C'est la dernière œuvre achevée par
Kleist avant sa mort. Une pièce en cinq actes, qui met en scène un jeune héros romantique,
Le Prince de Hombourg, vaillant chef de guerre, animé à la fois de sentiments amoureux et de rêves de gloire. Un héros qui a du mal à faire la part entre le rêve et la réalité, cette opposition du rêve et de la réalité étant un thème éminemment romantique. Au début de la pièce, à la veille d'une bataille, il est surpris en pleine crise de somnambulisme. Plus tard, repensant à ses rêves, il n'entendra pas l'ordre capital donné par l'Electeur : pour éviter toute action prématurée,
Le Prince de Hombourg devra attendre l'ordre exprès d'attaquer l'ennemi (les Suédois ici). La victoire est remportée , mais comme la cavalerie du prince de Hombourg a attaqué trop tôt, les ponts de l'ennemi n'ont pas pu être détruits. le prince n'ayant pas exécuté tous les ordres, il encourt la peine capitale. Interviendront alors différents personnages qui demanderont sa grâce..
C'est le chef-d'œuvre du théâtre romantique allemand, qui allie la perfection de la forme, l'intensité psychologique des personnages, la beauté classique de la langue et la profondeur des réflexions. L'auteur,
Kleist, a lui-même été officier, ce qui donne une grande authenticité aux dialogues.
De très beaux thèmes développés ici : l'opposition rêve-réalkité, amour-loi, intérêt individuel-intérêt commun…
Enfin, pour les plus anciens, on ne peut qu'évoquer la magistrale interprétation de Gérard Philipe au TNP (1951) qui a joué un rôle important dans la réception de
Kleist comme auteur romantique.