ISBN : 2742773517
Éditeur : Actes Sud (2008)


Note moyenne : 3.42/5 (sur 57 notes) Ajouter à mes livres
Un été, en Normandie. Pris dans les filets d'une vie de famille, le narrateur rencontre une vieille dame singulière, Alice. Entre cet homme taciturne et cette femme trop longtemps silencieuse se noue une relation puissante, au fil des récits que fait Alice de sa jeuness... > voir plus
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Critiques et avis

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    • Livres 4.00/5
    Par lejardindestephanie, le 03 février 2012

    lejardindestephanie
    "Ne parle pas de la mer au poisson qui vit au fond du puits, il ne comprendrait pas."
    Ce proverbe chinois extrait de la collection de Clémence, suffit à dire ce qu'est ce livre.
    Le livre de l'incompréhension. L'incompréhension qui règne entre Clémence et Alice sa soeur, entre le narrateur et Anna sa femme, entre un père et sa fille, entre des Européens des années quarante et des Indiens d'Arizona.
    Encore Gallay, encore la mer, un chat, des non-dits, des lucioles qui illuminent le ventre des grenouilles, une douce violence, des rencontres, du thé, tout ce qui fait qu'on entre dans un livre, qu'on s'y installe et qu'on observe ce qui s'y passe.
    Et il se passe qu'on rencontre André Breton et sa passion pour l'art Hopi.
    Et il se passe qu'on hésite.
    Comme le père d'Alice et Clémence, qui renifle la perversité du système.

    Lien : http://ausautdulivre.blogspot.com/2012/02/definitivement-jaime.html
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    • Livres 4.00/5
    Par canel, le 28 juin 2011

    canel
    Le narrateur, enseignant en région parisienne, passe les deux mois d'été dans sa résidence secondaire de Varangeville-sur-Mer, en Seine-Maritime, avec sa femme Anna et leurs filles jumelles de 7 ans. Il rencontre par hasard Alice, une vieille femme qui vit avec sa soeur Clémence. Une relation très étrange s'instaure entre eux, le narrateur lui rend de plus en plus souvent visite. Ils se découvrent un point commun : l'intérêt pour les Indiens hopi d'Arizona, parmi lesquels a vécu Alice. Jour après jour, la vieille femme évoque sa jeunesse : son père photographe, André Breton, l'Arizona, les traditions hopi, la colonisation blanche...
    Deux histoires transversales, donc : celle d'un homme qui ne se satisfait plus de sa vie de famille, et celle d'une vieille femme qui raconte pour la première fois son adolescence en Arizona, au milieu des Indiens hopi et d'adultes blancs passionnés par ce peuple (son père et Breton...).
    Le roman se concentre autour de ces deux personnages : Alice, vieille femme insolite, difficile, abrupte, parfois tranchante et imprévisible... et le narrateur, qui laisse son couple partir à la dérive. L'attitude de cet homme met mal à l'aise : que cherche-t-il auprès de cette vieille femme, pourquoi négliger à ce point ses proches ? Sa relation avec Alice est également très surprenante, déroutante : il écoute beaucoup, il y a des moments de grande tension entre eux, mais il revient toujours la voir, malgré tout. Ils semblent très proches, mais cela semble difficile de parler d'amitié... Ainsi parle Alice à cet homme : "Quand vous n'interrogez pas, vous vous taisez, c'est pire. Vous vous taisez pour m'obliger à parler... Vous voulez quoi exactement ?" (p. 136).
    Tout le récit sur la jeunesse d'Alice est enrichissant et captivant, j'ai moins aimé les difficultés conjugales du narrateur, dont je ne parvenais pas à saisir la nature. En fait j'ai eu du mal à ressentir de l'empathie pour ces deux personnages.
    Comme dans "Les déferlantes" toutes les petites anecdotes (par exemple la mort des éléphants) sont un régal.
    L'atmosphère m'a légèrement fait penser à certains romans d'Olivier Adam : une tristesse, une menace sourdes en filigrane.
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par Nina, le 31 janvier 2009

    Nina
    « Dans l'or du temps » est un roman un peu particulier car il mêle fiction et réalité avec une aisance qui bluffe le lecteur. Et comme pour nous confirmer la véracité de cette histoire, l'auteur y glisse une touche originale : « un livre dans le livre » : Soleil Hopi de Don C.Talayesva, qui va être le fil conducteur du roman. J'ai lu ce livre il y a quelques années, c'est le témoignage poignant d'un indien Hopi sur la destruction de sa culture et de son peuple par les hommes blancs.
    Une maison de vacances au bord de la mer près de Dieppe, un couple y passe les congés d'été avec leurs deux filles, en apparence tout est banal mais l'homme qui est aussi le narrateur rencontre un peu par hasard une vieille dame, Agathe. Sa maison est remplie de souvenirs d'une époque fascinante, son père était ami avec certains surréalistes comme André Breton. Agathe raconte par bribes un passé bien particulier, son histoire est tellement incroyable que l'homme va délaisser peu à peu sa famille et passer ses journées auprès d'elle. Adolescente, Agathe accompagnait son père et ses amis surréalistes en Arizona, elle a été le témoin de la fascination que ces hommes et surtout André Breton avaient pour la culture sacrée des indiens Hopi, au point de se livrer à un pillage honteux de leur art, de ne pas respecter leur coutume en prenant des photos des rituels sacrés alors que cela était interdit. Agathe raconte cette histoire fascinante avec l'aide du livre « Soleil Hopi », et de photographies prises à l'époque, mais aussi avec les fascinantes Kachinas achetées par son père.
    Ces statues fétiches étaient censées incarnaient les esprits, on les offrait aux enfants Hopi pour les familiariser avec les dieux. Agathe livrera aussi son terrible secret, parce qu'elle n'a pas été que le témoin mais aussi la victime de l'avidité et de l'irresponsabilité de son père et de ses amis.
    André Breton est enterré au cimetière des Batignolles, il a fait graver une épitaphe sur sa tombe : je cherche l'or du temps.
    Claudie Gallay a écrit un livre remarquable. Cette fiction nous rappelle que la violence de certains peuples sur d'autres est une triste réalité.
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    Critique de qualité ? (3 votes positifs)
    • Livres 5.00/5
    Par saphoo, le 15 décembre 2010

    saphoo
    Le titre comporte une attirance particulière rappelant l'épitaphe d'André Breton, citée plus haut, il vous fait rêver avant même d'avoir lu un seul mot. Il y a comme ça des livres qui vous submergent et vous plongent dans un drôle d'état. Tout comme notre héro de ce roman, qui est attiré comme un aimant dans la demeure d'Alice, femme âgée, le rudoyant et à la fois le piégeant avec son histoire, celle de son père, d'André Breton exilé durant la seconde guerre mondiale.
    Alice nous ouvre les portes sur la culture Hopi, et détourne ce père de famille de sa femme. On ressent la faiblesse le gagner, délaissant de plus en plus sa maison pour se réfugier chez Alice, qui organise des escapades ici et là, accaparant ainsi son temps libre. Et doucement, vient les confidences d'Alice. Jusqu'au bout, l'auteur nous tient enchaîné à ce drôle de couple que forme Alice et cet homme sans nom qui boit ses mots. Anna sa femme, lui demande à plusieurs reprises ce qui l'attire chez elle, ce qu'elle lui apporte que elle-même ne peut lui donner. Interrogation que toute femme est en droit de se poser quand un homme délaisse une femme pour une autre c'est forcément qu'il y trouve autre chose.
    L'écriture n'est pas toujours poétique, mais c'est l'atmosphère qui se dégage de cette histoire qui nous subjugue tant et si bien qu'on ne peut guère lâcher le livre avant la fin. On retrouve toute la magie de Claudie Gallay, des personnages auxquels on s'attache, plus envie de les quitter, mais envie d'intervenir dans l'histoire, d'en connaître la profondeur et la matière.
    Par moments l'homme se reprend, et reste avec sa famille savourant cette vie tranquille et bien rythmée, regardant sa femme dans toute sa splendeur, chérissant ses filles, jouant avec elles, puis revient en force cette attirance vers cette demeure où se cache bien des mystères et des légendes que lui conte Alice, entourée de sa sœur Clémence, et de ce chat Voltaire, dans le jardin la présence d'un enfant qui semble juste invisible aux yeux de tous, et cette armoire emplie de souvenirs, ses pièces sans électricité, cette table figée dans le temps d' un certain Noël… Tous ces personnages, ces faits, rendent l'ambiance en apesanteur, Alice orchestrant si bien ce petit monde, sachant nourrir le suspense de jour en jour.
    L'histoire est entrecoupée par ce pan de la vie d'André Breton, nous voguons sur une double dimension spatiotemporelle de la Normandie actuelle au sein du peuple Hopi des années 40 en Arizona.
    Une lecture prenante, intéressante, passionnante… le secret d'Alice sera dévoilé qu'en fin de roman.
    C'est une lecture qui nous emporte comme la pensée des Hopi qui va au-delà du visible, c'est troublant.
    Une écriture par moments très hachée, des phrases simples et courtes dégageant cependant une rythmique et une ambiance particulière.
    J'avais aimé “Les Déferlantes”, je crois que celui-ci me plait encore plus.
    Ce livre est une belle occasion pour nous plonger à la fois dans la culture hopi et redécouvrir André Breton


    Lien : http://lesmotsdepascale.canalblog.com/archives/2010/11/15/19598245.h..
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    • Livres 3.00/5
    Par EMOTION, le 19 août 2011

    EMOTION
    Une rencontre improbable entre un homme marie et une vieille femme sur la cote normande. Des personnages destabilisants se mouvant sur un fond d'histoire, celle des Hopi,celle d' Andre Breton et des surrealistes. Une approche irrationnelle faite d'Emotion, d'inconscient, d'expression magique, d'un echange entre un homme indecis, ballote par les evenements, et une femme forte, car, comme le dit Alice, la vieille dame, souvent insupportable:" les femmes sont tellement fortes, n'est ce pas?" En tant qu'homme, je ne peux que le confirmer! Et puis une reflexion puissante et delicate sur le couple, la vieillesse, le choix.
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Citations et extraits

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  • Par lejardindestephanie, le 03 février 2012

    Ma chère Mathilde,

    Pour la danse de l'Antilope, il y avait plus de mille personnes. Des gens venus de partout, des villages alentour mais aussi de Phoenix, de Los Angeles et même de la côte Est. Très impressionnant. A en oublier l'écrasante chaleur. Breton a voulu prendre des notes. a cause de lui, je ne sais pas si nous pourrons assister à la danse du Serpent demain.
    Je me demande dans quelle mesure tout ce monde ne gâche pas la solennité des cérémonies.
    J'ai pu prendre deux photos de plus. les Hopi pensent que photographier un Indien c'est lui voler son âme. Je dois donc faire très attention.
    Otto dit qu'il m'aura un masque pour presque rien si je l'emmène avec nous à New York. Un masque, tu te rends compte? Je ne peux pourtant pas accepter...
    Je t'embrasse ainsi que Clémence.

    P.-S.: J'ai un autre enregistrement, un phénomène très rare, la pluie qui tombe et qui s'évapore avant de toucher le sol.
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  • Par lejardindestephanie, le 03 février 2012

    Ne parle pas de la mer au poisson qui vit au fond du puits, il ne comprendrait pas.
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  • Par ChezLo, le 27 novembre 2010

    Il faut lever la tête. C'est là-haut qu'ils vivent. Près du ciel et des nuages. Oraibi. Hotavilla. Ces hameaux, comme aux premiers temps du monde. De loin, on les dirait en ruine. Des vaisseaux fantômes. La terre est sèche. Ce n'est pas une terre. C'est un espace où survivre est encore plus difficile qu'ailleurs. Ils grimpent à pied, un sentier abrupt à flanc de falaise. Des marches grossièrement taillées dans la roche. Quand ils arrivent, les murs, le soleil sur la paille des murs. Flamboyant. On dirait de l'or. Ils traversent le village. Des femmes sont assises sur le devant des portes. Elles pilent le maïs. Des épis en tas, mis à sécher. Et puis le désert au loin, autour. Breton est fasciné. Dès les premiers instants. Ces indiens. La douceur de leurs visages. Leur fierté mêlée à cette douceur. Et la misère, la beauté, tout cela intimement lié.
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  • Par Neigeline, le 23 mars 2009

    Il y a tout ce que nous comprenons, tout ce que nous sommes capables de transcrire en essayant d’être au plus près. Et puis il y a le reste. Tout le reste. Le monde des apparences, des silences. La vastitude de l’innommable. Ce monde est intranscriptible. Il répond à une autre logique. Parfois même, il n’a aucun logique. Il faut décoder.
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  • Par saphoo, le 15 décembre 2010

    Il y a tout ce que nous comprenons, tout ce que nous sommes capables de transcrire en essayant d’être au plus près. Et puis il y a le reste. Tout le reste. Le monde des apparences, des silences. La vastitude de l’innommable.
    Ce monde est intranscriptible. Il répond à une autre logique. Parfois même, il n’a aucune logique.
    Il faut décoder.
    Le déplacement imperceptible. Sans doute est-ce là ce fameux pas de côté cher à André Breton. La juste mesure à prendre pour avoir une vision différente.
    Un pas peut suffire.
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Rencontre avec Claudie Gallay autour de son dernier roman " L' amour est une île " au Family de Landerneau le 14 septembre 2010.








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