Trente-huit histoires inracontables par un autre que l’auteur, fidèles à son approche quasicubiste de la narration, mais qui marquent l’accession à une maturité nouvelle.
39 nouvelles percutantes à l'humour corrosif , un vrai tableau de la société israélienne avec ses névroses , ses manques , l'aspiration au bonheur , à une vie meilleure .
Ce qui ma plu , c'est le coté dépaysant de cette lecture , qui permet de découvrir un peu la société d'un pays différent , derrière l'humour l'auteur évoque aussi la peur des attentats .
Ce livre est très visuel , c'est une écriture mordante , on part en voyage avec l'auteur pour rencontrer tous ces gens de nationalité différente qui vivent dans le même pays .
Il y a dans certaines une grande tendresse pour ces personnages toujours un peu perdants , tout est suggéré finement ; j'ai apprécié particulièrement ' repas de deuil ' avec sa note d'optimisme que l'on n'attendait plus , ' Supplément de vie ' où le fait de tromper son conjoint nous apporte un supplément de vie et bien d'autres encore .
Une lecture qui m'a ouvert une porte sur un univers que je connais à peine et qui me donne envie d'aller plus loin encore .
Après le merveilleux livre de David Groosman ' Une femme fuyant l'annonce ' et le film ' Une bouteille à la mer ' ( de Gaza ) voilà une lecture qui arrive au bon moment .
Une lecture qui je conseille à tous ceux qui aiment voyager par la lecture .
Sous le biais de nouvelles très courtes, Edgar Keret décrit les inquiétudes d'hommes et de femmes israéliens. Pour échapper à une triste réalité vécue par l'adultère, le divorce, le deuil ou les difficultés au travail, les personnages dérivent vers l'imaginaire.
J'ai particulièrement aimé dans ce livre le côté farfelu, décalé, irréel en apposition avec la réalité de la vie. L'auteur a une imagination débordante en réincarnant des personnages en caniche, en nounours ou en goyave. Une hémorroïde géante prend la place de l'humain, un poisson d'or exauce des voeux, le beau temps s'achète et les gens peuvent diviser leur âge. Mon histoire préférée est le pays des mensonges qui a donné son nom au livre. Toutes ces histoires sont contées avec un grand naturel et un humour caustique.
Mais derrière cet humour, l'auteur dépeint la société israélienne confrontée au terrorisme.
" Il dit, si tu veux obtenir quelque chose en ce pays, tu dois l'exiger de force."
Voilà un auteur que je relirais pour son imagination et son humour.
Si tu meurs d'envie de savoir ce qu'il advient de tes mensonges, ce qu'il se passe dans la tête d'une goyave, ce que peut être la vie d'une hémorroïde, pourquoi tu préfères ton chien à ton conjoint, et tant d'autres choses oscillant entre l'absurde et le farfelu, rue-toi de toute urgence sur ce petit délice de 200 pages.
Tu ris, ensuite tu réfléchis et tu pleures, parce que sous le clownesque se cache l'horreur.
Un auteur que je découvre, il est cinéaste et auteur de bandes dessinées.
J'espère avoir l'occasion de t'en parler encore.
[...]Tout le recueil se déroule sous cet auspice : pour écrire, Keret se sert du quotidien. Et chaque texte, plus ou moins métaphoriquement, parle de la situation en Israël. Comme dans ses recueils précédents, il est drôle, cynique, parfois méchant. [...]
Nouvelle après nouvelle, ce sont des univers neufs qui se succèdent sans aucun lien entre eux, souvent baroques mais ne laissant jamais indifférent le lecteur.
A son travail , il expliqua un retard de deux heures en inventant un chien de berger écrasé sur le bord de la route , qu'il avait fallu conduire chez le vétérinaire . Dans le mensonge , le chien resta paralysé de deux pattes et l'excuse passa comme une lettre à la poste . .
Au lieu d'aller se coucher , il se met devant son ordinateur et regarde son courrier . L'unique mail qu'il a reçu vient d'un imbécile avec qui il était à l'école primaire et qui a trouvé son adresse électronique sur sur un site Internet .
Un briquet , un bonbon pour la toux , un timbre -poste , une cigarette un peu tordue , un cure-dents , un mouchoir en tissu , un stylo , deux pièces de cinq shekels . Et ce n'est qu'une partie de ce que j'ai dans les poches .
Je continue de parler , parler , parler . Comme une voiture dont le frein à main est tiré , les roues bloquées , mais qui continue de glisser sur la chaussée .
Alors, tirez parti de la situation, faites-en une histoire. Sur le fait que ce n'est pas naturel, et sur comment, de cet artifice, surgit quelque chose de vrai, de passionnant.