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> Dominique Vitalyos (Traducteur)

ISBN : 2226176942
Éditeur : Albin Michel (2007)


Note moyenne : 3.67/5 (sur 18 notes) Ajouter à mes livres
Résumé :
Après Un garçon convenable, best-seller mondial traduit en plus de trente langues, Vikram Seth, l'un des plus grands écrivains indiens contemporains, nous offre une fresque bouleversante : le récit poignant d'une rencontre entre deux destins, deux univers - l'Inde et l'... > voir plus
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Critiques, analyses et avis (5)

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    • Livres 4.00/5
    Par mariecesttout, le 31 mars 2014

    mariecesttout
    Vikhram Seth est Un garçon convenable... Convenable et même plus que cela aux yeux de sa famille, en tout cas, et c'est à sa famille qu'il rend hommage dans ce livre, qui relate donc l'histoire d'une amitié de plus de 20 ans, amitié transformée en mariage ,de raison sans doute, mais qui , lui, a duré plus de 30 ans.
    En fait, on pourrait même dire qu'il s'agit du récit de trois vies, car Vikhram Seth consacre nombre de pages à raconter pourquoi il s'est intéressé à cette branche de sa famille, son oncle Shanti et sa tante par alliance Henny. Et, ce faisant, comment en fait il est devenu écrivain.
    Mais son souhait était de faire revivre par ses mots ces deux personnages dont le trajet ne fut pas si banal. Car Shanti était le dernier né d'une famille indienne, envoyé faire des études de dentisterie à Berlin en 1931. Ne parlant bien entendu pas un mot d'allemand...
    " Quand le train est arrivé à Charlottenburg, des gens sont descendus. J'ai demandé à un monsieur : " Bitte, Berlin?"Il a répondu:"Ja, ja". J'ai demandé:"Bitte, Charlottenburg?" et il a dit:"Ja, ja". Je ne comprenais pas comment un endroit pouvait être à la fois Charlottenburg et Berlin, j'ai pensé que j'avais à faire à un peuple de fous....."
    Et c'est en cherchant une chambre meublée qu'il va faire la connaissance d'une famille allemande et juive, les Caro, dont la dernière fille , Hennie, avait quand même demandé à sa mère de ne pas prendre le "noir" comme locataire...
    Et voilà le destin - et le coeur du récit de Vikhram Seth- lancés.
    Ce n'est qu'en 1951 que Shanti et Hennie se marient. Entretemps, il a perdu son bras droit à Monte Cassino et a dû , pour survivre, apprendre à donner des soins dentaires avec son seul bras gauche.
    Hennie a réussi à fuir en Angleterre en 39. Hélas, ni sa mère, ni sa soeur ,qui seront déportées. La mère meurt rapidement de maladie, sa soeur Lola est gazée.
    Les chapitres les plus intéressants sur le plan historique sont d'ailleurs les récits ( d'après des lettres échangées entre Hennie et ses anciennes amies qui ont survécu parce que non juives) des règlements de comptes après guerre entre compatriotes allemands, résistants ou pseudo-résistants ou ayant franchement collaboré au régime nazi.
    C'est un livre que je déconseillerais à ceux qui n'ont pas le goût des chroniques familiales, des livres de souvenirs ( avec documents joints, et photos). Moi, j'ai beaucoup aimé cette histoire d'une part, et d'autre part les tergiversations de l'auteur au fil des pages, qui sembleront sans doute ennuyeuses à certains , sur le pourquoi- comment-quand- la raconter.
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    • Livres 4.00/5
    Par bookaure, le 26 mars 2012

    bookaure
    C'est avec un certain enthousiasme que j'ai entamé la lecture de Deux vies par Vikram Seth, réputé comme l'un des plus grands écrivains indiens contemporains, mais dont je ne fais que découvrir l'œuvre.
    Cela commence par une première partie décrivant la vie de l'auteur au début de ses années d'étudiant en Angleterre, période correspondant également à celle pendant laquelle son oncle Shanti Behari Seth et sa tante Henny Gerda Caro, les deux sujets principaux du livre, ont été le plus présents dans sa vie.
    Pourquoi s'intéresser à eux? Parce que nés tous les deux au début du XXème siècle, ils sont malgré eux, de précieux témoins de l'histoire.
    Henny et Shanti se rencontrent dans le Berlin des années 30, en pleine montée en puissance du nazisme. A la déclaration de guerre, lui partira au combat en Afrique du Nord d'abord, puis en Italie, jusqu'à la perte de son bras droit à Monte Cassino. Face aux persécutions qui sévissent contre les Juifs, Henny va quant à elle émigrer en Angleterre, laissant derrière elle sa mère, sa sœur et ses amis.
    A travers l'analyse des divers échanges de correspondance entre Henny, Shanti, leurs familles et leurs amis, on découvre alors progressivement la vie sur le front, le quotidien des Allemands Juifs et non Juifs à Berlin durant la guerre, mais aussi les conditions de vie et l'état d'esprit de ceux qui auront survécu.
    Ces témoignages sont d'autant plus intéressants que l'auteur les a enrichi avec un remarquable travail de recherche sur l'histoire européenne du XXème siècle.
    Ainsi, j'ai apprécié le regard neuf que nous offre Vikram Seth sur l'histoire: en effet, son analyse et celle qu'en fait son oncle au quotidien, sont très intéressantes pour le point de vue oriental et plus neutre qu'elles apportent.
    De plus, les témoignages de victimes de la Seconde Guerre mondiale sont nombreux, et j'ai beaucoup lu à ce sujet. Mais ceux qui traitent de l'après-guerre tant pour les Allemands que pour les Juifs qui y ont survécus, sont trop peu nombreux à mon avis. J'ai donc été ravie d'en apprendre plus là dessus, et cela a ouvert une fenêtre pour de nouvelles lectures...
    Cependant, à travers de le personnage de Shanti, j'aurais aimé avoir d'informations sur l'histoire de l'Inde qui a également connu de grands bouleversements à cette période de l'histoire. Mais le fait que celui-ci n'ai finalement pas beaucoup vécu dans son pays d'origine, explique sans doute ce manque.
    Je regrette également la fin du livre, qui traine un peu en longueur sur la fin de vie de l'oncle Shanti, qui ne m'a pas semblé d'un grand intérêt.
    En résumé, voici un ouvrage qui m'a plut pour le point de vue éloigné et peu commun sur l'histoire européenne, les passages comiques dus à certaines particularités de la culture indienne, l'authenticité des témoignages et la découverte d'autres réalités de la Seconde Guerre mondiale et de l'après guerre. le seul bémol que j'y mettrai serai le fait que l'auteur consacre tout de même la majeure partie de son livre à cette partie de l'histoire, alors que j'attendais plus d'informations par exemple sur l'indépendance de l'Inde, la vie en Angleterre pendant la seconde moitié de ce siècle... Mais cela fera l'objet d'autres lectures...
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    • Livres 4.00/5
    Par marcbordier, le 23 mai 2011

    marcbordier
    Critique disponible sur mon blog www.marcbordier.com.
    Dans "Deux vies", Vikram Seth raconte l'histoire du couple improbable formé par son grand-oncle paternel Shanti et son épouse Henny. Leur rencontre remonte au début des années trente, à Berlin. Shanti, descendant d'un clan de propriétaires fonciers de Biswan (nord de l'Inde), était venu en Allemagne étudier la médecine dentaire. Il était arrivé là un peu par hasard, poussé par sa famille qui tenait la profession de dentiste en haute estime. Agé alors de vingt-trois ans à peine et maîtrisant encore mal la langue de Goethe, Shanti avait pris pension chez une famille de juifs allemands, les Caro. C'est là qu'il fera connaissance avec Henny. Après avoir partagé quelques années heureuses au sein d'un groupe d'amis très soudé, Shanti et Henny traverseront les épreuves de la montée du nazisme et de la seconde guerre mondiale. Privé d'avenir en tant que dentiste dans une Allemagne de plus en plus hostile aux étrangers, Shanti se réfugiera en Angleterre, où il rejoindra bientôt l'armée britannique pour participer à la guerre au Moyen-Orient et en Italie. Confrontée à un antisémitisme croissant, Henny quittera le pays en 1939, laissant derrière elle sa mère et sa sœur. Shanti et Henny se retrouveront à Londres au lendemain de la guerre : lui, le bras droit arraché à la bataille de Monte Cassino ; elle, mère et sœur disparues dans les camps. Mariés en 1953, ils passeront le restant de leur vie ensemble au 18, Queens road, où ils accueilleront durant quelques années leur petit neveu, Vikram Seth.
    Ce qui m'a plu dans ce livre ? L'émotion simple et forte qui saisit le lecteur à chacune de ses pages. le récit de ces Deux vies nous touche car il est celui de deux êtres ordinaires pris dans les tourments et la violence de la pire période du XXème siècle. Cette émotion naît en particulier du contraste entre la période heureuse du début de leur relation, alors qu'ils partaient en excursion avec leurs amis sur les bords du lac Sacrower, près de Berlin, et les horreurs de la déportation, avec le récit de la ségrégation et de l'humiliation infligées à Ella et Lola, la mère et la sœur de Henny, avant leur extermination dans les camps de Theresienstadt et Buchenwald.
    A travers la correspondance entre Henny et ses amis allemands restés à Berlin après la guerre, le récit apporte aussi un éclairage intime et pour moi nouveau sur les relations entre les juifs et les allemands, en posant une question simple : comment des amis peuvent-ils se retrouver après ces terribles années, lorsque les uns ont subi les pires atrocités, tandis que les autres, les allemands " ordinaires ", se sont accommodés de l'idéologie nazie ? La correspondance entre Henny et une de ses amies mariée à un bibliothécaire dont l'adhésion au parti nazi aurait été dictée par le souci de conserver son emploi, est à cet égard très instructive. Henny choisit finalement de leur accorder le bénéfice du doute, mais le malaise persiste, et il ne sera jamais vraiment dissipé.
    Enfin, j'ai aimé ce récit parce qu'il met en scène les efforts de l'auteur pour remonter dans le passé des membres de sa famille et faire ainsi véritablement connaissance avec eux. Dans la première partie, il nous rapporte ses conversations avec Henny, et nous saisissons alors quelques allusions fugitives aux événements terribles qu'elle a vécus. Ce n'est qu'après le décès d'Henny, en interrogeant longuement Shanti et en se plongeant patiemment et méthodiquement dans leur correspondance, que Vikram Seth parviendra à reconstituer leur histoire. A l'opposé du narrateur proustien, c'est donc par une démarche volontaire et méthodique qu'il parvient à faire resurgir le passé des membres de sa famille. Il me semble qu'il y a là un exemple à méditer pour chacun de nous.

    Lien : http://www.marcbordier.com
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    • Livres 5.00/5
    Par LePamplemousse, le 26 décembre 2012

    LePamplemousse
    « Deux vies » est le récit poignant d'une rencontre entre deux univers : l'Inde et l'Occident. Shanti Behari Seth est indien, Henny Gerda Caro est juive et allemande.
    Leurs destins se croisent quand Shanti, jeune étudiant, prend pension chez les Caro dans le Berlin des années trente. Les nazis ont déjà entrepris de persécuter les étrangers et les Juifs.
    Nos deux « héros » se retrouvent à Londres après la guerre, lui, le bras droit arraché et elle, sans nouvelle de sa mère et de sa sœur disparues dans les camps.
    Vikram Seth, leur petit-neveu, les rencontrera lui-même dans les années soixante-dix lorsque, jeune étudiant, il viendra loger chez eux à Londres. Et c'est en plongeant dans leur histoire après leur mort, il y a peu, qu'il deviendra le fils qu'ils n'ont jamais eu.
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    • Livres 4.00/5
    Par val-m-les-livres, le 15 juin 2009

    val-m-les-livres
    J'ai pris beaucoup de plaisir à lire ce document qui est si bien écrit que c'est presque un roman. Cette fois, Vikram Seth nous faut toujours voyager mais très peu en Inde. Une très belle fresque que je vous recommande chaudement avec des anecdotes assez drôles....

    Lien : http://vallit.canalblog.com/archives/2009/06/15/14020965.html#comments
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Citations et extraits

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  • Par bookaure, le 17 mars 2012

    Nous avions des façons différentes d'envisager la politesse. Une année, deux ou trois jours après avoir célébré Noël en compagnie chez eux, il m'a téléphoné pour me demander de but en blanc si j'avais besoin d'argent. J'étais interloquée. J'ai répondu que non. Il a repris en disant qu'il avait cru que je manquais des quelques pennies nécessaires à un coup de fil, tout le monde sauf moi les ayant appelés le lendemain pour les remercier. "Mais je vous ai remerciés abondamment avant de partir", ai-je dit. Et c'est vrai, nous ne sommes pas habitués à remercier les gens en écrivant ou en téléphonant le lendemain d'une réception. Mais oncle Shanti était très dépité. Il m'a demandé: "On ne t'a pas appris les bonnes manières en Inde?"
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  • Par bookaure, le 05 mars 2012

    "Eh bien, Seth, vous devez reconnaître que nous avons fait beaucoup pour eux, par, disons, bonté... Nous les avons éduqués, nous les avons entraînés, non?" Alors j'ai répondu: "Ecoutez-moi bien. Pourquoi avez-vous fait ça? Qu'est-ce que nous avons de commun? Des parents? Une langue? Une religion? Rien. Alors si vous dites: Nous sommes allés dans ce pays parce qu'ils étaient stupides, que nous voulions les assujettir et les gouverner, je vous croirai. Si vous invoquez la bonté d'âme, je le réfute, ça n'a pas de sens. Quant à nous éduquer, la culture indienne est bien plus ancienne que la culture britannique. A l'époque romaine, on envoyait les soldats en Angleterre pour le les punir - c'était le pays le moins civilisé de tous. Alors pourquoi est-ce que vous ne nous laissez pas entre nous, à nous entretuer si nous le souhaitons? Rien de tout ça n'est l'affaire de la Grande-Bretagne."
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  • Par bookaure, le 02 mars 2012

    C'est ainsi qu'il abandonna ses études et entra aux chemins de fer comme employé de bureau. Je dois introduire ici une parenthèse pour dire, ou plutôt pour me rappeler avec gratitude, que son échec ne fut pas un simple incident, mais une grande chose dans l'accomplissement d'un grand dessein. Car l'événement imprima dans son esprit l'importance de l'éducation, et il ne permit pas à l'herbe de pousser sous ses pieds avant qu'il m'eut donné une éducation supérieure au prix de grands sacrifices, laquelle compensa largement son propre échec. En outre, le germe de l'amour de l'éducation s'enracina si profondément en lui qu'il fut le pionnier de celle des femmes chez les Seth.
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  • Par bookaure, le 11 mars 2012

    Nous nous sentons évidemment mieux, Rose et moi, d'être de nouveau des humains, et non plus du gibier que l'on peut chasser librement. Et les bombes ont cessé de tomber. Nous pouvons nous coucher le soir sans redouter que la police secrète vienne soudain sonner à notre porte pour m'emmener, sans que les sirènes nous réveillent la nuit pour nous prévenir d'un bombardement, sûrs que, le lendemain matin, notre maison ne sera pas en flammes ou en ruine.
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  • Par bookaure, le 05 mars 2012

    Oncle Shanti m'apprit qu'en dépit de toutes ses épreuves, elle n'avait pleuré de toute sa vie que deux fois en sa présence. La première à Berlin, quand, pour plaisanter, il l'avait traitée de scorpion; elle était partie en sanglotant se plaindre à sa mère. La seconde, quand elle avait téléphoné à Shanti pour lui dire que les Arberry lui avaient donné du Marmite au petit déjeuner. Cette abomination avait brisé sa force de caractère proverbiale.
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Vikram Seth : Deux vies
Dans le cadre du "Salon du livre" dont le pays invité est l'Inde, Olivier Barrot présente cette semaine des livres d'auteurs de ce pays depuis le collège franco-britannique à la Cité Internationale Universitaire de Paris. Olivier Barrot parle du livre de Vikram SETH , " Deux vies" aux éditions Albin Michel. Photos extraites du livre.








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