ISBN : 2070368076
Éditeur : Gallimard (2000)


Note moyenne : 4.01/5 (sur 390 notes) Ajouter à mes livres
Garcin, révolutionnaire lâche et mari cruel : douze balles dans la peau ; Inès, femme démoniaque qui rendra folle de douleur sa jeune amante : asphyxie par le gaz ; Estelle, coquette sans coeur qui noie son enfant adultérin&#... > voir plus
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Critiques et avis

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  • Par asphodele85, le 08 juin 2011

    asphodele85
    Huis clos est bien sûr une pièce de Théâtre très connue de Jean-Paul Sartre, notamment pour sa réplique célèbre : « L'enfer c'est les Autres », que l'on galvaude à tout bout de champ alors que le sens exact, Jean-Paul Sartre l'a lui même donné en préambule en 1965 (lors d'un enregistrement phonographique, préambule que l'on peut trouver dans le Folio -Essai pour Gallimard de 1992, textes rassemblés par Michel Contat et Michel Rybalka) et que je vous résume succintement : Sartre avait trois amis qu'il voulait voir jouer sans que jamais aucun d'eux ne quitte la scène « jusqu'au bout comme pour l'éternité », il a donc eu l'idée de les mettre en enfer « et de les faire chacun le bourreau des deux autres ». (…) Mais « l'enfer c'est les Autres » a toujours été mal compris. On a cru que je voulais dire par là que nos rapports avec les autres étaient toujours empoisonnés, que c'étaient toujours des rapports infernaux. Or c'est autre chose que je veux dire. Je veux dire que si les rapports avec autrui sont tordus, viciés, alors l'autre ne peut-être que l'enfer. Pourquoi ? Parce que les autres sont au fond ce qu'il y a de plus important en nous-mêmes pour notre propre connaissance de nous-mêmes. (…) Quoique je dise sur moi, toujours le jugement d'autrui entre dedans.(…) Et il existe une quantité de gens dans le monde qui sont en enfer parce qu'ils dépendent trop du jugement d'autrui. Mais cela ne veut nullement dire qu'on ne puisse avoir d'autres rapports avec les autres. Ca marque simplement l'importance capitale de tous les actes pour chacun de nous « .(…).
    Vous l'aurez compris, cette pièce en un acte décomposé en cinq scènes nous fait entrer d'emblée dans l'enfer « sartrien », celui de vivre sous le regard d'autrui et non d'accuser le cycliste qui vous ralentit ou la postière qui ne passe jamais à l'heure. Et les trois protagonistes vont devoir réviser leur copie et se montrer enfin tels qu'ils sont dans leur Huis clos diabolique. Voici donc Garcin, journaliste qui entre en premier (le lâche de l'histoire convaincu d'être un héros), déserteur, mari volage qui a fait souffrir sa femme, puis arrive Inès, l'ancienne postière lesbienne, méchante, jalouse (responsable de trois cadavres) mais lucide et enfin, Estelle, vénale, nymphomane sur les bords et infanticide. Ces trois là sont introduits dans un salon second Empire (par un mystérieux garçon d'étage qui semble savoir pourquoi ils sont là) où trône une cheminée surmontée d'un bronze, dans une ambiance cossue et « normale ». le garçon d'étage, qui n'apparaît que trois fois nous conforte dans notre sentiment que les acteurs sont bien morts et qu'il est le gardien de ces flammes qui ne vont cesser de croître tout au long des joutes oratoires que se livrent les trois intéressés, qui viennent de milieux sociaux différents mais ont tous menti lors de leur introduction sur la scène. Ou disons, pris de petites libertés avec la vérité…Ce qui aidera à faire siffler le bouchon de la cocotte-minute déjà sous pression quand, de la conversation mondaine, ils vont passer aux répliques acerbes et parfois humoristiques.
    Petit à petit la tension monte, les masques tombent et nous connaissons les vraies raisons de leur arrivée dans cet enfer dont ils ne pourront plus s'échapper puisqu'ils sont déjà morts. Ils « frimaient » tous un peu au début mais le Huis clos, l'enfermement et la coexistence va les révéler dans ce qu'ils portent de plus noir en eux, le vrai pourquoi de leur présence ici. Garcin , qui ne supporte plus sa lâcheté, qui torturait sa femme parce que c'était facile, elle en est morte, va se rapprocher de plus en plus d'Inès qu'il considère sinon son égale mais de « sa trempe » pour sa mise en abyme, quand elle dit « ça veut dire que j'ai besoin de la souffrance des autres pour subsister », rejetant la superficielle Estelle qui ne cherche que la jouissance physique et qui est trop éloignée de lui intellectuellement. Garcin ira chercher auprès d'Inès une confirmation qu'il n'est pas lâche, ce qu'elle lui refusera, jalouse, méchante et vexée de sa relation avec Estelle. Il n'aura pas de deuxième chance non plus et sera condamné à rester en enfer.
    INÈS : Pourquoi pas ? Tu as rêvé trente ans que tu avais du coeur ; et tu te passais mille petites faiblesses parce que tout est permis aux héros. Comme c'était commode ! Et puis, à l'heure du danger, on t'a mis au pied du mur et… tu as pris le train pour Mexico * (*au début d'une guerre, au lieu d'affirmer son pacifisme, il a fui).
    GARCIN : Je n'ai pas rêvé cet héroïsme. Je l'ai choisi. On est ce qu'on veut.
    INÈS : Prouve-le ! Prouve-le que ce n'était pas un rêve. Seuls les actes décident de ce que l'on n'a pas voulu !
    Ils iront fouiller leurs âmes et avoueront leurs turpitudes, le fiel qui est resté collé au coin de leurs lèvres jusqu'à ce que Garcin conclue : » le bronze…(il l caresse) Eh bien voici le moment. le bronze est là, je le contemple et je comprends que je suis en enfer. Ils avaient prévu que je me tiendrais devant cette cheminée, pressant ma main sur ce bronze, avec tous ces regards sur moi. Tous ces regards qui me mangent…(Il se retourne brusquement). Ha ! Vous n'êtes que deux ? Je vous croyais beaucoup plus nombreuses. (Il rit). Alors c'est ça l'enfer je n'aurais jamais cru… Vous vous rappelez : le soufre, le bûcher, le gril… Ah! Quelle plaisanterie. Pas besoin de gril, l'enfer c'est les Autres « . (Scène V).
    Estelle va alors tenter de tuer Inès avec un coupe-papier qui se trouve sur la table. En vain puisqu'ils dont déjà morts tous les trois : » Ni le couteau, ni le poison, ni la corde, c'est déjà fait comprends-tu ? Et nous sommes ensemble pour toujours. » A Inès, Garcin et Estelle répondent en écho : « Pour toujours ! » et Garcin ajoute : » Et bien continuons. »…
    Je ne vous développerais pas les personnages et leurs méandres personnels qui les ont conduits là. Je vous en laisse à découvrir. S'il est une chose à retenir, c'est bien la philosophie. L'enfer n'est pas uniquement sous terre comme le laisse entendre L'Imaginaire collectif mais bien sur terre, dans n'importe quel endroit où l'on évolue. Et que, seulement le vécu, l'existence de trois personnes forcées de cohabiter à Huis clos révèlent beaucoup mieux que toutes les psychotérapies du monde ! Quand toutes les possibilités de fuir ou de se fuir sont inexistantes, il nous faut faire le bilan de nos faiblesses, lâchetés et « crimes contre l'humanité » afin de nous humaniser, de ne pas nous enfermer dans des cercles infernaux, de les briser tant qu'il est encore temps, pour échapper à la routine et aux comportements mortifères… Car nous avons toujours la liberté de le faire, si nous ne le faisons pas, alors, oui, nous serons condamnés à subir cet enfer…et nous seronts morts d'une certaine façon.
    Première représentation de la pièce au Théâtre du Vieux Colombier, au printemps 1944, avec Tania Balachova (qui l'a fait rejouer en tant que metteur en scène souvent, notamment au Théâtre de L'épée de Bois) dans le rôle d'Inès à gauche, Michel Vitold (Garcin) et enfin Michèle Alfa, à droite dans le rôle d'Estelle… A savoir qu'elle a été jouée avant d'être éditée par Gallimard en 1945.
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    • Livres 5.00/5
    Par vincentf, le 27 juin 2010

    vincentf
    "L'enfer, c'est les Autres." Souvent, on ne retient que cette phrase, on l'isole, on dit que c'est de Sartre. Et on passe. Réfléchissons. Que veut dire "l'enfer, c'est les Autres" ? Trois personnes qui ne se connaissent pas, un homme, deux femmes, enfermés ensemble pour l'éternité, le dispositif est simple. Il est infini. Tout est possible, d'autant plus que l'une des femmes aime les femmes, l'autre les hommes. Trio infernal, donc, système de personnages classique au Théâtre, réinvinté. Qu'est-ce qui change ? C'est peut-être l'impossibilité de mentir. A soi-même, on peut mentir, à l'autre qui te regarde tout le temps, on ne ment pas, on est "nu comme un vers", on est jugé sans concession, parce que l'on existe que par le jugement de l'autre (il n'y a pas de miroir en enfer, comme il n'y a pas de pal), que dans son regard, seul endroit où l'on peut percevoir son reflet. Garcin n'oubliera jamais sa lâcheté, ne la transformera jamais en héroïsme, parce qu'Inès et Estelle savent, parce qu'elles voient. Huis clos est-elle une allégorie ? un discours sur la vie relle, sur l'existence, si chère à Sartre ? Est-ce que sur terre aussi, l'enfer, c'est les Autres ? Nuançons, l'enfer, c'est la conscience que l'autre a de ma faute qui déteint sur moi. Pour ne pas vivre en enfer, il faudrait donc pousser la responsabilité de chacun de ses actes jusqu'à cette question : "Comment les autres (tous les autres et les autres qui m'entourent) jugeront-ils cette action ?" le malheur, ce ne serait donc pas la solitude, mais son impossibilité radicale.
    Qu'est-ce qu'un acte libre ? Pour répondre à la question, Sartre reprend la vieille histoire des Atrides. Oreste venge la mort de son père en tuant son assassin, Egisthe et sa complice, Clytemnestre, qui n'est autre que sa propre mère. Ce qui est frappant, dans la version sartrienne du mythe, c'est qu'il ne se situe pas sur le plan moral. Sartre ne pose pas la question : "Est-ce qu'il a bien fait ?". Il montre un homme qui pose librement un acte et qui l'assume. Ce qui différencie Oreste de tous les autres personnages, c'est qu'il n'est pas rongé par les mouches du remords, que son crime lui appartient, qu'il ne le fuit pas, qu'il en assume seul l'entière responsabilité. Peu importe donc si cet acte, en tant que tel, est bon ou non. Il suffit qu'il soit entièrement libre et assumé jusque dans ses pires conséquences pour qu'il soit juste. Il n'empêche qu'arrivé au terme de la lecture, une question se pose : "Est-ce qu'il a bien fait ?".
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    Critique de qualité ? (11 votes positifs)
  • Par asphodele85, le 22 juin 2011

    asphodele85
    Huis clos est bien sûr une pièce de Théâtre très connue de Jean-Paul Sartre, notamment pour sa réplique célèbre : « L'enfer c'est les Autres », que l'on galvaude à tout bout de champ alors que le sens exact, Jean-Paul Sartre l'a lui même donné en préambule en 1965 (lors d'un enregistrement phonographique, préambule que l'on peut trouver dans le Folio -Essai pour Gallimard de 1992, textes rassemblés par Michel Contat et Michel Rybalka) et que je vous résume succintement : Sartre avait trois amis qu'il voulait voir jouer sans que jamais aucun d'eux ne quitte la scène « jusqu'au bout comme pour l'éternité », il a donc eu l'idée de les mettre en enfer « et de les faire chacun le bourreau des deux autres ». (…) Mais « l'enfer c'est les Autres » a toujours été mal compris. On a cru que je voulais dire par là que nos rapports avec les autres étaient toujours empoisonnés, que c'étaient toujours des rapports infernaux. Or c'est autre chose que je veux dire. Je veux dire que si les rapports avec autrui sont tordus, viciés, alors l'autre ne peut-être que l'enfer. Pourquoi ? Parce que les autres sont au fond ce qu'il y a de plus important en nous-mêmes pour notre propre connaissance de nous-mêmes. (…) Quoique je dise sur moi, toujours le jugement d'autrui entre dedans.(…) Et il existe une quantité de gens dans le monde qui sont en enfer parce qu'ils dépendent trop du jugement d'autrui. Mais cela ne veut nullement dire qu'on ne puisse avoir d'autres rapports avec les autres. Ca marque simplement l'importance capitale de tous les actes pour chacun de nous « .(…).
    Vous l'aurez compris, cette pièce en un acte décomposé en cinq scènes nous fait entrer d'emblée dans l'enfer « sartrien », celui de vivre sous le regard d'autrui et non d'accuser le cycliste qui vous ralentit ou la postière qui ne passe jamais à l'heure. Et les trois protagonistes vont devoir réviser leur copie et se montrer enfin tels qu'ils sont dans leur Huis clos diabolique. Voici donc Garcin, journaliste qui entre en premier (le lâche de l'histoire convaincu d'être un héros), déserteur, mari volage qui a fait souffrir sa femme, puis arrive Inès, l'ancienne postière lesbienne, méchante, jalouse (responsable de trois cadavres) mais lucide et enfin, Estelle, vénale, nymphomane sur les bords et infanticide. Ces trois là sont introduits dans un salon second Empire (par un mystérieux garçon d'étage qui semble savoir pourquoi ils sont là) où trône une cheminée surmontée d'un bronze, dans une ambiance cossue et « normale ». le garçon d'étage, qui n'apparaît que trois fois nous conforte dans notre sentiment que les acteurs sont bien morts et qu'il est le gardien de ces flammes qui ne vont cesser de croître tout au long des joutes oratoires que se livrent les trois intéressés, qui viennent de milieux sociaux différents mais ont tous menti lors de leur introduction sur la scène. Ou disons, pris de petites libertés avec la vérité…Ce qui aidera à faire siffler le bouchon de la cocotte-minute déjà sous pression quand, de la conversation mondaine, ils vont passer aux répliques acerbes et parfois humoristiques.
    Petit à petit la tension monte, les masques tombent et nous connaissons les vraies raisons de leur arrivée dans cet enfer dont ils ne pourront plus s'échapper puisqu'ils sont déjà morts. Ils « frimaient » tous un peu au début mais le Huis clos, l'enfermement et la coexistence va les révéler dans ce qu'ils portent de plus noir en eux, le vrai pourquoi de leur présence ici. Garcin , qui ne supporte plus sa lâcheté, qui torturait sa femme parce que c'était facile, elle en est morte, va se rapprocher de plus en plus d'Inès qu'il considère sinon son égale mais de « sa trempe » pour sa mise en abyme, quand elle dit « ça veut dire que j'ai besoin de la souffrance des autres pour subsister », rejetant la superficielle Estelle qui ne cherche que la jouissance physique et qui est trop éloignée de lui intellectuellement. Garcin ira chercher auprès d'Inès une confirmation qu'il n'est pas lâche, ce qu'elle lui refusera, jalouse, méchante et vexée de sa relation avec Estelle. Il n'aura pas de deuxième chance non plus et sera condamné à rester en enfer.
    INÈS : Pourquoi pas ? Tu as rêvé trente ans que tu avais du coeur ; et tu te passais mille petites faiblesses parce que tout est permis aux héros. Comme c'était commode ! Et puis, à l'heure du danger, on t'a mis au pied du mur et… tu as pris le train pour Mexico * (*au début d'une guerre, au lieu d'affirmer son pacifisme, il a fui).
    GARCIN : Je n'ai pas rêvé cet héroïsme. Je l'ai choisi. On est ce qu'on veut.
    INÈS : Prouve-le ! Prouve-le que ce n'était pas un rêve. Seuls les actes décident de ce que l'on n'a pas voulu !
    Ils iront fouiller leurs âmes et avoueront leurs turpitudes, le fiel qui est resté collé au coin de leurs lèvres jusqu'à ce que Garcin conclue : » le bronze…(il l caresse) Eh bien voici le moment. le bronze est là, je le contemple et je comprends que je suis en enfer. Ils avaient prévu que je me tiendrais devant cette cheminée, pressant ma main sur ce bronze, avec tous ces regards sur moi. Tous ces regards qui me mangent…(Il se retourne brusquement). Ha ! Vous n'êtes que deux ? Je vous croyais beaucoup plus nombreuses. (Il rit). Alors c'est ça l'enfer je n'aurais jamais cru… Vous vous rappelez : le soufre, le bûcher, le gril… Ah! Quelle plaisanterie. Pas besoin de gril, l'enfer c'est les Autres « . (Scène V).
    Estelle va alors tenter de tuer Inès avec un coupe-papier qui se trouve sur la table. En vain puisqu'ils dont déjà morts tous les trois : » Ni le couteau, ni le poison, ni la corde, c'est déjà fait comprends-tu ? Et nous sommes ensemble pour toujours. » A Inès, Garcin et Estelle répondent en écho : « Pour toujours ! » et Garcin ajoute : » Et bien continuons. »…
    Je ne vous développerais pas les personnages et leurs méandres personnels qui les ont conduits là. Je vous en laisse à découvrir. S'il est une chose à retenir, c'est bien la philosophie. L'enfer n'est pas uniquement sous terre comme le laisse entendre L'Imaginaire collectif mais bien sur terre, dans n'importe quel endroit où l'on évolue. Et que, seulement le vécu, l'existence de trois personnes forcées de cohabiter à Huis clos révèlent beaucoup mieux que toutes les psychotérapies du monde ! Quand toutes les possibilités de fuir ou de se fuir sont inexistantes, il nous faut faire le bilan de nos faiblesses, lâchetés et « crimes contre l'humanité » afin de nous humaniser, de ne pas nous enfermer dans des cercles infernaux, de les briser tant qu'il est encore temps, pour échapper à la routine et aux comportements mortifères… Car nous avons toujours la liberté de le faire, si nous ne le faisons pas, alors, oui, nous serons condamnés à subir cet enfer…et nous seronts morts d'une certaine façon.
    Première représentation de la pièce au Théâtre du Vieux Colombier, au printemps 1944, avec Tania Balachova (qui l'a fait rejouer en tant que metteur en scène souvent, notamment au Théâtre de L'épée de Bois) dans le rôle d'Inès à gauche, Michel Vitold (Garcin) et enfin Michèle Alfa, à droite dans le rôle d'Estelle… A savoir qu'elle a été jouée avant d'être éditée par Gallimard en 1945.


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    • Livres 4.00/5
    Par quenlore, le 01 novembre 2011

    quenlore
    Pièce en un seul acte et cinq scènes, Huis clos met en scène trois personnages, chacun obsédé par son histoire, chacun en position de victime sous le regard accusateur des deux autres, chacun condamné pour l'éternité à en subir le poids. Il n'y a pas d'échappatoire : même quand la porte est ouverte, ils ne peuvent sortir du salon où ils sont retenus. Car c'est là aussi tout le paradoxe de l'affaire, ils sont devenus inséparables et totalement interdépendants les uns des autres.
    Garcin, journaliste, Inès, ancienne employée des Postes et Estelle, mondaine, font connaissance en enfer, dans un salon où on les a menés sans explications. Chacun fait le récit des lâchetés qui l'ont conduit en ce lieu. Garcin s'est comporté en traître à sa cause, Inès a poussé sa maîtresse à la tuer et à se suicider, Estelle a noyé son propre enfant. Ils ne parviennent pas à entrevoir pourquoi ils sont réunis, jusqu'à ce qu'Inès comprenne qu'ils sont les bourreaux les uns des autres. Ils tentent de ne plus se parler, mais c'est peine perdue, et dès que deux d'entre eux tente de se lier, le troisième détruit tout et rappelle les raisons de leur présence : « l'enfer, c'est les autres ».
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  • Par J-line, le 04 janvier 2012

    J-line
    Trois personnes en enfer, dans un salon 'Second Empire'.
    Qui s'étaient préparées au soufre, aux flammes et autres tenailles ou garots.... : pure fantaisie que tout cela, "l'enfer, c'est les autres".... ...aussi longtemps qu'ils 'nous' sont Autres!
    Trois personnes donc, qui s'affrontent en quête du seul salut posssible: exister (ex-i-ster), se trouver légitimées, par suite légitimes, pour et par autrui.
    A lire pour quiconque entend pénétrer la philosophie sartrienne par la voie théâtrale. Car la pièce, conmme toutes celles de l'auteur, met en scène des libertés en situation -confrontées en cela à l'aliénation (le regard de l'autre, le passé, la contingence...) ou à leurs propres pathologies.
    Elle le fait ici en présentant des consciences préoccupées d'elles-mêmes -d'elles seulement- et peu ou prou retournées contre elles: menant une stratégie défensive à l'égard d'autrui (de l'Autre), elles s'en livrent conséquemment et totalement (sans défense) à un regard d'altérité (qui les fige sur l'instant, sur l'image).
    Avec, en toile de fond (de fonds) cette conviction de Sartre: c'est "l'autre-sujet" qui peut légitimer "mon" existence dans un mouvement spontané de reconnaissance -et non "l'autre-objet" (manipulé).....
    L'autre donc, mais libre: libre de cette légitimation, libre de la reprendre...
    L'ensemble illustre très simplement une position sartrienne exposée dans "L'être et le néant" et qui conduira à la tentative inachevé d'une morale (Cahier pour une morale).
    Avec cette fausse question toujours présente: que suis-je sans l'autre? Et cette réponse vraie: rien! Rien sinon une manifestation particulière de la pulsion de vie, pulsion du vivant...
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Citations et extraits

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  • Par bibliofille, le 11 novembre 2007

    On meurt toujours trop tôt ou trop tard. Et cependant, la vie est là, terminée : le trait est tiré, il faut faire la somme. Tu n'es rien d'autre que ta vie.



    Alors c'est ça l'enfer. Je n'aurais jamais cru...Vous vous rappelez : le soufre, le bûcher, le gril... Ah! Quelle plaisanterie. Pas besoin de gril : l'enfer c'est les autres.
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  • Par PerdreUnePlume, le 17 février 2011

    Moi, je suis méchante : ça veut dire que j'ai besoin de la souffrance des autres pour exister. Une torche. Une torche dans les cœurs. Quand je suis toute seule, je m'éteins
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  • Par Miiia, le 22 juin 2010

    Est-ce que c'est possible qu'on soit un lâche quand on a choisi les chemins les plus dangereux? Peut-on juger une vie sur un seul acte?
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  • Par quenlore, le 01 novembre 2011

    GARCIN : Écoute, chacun à son but, n’est-ce pas ? Moi, je me foutais de l’argent, de l’amour. Je voulais être un homme. Un dur. J’ai tout misé sur le même cheval. Est-ce que c’est possible qu’on soit un lâche quand on a choisi les chemins les plus dangereux ? Peut-on juger une vie sur un seul acte ?
    INÈS : Pourquoi pas? Tu as rêvé trente ans que tu avais du cœur : et tu te passais mille petites faiblesses parce que tout est permis aux héros. Comme c’était commode! Et puis, à l’heure du danger, on t’a mis au pied du mur et… tu as pris le train pour Mexico.
    GARCIN : Je n’ai pas rêvé cet héroïsme. Je l’ai choisi. On est ce qu’on veut.
    INÈS : Prouve-le. Prouve que ce n’était pas un rêve. Seuls les actes décident de ce qu’on a voulu.
    GARCIN : Je suis mort trop tôt. On ne m’a pas laissé le temps de faire mes actes.
    INÈS : On meut toujours trop tôt – ou trop tard. Et cependant la vie est là terminée ; le trait est tiré, il faut faire la somme. Tu n’es rien d’autre que ta vie.

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  • Par Melopee, le 11 juin 2011

    Inès : [...] Je vous sens jusque dans mes os. Votre silence me crie dans les oreilles. Vous pouvez vous clouer la bouche, vous pouvez vous couper la langue, est-ce que vous vous empêcherez d'exister? Arrêterez-vous votre pensée? Je l'entends, elle fait tic toc, comme un réveil, et je sais que vous entendez la mienne
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Vertiges du désir - Ollivier Pourriol .
Par l?auteur de Cinéphilo, les noces du cinéma et de la philosophie sur un thème ô combien désirable : le désir.Fidèle à sa méthode consistant à faire dialoguer philosophie et cinéma, Ollivier Pourriol dévoile les grandes théories du désir à l??uvre dans des films aussi variés que le Mépris, Kingdom of Heaven, Heat, Beau Travail, Casino, Eyes wide shut, Eros, THX 1138, Blow Up ou Toy Story.Fruit des conférences Studiophilo - où la philosophie est expliquée par le cinéma, et le cinéma par la philosophie - ce livre nous fait comprendre ce qu?est le désir, tout en nous ouvrant les yeux sur certaines scènes célèbres du cinéma : Sartre nous éclaire sur les fesses de Brigitte Bardot dans le Mépris, Hegel sur la lutte à mort entre al Pacino et Robert de Niro dans Heat, Girard sur le désir mimétique dont sont victimes les jouets de Toy Story, Deleuze sur l?électricité sexuelle de Sharon Stone dans Casino, Platon sur les vertiges de l?amour dans Les ailes du désir.Un livre précis, ludique et accessible qui unit cinéma et philosophie dans leur désir commun : désirer toujours plus, et toujours mieux.











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