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ISBN : 2226244328
Éditeur : Albin Michel (2012)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.93/5 (sur 428 notes)
Résumé :
Un recueil de 5 nouvelles sur le mystère des sentiments inavoués. Souvent, l’architecture d’une vie est composée de passions invisibles, qui ne se diront jamais, que personne ne devinera, inaccessibles parfois même à celui qui les éprouve.

Et pourtant, quoi qu’obscurs, ces sentiments sont réels ; mieux, ils construisent la réalité d'un destin.

Avec délicatesse, Eric-Emmanuel Schmitt dévoile les secrets de plusieurs âmes.

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Critiques, Analyses & Avis (104) Voir plus Ajouter une critique
lecassin
lecassin03 janvier 2016
  • Livres 4.00/5
« Les deux messieurs de Bruxelles », après « Concerto à la mémoire d'un ange », « La rêveuse d'Ostende » et « Odette Toulemonde », Eric-Emmanuel-Schmitt nous présente un recueil de cinq textes, petits romans, grosses nouvelles, peu importe…
• « Les deux messieurs de Bruxelles » : deux vies en parallèle ; un serment, un drame… et finalement, un mensonge qui scelle tout ça…
Deux homosexuels se répondent mutuellement « oui » à la question du prçetre lors du mariage de Geneviève et Edouard. Nous sommes en la cathédrale Sainte Gudule. Jean et Laurent ne cesseront jamais dans l'ombre d'assister une Geneviève bien mal mariée
• « le chien » : un médecin de campagne prend sa retraite et vit reclus en compagnie de son chien, Argos, quatrième du nom…
Comment un chien peut redonner sa dignité à un homme alors qu'il est déporté à Auschwitz…
• « Ménage à trois » : un homme se rapproche d'une femme veuve d'un musicien contesté mais génial afin d'écrire sa biographie…
• « Un coeur sous la cendre » : Thor et Jonas, deux cousins… L'un, Jonas, grand insuffisant cardiaque, l'autre qui se tu dans un accident de la route… Pendant ce temps, le volcan Eyjafjöll est en éruption ; nous sommes en Islande…
• « L'enfant fantôme » : Séverine et Benjamin, un couple de maintenant… Complètement accaparés par leur carrières professionnelles, ils se découvrent sur le tard une envie d'enfant. Séverine ne tarde pas à « s'arrondir »…
Un examen médical leur révèle que leur futur enfant est atteint de mucoviscidose. Dans ces circonstances, et malgré le terme avancé, il leur est donné la possibilité d'une IVG. Garderont-ils l'enfant ? Une décision qui, quelle qu'elle soit bouleversera leur couple…
Cinq textes, un point commun : l'amour. L'amour inavouable ou inavoué, par procuration… l'amour d'un maître pour son chien…l'amour maternel, exclusif, excessif…
Il faut un grand talent et une certaine habileté pour écrire sur ce genre de thème sans tomber dans l'affreux mélo… et ce n'est pas la moindre des qualités de l'auteur…
Pour ma part, « le chien » et « Ménage à trois » sont mes préférés.
Et pour finir, un « journal d'écriture » où l'auteur nous présente la genèse des textes… Intéressant...
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bina
bina11 novembre 2012
  • Livres 5.00/5
Voici encore un joli recueil d'Eric-Emmanuel Schmitt, j'ai beaucoup apprécié sa lecture.
Il est constitué de cinq nouvelles, dont la première éponyme.
Les deux messieurs de Bruxelles. Il y a 50 ans, un couple se marie dans une cathédrale. Dans l'ombre, derrière un pilier, Laurent et Jean se marie également, dans la clandestinité. Juste un échange d'anneau entre deux hommes qui ne peuvent pas légalement se marier. 50 ans plus tard, Geneviève apprend qu'elle est l'exécutrice testamentaire de Jean, un homme qu'elle ne connait pas, qu'elle n'a jamais rencontré. Dans cette nouvelle, nous remontons le temps, et voyons évoluer en parallèle le couple officiel et le couple clandestin, les joies, les peines, les souffrances, de ces deux couples, homo et hétéro.
• le chien : l'amour des hommes retrouvé grâce à un animal. Un chien est percuté par un camion et meurt. Cinq jours plus tard, son propriétaire se suicide. Comment peut-on se tuer pour un chien ? Cinq jours est le temps qu'il a fallut à Samuel pour rédiger une lettres contenant les explications nécessaires à destination de sa famille. Nous plongeons là-aussi dans le temps, remontons à l'occupation. Ado caché, dénoncé, déporté, survivant d'Auschwitz. Il a conservé son humanité grâce à un chien. « A ses yeux, j'étais un homme autant que les nazis », lors que pour ces mêmes nazis, ce chien « était une race en dessus de [la mienne] puisque les soldats appréciaient les animaux ». le chien, baptisé Argos comme dans Ulysse lui redonne goût à la vie dans cet enfer, et l'empêche, une fois rentré chez lui à Namur, d'assouvir sa vengeance. Il lui permet là-aussi de conserver son humanité, de ne pas plonger dans la barbarie, lorsqu'il se trouve face à face avec celui qui l'a dénoncé. Argos, les chiens de cette race et de ce nom vont se succéder dans sa vie, en mémoire à ce passé. Jusqu'à ce qu'il n'ait plus la force de recommencer.
• Ménage à trois. Une nouvelle forme de couple se présente à nous. Constance, veuve Mozart, son nouvel époux, le baron von Nissen, et feu Mozart. Mozart, qui occupe la place centrale, puisque le Baron semble vivre avec elle, uniquement pour…Lui.
• Un coeur sous la cendre. Amour et humanité sont présents dans ce récit bouleversant d'une famille. Alba et Magnus, leur fils Thor. Katrin, soeur d'Alba, et son fils Jonas, souffrant d'une malformation cardiaque et dont les jours sont comptés s'in ne reçoit pas une greffe. Mais en Islande, lorsque le volcan se réveille, et que le trafic aérien est perturbé, il parait difficile de trouver un coeur compatible. Un drame survient pour Alba et Magnus, alors que l'espoir est de retour pour Katrin.
Commence alors pour Alba une épreuve difficile, elle se demande sans cesse si son fils mort a pu ‘'servir'' pour sauver son cousin. Volonté de vengeance, de tuer, par jalousie, par dépit. Jonas se retrouve au coeur d'un combat de mères.
• L'enfant fantôme. Deuxième nouvelle où la maladie joue un rôle important. Un dilemme que beaucoup de parents ou futurs parents connaissent. Lorsqu'on vous annonce que que votre enfant à naitre souffrir d'une malformation ou d'une maladie lourde, faut-il lui donner la vie, tout en connaissant les traitements qu'il va endurer, la souffrance, la mort prématurée ? C'est oublier qu'au milieu de toutes ces difficultés, il y a la vie, ses joies, ses espoirs, même si la vie doit être courte.
Toutes ces nouvelles tournent autour de l'amour, et surtout des vies virtuelles qui se cachent derrière la vie réelle. Ces deux hommes de Bruxelles, qui vivent en imagination et par procuration la vie de mère de Geneviève. Samuel, qui ne sait pas s'il aurait gardé son humanité sans un animal. Mozart, qui passe de l'ombre à la lumière grâce à son successeur dans le lit de sa femme. Alba, qui manque elle-aussi de perdre son humanité dans son combat de mère pour garder la tête hors de l'eau après la mort de son fils. Et l'enfant qu'on aura jamais, parce qu'on imagine sa vie avant qu'il puisse la vivre. le pouvoir de l'imagination et de se persuader de choses qui ne sont pas. Qui gâche la vie.
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Ellane92
Ellane9227 novembre 2013
  • Livres 4.00/5
Les deux messieurs de Bruxelles est un recueil de 5 nouvelles dont la première donne son nom à l'ouvrage.
Les quatre premières nouvelles sont plutôt longues, une bonne soixantaine de pages, presque des mini-romans, la cinquième est plus courte.
J'ai plutôt apprécié les deux premières nouvelles ainsi que la dernière, je n'ai pas du tout accroché aux autres. Finalement, les nouvelles que j'ai le plus aimé étaient celles qui suivaient ses personnages pendant plusieurs dizaines d'années, décrivant leur vie, leurs espoirs, leurs tourments et leurs joies.
J'aime la capacité d'E-E Schmitt d'adopter un point de vue différent, auquel on ne s'attend pas (comme on peut le voir dans ses romans La part de l'autre ou L'évangile selon Pilate) ; on retrouve un peu cette approche dans les deux premières nouvelles, Les deux messieurs de Bruxelles et le chien.
L'intérêt d'une nouvelle est souvent sa chute, à laquelle on ne s'attend pas. Effet raté concernant la troisième nouvelle, le ménage à trois, dont j'ai deviné rapidement l'issue ; du coup, le développement de l'histoire m'a paru longuet.
Contrairement aux autres nouvelles qui s'inscrivent dans la réalité, qui pourraient ou auraient pu être, la quatrième nouvelle, le coeur sous la cendre, m'a paru peu plausible.
Enfin, si j'ai beaucoup apprécié L'enfant fantôme, j'y ai perçu une certaine cruauté que je n'avais jamais trouvé chez cet auteur, qui me parait poser généralement un regard bienveillant sur ses personnages.
Ces nouvelles parlent de ce qu'est un être humain, de ce qu'il y a derrière ce qu'on aperçoit au premier abord ; elles parlent aussi et souvent de la maternité, de la perte d'un être cher. Dans le journal d'écriture publié à la fin du roman, l'auteur nous fait part de ses pensées lors de l'écriture du recueil. Dans ces nouvelles, il développe un certain nombre de thèses sur des sujets d'actualité (le mariage homosexuel par exemple) que je ne partage pas et qui résonnent un peu, de façon discrète, comme des leçons de morale.
Dans tous les cas, le talent de conteur de Schmitt est présent, et sa plume fluide et élégante nous embarque pour de jolies rencontres. Un recueil agréable à lire.
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Northanger
Northanger23 février 2013
  • Livres 5.00/5
De tous les visages d'Eric-Emmanuel Schmitt, je crois que c'est celui de conteur que je préfère... Il a le don de nous transporter d'un univers à l'autre, de nous embarquer dans une intrigue et de nous faire partager avec intérêt le destin de ses personnages. J'ai lu bon nombre de ses oeuvres, j'ai été rarement déçue...Les deux messieurs de Bruxelles constitue un recueil prenant, qu'on dévore en quelques jours. Il est le digne petit frère des précédents recueils, Odette Toulemonde, La rêveuse d'Ostende et Concerto à la mémoire d'un ange.
La nouvelle éponyme, Les deux messieurs de Bruxelles, trace le destin en parallèle de deux couples, unis le même jour : le couple officiel, Geneviève et Eddy, unis à l'église devant famille et amis, et le couple formé par Laurent et Jean, unis en toute discrétion, derrière un pilier, au cours de cette même cérémonie. le hasard qui a vu les deux couples se dire oui le même jour va les lier pour toute leur vie, sans que jamais Geneviève et Eddy ne s'en aperçoivent. En effet, Laurent et Jean vont suivre l'évolution de leurs sentiments et même devenir pères par procuration. C'est une nouvelle très émouvante, qui pique d'abord la curiosité du lecteur : Geneviève, âgée, reçoit un mystérieux héritage au début du récit, héritage qui va être explicité aux yeux du lecteur ; puis d'intrigant, le récit se fait ensuite plus intimiste pour soulever des questions qui parlent à chacun de nous – la longévité d'un couple, la fidélité, la paternité... C'est une nouvelle plus que jamais d'actualité.
Le chien, inspiré d'une réflexion du philosophe Emmanuel Levinas, aiguillonne également la curiosité du lecteur : Samuel Heymann, médecin en milieu rural, a eu dans sa vie plusieurs chiens successifs qu'il a toujours nommés Argos, comme le chien d'Ulysse. Lorsque le dernier meurt écrasé, Samuel se suicide. le narrateur, un romancier, trouvera la réponse à cette fin brutale et incomprise en lisant le témoignage laissé par Samuel. Il lui faudra pour cela vivre à travers cette lettre l'horreur de l'histoire du XXème siècle.
Ménage à trois est sans doute la nouvelle qui paraît au premier regard la plus banale mais se révèle finalement la plus ingénieuse... Une jeune trentenaire autrichienne épouse en secondes noces un ambassadeur danois, lequel semble d'intéresser davantage à son défunt mari qu'à elle-même. Je n'en dis pas plus, si ce n'est que vous serez sans aucun doute surpris ! « Allons, tu ne vas pas être jalouse de ma relation avec ton premier mari que je n'ai pas connu et qui est mort ? »
Un coeur sous la cendre est un récit original, qui se déroule en Islande alors que Eyjafjöll se réveille. Alba voue une tendresse sans bornes à son neveu Jonas, un adolescent malade du coeur ; au contraire, elle entretient une relation conflictuelle avec son propre fils Thor, jusqu'à ce que l'imprévisible se produise...L'éruption volcanique dessine en quelque sorte un paysage mental, reflet des sentiments et des souffrances endurées par Alba. C'est une nouvelle poignante là aussi car si au départ je me suis attachée à Alba et à sa jolie relation avec son neveu, j'ai été déroutée par la suite. Mais qui sait jusqu'à quelles extrémités la souffrance peut nous mener ?
Seule la dernière nouvelle, L'enfant fantôme, m'a semblé un peu moins travaillée que les autres et de ce fait, un peu frustrante, un peu abrupte, alors qu'elle soulève justement une question cruciale et ô combien déchirante. le narrateur, intrigué par l'attitude d'un couple marié qui fait mine de s'ignorer, découvre peu à peu leur histoire tragique. Alors qu'ils attendaient un enfant, Séverine et Benjamin ont été confrontés à un dilemme terrible : donner le jour à un enfant malade ou renoncer et lui épargner des souffrances.
C'est donc une lecture, vous l'aurez compris, qui m'a transportée, qui m'a fait voyager dans l'espace et dans le temps et qui m'a surtout émue.
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Eve-Yeshe
Eve-Yeshe17 mai 2013
  • Livres 4.00/5
Dans ce livre, recueil de nouvelles, l'auteur nous parle encore de façon superbe de l'amour. L'amour entre deux hommes d'abord qui décident de s'unir pour la vie en assistant au mariage d'un jeune couple qu'ils vont suivre tout au long de leur vie. Leur cérémonie discrète, intime est bouleversante. Et cette première nouvelle, l'auteur compare les deux couples et leur évolution réciproque avec lucidité et tendresse.
Dans la deuxième nouvelle, il nous parle de l'amour entre l'homme et l'animal, amour pur, sans calcul ni bassesse, comment un chien peut rendre sa dignité à un homme démoli par les nazis car il est juif. C'est une autre forme de couple uni pour la vie.
La troisième plus brève et plus légère nous montre un autre type d'amour : l'homme et la musique….
La quatrième est une réflexion sur la greffe d'organe, l'acte généreux du don et l'amour qu'il faut pour donner un organe ou vivre avec l'organe d'un autre.
Une réflexion donc, sur toutes les formes d'amour possibles, ce livre nous évoque bien sûr « le concerto à la mémoire d'un ange » où Eric-Emmanuel SCHMITT posait la question de la possibilité ou non de rédemption après un acte grave.
L'écriture est légère, déliée, la plume vole, alors que le sujet est grave. C'est tout l'art de cet auteur dont j'aime énormément l'univers.
J'attends le prochain roman avec impatience comme toujours….
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Les critiques presse (1)
LaPresse24 janvier 2013
Des critiques ont vu dans ce recueil un exposé sur diverses formes d'amour, d'autres ont parlé d'une réflexion sur la mort. On peut aussi y voir le drame d'un écrivain qui écrit beaucoup...
Lire la critique sur le site : LaPresse
Citations & extraits (177) Voir plus Ajouter une citation
Alias-RosielAlias-Rosiel20 juin 2016
Si les hommes ont la naïveté de croire en Dieu, les chiens ont la naïveté de croire en l'homme.
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mortitia29mortitia2916 juin 2016
C'était une matinée éblouissante. Le soleil tombait d'un ciel limpide. Autour d'eux, la neige effaçait roches, étangs, routes, prés : tout n'était que blancheur, des falaises jusqu'aux collines, une blancheur dans laquelle s'encastraient quelques pavillons, une blancheur que griffaient çà et là des taillis de bouleaux nains, une blancheur déchirée par les larmes noires des ruisseaux.
En dessous d'eux, la mer leur jetait son haleine, une puissante odeur de sel et d'algues, une odeur qui se nourrissait de l'immensité.
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CatchMeCatchMe30 avril 2016
Cette existence affranchie et libertine, il avait cru en raffoler avant qu’il ne croisât Laurent ; or, dès leurs premiers baisers, il s’aperçut qu’elle n’était ni aussi glorieuse ni aussi insolente qu’il l’avait jaugée : si elle l’avait pourvu de plaisirs, d’orgasmes, d’extases narcissiques, elle l’avait également conduit au cynisme. Don Juan par défaut d’attachement, condamné au perpétuel recommencement, il avait réduit les autres aux satisfactions que leur corps lui causait. Plus il avait assouvi ses pulsions sexuelles, moins il avait apprécié la compagnie des hommes. A les baiser trop, il avait cessé de les estimer.
Laurent lui avait redonné le goût, la saveur, le respect de la vie. Ce jeune blond, éclairagiste au théâtre royal du Parc, s’engageait avec autant d’allégresse dans la conversation, les courses quotidiennes, la préparation d’un repas que dans un lit. Tout l’enflammait.
Pour Jean, son irruption avait enclenché une révolution : lui qui n’avait connu que la volupté, découvrit l’amour.
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CatchMeCatchMe25 avril 2016
Extrait du journal d’écriture

Je ne peux m’empêcher de méditer. Ceux qui se sont juré officiellement « fidélité et assistance » ont-ils tenu parole ? L’amour légitime, encouragé par la société, a-t-il duré aussi longtemps que l’amour illégitime ?
Je reviens à mes amis, les mariés clandestins. Peut-être parce que la société les repoussait dans ses franges, ont-ils su attribuer un sens neuf à la « fidélité » qu’ils se sont jurée en écho aux époux officiels.
Leur constance ne consiste pas en une castration ni en une somme d’interdits. Positive, elle s’engage à donner toujours à l’autre ce qu’on lui a promis – amour, aide, attention, soutien – elle ne s’interprète pas au sens restrictif – ne caresser personne. Pour ces deux amis qui se sont autorisé des aventures en dehors, le couple ne consiste pas à enfermer le conjoint dans une cage.
Je retrouve là mon Diderot, tel que je le faisais parler dans le Libertin. Pourtant, j’ai l’intime conviction que cette libérale fidélité s’avère plus aisée à établir entre individus du même sexe car pour déchiffrer l’autre, il suffit de se pencher sur soi ; alors qu’entre un homme et une femme, il faut apprivoiser l’inconnu.
...
En vérité, ils jouissent d’une insolente facilité : l’autre est le même. Alors qu’entre un homme et une femme, l’autre reste l’autre. Sincérité et lucidité ne suffiront pas, il faudra un long chemin d’apprentissage pour parvenir à comprendre le sexe étranger. Puis s’entendre avec lui…
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SachenkaSachenka27 septembre 2015
[Jean et Laurent] savaient qu'un garçon résiste mal à la tentation, mais ils savent aussi - ce que souvent les femmes refusent de croire - que céder à une pulsion demeure sans conséquence. Un mâle n'aimera pas moins sa compagne ou son compagnon après avoir couché ailleurs. Coeur et corps sont déliés. Là où il engage son sexe, l'homme n'engage pas nécessairement ses sentiments.
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Videos de Eric-Emmanuel Schmitt (57) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Eric-Emmanuel Schmitt
A l'occasion de la sortie au Livre de Poche des "Perroquets de la place d'Arezzo", roman touffu dans la jungle des désirs grâce à une trentaine de personnages tous plus fougueux les uns que les autres, Eric-Emmanuel Schmitt s'est prêté à un entretien sur les grandes thématiques de son oeuvre à commencer par l'amour, au gré du hasard d'un jeu de cartes.
En savoir plus sur "Les Perroquets de la place d'Arezzo" : http://www.myboox.fr/livre/les-perroq...
Musique : As I figure_Latinesque
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