ISBN : 2070384470
Éditeur : Gallimard (1992)


Note moyenne : 4.13/5 (sur 23 notes) Ajouter à mes livres
En 1967, le narrateur commence son séjour à l'hôpital de pneumophtisiologie de la Baumgartnerhöhe (en Autriche), juste à côté de l'hôpital psychiatrique du Steinhof, où Paul Wittgenstein, le neveu du célèbre philoso... > voir plus
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Critiques et avis(1)

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    • Livres 5.00/5
    Par chartel, le 15 janvier 2012

    chartel
    Fréquentant de temps en temps les salles de théâtre, j'avais rencontré les œuvres de Thomas Bernhard, notamment une lecture d'"Extinction" par Serge Merlin, et je fus saisi par son ton très acerbe et sa faculté de parler de l'essentiel de manière simple et précise. Il a donc fait de la littérature mais tout en ne voulant pas en faire. Ce petit roman, est une sorte de récit autobiographique évoquant son amitié avec Paul Wittgenstein, cette amitié n'ayant, vous l'aurez compris, rien à voir avec celles de Facebook ou Babelio. Elle repose sur des personnalités très proches, les deux personnages ayant cette capacité à dévoiler les hypocrisies de leur temps, et de la société autrichienne en particulier. Thomas Bernhard ne nous dresse pas un éloge de son ami disparu, mais cherche les raisons qui cimentèrent cette amitié. Plus que le portrait de Paul Wittgenstein, on assiste plutôt à celui de l'auteur, avec sa belle misanthropie, son esprit critique et son amour de la culture. Un homme qui écrivait pour tenter de changer le monde. Ce ne fut qu'une voix dans la cacophonie ambiante, mais son écho dure encore, j'espère qu'il se prolongera encore longtemps.
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Citations et extraits

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  • Par nastasiabuergo, le 26 mai 2012

    Tout comme d'autres essaient constamment, toute leur vie, de gagner et de garder une fortune plus ou moins grande, ou un art plus ou moins grand, voire le grand art, et n'hésitent pas, tant qu'ils vivent, à exploiter par tous les moyens et en toutes circonstances cette fortune et cet art, et à en faire le centre unique de leur vie, Paul a, toute sa vie, défendu jalousement, gardé pour lui et mis au centre de sa vie sa folie, par tous les moyens et en toutes circonstances, tout comme moi ma maladie des poumons, tout comme moi ma folie, tout comme moi en fin de compte, à partir de cette maladie des poumons et de cette folie, pour ainsi dire, mon art.
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  • Par nastasiabuergo, le 26 mai 2012

    Comme tous les autres médecins, ceux qui soignaient Paul se retranchaient derrière le latin médical, qu'ils dressaient peu à peu comme une muraille infranchissable et inexpugnable entre eux et leur patient, tout comme leurs prédécesseurs depuis des siècles, à seule fin de masquer leur incompétence et de jeter le voile sur leur charlatanisme.
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  • Par lanard, le 17 août 2010

    pp. 65-69
    Les bien-portants n’ont jamais été patients avec les malades, et, forcément, les malades pas davantage avec les bien-portants, il ne faut pas l’oublier. Car, de tout, le malade attend beaucoup plus que le bien portant, qui n’a pas besoin de tout attendre, puisqu’il est en bonne santé. Les malades ne comprennent pas les bien portants, tout comme, inversement, les bien portants ne comprennent pas les malades, et ce conflit est très souvent un conflit mortel, que le malade, en fin de compte, n’est pas de taille à affronter, mais bien entendu, pas davantage le bien portant, qu’un tel conflit, souvent, rend malade. On ne sait pas trop comment s’y prendre ave malade qui est tout à coup de retour là où, des mois ou des années plus tôt, la maladie l’a arraché, littéralement, à tout, et les bien portants, la plupart du temps n’ont pas du tout le désir d’aider le malade, en réalité ils jouent hypocritement les bons samaritains, ce qu’ils ne sont pas et ne veulent être, et ce qui, parce que c’est une hypocrisie, ne fait que nuire au malade, et ne l’aide pas le moins du monde. Le malade est en réalité toujours seul et l’aide qui lui est accordée de l’extérieur se révèle toujours être une gêne ou un dérangement, on ne le sait que trop. Le malade a besoin de l’aide la moins visible, celle que les bien-portants ne sont justement pas capable d’apporter. Ils ne font que du mal au malade avec leur hypocrite semblant d’aide et lui rendent tout difficile au lieu de tout lui faciliter. La plupart du temps les gens secourables ne portent pas secours au malade, ils ne font l’embêter. Mais le malade de retour chez lui ne peut pas se permettre de se laisser embêter. Si le malade fait remarquer qu’au lieu de l’aider, en réalité on l’embête, ceux qui faisaient uniquement semblant de l’aider lui tombent dessus. On l’accuse d’arrogance, d’égoïsme insensé, alors qu’il ne s’agit chez lui que de la plus élémentaire légitime défense. Le monde des bien-portants n’accueille le malade rentré chez lui qu’avec un semblant d’amabilité, qu’avec un semblant de serviabilité, qu’avec un semblant de dévouement ; mais si, par hasard, le malade met vraiment à l’épreuve cette amitié et cette serviabilité et ce dévouement, tout cela se révèle aussitôt n’être qu’une complaisance apparente et simulée, à quoi le malade ferait mieux de renoncer. Mais, naturellement, rien n’est plus difficile que la vraie amitié, et la vraie serviabilité, et le vrai dévouement, et la frontière entre le vrai et l’apparent est, dans ce domaine aussi, difficile à tracer. Nous croyons très longtemps qu’il s’agit de quelque chose de vrai alors qu’il ne s’agissait que de quelque chose d’apparent, ce à quoi nous sommes longtemps restés aveugles. L’hypocrisie des bien-portants à l’égard du malade est la plus répandue de toutes. Au fond, le bien-portant ne veut plus rien avoir à faire avec le malade, et il n’est pas content quand le malade, je veux parler du grand malade, prétend tout à coup avoir droit à la santé. Les bien-portants font toujours ce qu’ils peuvent pour que le malade ait du mal à recouvrer la santé, ou du moins à se normaliser à nouveau, ou du moins à améliorer son état de santé. Le bien-portant, s’il est sincère, ne veut rien avoir à faire avec le malade, et, par-là, forcément et logiquement, la mort. Les bien-portants veulent rester entre eux et parmi leurs semblables, au fond ils ne tolèrent pas le malade. (…) Pendant le temps de la maladie, dans l’intervalle donc, les bien-portants s’étaient complètement détournés du malade, ils l’avaient condamné, et ils n’avaient en cela fait que suivre leur instinct de conservation. Et celui qu’ils avaient déjà éliminé et qui, finalement, n’entrait même plus en ligne de compte, voilà tout à coup qu’il est de nouveau là et qu’il fait valoir ses droits. Et on lui fait naturellement tout de suite comprendre qu’au fond il n’a pas le moindre droit. Les malades n’ont, du point de vue des bien-portants, plus aucun droit. Je parle toujours uniquement de grands malades, qui sont malades à vie ; comme moi ou comme Paul Wittgenstein avons pu l’être. Les malades sont réduits par leur maladie à l’état d’« incapables » sous tutelle et sont livrés à la charité des bien-portants. Par sa maladie, le malade a fait place nette, et le voilà qui tout à coup réclame sa place. C’est un acte que les bien-portants ressentent toujours comme absolument inouï. Ainsi le malade de retour chez lui a toujours le sentiment de chercher brusquement à s’imposer dans un endroit où il n’a plus rien à faire. Le mécanisme est universellement connu : le malade part, il reste absent, et les bien-portants occupent aussitôt sa place, ils en prennent effectivement possession, et tout à coup le malade, qui n’est pas mort comme on le pensait, revient et veut reprendre sa place, veut en reprendre possession, ce qui indigne les bien-portants, parce que la réapparition de celui qu’ils avaient déjà rayé des effectifs les obliges à se restreindre à nouveau, ce qui va tout à fait contre leur intentions et exige de la part du malade des forces plus que surhumaines, pour simplement reprendre sa place et en reprendre possession. Il faut dire d’un autre coté, les grands malades, quand ils rentrent chez eux, procèdent à leur reprise de possession sans le moindre ménagement. Ils ont même parfis la force d’écarter et d’éliminer complètement les bien-portants, et même de les tuer. Mais ces cas sont extrêmement rares, et le plus courant et celui que j’ai déjà évoqué : le malade rentant chez lui s’attend à ne rencontrer que les plus grands ménagements, et en fin de compte il ne rencontre que la plus brutale hypocrisie, qu’avec sa clairvoyance de malade il perce tout de suite au jour. Il faut accueillir avec ménagements le malade, c’est-à-dire le grand malade, quand rentre chez lui. Mais c’est si difficile que l’on n’a presque pas d’exemple de grands malades accueillis avec ménagements quand ils rentrent chez. Les bien portants leur donnent aussitôt le sentiment qu’ils n’ont plus rien à faire ici, et, tout en disant le contraire, ils essaient par tous les moyens d’écœurer le malade qui rentre chez lui.
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  • Par Outis, le 26 septembre 2007

    Les êtres qui ont vraiment été importants dans notre vie peuvent se compter sur les doigts d’une seule main, et, bien souvent, cette main se révolte contre la perversité que nous mettons à vouloir consacrer toute une main à compter ces êtres, là où, si nous sommes sincères, nous nous en tirerions probablement avec un seul doigt. Mais, dans un état tolérable, qu’il nous faut, nous le savons bien, avec d’autant plus de raffinement que nous avançons en âge, produire par toutes les acrobaties les plus impossibles de notre tête, déjà pourtant éprouvé jusqu’aux limites de ce qu’elle peut supporter sans ces extravagances morbides, nous tombons de temps en temps, parce qu’autrement il nous faudrait renoncer, sur trois ou quatre êtres dont, à la longue, nous avons reçu quelque chose, et même beaucoup, et même qui, à certains moments, à certaines périodes cruciales de notre existence, ont tout signifié pour nous, et même, en fait, tout été pour nous, même si, en même temps, nous ne pouvons pas oublier que ces êtres sont des morts, et donc souvent des gens morts depuis longtemps déjà, car une amère expérience nous a forcément appris que nous ne pouvons pas inclure dans notre évaluation ceux qui vivent encore aujourd’hui et sont nos contemporains, voire même ceux qui marchent avec nous et à nos côtés, si nous ne voulons pas nous exposer à nous tromper à fond, de la manière la plus pénible et la plus ridicule, et surtout nous ridiculiser à nos propres yeux.
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  • Par lanard, le 17 août 2010

    pp. 40-41 Pendant un siècle, les Wittgenstein ont produit des armes et des machines, puis, pour couronner le tout, ils ont fini par produire Ludwig et Paul, le célèbre philosophe d’importance historique, et le fou non moins célèbre, et peut-être même plus célèbre encore, à Vienne du moins, et qui, au fond était tout aussi philosophe que son oncle Ludwig, tout comme, à l’inverse, Ludwig le philosophe était tout aussi fou que son neveu Paul, l’un, Ludwig, c’est sa philosophie qui l’a rendu célèbre, l’autre, Paul, sa folie. L’un, Ludwig, était peut-être plus philosophe, l’autre, Paul, peut-être plus fou, mais il se peut que nous croyions du Wittgenstein philosophe que c’est lui le philosophe parce qu’il a couché sur la papier sa philosophie, et pas sa folie, et que nous croyions que l’autre, Paul, que c’est lui le fou, que parce qu’il a refoulé sa philosophie au lieu de la publier, et n’a exhibé que sa folie. Tous deux étaient des être extraordinaires, l’un a publié son cerveau, l’autre pas.
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Chantal Thomas, Le testament d’Olympe, entretien .
Nous sommes au milieu du XVIIIe siècle, pendant la désastreuse Guerre de sept ans, sous le règne de Louis XV.Deux s?urs, Apolline et Ursule, sont les héroïnes de ce récit. Elles sont nées à Bordeaux, dans un milieu très religieux. le père, adepte de la Providence, s?adonne avec délice au bonheur de ne rien faire. La mère est en prières. La famille s?enfonce dans la misère. Ce dont Apolline s?aperçoit à peine, tandis que sa s?ur aînée, animée par l?ambition et l?esprit de liberté, n?a qu?une envie : s?enfuir. Les s?urs se perdent de vue. Apolline est mise dans un couvent, puis devient préceptrice dans un château. Elle en sort pour retrouver sa s?ur mourante, et découvrir, à travers un manuscrit, le récit de ses aventures.Ursule, rebaptisée Olympe, a réussi à se faire emmener à Paris par le duc de Richelieu, le superbe gouverneur d?Aquitaine. Elle rêve de faire carrière au théâtre, mais Richelieu l?offre à Louis XV, qui l?installe à Versailles dans sa petite maison du Parc-aux-Cerfs. Un brillant destin s?ouvre à elle?Comme Les Adieux à la Reine, ce roman est le fruit d?une alchimie entre érudition et fantaisie. On plonge dans une époque, ses couleurs, ses odeurs, ses rites, et dans un monde dominé par l?étrange duo que forment le duc de Richelieu, le plus célèbre libertin de son siècle, et le roi Louis XV, habité par le goût de la mort, le désir des femmes, et le sens du péché.Chantal Thomas a publié de nombreux essais, sur Sade (Seuil et Rivages), Casanova (Denoël), Thomas Bernhard (Seuil), Marie-Antoinette (Seuil). Elle a également écrit un livre de nouvelles, La vie réelle des petites filles (Gallimard), et Comment supporter sa liberté (Rivages). Elle est actuellement directrice de recherches au CNRS.En librairie le 9 septembre 2010Retrouvez tout l'univers de Fiction & Cie sur www.fictionetcie.com











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