique mobilier, s’en trouva comme emplie de lumière. Et il n’y avait plus ni peur, ni souffrances, ni scrupules : ils étaient libres, elle se donnait, en le sachant, en le voulant, et il acceptait le don souverain de son corps, ainsi qu’un bien inestimable que la force de son amour avait gagné. Le lieu, le temps, les âges avaient disparu. Il ne restait que l’immortelle nature, la passion qui possède et qui crée, le bonheur qui veut être. Elle, éblouie et délicieuse, n’eut que le doux cri de sa virginité perdue ; et lui, dans un sanglot de ravissement, l’étreignait toute, la remerciait, sans qu’elle pût comprendre, d’avoir refait de lui un homme.
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Gwen21Gwen21   26 janvier 2018
- Ah ! reprit-il, en montrant encore d’un geste les dossiers, c’est un monde, une société et une civilisation, et la vie entière est là, avec ses manifestations bonnes et mauvaises, dans le feu et le travail de forge qui emporte tout… Oui, notre famille pourrait, aujourd’hui, suffire d’exemple à la science, dont l’espoir est de fixer un jour, mathématiquement, les lois des accidents nerveux et sanguins qui se déclarent dans une race, à la suite d’une première lésion organique, et qui déterminent, selon les milieux, chez chacun des individus de cette race, les sentiments, les désirs, les passions, toutes les manifestations humaines, naturelles et instinctives, dont les produits prennent les noms de vertus et de vices. Et elle est aussi un document d’histoire, elle raconte le second empire, du coup d’État à Sedan, car les nôtres sont partis du peuple, se sont répandus parmi toute la société contemporaine, ont envahi toutes les situations, emportés par le débordement des appétits, par cette impulsion essentiellement moderne, ce coup de fouet qui jette aux jouissances les basses classes, en marche à travers le corps social… Les origines, je te les ai dites : elles sont parties de Plassans ; et nous voici à Plassans encore, au point d’arrivée.
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colimassoncolimasson   19 avril 2015
« Pourtant, il doutait de l’atavisme, son opinion était, malgré un exemple singulier pris dans sa propre famille, que la ressemblance, au bout de deux ou trois générations, doit sombrer, en raison des accidents, des interventions, des mille combinaisons possibles. Il y avait donc là un perpétuel devenir, une transformation constante dans cet effort communiqué, cette puissance transmise, cet ébranlement qui souffle la vie à la matière et qui est toute la vie. Et des questions multiples se posaient. Existait-il un progrès physique et intellectuel à travers les âges ? Le cerveau, au contact des sciences grandissantes, s’amplifiait-il ? Pouvait-on espérer, à la longue, une plus grande somme de raison et de bonheur ?
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Gwen21Gwen21   30 janvier 2018
Lui, suffoqué par l’émotion, l’avait suivie dans sa chambre ; et, comme elle n’était plus qu’en jupon, les bras nus, les épaules nues, il affecta de remarquer quelque chose à son cou.
- Tiens ! qu’est-ce que tu as donc là ? Fais voir.
Il cachait le collier dans sa main, il parvint à le lui mettre, en feignant de promener ses doigts, pour s’assurer qu’elle n’avait rien. Mais elle se débattait, gaiement.
- Finis donc ! Je sais bien qu’il n’y a rien… Voyons, qu’est-ce que tu trafiques, qu’est-ce que tu as qui me chatouiller ?
D’une étreinte, il la saisit, il la mena devant la grande psyché, où elle se vit toute. À son cou, la mince chaîne n’était qu’un fil d’or, et elle aperçut les sept perles comme des étoiles laiteuses, nées là et doucement luisantes sur la soie de sa peau. C’était enfantin et délicieux. Tout de suite, elle eut un rire charmé, un roucoulement de colombe coquette qui se rengorge.
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Cathy74Cathy74   15 mars 2017
- Et l'animalité, la bête qui souffre et qui aime, qui est comme l'ébauche de l'homme, toute cette animalité fraternelle qui vit de notre vie ! ... Oui, j'aurais voulu la mettre dans l'arche, lui faire sa place parmi notre famille, la montrer sans cesse confondue avec nous, complétant notre existence. J'ai connu des chats dont la présence était le charme mystérieux de la maison, des chiens qu'on adorait, dont la mort était pleurée et qui laissait au cœur un deuil inconsolable. J'ai connu des chèvres, des vaches, des ânes, d'une importance extrême, dont la personnalité à joué un rôle tel qu'on en devrait écrire l'histoire... Et tiens, notre Bonhomme à nous, notre pauvre vieux cheval, qui nous a servis pendant un quart de siècle, est-ce que tu ne crois pas qu'il a mêlé son sang au nôtre, et que désormais il est de la famille ? Il nous a modifié comme lui-même a un peu agi sur nous, nous finissons par être faits sur la même image ; et cela est si vrai, que, lorsque, maintenant je le vois a demi aveugle, l’œil vague, les jambes percluses de rhumatismes, je l'embrasse sur les deux joues, ainsi qu'un vieux parent pauvre, tombé à ma charge... Ah ! l'animalité, tout ce qui se traîne et tout ce qui se lamente au-dessous de l'homme, quelle place d'une sympathie immense il faudrait lui faire, dans une histoire de la vie !
Ce fut un dernier cri, où Pascal jeta l'exaltation de sa tendresse pour l'être. Il était peu à peu excité, il en arrivait à la confession de sa foi, au labeur continu et victorieux de la nature vivante.
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Alice Chemama est diplômée de L'École Nationale Supérieure des Arts Décoratifs (2017), a reçu le Premier Prix de dessin pour un carnet de voyage déjanté (Concours Libé Apaj 2016) et publiera son tout premier album chez Dargaud à la rentrée 2019 ! Jeune autrice, grand talent, l'artiste impressionne par sa créativité sans borne et son style. Son premier album, Zola, avec Méliane Marcaggi au scénario, sera à découvrir en librairies en 2019. En attendant, visitez son site https://www.alicechemama.com/
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