> Pierre Charras (Traducteur)

ISBN : 2352871484
Éditeur : Archipoche Editions (2010)


Note moyenne : 2.75/5 (sur 4 notes) Ajouter à mes livres
Un visage avenant, un esprit brillant : Colin Ash, vingt-sept ans, recueille tous les suffrages au sein de la haute bourgeoisie de Boston.
Or, méfions-nous du sourire des anges : certains d'entre eux peuvent être exterminateurs... Mais tout le monde l'ignore... ... > voir plus
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Critiques et avis(3)

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  • Par InColdBlog, le 09 septembre 2010

    InColdBlog
    A ma droite, Dorothea Deverell, veuve quadra désirable, cadre dynamique dans une fondation culturelle, entretenant une liaison de longue date avec un homme marié.
    A ma gauche, Colin Asch, jeune homme à la gueule d'ange. Beauté hypnotique, mais présence inquiétante.
    Au centre, une de ces réunions entre gens de bonne compagnie. Au beau milieu des brillantes réparties, des derniers potins en date et des piques adroitement distribuées, débarque Colin.
    A 27 ans, le neveu des hôtes de la soirée ressemble à un oisillon tombé du nid, perdu, affolé, fragile. De quoi faire fondre le cœur de toutes les dames présentes, jeunes et moins jeunes, et réveiller leur instinct maternel et protecteur.
    Une seule remarque anodine de la part de Dorothea, et Colin va voir en elle son âme sœur, sa seule raison de vivre… et de tuer
    Le charmant jeune homme va peu à peu tomber le masque pour se révéler être un redoutable psychopathe, n'hésitant pas à assassiner tous ceux qui se mettent en travers du chemin de sa “dulcinée” et menacent son bonheur. Seul témoin de ses méfaits : le registre bleu dans lequel il consigne scrupuleusement ses meurtres.

    C'est sûr que présenté comme ça, Le sourire de l'ange parait d'une banalité affligeante. Rien que le titre est tout un programme à lui tout seul (que celui ou celle qui l'a choisi se dénonce et aille postuler chez Harlequin).
    Et je dois avouer que dans les premières pages, j'ai craint le pire : personnages issus de la bonne société de Boston, belles demeures et grosses voitures, working girl séduisante et cultivée, conversations compassées et réunions mondaines… tant et si bien que je n'aurais pas été étonné que derrière le pseudonyme de Rosamond Smith se cache Mary Higgins Clark. Puis, Colin Asch entre en scène. Et ce qu'on prenait pour une chronique superficielle de la bourgeoisie du Massachusetts devient étude de mœurs. Ce qui s'annonçait comme une enquête policière banale et balisée évolue vers tout autre chose.
    D'ailleurs, d'enquête policière il n'y a point dans Le sourire de l'ange. le récit se déroule sans surprise. Dès le début, le lecteur connaît l'assassin puisque le narrateur n'est pas peu fier de se vanter de ses méfaits.
    Tout l'intérêt de cette histoire finalement banale réside alors dans l'examen serré de la psychologie des différents protagonistes, Colin Asch en tête : découvrir ses motivations, comprendre son raisonnement, son fonctionnement pervers, anticiper ses actes, même.
    Dès ce moment, quand le récit se concentre principalement sur l'étude des comportements et des caractères, s'évanouit l'ombre d'Higgins Clark et apparaît Joyce Carol Oates, expert des traumas de l'âme et des démons intérieurs. Ainsi, Oates/Smith s'attache à explorer les fêlures intimes, les tourments intérieurs, la face cachée de ses personnages qui, sous le vernis de la bienséance, se démènent avec leur solitude et leurs désillusions.
    Sous des dehors angéliques et vulnérables, Colin Asch est un dangereux psychopathe, manipulateur, égocentrique, convaincu de sa supériorité sur le commun des mortels qu'il méprise. Se considérant comme un génie incompris, le jeune homme souffre de ne pas être reconnu à sa vraie valeur, de ne pas être suffisamment admiré. Au plus fort de ses crises de paranoïa, il va jusqu'à blâmer l'injustice du monde qui se ligue contre lui et l'oblige à commettre ses crimes.
    L'étude de la perception de Colin par Dorothea est également intéressante. On voit comment tout au long des événements, celle-ci perçoit inconsciemment des choses qui devraient l'alerter et comment, par légèreté ou par souci de protection, elle se contente d'ignorer ses pressentiments ou de les refouler.
    Oates/Smith en profite, au passage, pour dénoncer le culte des apparences et éreinter avec subtilité les mœurs de la bonne société bostonienne. Les amateurs de thriller et de suspense en seront donc pour leurs frais.
    Une lecture agréable mais pas magistrale comme avait pu l'être Fille Noire, Fille Blanche.

    Lien : http://www.incoldblog.fr/?index/oeuvres/Le%20sourire%20de%20l%27ange
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  • Par XL, le 12 janvier 2011

    XL
    Je n'ai pas grand chose à ajouter à la présentation éditoriale de ce thriller de Joyce Carol Oates publié sous le pseudonyme de Rosamond Smith : " Un visage avenant, un esprit brillant : Colin Ash, vingt-sept ans, recueille tous les suffrages au sein de la haute bourgeoisie de Boston. Or, chacun ignore qu'il note le détail de ses forfaits dans un registre bleu. Dorothea Deverell, la veuve dont Colin s'est épris, découvrira que, derrière son sourire d'ange, se cache un être inquiétant... "
    Une lecture agréable mais dont le dénouement est un peu trop attendu, puisque tout est quasiment révélé dès le début : l'intrique y perd beaucoup en intérêt.
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    • Livres 1.00/5
    Par BMR, le 22 février 2010

    BMR
    Joyce Carol Oates est une auteure réputée qu'on ne présente plus.
    De temps à autre elle doit ressentir le besoin d'un moment de détente et, comme on se prend une grille de mots croisés, elle endosse le pseudo de Rosamond Smith et se met à écrire des thrillers.
    Et cela ressemble beaucoup (beaucoup trop en fait) à du Patricia Highsmith.
    Dans la société chic de la banlieue de Boston (madame est directrice adjointe d'une fondation de mécénat), une jeune veuve (Dorothea, trop jeune pour être veuve) entretien une relation avec un homme marié.
    Un ange tombé du ciel ou presque (retour du neveu prodigue d'une amie) vient perturber la vie tranquille de la petite ville de province.
    Il faut dire que, Colin Ash, le jeune homme a pris la désagréable habitude de tuer (il a beaucoup souffert dans sa jeunesse bien sûr). Et ne voilà-t-il pas qu'il tombe amoureux de la jeune veuve ?
    Tellement amoureux qu'il est prêt à lui rendre de menus services comme de trucider d'éventuels rivaux en amours comme en affaires. Serviable mais encombrant.
    D'autant qu'il note tout cela dans un cahier bleu.
    Tout cela est bien gentil, fort bien écrit (c'est quand même Joyce Carol Oates) et se lit même sans déplaisir mais n'a jamais réussit à nous attraper.

    Lien : http://bmr-mam.over-blog.com/article-bouquin-le-sourire-de-l-ange-44..
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Citations et extraits

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  • Par BMR, le 22 février 2010

    [...] Colin Ash était fou, mais qu'est-ce que cela signifiait "fou" ? Que le jeune homme avait assassiné deux personnes innocentes sans même pouvoir expliquer pourquoi. Qu'il n'éprouvait pas le moindre remords et qu'il semblait plutôt fier de ses actes. Qu'il croyait dur comme fer que la vie et le destin de Dorothea Deverell étaient inexorablement liés aux siens. Tout cela ne constituait qu'un tissu de faits à la surface de son être, tout comme le blond de ses cheveux, son visage osseux et sa haute taille. Ces évidences le décrivaient mais ne suffisaient pas à le définir.
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  • Par InColdBlog, le 09 septembre 2010

    Il avait vingt-sept ans. En décembre, il en aurait vingt-huit. Seul. Célibataire. Aucune vraie famille. En Europe, on lui avait affirmé plusieurs fois qu’il était « si radicalement américain », mais en Amérique, comment pouvait-on le définir ? L’innocence irradiait de lui comme de la chaleur, brillait dans ses yeux, coulait dans ses veines. Sa poignée de main, son contact, exprimaient sympathie, force, simplicité, destin exceptionnel. Ignorant tout de son terrible passé, les femmes raffolaient de lui pour son expression douloureuse et pour sa virilité. Quelques hommes aussi l’adoraient, et il en effrayait certains. Non sans raison ! commentait-il, amusé.
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  • Par InColdBlog, le 09 septembre 2010

    Dorothea Deverell devait se demander par la suite s’il existe vraiment un instinct prémonitoire ou si c’est seulement après coup que l’on remplit les vides là où il n’y avait sur le moment que de l’ignorance.
    Il est vrai qu’elle avait pensé de temps en temps à Colin Asch, cet hiver et ce début de printemps, et elle s’était interrogée, sans s’y attarder, sur certaines actions du jeune homme, sur des remarques énigmatiques qu’il avait pu faire, aussi. Mais elle devait bien avouer qu’elle n’avait jamais associé de façon précise, réelle, Colin Asch à elle-même, ni à quiconque d’ailleurs (…).
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  • Par InColdBlog, le 09 septembre 2010

    Une belle femme. « Dorothea Deverell ». Une étrangère pour Colin Asch, et qui pourtant le connaissait inexplicablement ; qui savait à quel point il avait besoin qu’on le comprenne, qu’on l’aime, qu’on le console. Le cœur du problème, c’est que la faim sanctifie !, écrivit-il.
    Une vérité toute simple, et il avait fallu que ce soit cette inconnue qui la lui révèle, de peur qu’une fausse culpabilité ne vienne contaminer son âme.
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  • Par InColdBlog, le 09 septembre 2010

    Il n’avait pas la moindre crainte que la police parvienne à remonter jusqu’à lui. Depuis l’âge de quinze ans, où i lavait tué pour la première fois, où, plutôt, on l’avait forcé à tuer pour la première fois, jamais Colin Asch n’avait été inscrit sur une liste de suspects, du moins à sa connaissance. Comme tout le monde, ou presque (excepté le mouton à cinq pattes qui sortait de lot), la police était totalement stupide
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La chronique de Gérard Collard - J'ai réussi à rester en vie
J'ai réussi à rester en vie de Joyce Carol Oates aux éditions Philippe Rey Regardez l'avis de Gérard Collard... La présentation du livre "J'ai réussi à rester en vie" par l'éditeur : le matin du 11 février 2008, Raymond Smith, le mari de Joyce Carol Oates, s'est réveillé avec un mauvais rhume. Il respire mal et son épouse décide de l'emmener aux urgences où l'on diagnostique une pneumonie sans gravité. Pour plus de sûreté, on le garde en observation. Une semaine plus tard, au moment même où il devait rentrer chez lui, Raymond meurt d'une violente et soudaine infection nosocomiale. Sans avertissement ni préparation d'aucune sorte, Joyce est soudain confrontée à la terrible réalité du veuvage. Au vide. À l'absence sans merci. J'ai réussi à rester en vie est la chronique du combat d'une femme pour tenter de remonter de ce puits sans fond. de poursuivre une existence amputée du partenariat qui l'a soutenue et définie pendant près d'un demi-siècle. En proie à l'angoisse de la perte, à la désorientation de la survivante cernée par un cauchemar de démarches administratives, et les absurdités pathétiques du commerce du deuil, Oates décrit l'innommable expérience du chagrin, dont elle ne peut s'extraire qu'à grand peine, de temps à autre, en se tournant vers ses amis. Avec sa lucidité coutumière, parfois sous-tendue d'un humour noir irrésistible (quand, par exemple, elle se lamente sur l'absurdité des luxueux paniers gargantuesques de saucissons et de pop corn au chocolat déposés ...








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