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Jean-François Patricola (Préfacier, etc.)
ISBN : 2266163779
Éditeur : Pocket (13/06/2006)

Note moyenne : 3.68/5 (sur 967 notes)
Résumé :
Peut-on épouser un inconnu ? Ce n'est pas l'avis de Silvia, promise à un certain Dorante qu'elle n'a jamais vu. Avant d'accepter ce mariage, elle décide donc de tester son prétendant sans se faire connaître : elle prendra l'identité et les attributs de sa servante Lisette, pendant que celle-ci se fera passer pour Silvia. Mais ce qui était une bonne idée se transforme en situation cocasse, puisque Dorante a lui aussi ... >Voir plus
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Critiques, Analyses & Avis (56) Voir plus Ajouter une critique
juliette2a
13 août 2013
★★★★★
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Quelle brillante pièce de théâtre ! Décidemment, je suis charmée par les dramaturges français ! Après Molière, Alfred de Musset et Edmond Rostand, je découvre Marivaux, avec sa pièce le Jeu de l'Amour et du hasard.
J'ai été emportée par l'histoire : une jeune femme, Silvia, est promise à Dorante, qui possède toutes les qualités d'un bon mari, honnête, beau, riche…Mais Silvia est farouchement opposée au mariage, et tente donc, avec la collaboration de sa femme de chambre Lisette, et de son père Monsieur Orgon, de découvrir si son prétendant est vraiment digne d'être aimé. Pour cela, elle a décidé d'échanger sa place avec Lisette, et ainsi, de mieux observer Dorante. Or, ce dernier a imaginé le même stratagème avec son valet Arlequin. Les rôles étant inversés, Silvia et Dorante seront-ils finalement faits l'un pour l'autre ?
Le Jeu de l'Amour et du hasard est une pièce relativement courte, mais tellement passionnante ! On décèle d'ailleurs de légères touches d'humour, à travers le couple Arlequin / Lisette, parfaite copie de leurs maîtres, mais plus ridicules et superficiels. Finalement, la modernité de cette pièce est ce qui m'a le plus marquée ; le mariage arrangé est ici parfaitement dénoncé par Monsieur Orgon, père compréhensif, affectueux et sincère, et l'inversion des rôles, surtout pour des aristocrates, est plutôt rare à l'époque de Marivaux. C'est sans doute pour cela que le Jeu de l'Amour et du hasard est une pièce si célèbre encore aujourd'hui, traversant les siècles sans jamais être démodée…
A lire !!
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Chocolatiine
25 septembre 2015
★★★★★
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Silvia a été promise en mariage à Dorante, à la condition que les fiancés se plaisent. Afin de l'étudier plus à son aise, la jeune fille prend la place de Lisette, sa servante, qui elle-même jouera le rôle de sa maîtresse. le procédé est ingénieux et comique mais se retournera contre elle car Dorante a eu la même idée : il s'est travesti en Bourguignon tandis que son valet Arlequin joue au monsieur.
Voila donc la fille d'un gentilhomme désespérée de tomber sous le charme de celui qu'elle croit être un valet. Voila donc le noble Dorante mourant d'amour pour une prétendue femme de chambre. Quel quiproquo ! Silvia ne laissera tomber le masque que lorsque Dorante, qui a fini par lui avouer son identité, ira jusqu'à demander en mariage la belle déguisée en domestique.
Pour un premier contact avec les pièces de Marivaux, je suis enchantée ! Seule une bonne heure suffit à lire celle-ci et on ne s'ennuie pas une minute.
La préface nous apprend que Marivaux, trop moderne pour son époque, a été, comme tous les visionnaires, souvent très mal considéré en son temps. Aujourd'hui, les théories sur l'amour ou le mariage défendues par lui semblent tout à fait d'actualité.
Challenge Petits plaisirs 2014/2015
Challenge ABC 2015/2016
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missmolko1
09 septembre 2015
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Cette première rencontre avec Marivaux est un succès car j'ai adoré le jeu de l'amour et du hasard.
C'est une pièce très drôle qui mêle quiproquo et jeu d'acteur.
On y fait la connaissance de Silvia, sur le point d'épouser Dorante, mais ils ne se connaissent pas et pour mieux s'observer et apprendre a se connaître, ils ont tous deux la même idée : de se déguiser et se faire passer pour leur servante / valet. C'est forcement très drôle de voir les domestiques qui surjoue leur rôle, et puis pour les deux aristocrates, c'est assez déstabilisants. le père et Mario, le frère de Silvia, sont au courant de la supercherie et bien sur ils ne perdent pas une miette.
C'est une pièce tellement drôle qu'elle se lit très vite, la plume de Marivaux est aussi très belle et n'a pas pris une ride ce qui rend la pièce très fluide a la lecture bien sur la voir jouer et bien mieux.
Dans la foulé, j'ai donc visionné sur youtube, la pièce mise en scène par Galin Stoev en 2011 a la Comédie Française avec les merveilleux avec Léonie Simaga et Alexandre Pavloff qui interprètent a merveille Silvia et Dorante.
Si au départ, je m'attendais a une version plus traditionnelle avec de beaux costumes d'époque, j'ai aimé par la suite la modernité et le jeu des acteurs est tellement bon que je me suis vite laissée séduire.

La première partie est disponible ici :
https://www.youtube.com/watch?v=YWSwrFM1nUE
Lien : http://missmolko1.blogspot.i..
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Relax67
30 décembre 2016
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Voilà une comédie bien agréable pour une fin d'année.
On est chez des bourgeois aisés. Monsieur Orgon veut marier sa fille Silvia avec Dorante, le fils d'un très bon ami. Les deux jeunes gens ne se connaissent que par des ouï-dire favorables, mais ils se méfient : il y a tant de gens qui cachent sous une masque public une âme sombre, ma bonne dame ! Chacun dans son coin décide d'échanger les rôles avec leur servante / valet lors de la rencontre, afin de prendre le temps d'étudier leur promis(e).
Et Dorante en serviteur de trouver Lisette (en réalité Silvia) bien plus alléchante que sa maîtresse. Et Silvia de juger Arlequin (en réalité Dorante) plus urbain que son grossier maître.
Et l'amour naît… mais le mur infranchissable du statut social les sépare : comment ! S'enticher d'un serviteur ? Inacceptable ! S'amouracher d'une servante ? Impossible !
Et la situation se reproduit en papier calque chez les serviteurs qui jouent les maîtres. Comment ! Se laisser aimer d'un seigneur ? Inimaginable ! Accepter les avances d'une Dame ? Impensable !
Seuls Monsieur Orgon et son fils Mario savent, et jouent de la situation, laissant pousser les graines de l'amour avant de dévoiler le pot aux roses, à Silvia d'abord, qui va pousser loin son avantage (trop à mon goût) afin d'acquérir l'absolue certitude de l'amour que Dorante lui porte.
Le jeu des quiproquos proche du théâtre de boulevard est très efficace et je m'en suis beaucoup amusé. On sent toutefois qu'il s'agit d'aller plus loin que simplement faire rire. Il s'agit de ridiculiser les structures de classe qui obligent de se déplacer avec un masque et de considérer le monde à travers un filtre faussé. de la part d'un noble, même provincial, c'est assez révolutionnaire je trouve.
Mais foin de détails satiriques ! J'ai lu cette pièce pour m'amuser et elle a atteint son but. Seul petit écueil : les tournures de phrases sont parfois bizarres, obligeant à comprendre le sens de manière globale seulement. J'ai eu un peu de mal à saisir « Voilà un garçon qui me surprend, malgré que j'en aie. » ou bien « je suis fâchée de vous dire que c'est une idée » ; cette dernière signifiant probablement « je suis contrainte de vous dire que vous vous faites des idées ». Parlait-on vraiment comme ça au 18ème siècle ? Apparemment, D Alembert considérait Marivaux comme auteur de phrases particulièrement alambiquées, ce en quoi je suis d'accord.
Mais moi j'aime bien Marivaux, alors que D Alembert non.
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Darkcook
05 novembre 2016
★★★★★
★★★★★
Retour au théâtre et à Marivaux. Avec encore un classique de chez classique que j'aurais dû lire plus tôt, infiniment célèbre, et infiniment beau. le Jeu de l'amour et du hasard, où deux jeunes promis échangent leurs rôles avec leurs domestiques pour évaluer leur fiancé(e) et, comme le dit très bien la quatrième de couverture du Folio Théâtre, se retrouvent malgré le costume. Transcendé il y a deux ans par le cours de Fabrice Chassot de l'Université Toulouse-II sur son roman méconnu La Vie de Marianne, je voulais revenir à cet auteur magnifique du XVIIIème siècle, à l'oeuvre très subtile, à la langue merveilleuse, bien qu'entortillée, reproche même de ses contemporains. Cette pièce me rappelle mon amour de longue date du théâtre, que j'ai injustement délaissé dans mes lectures, il faut que j'y revienne!
Marivaux est véritablement passionnant à lire et à analyser : il est constamment dans la thématique de la posture, de l'attitude, de la physionomie, du verbe juste ou pas qui peut tout changer dans les rapports humains. Comme dans La Vie de Marianne, tout se joue ainsi sur le langage et la tenue. Dorante et Silvia, même travestis en serviteurs, ont ainsi l'instinct que l'autre devrait appartenir à la bourgeoisie ou l'aristocratie, et il y a une différence béante de registre entre eux et le couple Arlequin et Lisette déguisé en maîtres. Comme souvent répété par F.Chassot, Marivaux n'est pas Beaumarchais, et chez lui, malgré ce jeu avec la naissance et la condition sociale, il n'y a pas de revendication à la Figaro, le haut est le haut, et le bas est le bas. Dorante consent cependant à épouser Sylvia même en la croyant simple soubrette, geste chevaleresque à l'image de cette écriture de toute beauté. Par deux fois, je sortais du bus complètement immergé dans cet univers, pour en être violemment arraché par... les affiches de Brice 3 dans l'infâme métro toulousain. Oui, plus ça va, plus je deviens un réac anti-moderne (mais un réac hugolien!)
Marivaux me fait un peu penser à Shakespeare, dans l'importance du théâtre dans son oeuvre, avec ses personnages consciemment acteurs et metteurs en scène, dans le méta-théâtre... Dans une proportion moindre que le grand William, bien sûr. Encore une fois, il est bien plus intéressant à étudier qu'on ne le pense, et trop souvent résumé à ce qu'on a appelé les marivaudages.
Une pièce d'une efficacité à toute épreuve, on aurait voulu qu'elle continue encore...
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Citations & extraits (45) Voir plus Ajouter une citation
ChocolatiineChocolatiine25 septembre 2015
SILVIA : [...] Je vais vous parler à coeur ouvert. Vous m'aimez ; mais votre amour n'est pas une chose bien sérieuse pour vous. Que de ressources n'avez-vous pas pour vous en défaire ! La distance qu'il y a de vous à moi, mille objets que vous allez trouver sur votre chemin, l'envie qu'on aura de vous rendre sensible, les amusements d'un homme de votre condition, tout va vous ôter cet amour dont vous m'entretenez impitoyablement. Vous en rirez peut-être au sortir d'ici, et vous aurez raison. Mais moi, Monsieur, si je m'en ressouviens, comme j'en ai peur, s'il m'a frappée, quel secours aurai-je contre l'impression qu'il m'aura faite? Qui est-ce qui me dédommagera de votre perte? Qui voulez-vous que mon coeur mette à votre place? Savez-vous bien que, si je vous aimais, tout ce qu'il y a de plus grand dans le monde ne me toucherait plus? Jugez donc de l'état où je resterais. Ayez la générosité de me cacher votre amour. Moi qui vous parle, je me ferais un scrupule de vous dire que je vous aime, dans les dispositions où vous êtes. L'aveu de mes sentiments pourrait exposer votre raison, et vous voyez bien aussi que je vous les cache.

DORANTE : Ah ! ma chère Lisette, que viens-je d'entendre? Tes paroles ont un feu qui me pénètre. Je t'adore, je te respecte. Il n'est ni rang, ni naissance, ni fortune qui ne disparaisse devant une âme comme la tienne. J'aurais honte que mon orgueil tînt encore contre toi, et mon coeur et ma main t'appartiennent.
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Relax67Relax6729 décembre 2016
SILVIA: Monsieur un tel a l'air d'un galant homme, d'un homme bien raisonnable, disait-on tous les jours d'Ergaste. - Aussi l'est-il, répondait-on ; je l'ai répondu moi-même ; sa physionomie ne vous ment pas d'un mot. Oui, fiez-vous-y à cette physionomie si douce, si prévenante, qui disparaît un quart d'heure après, pour faire place à un visage sombre, brutal, farouche, qui devient l'effroi de toute une maison ! Ergaste s'est marié ; sa femme, ses enfants, son domestique, ne lui connaissent encore que ce visage-là, pendant qu'il promène partout ailleurs cette physionomie si aimable que nous lui voyons, et qui n'est qu'un masque qu'il prend au sortir de chez lui.
(Acte I, scène 1)
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Relax67Relax6730 décembre 2016
MONSIEUR ORGON: Eh bien, que vous importe ? S'il vous aime tant, qu'il vous épouse !
LISETTE: Quoi ! vous ne l'en empêcheriez pas ?
MONSIEUR ORGON: Non, foi d'homme d'honneur, si tu le mènes jusque-là.
LISETTE: Monsieur, prenez-y garde. Jusqu'ici je n'ai pas aidé à mes appas, je les ai laissés faire tout seuls, j'ai ménagé sa tête ; si je m'en mêle, je la renverse ; il n'y aura plus de remède.
MONSIEUR ORGON: Renverse, ravage, brûle, enfin épouse ; je te le permets, si tu le peux.
(Acte II, scène 1)
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ThifaineThifaine12 avril 2012
Tu ne sais ce que tu dis, dans le mariage, on a plus souvent affaire à l'homme raisonnable qu'à l'aimable homme: en un mot, je ne lui demande qu'un bon caractère, et cela est plus difficile à trouver qu'on ne pense. On loue beaucoup le sien, mais qui est-ce qui a vécu avec lui? Les hommes ne se contrefont-ils pas, surtout quand ils ont de l'esprit? N'en ais-je pas vu moi qui paraissent avec leurs amis les meilleurs gens du monde? C'est la beauté, la douceur, l'enjouement même, il n'y a pas jusqu'à leur physionomie qui ne soit garante de toutes les bonnes qualités qu'on leur trouve [...] Oui, fiez vous y à cette physionomie si douce, si prévenante, qui disparaît un quart d'heure après pour laisser place à un visage sombre, brutal, farouche, qui devient l'effroi de toute une maison.

Acte I Scène 1
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WolandWoland03 mai 2015
[...] ... SYLVIA : Si je n'aimais pas cet homme-là, avouons que je serais bien ingrate.

MARIO, riant : Ah ! ah ! ah ! ah !

MONSIEUR ORGON : De quoi riez-vous, Mario ?

MARIO : De la colère de Dorante, qui sort, et que j'ai obligé de quitter Lisette.

SYLVIA : Mais que vous a-t-il dit dans le petit entretien que vous avez eu tête à tête avec lui ?

MARIO : Je n'ai jamais vu homme ni plus intrigué ni de plus mauvaise humeur.

MONSIEUR ORGON : Je ne suis pas fâché qu'il soit la dupe de son propre stratagème, et d'ailleurs à le bien prendre il n'y a rien de si flatteur ni de si obligeant pour lui que tout ce que tu as fait pour lui jusqu'ici, ma fille ; mais en voilà assez.

MARIO : Mais où en est-il précisément, ma soeur ?

SYLVIA : Hélas, mon frère, je vous avoue que j'ai lieu d'être contente.

MARIO : Hélas, mon frère, dit-elle ! Sentez-vous cette paix douce qui se mêle à ce qu'elle dit ?

MONSIEUR ORGON : Quoi, ma fille, tu espères qu'il ira jusqu'à t'offrir sa main dans le déguisement où te voilà ?

SYLVIA : Oui, mon cher père, je l'espère.

MARIO : Friponne que tu es, avec ton cher père ! tu ne nous grondes plus à présent, tu nous dis des douceurs.

SYLVIA : Vous ne me passez rien.

MARIO : Ah ! ah ! je prends ma revanche ; tu m'as tantôt chicané sur mes expressions, il faut bien à mon tour que je badine un peu sur les tiennes ; ta joie est bien aussi divertissante que l'était ton inquiétude.

MONSIEUR ORGON : Vous n'aurez point à vous plaindre de moi, ma fille, j'acquiesce à tout ce qui vous plaît. ... [...]
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Video de Marivaux (16) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de  Marivaux
Extrait de la pièce de théâtre "L'Ile des Esclaves" de Marivaux, mise en scène Irina Brook. Réalisation : Roberto-Maria Grassi
Dans la catégorie : Littérature dramatiqueVoir plus
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