C'est avec un certain enthousiasme que j'ai entamé la lecture de
Deux vies par
Vikram Seth, réputé comme l'un des plus grands écrivains indiens contemporains, mais dont je ne fais que découvrir l'œuvre.
Cela commence par une première partie décrivant la vie de l'auteur au début de ses années d'étudiant en Angleterre, période correspondant également à celle pendant laquelle son oncle Shanti Behari Seth et sa tante Henny Gerda Caro, les deux sujets principaux du livre, ont été le plus présents dans sa vie.
Pourquoi s'intéresser à eux? Parce que nés tous les deux au début du XXème siècle, ils sont malgré eux, de précieux témoins de l'histoire.
Henny et Shanti se rencontrent dans le Berlin des années 30, en pleine montée en puissance du nazisme. A la déclaration de guerre, lui partira au combat en Afrique du Nord d'abord, puis en Italie, jusqu'à la perte de son bras droit à Monte Cassino. Face aux persécutions qui sévissent contre les Juifs, Henny va quant à elle émigrer en Angleterre, laissant derrière elle sa mère, sa sœur et ses amis.
A travers l'analyse des divers échanges de correspondance entre Henny, Shanti, leurs familles et leurs amis, on découvre alors progressivement la vie sur le front, le quotidien des Allemands Juifs et non Juifs à Berlin durant la guerre, mais aussi les conditions de vie et l'état d'esprit de ceux qui auront survécu.
Ces témoignages sont d'autant plus intéressants que l'auteur les a enrichi avec un remarquable travail de recherche sur l'histoire européenne du XXème siècle.
Ainsi, j'ai apprécié le regard neuf que nous offre
Vikram Seth sur l'histoire: en effet, son analyse et celle qu'en fait son oncle au quotidien, sont très intéressantes pour le point de vue oriental et plus neutre qu'elles apportent.
De plus, les témoignages de victimes de la Seconde Guerre mondiale sont nombreux, et j'ai beaucoup lu à ce sujet. Mais ceux qui traitent de l'après-guerre tant pour les Allemands que pour les Juifs qui y ont survécus, sont trop peu nombreux à mon avis. J'ai donc été ravie d'en apprendre plus là dessus, et cela a ouvert une fenêtre pour de nouvelles lectures...
Cependant, à travers de le personnage de Shanti, j'aurais aimé avoir d'informations sur l'histoire de l'Inde qui a également connu de grands bouleversements à cette période de l'histoire. Mais le fait que celui-ci n'ai finalement pas beaucoup vécu dans son pays d'origine, explique sans doute ce manque.
Je regrette également la fin du livre, qui traine un peu en longueur sur la fin de vie de l'oncle Shanti, qui ne m'a pas semblé d'un grand intérêt.
En résumé, voici un ouvrage qui m'a plut pour le point de vue éloigné et peu commun sur l'histoire européenne, les passages comiques dus à certaines particularités de la culture indienne, l'authenticité des témoignages et la découverte d'autres réalités de la Seconde Guerre mondiale et de l'après guerre. le seul bémol que j'y mettrai serai le fait que l'auteur consacre tout de même la majeure partie de son livre à cette partie de l'histoire, alors que j'attendais plus d'informations par exemple sur l'indépendance de l'Inde, la vie en Angleterre pendant la seconde moitié de ce siècle... Mais cela fera l'objet d'autres lectures...