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> Roger Pierrot (Éditeur scientifique)

ISBN : 2253010677
Éditeur : Le Livre de Poche (1975)


Note moyenne : 3.95/5 (sur 132 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Lorsque, en 1846, Balzac publie La Cousine Bette, le roman doit constituer avec Le Cousin Pons le diptyque des Parents pauvres, l'un et l'autre accablés d'injures. Mais à la différence de Pons, qui sera le vieux musicien plein de coeur, dès l'origine La Cousine Bette de... > voir plus
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Critiques, analyses et avis

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    • Livres 5.00/5
    Par Woland, le 29 octobre 2011

    Woland
    Oh ! le beau mélo ! Sans rire, on se croirait chez l'incroyable et ébouriffant Ponson du Terrail. Jugez vous-même : une épouse fidèle (baronne Adeline Hulot d'Ervy) mais trompée de façon infâme par son mari, une espèce de vieux beau qui ruine sa famille et provoquera plus tard la mort de la digne épouse (baron Hulot d'Ervy) ; leur fille (Hortense), jeune personne "sage" et présentée comme bonne qui s'empresse de "voler" sans vergogne à sa cousine, la fameuse Bette du titre, l'homme dont celle-ci lui a pourtant avoué être amoureuse ; l'"Amoureux" en question (comte Wenceslas Steinbok), un noble polonais émigré et tombé dans la misère doublé d'un artiste-graveur exceptionnel ; un rival du baron dans le monde libertin (Célestin Crevel) qui, pour se venger de Hulot, lequel lui a pris une jeune maîtresse, entend se faire payer en nature tôt ou tard par la malheureuse Adeline ; une petite bourgeoise affairiste (Valérie Marneffe) qui s'empresse de tomber dans les bras du volage baron afin d'améliorer son ordinaire personnel et, au passage, celui de son maquereau de mari ; un beau baron brésilien (baron Montès) dont la jalousie, bafouée par Valérie, se retournera de façon horrible contre celle-ci et son époux ; et puis, bien sûr, La Cousine Bette (Lisbeth Fisher), tour à tour admirable et monstrueuse, un cerveau rendu machiavélique par les injustices subies au nom de sa laideur et de sa pauvreté, et qui mènera presque la famille Hulot d'Ervy et surtout sa cousine, Adeline, à l'abîme avec, il est vrai, l'aide puissante de la Marneffe.
    Oh ! oui ! Ponson du Terrail n'aurait pas fait mieux question mélo - et pourtant, il s'y connaissait !
    Et pourtant, voyez-vous, "La Cousine Bette" est un fabuleux roman, l'un des meilleurs selon nous De Balzac. La grâce et la fougue du génie s'y révèlent sans effort, transformant ce qui est, effectivement, au départ, un horrible mélo en un drame qui vous étreint le coeur. Certes, comme d'habitude, on regrettera quelques égarements du style - mais on était dans la première moitié du XIXème siècle et le Romantisme régnait en maître - mais on n'est pas près d'oublier ni la flamboyante, subtile - et complètement détraquée - Valérie Marneffe, ni cette énigme, tour à tour émouvante et hideuse, que restera La Cousine Bette. Eût-elle eu un peu plus d'amour dans son enfance qu'elle ne serait pas morte désespérée par une vengeance qui lui échappait.
    Quant à la fin réservée au baron, cet infâme vieux beau à qui l'on est en droit de préférer un Crevel - eh ! oui ! - ce vil remariage avec une servante-maîtresse après la mort, causée par le chagrin, de sa première épouse, elle est d'une justesse et d'un cynisme en tous points remarquables.
    Une fois encore, on ne peut que constater l'incroyable compréhension de la nature féminine qui était celle De Balzac. Car, à y bien regarder, il arrive que le lecteur (la lectrice ?) se laisse émouvoir par Mme Marneffe et par son amie Bette. Il y a, dans ces deux femmes, si pervers que soient leurs actes, une volonté de rébellion qui n'est que la conséquence de la façon dont les hommes et la société les considèrent. C'est en cela que Balzac est précieux et unique, chez les écrivains mâles de son époque. ;o)
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    • Livres 4.00/5
    Par jsgandalf, le 30 avril 2012

    jsgandalf
    « La Cousine Bette » est l'antithèse de Pons, ou lui est la gentillesse personnalisé, elle est la méchanceté dans toutes sa bassesse et sa mesquinerie. Jamais Balzac n'a brossé un portrait de femme aussi négatif. Bien que sa cousine soit malade, elle manigance pour détruire des couples et se marier, mais rien ne se passe comme elle le voudrait. Plus le temps passe et plus elle devient mauvaise. Encore un livre considéré comme un chef d'œuvre.
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    • Livres 4.00/5
    Par Dadafolie, le 07 septembre 2011

    Dadafolie
    Avec ce roman, Balzac nous livre sa vision de la société mondaine parisienne...Les bourgeois et commerçants en prennent pour leur grade!
    Que ce soit les aristocrates, les artistes, ou encore les courtisanes, La Cousine Bette nous dresse un tableau complet de ce monde fait de manipulation, de dévouement, d'amour et de tromperie, le tout tournant toujours autour de la même préoccupation: l'argent!
    Le livre est agréable à lire du fait des ses innombrables détails, ainsi que de la critique qui est faite de la société, enrobé d'ironie et de passages croustillants; le seul point que je lui reprocherai serait sa longueur, qui par moment s'étale un peu.
    Néanmoins, c'est une lecture scolaire que j'ai véritablement appréciée!
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    • Livres 4.00/5
    Par iris, le 27 février 2008

    iris
    Bette est vieille, pauvre, laide. Elle déteste sa famille heureuse et riche et jure de se venger quand sa jolie cousine lui vole l'homme qu'elle aime d'un amour platonique et sans retour. C'est l'occasion pour Balzac d' écrire une roman feuilleton génial, mordant et ironique en multipliant les scènes burlesques et outrancières et de dresser une série de portraits tous plus caricaturaux les uns que les autres. C'est drôle, méchant et incroyablement enjoué.
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    • Livres 3.00/5
    Par sylire, le 16 février 2012

    sylire
    La Cousine Bette (Lisbeth) est une vieille fille aigrie, jalouse de sa belle et riche cousine Adeline. Elle a pris sous sa protection un jeune artiste étranger, qu'elle mène au doigt et à la baguette jusqu'au jour où le jeune homme s'éprend d'Hortense, la fille d'Adeline... Furieuse, La Cousine Bette décide de se venger en s'en prenant à la famille d'Adeline toute entière. La faille est facile à trouver. Il s'agit du baron Hulot, le mari d'Adeline, un homme volage qui trompe sans vergogne sa vertueuse épouse. Quand Hulot s'entiche de Valérie, une courtisane aussi belle que perverse, la déchéance de la famille est enclenchée, car pour le malheur de la famille, Lisbeth et Valérie se rapprochent dangereusement...
    Les personnages sont volontairement caricaturaux :
    - la vertueuse Adeline (qui supporte l'inacceptable avec une patience telle qu'on voudrait la secouer comme un prunier pour l'obliger à réagir).
    - la machiavélique cousine Bette (loin d'être bête, mais particulièrement méchante).
    - la perverse courtisane, Valérie (qui manipule sans scrupules ses amants pour leur soutirer de l'argent…).
    - le baron Hulot (insatiable coureur de jupons, qui n'apprend jamais à ses dépens en dépit des leçons qu'il reçoit)
    Autour de ces quatre personnages principaux, en gravitent d'autres. Tous contribuent à la tragédie familiale dont La Cousine Bette tire les fils avec une adresse (presque) remarquable. Je dis "presque" parce qu'un retournement de situation finira par se produire…
    En dehors de quelques longueurs et digressions dont je me serais bien passée, j'ai passé un bon moment avec cette histoire sacrément bien ficelée (de la part De Balzac, je n'en attendais pas moins, cela dit…) et qui donne un aperçu des mœurs de l'époque.


    Lien : http://sylire.over-blog.com/article-la-cousine-bette-honore-de-balza..
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Citations et extraits

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  • Par Woland, le 07 février 2012

    [...] ... En examinant les fenêtres de sa nouvelle belle, [Hulot a déjà aperçu Mme Marneffe mais sans lui parler] le baron aperçut le mari qui, tout en brossant sa redingote lui-même, faisait évidemment le guet et semblait attendre quelqu'un sur la place. Craignant d'être aperçu puis reconnu plus tard, l'amoureux baron tourna le dos à la rue du Doyenné, mais en se mettant de trois-quarts afin de pouvoir y donner un coup d'oeil de temps en temps. Ce mouvement le fit rencontrer presque face à face avec madame Marneffe qui, venant des quais, doublait le promontoire des maisons pour retourner chez elle. Valérie éprouva comme une commotion en recevant le regard étonné du baron, et elle y répondit par une oeillade de prude.

    - "Jolie femme !"s'écria le baron, "et pour qui l'on ferait bien des folies !

    - Eh ! monsieur !" répondit-elle en se retournant comme une femme qui prend un parti violent. "Vous êtes bien monsieur le baron Hulot, n'est-ce pas ?"

    Le baron, de plus en plus stupéfait, fit un geste d'affirmation.

    - "Eh ! bien, puisque le hasard a marié deux fois nos yeux, et que j'ai le bonheur de vous avoir intrigué ou intéressé, je vous dirai qu'au lieu de faire des folies, vous devriez bien faire justice ... Le sort de mon mari dépend de vous.

    - Comment l'entendez-vous ?" demanda galamment le baron.

    - "C'est un employé de votre direction, à la Guerre, division de monsieur Lebrun, bureau de monsieur Coquet," répondit-elle en souriant.

    " - Je me sens disposé, madame ... madame ?

    - Madame Marneffe.

    - Ma petite madame Marneffe, à faire des injustices pour vos beaux yeux ... J'ai dans votre maison une cousine, et j'irai la voir un de ces jours, le plus tôt possible, venez m'y présenter votre requête.

    - Excusez mon audace, monsieur le baron ; mais vous comprendrez comment j'ai pu oser parler ainsi, je suis sans protection.

    - Ah ! ah !

    - Oh ! monsieur, vous vous méprenez," fit-elle en baissant les yeux.

    Le baron crut que le soleil venait de disparaître.

    ' - Je suis au désespoir mais je suis une honnête femme," reprit-elle. "J'ai perdu, il y a six mois, mon seul protecteur, le maréchal Montcornet.

    - Ah ! vous êtes sa fille.

    - Oui, monsieur, mais il ne m'a jamais reconnue.

    - Afin de pouvoir vous laisser une partie de sa fortune.

    - Il ne m'a rien laissé, monsieur, car on n'a pas trouvé de testament.

    - Oh ! pauvre petite, le maréchal a été surpris par l'apoplexie ... Allons, espérez, madame, on doit quelque chose à la fille de l'un des chevaliers Bayard de l'Empire."

    Madame Marneffe salua gracieusement et fut aussi fière de son succès que le baron l'était du sien.

    - "D'où diable vient-elle si matin ?" se demanda-t-il en analysant le mouvement onduleux de la robe auquel elle imprimait une grâce peut-être exagérée. "Elle a la figure trop fatiguée pour revenir du bain, et son mari l'attend. C'est inexplicable et cela donne beaucoup à penser. ... [...]
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  • Par LydiaB, le 04 mai 2010

    Au moment où la cousine Bette, la plus habile ouvrière de la maison Pons, où elle dirigeait la fabrication, aurait pu s’établir, la déroute de l’Empire éclata. L’olivier de la paix que tenaient à la main des Bourbons effraya Lisbeth, elle eut peur d’une baisse dans ce commerce, qui n’allait plus avoir que quatre-vingt-six au lieu de cent trente-trois départements à exploiter, sans compter l’énorme réduction de l’armée. Epouvantée enfin par les diverses chances de l’industrie, elle refusa les offres du baron, qui la crut folle. Elle justifia cette opinion en se brouillant avec M. Rivet, acquéreur de la maison Pons, à qui le baron voulait l’associer, et elle redevint simple ouvrière.

    La famille Fischer était alors retombée dans la situation précaire d’où le baron Hulot l’avait tirée.

    Ruinés par la catastrophe de Fontainebleau, les trois frères Fischer servirent en désespérés dans les corps francs de 1815. L’aîné, père de Lisbeth, fut tué. Le père d’Adeline, condamné à mort par un conseil de guerre, s’enfuit en Allemagne, et mourut à Trèves, en 1820. Le cadet, Johann, vint à Paris implorer la reine de la famille, qui, disait-on, mangeait dans l’or et l’argent, qui ne paraissait jamais aux réunions qu’avec des diamants sur la tête et au cou, gros comme des noisettes et donnés par l’empereur Johann Fischer, alors âgé de quarante-trois ans reçut du baron Hulot une somme de dix mille francs pour commencer une petite entreprise de fourrages à Versailles, obtenue au ministère de la Guerre par l’influence secrète des amis que l’ancien intendant général y conservait.
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  • Par Woland, le 07 février 2012

    [...] ... Ces malheurs de famille, la disgrâce du baron Hulot, une certitude d'être peu de chose dans cet immense mouvement d'hommes, d'intérêts et d'affaires, qui fait de Paris un enfer et un paradis, domptèrent la Bette. Cette fille perdit alors toute idée de lutte et de comparaison avec sa cousine [Adeline Hulot], après en avoir senti les diverses supériorités ; mais l'envie resta cachée dans le fond du coeur, comme un germe de peste qui peut éclore et ravager une ville, si l'on ouvre le fatal ballot de laine où il est comprimé. De temps en temps, elle se disait bien : "- Adeline et moi, nous sommes du même sang, nos pères étaient frères, elle est dans un hôtel et je suis dans une mansarde." Mais, tous les ans, à sa fête et au jour de l'An, Lisbeth recevait des cadeaux de la baronne et du baron ; le baron, excellent pour elle, lui payait son bois pour l'hiver ; le vieux général Hulot [frère du baron] la recevait un jour à dîner, son couvert était toujours mis chez sa cousine. On se moquait bien d'elle mais on n'en rougissait jamais. On lui avait enfin procuré son indépendance à Paris, où elle vivait à sa guise.

    Cette fille avait en effet peur de toute espèce de joug. Sa cousine lui offrait-elle de la loger chez elle ? ... Bette apercevait le licou de la domesticité ; maintes fois, le baron avait résolu le difficile problème de la marier ; mais, séduite au premier abord, elle refusait bientôt en tremblant de se voir reprocher son manque d'éducation, son ignorance et son défaut de fortune ; enfin, si la baronne lui parlait de vivre avec leur oncle et d'en tenir la maison à la place d'une servante-maîtresse qui devait coûter cher, elle répondait qu'elle se marierait encore bien moins de cette façon-là.

    La cousine Bette présentait dans les idées cette singularité qu'on remarque chez les natures qui se sont développées fort tard, chez les Sauvages qui pensent beaucoup et parlent peu. Son intelligence paysanne avait d'ailleurs acquis, dans les causeries de l'atelier [la cousine Bette est une ancienne ouvrière en passementerie d'or et d'argent de la Maison Pons], par la fréquentation des ouvriers et des ouvrières, une dose du mordant parisien. Cette fille, dont le caractère ressemblait prodigieusement à celui des Corses, travaillée inutilement par les instincts des natures fortes, eût aimé à protéger un homme faible ; mais à force de vivre dans la capitale, la capitale l'avait changée à la surface. Le poli parisien faisait rouille sur cette âme vigoureusement trempée. Douée d'une finesse devenue profonde, comme chez tous les gens voués à un célibat réel, avec le tour piquant qu'elle imprimait à ses idées, elle eût paru redoutable dans toute autre situation. Méchante, elle eût brouillé la famille la plus unie. ... [...]
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  • Par ceanothus, le 12 octobre 2012

    UN BALZAC INATTENDU ? Au moment où Cydalise et le baron montaient, Valérie debout devant la cheminée, où brûlait une falourde, se faisait lacer par Wenceslas. C’est le moment où la femme qui n’est ni trop grasse ni trop maigre, comme était la fine, l’élégante Valérie, offre des beautés surnaturelles. La chair rosée, à teintes moites, sollicite un regard des yeux les plus endormis. Les lignes du corps, alors si peu voilé, sont si nettement accusées par les plis éclatants du jupon et le basin du corset, que la femme est irrésistible comme tout ce qu’on est obligé de quitter. Le visage heureux et souriant dans le miroir, le pied qui s’impatiente, la main qui va réparant le désordre des boucles de la coiffure mal reconstruite, les yeux où déborde la reconnaissance ; puis le feu du contentement qui, semblable à un coucher de soleil, embrase les plus menus détails de la physionomie, tout de cette heure en fait une mine à souvenirs… Certes, quiconque jetant un regard sur les premières erreurs de sa vie y reprendra quelques-uns de ces délicieux détails, comprendra peut-être, sans les excuser, les folies de Hulot et de Crevel.
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  • Par jsgandalf, le 30 avril 2012

    ses sourcils épais réunis par un bouquet, sa face longue et simiesque laissent deviner derrière la paysanne des Vosges un caractère de sauvage

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