Edgar Freemantel va nous démontrer que l'Amérique reste le continent de tout les possibles. le légendaire rêve américain n'est toutefois pas à l'abri de dérapage. C'est peut-être ce qui lui permet de glisser plus rapidement dans le chaos. Un chaos qu'Edgar ne croyait peut-être pas accessible depuis sa réussite professionnelle récompensée en millions de dollars. A 50 ans, excellent entrepreneur en travaux public, 2 enfants, mariés à une femme exemplaire, il est rattrapé par la faucheuse. Enfin presque, mais vu ce qui reste…celle-ci le choppe de prêt sur un
Chantier. Il lui en coûtera un véhicule écrasé, un bras droit en moins, le crâne fracturé à plusieurs endroits et pour le plaisir d' «
El Diablo », côtes et hanches chatouillées… Edgar en perd son langage, se découvre un comportement exécrable. Surtout sa femme, qui effrayée le quitte. Son psychologue lui conseille en plus d'une poupée anti colère (Reba), un traitement géographique pour pallier au suicide tant désiré.
C'est à la villa Big Pink sur
Duma key (une des îles du long de la côte de Floride) qu'Edgar trouvera refuge. Il se remet au dessin (si on peut dire que gribouiller quand on est au téléphone c'est dessiner), puis à la peinture. Il rencontre le jeune Jack (l'étudiant à tout faire) au petit soin pour lui. Ses nouveaux voisins, Wireman, un comique avec un pruneau dans la caboche qui vit avec Elisabeth atteinte d'Alzheimer. Une île d'estropiés en somme. Evidemment un mystère ronge l'île, une triste histoire horrible. L'inspiration d'Edgar atteint un niveau d'excellence surprenante et lui ouvre grand les portes du succès. L'horreur évoluera proportionnellement à la naissance de ses œuvres d'arts.
Cette histoire est le passage de l'incarnation du rêve américain, que représente Edgar, à la plongée dans le cauchemar américain, que subit Edgar. le fantastique, l'imaginaire, la beauté et l'horreur du tout forment une magnifique toile surréaliste. Il n'y a pas de doute. Des personnages complets, attachants, amusants, tellement écorchés et étonnement encore lucide malgré leurs vies pourries. Ils sont atteints d'une certaine manière, mais juste ce qu'il faut pour être efficace au fil de l'histoire.
Pourtant, la longueur était présente comme le coup de pinceau de trop. Je parle en format livre de poche, ici. « Je sais la longueur « d'attente » serait restée la même si je l'avais lu en format d'origine. C'était juste pour préciser où j'en étais dans mon petit format…. » Donc, l'histoire. Tout en douceur. A 400 pages, toujours tranquille, belle et étrange petit à petit. Pas de bousculade, ni de frayeurs. J'avais encore une moitié à lire donc en attente de quelque chose après une longue mise en place...Sachant que c'est dans les habitudes du king de ne pas nous présenter de la piquette et qu'il a tendance à meubler parfois, je continue. Et à 600 pages, je râle un peu : « Boudiou !(ne veut rien dire mais on peut l'interpréter comme bon sens) On dirait du Daniel Steel ou un truc dans le genre. Mince. Peut-être en attendais-je de trop. le premier king où je sens que c'est long ». Une fois ma pensée de base éructée, étonnamment c'est le moment dans le livre où tout se débloque. J'avale le reste de
Duma key en plein suspens et malaise. Bien reprit sur ce dernier quart.
En général, je n'ai pas été subjugué par cet opus même si j'ai apprécié le décor, le personnage et les interactions entre ces éléments qui donnaient « de belles couleurs ». L'écriture est parfaite, oserai-je soulever un poil négatif la dessus. Moi le Minimoys…
Je suis bien d'accord avec « Fractal framboise » et sa chronique qui est bien plus technique et complète (http://www.fractale-framboise.com/2008/02/duma-key-stephen-king/) . le coup du ventriloque est un peu gros, quid des tableaux restants (cela dit si une tempête final nettoie tout, on s'en fou un peu), la riposte est un peu facile après tant de complication pour atteindre et supprimer la force maléfique…
Finalement, c'est ouvrage est un beau dessin. Un
Dali qui te parle, que tu regardes des heures durant et tu l'interprètes avec ce que tu peux, ce que tu comprends de l'art. L'art pour l'art. Couronné du Prix
Bram Stoker 2008 quand même.