Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures Inscription classique

> Jean-François Patricola (Préfacier, etc.)

ISBN : 2266163779
Éditeur : Pocket (2006)


Note moyenne : 3.66/5 (sur 683 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Peut-on épouser un inconnu ? Ce n'est pas l'avis de Silvia, promise à un certain Dorante qu'elle n'a jamais vu. Avant d'accepter ce mariage, elle décide donc de tester son prétendant sans se faire connaître : elle prendra l'identit... > voir plus
Ajouter une citation Ajouter une critique

> voir toutes (37)

Critiques, analyses et avis

> Ajouter une critique

    • Livres 5.00/5
    Par juliette2a, le 13 août 2013

    juliette2a
    Quelle brillante pièce de Théâtre ! Décidemment, je suis charmée par les dramaturges français ! Après Molière, Alfred de Musset et Edmond Rostand, je découvre Marivaux, avec sa pièce Le Jeu de l'amour et du hasard.
    J'ai été emportée par l'histoire : une jeune femme, Silvia, est promise à Dorante, qui possède toutes les qualités d'un bon mari, honnête, beau, riche…Mais Silvia est farouchement opposée au mariage, et tente donc, avec la collaboration de sa femme de chambre Lisette, et de son père Monsieur Orgon, de découvrir si son prétendant est vraiment digne d'être aimé. Pour cela, elle a décidé d'échanger sa place avec Lisette, et ainsi, de mieux observer Dorante. Or, ce dernier a imaginé le même stratagème avec son valet Arlequin. Les rôles étant inversés, Silvia et Dorante seront-ils finalement faits l'un pour l'autre ?
    Le Jeu de l'amour et du hasard est une pièce relativement courte, mais tellement passionnante ! On décèle d'ailleurs de légères touches d'humour, à travers le couple Arlequin / Lisette, parfaite copie de leurs maîtres, mais plus ridicules et superficiels. Finalement, la modernité de cette pièce est ce qui m'a le plus marquée ; le mariage arrangé est ici parfaitement dénoncé par Monsieur Orgon, père compréhensif, affectueux et sincère, et l'inversion des rôles, surtout pour des aristocrates, est plutôt rare à l'époque de Marivaux. C'est sans doute pour cela que Le Jeu de l'amour et du hasard est une pièce si célèbre encore aujourd'hui, traversant les siècles sans jamais être démodée…
    A lire !!
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 39         Page de la critique

    • Livres 4.00/5
    Par Woland, le 03 mai 2015

    Woland
    Préface, notes et commentaires : Patrice Pavis
    ISBN : 9782253037866
    Légèreté apparente et finesse psychologique profonde, on pourrait résumer l'oeuvre théâtrale de Marivaux à cette formule. Quoi de plus léger en effet, tout au moins au seul coup d'oeil, que l'intrigue de ce "Jeu de l'Amour et du Hasard" ?
    Sylvia, jeune fille de bonne famille, est promise en mariage au jeune Dorante, qu'elle ne connaît pas. Mais elle ne tient pas du tout à se marier dans de telles conditions : elle se méfie de ces mariages "arrangés" qui sont pourtant l'usage de son temps. de son côté, mais sans qu'elle le sache, Dorante veut bien l'épouser mais à condition de la connaître un peu auparavant et, pour ce faire, il demande à son père de l'expédier chez son futur beau-père, M. Orgon, en tant que valet de son propre serviteur, Arlequin. le père de Dorante accepte mais prend la précaution de prévenir en cachette celui de Sylvia, lequel, à son tour, en entretient son fils, Mario.
    Le plus amusant, c'est que Sylvia, ignorante du plan conçu par Dorante, réclame en quelque sorte la réciproque à son père. Oui, elle acceptera de rencontrer Dorante mais à une seule condition : elle se fera passer pour sa soubrette, Lisette, qui, elle, tiendra son rôle.
    On ne peut pas mélanger plus les masques, tâche en laquelle Marivaux est passé maître et qui lui a permis, sans doute aucun, de tenir, sous le sceau de l'amusement et du jeu, voire de la cocasserie, un discours en filigrane qui nous semble bien plus en prise avec notre propre époque qu'avec le XVIIIème siècle. Car que demandent et Dorante et Sylvia ? D'être aimés pour ce qu'ils sont vraiment, sans qu'interviennent en l'affaire les convenances du statut social. Ils n'en seront peut-être pas plus heureux pour autant - cela, nous ne le saurons jamais - mais au moins auront-il essayé.
    Dans le miroir, la même chose va se passer pour Lisette et Arlequin. On remarquera que tous deux sont évidemment très heureux à l'idée d'épouser et d'être épousés au-dessus de leur classe. Mais, quand tombent les masques, l'un comme l'autre s'aperçoivent que, en fait, ils s'aiment eux aussi pour ce qu'ils sont.
    Véritable tourbillon de grâce qu'illuminent des dialogues débordants d'esprit, "Le Jeu de l'amour et du hasard" vaut bien mieux que ce dont il a l'air. Certes, Marivaux fait appel aux astuces habituelles du théâtre de son temps et cette double coïncidence aurait eu fort peu de chance de se produire dans le monde réel. Mais l'histoire, si ténue qu'elle paraisse, enchante et révèle des personnages bien plus profonds qu'ils ne tiennent à le paraître. Tous se posent la grande et éternelle question de l'entente amoureuse : peut-elle exister ? peut-elle durer ? plus encore, peut-on être réellement heureux en défiant les conventions sociales ?
    Si l'on réfléchit un peu, on se dit que Marivaux se garde bien, en homme avisé, de nous fournir des réponses que lui-même ne connaît pas. Incurable optimiste, il suggère néanmoins que oui : cela se peut. Mais il conserve en lui une pointe de lucidité cynique, que le lecteur plus âgé percevra sans doute plus facilement qu'un être dépourvu de moins d'expérience, et qui redoute que non : cela ne se peut point.
    Pour autant, faut-il ne pas essayer ? Faut-il, en somme, ne jamais prendre de risque, ne jamais tenter sa chance ? ...
    En bon Verseau que je suis, je vous réponds, avec Marivaux qui, lui aussi, était Verseau : "Prenez des risques ! Tentez votre chance !" Mais, en bon Verseau aussi, j'ajouterai par précaution ce que, au siècle suivant, devait affirmer en consolation le grand Tennyson : "Mieux vaut avoir aimé en vain que de n'avoir jamais aimé ..." ;o)
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 5         Page de la critique

    • Livres 3.00/5
    Par kathy, le 16 janvier 2013

    kathy
    Silvia et Dorante contraints par leurs pères à se marier sans se connaître, imaginent un stratagème pour se découvrir avant de convoler. Chacun de son côté et à l'insu de l'autre, décide d'échanger ses habits avec son domestique, qui eux prendront la place de leur maitre. Dans un décor de cubes mouvants et transparents, figurant le labyrinthe du coeur, nous assistons à une troublante partie de cache cache dans le cadre d'un spectacle de la Comédie Française diffusé hier soir sur France 2. Une belle performance mise en scène par Stoev Galin.
    Au final, Le Jeu de l'amour et du hasard, une pièce de Marivaux à la fois légère et cruelle.
    http://www.france2.fr/videos/75534021
    http://www.francetv.fr/culturebox/le-jeu-de-lamour-et-du-hasard-le-bijoux-de-marivaux-ce-soir-sur-france-2-130973
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 13         Page de la critique

    • Livres 4.00/5
    Par JacobBenayoune, le 22 novembre 2013

    JacobBenayoune
    Il ne s'agit surtout pas des éclats de rire qu'on a en lisant du Molière, cependant, la bonne humeur et le sourire sans au rendez-vous.
    Marivaux traite d'un sujet en vogue au XVIIIème siècle (et peut-être encore à notre époque), à savoir Le Mariage Forcé. La famille riche qui impose un mari à sa fille. Marivaux est plus proche de La Bruyère que Molière puisqu'il suit le acheminement naturel du caractère de ses personnages. Lui qui trouvait que Molière forçait leur caractère.
    Marivaux choisit le déguisement comme moteur à sa pièce (et vous savez ce que cela a donné). L'absurdité et la préciosité ridicule des servants et surtout Arlequin assurent le ton comique, ainsi que les apparitions furtives de Mario qui ricane et se moque de sa sœur.
    Marivaux nous présente deux visions des choses chez les deux héroïnes: la soubrette qui cherche un mari qui lui assure protection et tendresse et sa maîtresse qui veut vivre les délices de l'amour conjugal.
    Une dernière chose, on apprécie ce marivaudage, style précieux apanage de ce grand dramaturge. Surtout dans les répliques de Dorante.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 11         Page de la critique

    • Livres 4.00/5
    Par Jackiedream, le 28 mars 2015

    Jackiedream
    Dorante est promis à Silvia, la fille d'Orgon. Une rencontre est décidée entre les futurs époux, mais ils ne se doutent pas qu'ils ont chacun imaginé le même stratagème : échanger leurs places avec celles de leurs valets afin d'apprendre à connaître l'autre.
    J'ai beaucoup aimée cette pièce. Je l'ai trouvée redoutablement efficace et l'idée de départ est vraiment originale. Aucune scène n'est en trop, on ne s'ennuie pas, la fin arrive au bon moment, la lecture est rapide. Le rire est au rendez-vous (enfin, le sourire plutôt car je ne ris pas à gorge déployée dans les transports en commun). Le comique est très réussi, on enchaîne les quiproquos. Le lecteur lui-même finit par se perdre dans le noeud dramatique, à savoir qui est qui et qui aime qui... La lecture fut fort agréable, sans prise de tête, les personnages sont attachants. Je n'ai pas grand chose à dire car à mon sens il s'agit vraiment d'une intrigue bien menée, bien ficelée. Le comique fonctionne sans tomber dans le grotesque. On se concentre vraiment sur le noeud, sur les quatre personnages principaux, sur leurs démêlés sentimentaux. Finalement la pièce est assez simple, la fin est attendue mais je pense que l'auteur remplit parfaitement son objectif qui est de distraire et d'amuser sur fond de dichotomie entre les valets et les maîtres. Mais au final, les moeurs ne sont pas bousculées : la servante épouse le valet, les bourgeois se marient entre eux...

    Lien : http://lantredemesreves.blogspot.fr/
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 14         Page de la critique

> voir toutes (38)

Citations et extraits

> Ajouter une citation

  • Par Woland, le 03 mai 2015

    [...] ... SYLVIA : Si je n'aimais pas cet homme-là, avouons que je serais bien ingrate.

    MARIO, riant : Ah ! ah ! ah ! ah !

    MONSIEUR ORGON : De quoi riez-vous, Mario ?

    MARIO : De la colère de Dorante, qui sort, et que j'ai obligé de quitter Lisette.

    SYLVIA : Mais que vous a-t-il dit dans le petit entretien que vous avez eu tête à tête avec lui ?

    MARIO : Je n'ai jamais vu homme ni plus intrigué ni de plus mauvaise humeur.

    MONSIEUR ORGON : Je ne suis pas fâché qu'il soit la dupe de son propre stratagème, et d'ailleurs à le bien prendre il n'y a rien de si flatteur ni de si obligeant pour lui que tout ce que tu as fait pour lui jusqu'ici, ma fille ; mais en voilà assez.

    MARIO : Mais où en est-il précisément, ma soeur ?

    SYLVIA : Hélas, mon frère, je vous avoue que j'ai lieu d'être contente.

    MARIO : Hélas, mon frère, dit-elle ! Sentez-vous cette paix douce qui se mêle à ce qu'elle dit ?

    MONSIEUR ORGON : Quoi, ma fille, tu espères qu'il ira jusqu'à t'offrir sa main dans le déguisement où te voilà ?

    SYLVIA : Oui, mon cher père, je l'espère.

    MARIO : Friponne que tu es, avec ton cher père ! tu ne nous grondes plus à présent, tu nous dis des douceurs.

    SYLVIA : Vous ne me passez rien.

    MARIO : Ah ! ah ! je prends ma revanche ; tu m'as tantôt chicané sur mes expressions, il faut bien à mon tour que je badine un peu sur les tiennes ; ta joie est bien aussi divertissante que l'était ton inquiétude.

    MONSIEUR ORGON : Vous n'aurez point à vous plaindre de moi, ma fille, j'acquiesce à tout ce qui vous plaît. ... [...]
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 3         Page de la citation

  • Par Thifaine, le 12 avril 2012

    Tu ne sais ce que tu dis, dans le mariage, on a plus souvent affaire à l'homme raisonnable qu'à l'aimable homme: en un mot, je ne lui demande qu'un bon caractère, et cela est plus difficile à trouver qu'on ne pense. On loue beaucoup le sien, mais qui est-ce qui a vécu avec lui? Les hommes ne se contrefont-ils pas, surtout quand ils ont de l'esprit? N'en ais-je pas vu moi qui paraissent avec leurs amis les meilleurs gens du monde? C'est la beauté, la douceur, l'enjouement même, il n'y a pas jusqu'à leur physionomie qui ne soit garante de toutes les bonnes qualités qu'on leur trouve [...] Oui, fiez vous y à cette physionomie si douce, si prévenante, qui disparaît un quart d'heure après pour laisser place à un visage sombre, brutal, farouche, qui devient l'effroi de toute une maison.

    Acte I Scène 1
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 6         Page de la citation

  • Par Woland, le 03 mai 2015

    [...] ... MONSIEUR ORGON : Ne l'amusez pas, Mario, venez, vous saurez de quoi il s'agit.

    MARIO : Qu'y a-t-il de nouveau, Monsieur ?

    MONSIEUR ORGON : Je commence par vous recommander d'être discret sur ce que je vais vous dire, au moins.

    MARIO : Je suivrai vos ordres.

    MONSIEUR ORGON : Nous verrons Dorante aujourd'hui ; mais nous ne le verrons que déguisé.

    MARIO : Déguisé ! Viendra-t-il en partie de masque, lui donnerez-vous le bal ?

    MONSIEUR ORGON : Ecoutez l'article de la lettre du père. Hum ... "Je ne sais au reste ce que vous penserez d'une imagination qui est venue à mon fils ; elle est bizarre, il en convient lui-même, mais le motif en est pardonnable et même délicat ; c'est qu'il m'a prié de lui permettre de n'arriver d'abord chez vous que sous la figure de son valet, qui de son côté fera le personnage de son maître."

    MARIO : Ah ! Ah ! cela serait plaisant.

    MONSIEUR ORGON : Ecoutez le reste ... "Mon fils sait combien l'engagement qu'il va prendre est sérieux, et il espère, dit-il, sous ce déguisement de peu de durée, saisir quelques traits du caractère de notre future et la mieux connaître, pour se régler ensuite sur ce qu'il doit faire, suivant la liberté que nous sommes convenus de leur laisser. Pour moi, qui m'en fie bien à ce que vous m'avez dit de votre aimable fille, j'ai consenti à tout en prenant la précaution de vous avertir, quoiqu'il m'ait demandé le secret de votre côté ; vous en userez là-dessus avec la future comme vous en jugerez à propos ..." Voilà ce que le père m'écrit. Ce n'est pas le tout, voici ce qui arrive ; c'est que votre soeur, inquiète de son côté sur le chapitre de Dorante, dont elle ignore le secret, m'a demandé de jouer ici la même comédie, et cela précisément pour observer Dorante, comme Dorante veut l'observer. Qu'en dites-vous ? Savez-vous rien de plus particulier que cela ? Actuellement, la maîtresse et la servante se travestissent. Que me conseillez-vous, Mario, avertirai-je votre soeur ou non ? ... [...]
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 1         Page de la citation

  • Par VACHARDTUAPIED, le 11 avril 2013

    DORANTE
    Tu ne dois la confidence que je vais te faire, qu'à l'estime que j'ai pour toi.
    SILVIA
    Je le crois ; mais tâche de m'estimer sans me le dire, car cela sent le prétexte.
    DORANTE
    Tu te trompes, Lisette : tu m'as promis le secret ; achevons, tu m'as vu dans de grands mouvements, je n'ai pu me défendre de t'aimer.
    SILVIA
    Nous y voilà, je me défendrai bien de t'entendre, moi ; adieu.
    DORANTE
    Reste, ce n'est plus Bourguignon qui te parle.
    SILVIA
    Eh qui es-tu donc ?
    DORANTE
    Ah, Lisette ! C'est ici où tu vas juger des peines qu'a dû ressentir mon coeur.
    SILVIA
    Ce n'est pas à ton coeur à qui je parle, c'est à toi.
    DORANTE
    Personne ne vient-il ?
    SILVIA
    Non.
    DORANTE
    L'état où sont toutes les choses me force à te le dire, je suis trop honnête homme pour n'en pas arrêter le cours.
    > lire la suite

    Commenter     J’apprécie          0 2         Page de la citation

  • Par DBC-Anais, le 13 janvier 2013

    Je n'ai fait qu'une faute, c'est de n'être pas parti dès que je t'ai vue.

    Commenter     J’apprécie          0 17         Page de la citation

> voir toutes (17)

Video de Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux

>Ajouter une vidéo
Vidéo de Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux

Extrait de la pièce de théâtre "L'Ile des Esclaves" de Marivaux, mise en scène Irina Brook. Réalisation : Roberto-Maria Grassi











Sur Amazon
à partir de :
0,01 € (neuf)
0,29 € (occasion)

   

Faire découvrir Le Jeu de l'amour et du hasard par :

  • Mail
  • Blog

> voir plus

Lecteurs (2226)

Auteurs proches de Pierre Carlet de Chamblain de Marivaux

> voir plus

Quiz