ISBN : 2070122840
Éditeur : Gallimard (2009)


Note moyenne : 3.69/5 (sur 13 notes) Ajouter à mes livres
I. Le geste brutal du peintre : sur Francis Bacon
II. Romans, sondes existentielles
III. Les listes noires ou divertimento en hommage à Anatole France
IV. Le rêve de l'héritage intégral
V. Beau comme une rencontre multiple
VI. Ailleurs... > voir plus
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Critiques et avis(4)

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    • Livres 3.00/5
    Par JeanLouisBOIS, le 12 mai 2012

    JeanLouisBOIS
    Les variations Kundera
    Par Clavel André (L'Express), publié le 26/03/2009
    Dans un magistral exercice d'admiration, le romancier tchèque exhume ici, réhabilite là peintres, musiciens et écrivains. Autant de rencontres lumineuses.
    Lorsque Milan Kundera s'est enfui de la Tchécoslovaquie communiste pour s'installer en France, en 1975, il tourna la page la plus douloureuse de sa vie, sans savoir que cet exil serait pour lui une providentielle libération. «Le pays que je venais de quitter restait dans mon souvenir comme une terre d'interrogatoires et de surveillance», écrit-il dans Une rencontre. A l'époque, il ignorait qu'il aurait un jour à comparaître, lui aussi, devant ceux qu'il appelle les «directeurs de la mémoire»: en octobre 2008, il fut en effet accusé par un hebdomadaire pragois d'avoir dénoncé à la police un de ses compatriotes, en 1950. S'indignant de cette «rumeur diffamatoire», une dizaine de ténors de la littérature apportèrent alors leur soutien à l'écrivain - de Coetzee à Fuentes, de Garcia Marquez à Roth et à Rushdie - et cette affaire devint l'emblème d'une société qui est loin d'avoir réglé ses comptes avec le passé, sur les décombres du communisme.
    Quant à Kundera, silencieux comme un sphinx, selon sa vieille habitude, il publie aujourd'hui cette Rencontre, un essai où, entre deux digressions sur le problème de la mémoire - la «servante empressée du châtiment» - sont rassemblées des réflexions autour de la peinture, de la musique et de la littérature: après L'Art du roman et Les Testaments trahis, Kundera ravaude la toile de ses interrogations en réunissant sous le même regard Bacon et Rabelais, Malaparte et Césaire, Milosz et Schönberg, Janacek et Tolstoï, Céline et Anatole France, qu'il réhabilite magistralement en expliquant combien sa lecture fut décisive, quand il était jeune, pour comprendre le funeste mécanisme de la dictature stalinienne.
    D'un bout à l'autre, Une rencontre est un exercice d'admiration, souvent loin des modes et des sentiers battus. Ce qui permet à Kundera d'interpeller un Islandais oublié (Gudbergur Bergsson, qui a su évoquer les mystères de l'Enfance comme nul autre), une poétesse tchèque inconnue (Vera Linhartova, qui a écrit sur l'exil des pages définitives, aux antipodes de tout «moralisme larmoyant»), un peintre lointain (Ernest Breleur, incomparable explorateur du merveilleux antillais) ou un récit de Tolstoï, Hadji mourad, dont plus personne ne parle, bien qu'il anticipe de façon prophétique la tragédie tchétchène.
    L'artiste est seul, irrémédiablement seul
    Qu'est-ce qu'Une rencontre? «C'est une étincelle», répond Kundera, dont le livre est composé de manière presque musicale, avec ses variations, ses fugues, ses leitmotivs. Et l'auteur de l'immortalité revient à ses obsessions pour rappeler que l'artiste est toujours seul, irrémédiablement seul. Qu'il a le devoir de s'engager, oui, mais dans le secret de son oeuvre, face aux mots, aux couleurs, aux notes. Qu'il n'est jamais prisonnier d'une tradition ni d'une langue unique. Qu'il doit obstinément plonger dans les abîmes de la vie, tourner le dos aux futilités bavardes et à la sensiblerie ambiante pour lancer ce que Kundera appelle des sondes existentielles.
    «Le romancier n'est pas le valet des historiens. Il ne veut pas raconter ou commenter L Histoire, mais découvrir les aspects inconnus de l'existence humaine», disait Kundera en 2003, dans un entretien exclusif accordé à L'Express. Ces mots, chaque ligne d'Une rencontre les illustre, au fil de méditations qui sont autant de paraboles sur la façon dont les artistes affrontent l'énigme de la création. On va à leur rencontre dans ce livre fraternel, qui ressemble à une ruche bourdonnante. le miel qu'on en retire est une jouvence, un bonheur d'intelligence.

    Lien : http://www.lexpress.fr/culture/livre/une-rencontre_823405.html
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    • Livres 4.00/5
    Par claitte, le 28 avril 2012

    claitte
    C'est ici Kundera lecteur et mélomane (quand il quitte le champ de la mélanomanie), homme de son siècle (lequel ?). Défendant subjectivement des auteurs et compositeurs, le Roman sous des formes diverses ; argumentant objectivement pour plaider la cause des oubliés ou malconnus. Il livre dans cet ouvrage les clés de son oeuvre, au travers de ses passions et étonnements.
    Il donne l'impression d'un homme intègre et fidèle à ses coups de coeurs littéraires.
    Un livre à lire et relire tant il est riche...
    Une invitation à lire et à ouvrir son champ de connaissances.
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    • Livres 4.00/5
    Par blogoculture, le 24 novembre 2010

    blogoculture
    Les premières pages m'ont effrayé. Elles parlent de Bacon, de Beckett. Illustres personnages qui me sont inconnus. J'ai bien lu leur nom au détour d'un article, mais je n'en connais Pas plus. La façon naturelle dont Kundera évoque ces gens qu'il apprécie, les fait devenir rapidement familliers, et donne surtout très envie d'aller surfer pour en apprendre plus sur leur vie. Comme le disait Mimi dans un post récent, “les bons livres sont ceux qui vous donnent envie d'en ouvrir de nouveaux”, c'est chose faite, ma liste de lecture a encore pris du poids.
    ...
    La suite sur le blog!

    Lien : http://blogoculture.com/2010/11/une-rencontre/
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Critiques du Magazine Littéraire



  • Critique de Bernard Fauconnier pour le Magazine Littéraire

    Cette rencontre, nous dit Milan Kundera, c'est celle « de mes réflexions et de mes souvenirs ; de mes vieux thèmes (existentiels et esthétiques) et de mes vieux amours (Rabelais, Janácek, Fellini, Malapa... > lire la suite

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Citations et extraits

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  • Par blogoculture, le 26 novembre 2010

    la mort d’un père laisse la porte ouverte ; c’est d'ailleurs ce que nous entendons depuis notre enfance : ta vie va continuer dans tes enfants ; tes enfants sont ton immortalité. Mais si mon histoire peut continuer au-delà de ma propre vie, cela veut dire que ma vie n’est pas une entité indépendante ; cela veut dire qu’elle est inaccomplie ; cela veut dire qu’il y a quelque chose de tout à fait concret et terrestre en quoi l’individu se fond, consent à se fondre, consent à être oublié : famille, progéniture, tribu, nation.
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  • Par blogoculture, le 26 novembre 2010

    Grâce à la tradition aristocratique qui dure depuis des siècles, puis grâce à Paris, où, sur un espace étroit, toute l’élite intellectuelle du pays s’entasse et fabrique les opinions ; elle ne les propages pas par des études critiques, des discussions savantes, mais par des formules épatantes, des jeux de mots, des vacheries brillantes (c’est ainsi : les pays décentralisés diluent la méchanceté, les centralisés la condensent).
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  • Par JeanLouisBOIS, le 23 février 2012

    Ah, les années soixante chéries: j'aimais dire alors, cyniquement: le régime politique idéal, c'est une dictature en décomposition, l'appareil oppressif fonctionne d'une façon de plus en plus défectueuse, mais il est toujours là pour stimuler l'esprit critique et moqueur. (p.139-140).
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  • Par blogoculture, le 26 novembre 2010

    Dans notre temps on a appris à soumettre l’amitié à ce que l’on appelle les convictions. Et même avec la fierté d’une rectitude morale. Il faut en effet une grande maturité pour comprendre que l’opinion n’est que notre hypothèse préférée, nécessairement imparfaite, probablement transitoire, que seul les très bornés peuvent faire passer pour une certitude ou une vérité. Contrairement à la puérile fidélité à une conviction, la fidélité à un ami est une vertu, peut-être la seule, la dernière.
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  • Par JeanLouisBOIS, le 23 février 2012

    L'homme n'existe que dans son âge concret et [...] tout change avec l'âge. Comprendre l'autre signifie comprendre l'âge qu'il est en train de traverser. L'énigme de l'âge, un de ces thèmes que seul un roman peut éclaircir. (p.43).
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Vidéo de Milan Kundera

Pour Philippe Delaroche, directeur adjoint de la rédaction de Lire, le roman de Milan Kundera est celui de l'amour moderne par excellence, car il décrit les périls d'une relation consommée.








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