A peine, quelques jours après avoir reposé
Les Dames à la licorne, j'ai eu envie de retrouver la plume de
Barjavel. Par chance, m'attendait dans ma mini-pal, ce titre récupéré cet été dans la bibli à l'abandon de chez mon grand-père. Pas de résumé au dos, donc une fois de plus, totale surprise en ouvrant le bouquin. le seul indice était la référence à la pièce de
Shakespeare du même nom…
Je dois dire que j'ai eu un peu de mal à entrer dans l'histoire cette-fois-ci. Les deux premiers tiers ont un côté assez grotesque et s'il m'arrivait d'avoir le sourire, je ne comprenais pas bien où
Barjavel voulait nous emmener. Il m'a d'ailleurs fallu près d'une semaine pour lire ces 200 premières pages. Je ne trouvais pas particulièrement l'envie d'ouvrir mon livre pour en poursuivre la lecture. Et puis, je ne sais pas, si je trouvais certains détails vraiment d'actualité, l'ensemble me semblait un peu daté…
En revanche, à partir du moment où j'ai entamé la troisième partie, j'ai été incapable de reposer mon livre et j'ai lu ces 100 dernières pages d'une traite. Cette dernière partie est carrément oppressante, à la fois cohérente avec les pages précédentes et en même temps, proposant une telle rupture ! En entamant cette dernière partie, je suis littéralement restée en arrêt pendant 2 secondes, juste abasourdie par ce que je venais de lire, et ensuite j'ai tourné les pages avec frénésie tant la tension est grande. Cette dernière partie est effrayante de réalisme (SPOILER : effacé ici, à lire sur le blog). C'est franchement flippant, tant tous ces détails sortis de l'imagination de
Barjavel, collent à notre réalité, et j'ai beaucoup aimé la réflexion menée même si certaines thèses et certains thèmes m'ont un peu moins convaincue que d'autres. Petit pincement au coeur notamment, en découvrant l'évocation d'une République judéo-arabe Unie…
Si j'ai retrouvé certains aspects communs avec
La nuit des temps, j'ai ici été beaucoup plus touchée par l'histoire de Judith et Olof que par celle de Coban et Elea. Mais une fois de plus, je suis peut-être désabusée et aigrie, mais un tel amour me laisse assez dubitative…En fait, la souffrance et la soif d'absolu d'Olof m'ont touchée, mais une fois que nos deux héros sont réunis, j'y ai tout de suite moins “cru”. Cet amour trop pur, parfait, infini, exclusif m'a laissée de marbre voir agacée. de même, leur action finale m'a semblée un peu trop mélodramatique…Mais bon, comme je l'ai dit, je suis un vieux machin sociopathe et ronchon. En revanche, j'ai aimé toutes les références bibliques liées à ce couple.
Enfin, c'est assez marrant de lire ce roman en 2012, récit apocalyptique qui évoque même la prophétie de Saint Malachie. Je ne l'ai pas fait exprès et je suis horripilée par tous ces babillages sur la fin du monde prévue pour le mois de décembre, mais là le clin d'œil m'a amusée, je me suis dit que le hasard faisait quand même plutôt bien les choses. Et j'ai réalisé que j'ai énormément suivre la fuite des gens sur les routes de France, tout voir s'écrouler autour d'eux et la façon dont ils réagissaient ou bien abandonnaient. Cela m'a fait pensé à ces images de l'Exode de la population pendant la 2nde Guerre Mondiale qui illustraient mes bouquins d'histoire. C'est un thème que j'aimerai retrouver dans une future lecture…
Barjavel semble avoir si bien compris le comportement humain, c'est fascinant pour l'apprenti-anthropologue que je suis et ça me donne des envies d'expérience grandeur nature…
Bref, une lecture qui n'a pas été un coup de coeur, mais qui malgré un début difficile a su me scotcher dans les dernières pages. Cela ne sera sans doute jamais mon texte favori de
Barjavel, mais je suis contente d'avoir fait cette découverte.
Lien : http://leboudoirdemeloe.co.uk/2012/02/10/barjavel-rene-la-tempete/